photos prises ou volées(2007-2008)

 


images de france (via
google
earth)

série 1

  j'ai regroupé sur cette page un certain nombre de photographies de diverses sources. Certaines que j'ai prises chez moi ou lors de mes voyages, d'autres volées, si l'on veut, via internet sur google earth, d'autres encore, extraites de vidéos.

il est difficile pour moi de faire la différence de nature entre ces sources. Je sais qu'un problème général de droit d'auteur se pose, néanmoins, je ne parviens pas à me convaincre que ces photographies ne sont pas toutes mes propres photos.

quelle différence, en effet, entre photographier un paysage et capturer une image sur google earth ? Je ne pense pas qu'il soit moins créatif de cadrer via un logiciel sur internet qu'au travers du viseur d'un appareil photo et le fait que les images viennent d'un fond de prises de vue d'avion ou satelllite ne signifie pas pour autant qu'elles ont été prises par quelqu'un d'autre que moi. En ce sens, je m'en sens l'auteur autant que de celles que j'ai prises avec mon nikon.

viendrait-il à l'idée de dire que le fabriquant de mon appareil photo est l'auteur de mes photos ? Pourtant, sans sa médiation, je serais bien démuni. Qu'en est-il aussi lorsque je photographie la tour eiffel, n'est-ce pas eiffel le véritable auteur de la photo autant que le serait la société google, de celle de la place des terreaux que je présente ici ? (je cite ce cas, car cette place de lyon aménagée par daniel burein et christian drevet, a fait l'objet, il y a quelques années, d'un procès sur le thème du droit à l'image).

dans le même ordre d'idée, ce que je réalise avec mon logiciel de dessin, c'est bien moi qui le réalise mais qu'en est-il des images captées sur ma télévision et retravaillée dans mon logiciel de retouche ?

 

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série 6

 

images de télévision numérique série 1   le cas me semble plus litigieux lorsqu'il s'agit des images d'un film de cinéma. Les vues de sarajevo que j'ai extraites du film bosna ! de bernard henry levy ont un statut qui me semble très incertain. Quelles étaient les intentions de bhl ? Etaient ce de simples décors urbains, des plans d'illustration, ou avaient-elles été filmées avec une intention précise de l'auteur. Mêmes choses pour quelques photos que j'ai capturées sur un flm de claire denis (beau travail). Ce sont celles pour lesquelles j'admettrais le plus facilement avoir franchi la limite car la mise en scène de la cinéaste laisse peu de place, je pense, au hasard. En même temps, mon travail est de l'ordre de la citation admirative, je ne crois pas qu'il nuise à l'original.

je me suis demandé si l'officier qui apparait furtivement dans le film de claire denis était un acteur ou un militaire. Je me le suis demandé à cause de la beauté sereine de cet homme qui n'est pas ce qu'on attend chez un soldat. Mais pourquoi, après tout, certains ne parviendraient-ils pas à trouver un équilibre dans cette vie de camaraderie sportive ? A l'inverse, si j'apprenais qu'il ne s'agissait que d'une composition, je serais un peu déçu, non pas d'avoir été trompé par le cinéma, mais plutôt parce que le sentiment d'authenticité que donne ce film en serait fortement amoindri et que je serais obligé d'en chercher un autre pour ma galerie de références.

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images de guerre série 1   je pourrais dire plusieurs choses du film de bernard henri levy. Je ne le souhaite pas. Je retrouve dans ce film, dans les images de ce film, des espaces en état de composition et d'abandon comme j'en ai vu, ou même recherché, dans des contextes très différents. J'ai toujours été attiré par les ruines et les friches industrielles. Je le confesse et c'est comme un malentendu que m'inspire ce film militant. Bhl parle de politique sur un ton déterminé, quoique un peu pesant, mais avec le soucis de convaincre pour la "bonne cause". Moi, je vois sur l'écran, des images bleues et des murs percés de souvenirs et de déraison. Une "vraie esthétique", plus évidente encore après quelques années, maintenant que les canons se sont tus et que l'alarme de bhl fait partie de l'histoire..
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images des hommes en afrique série 1    

images paisibles pour
le même monde
série 1   de la guerre, je ne connais que des images de guerre et des histoires de guerre. Ma connaissance des conflits se limite à des émotions de cinéma. C'est heureux en un sens de ne rien connaître de la guerre, mais cela donne aux images une importance plus fondamentale. Si l'on veut dénoncer la guerre, il faut bien que ces images circulent, que leurs auteurs les partagent et les distribuent à qui en a besoin...

la collection de photographies de ces deux dernières années que je publie sur cette page, donne finalement l'image d'un certain appaisement, même lorsque j'y intégre quelques vues dramatiques pillées dans les vidéos.

à l'opposé de celui de bhl, mon projet est d'abord esthétique. J'essaie de trouver une émotion particulière, soit par l'angle ou le cadrage donné à un instant particulier, soit par le traitement de l'image elle même.

ce sont les erreurs de perspective et les anomalies dans les ombres portées qui donnent leur caractère unique aux images obtenues avec google earth. Il faut vite les prendre avant qu'ils n'améliorent leur logiciel ! Le système permet aussi une précision de cadrage qu'on ne pourrait obtenir à bord d'un avion. Il est possible de tester différents angles de vue et ce à des altitudes très différentes. Les photos ne sont pas de très bonnes qualité mais la finesse du grain et la netteté des détails ne font pas tout.

les images que j'ai obtenues sur mon écran de télévision poussent encore plus loin cette idée que les défauts peuvent générer les vues les plus spectaculaires. On sort d'un monde dans lequel les images prétendent représenter le réel. Ici, c'est tout autre chose. Le fait que ce soit le récepteur de télévision qui, par ses réglages défectueux, fournisse de telles images est pour le moins intiguant. Ensuite, c'est le traitement que j'en fais qui sort ces photographies de leur satut de déchet et leur donne leur pleine dimension. C'est au fond une démarche similaire à celle du sculpteur arman à son époque. Elles sont enregistrées. On a le temps pour recadrer et découper, bien sûr. Il s'agit de les décomposer, de les réinterpréter. Et l'on s'étonne de ces zones d'incertitude dans lesquelles les visages ne sont plus que des traces, simplement esquissées et méconaissables, dans une matière aux couleurs improbables.

je ne procède pas de manière différente avec mes propres photographies que je réinterprète toujours sur mon ordinateur. J'ai regroupé ici les images de mes derniers voyages. Les mélanges et les rapprochements donnent l'impression que ma vie est beaucoup plus variée qu'elle ne l'est en réalité.

jean claude devaux - mai 2008 ....

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contact e-mail jean-claude.devaux (site officiel) 01/06/2008