notes d'artiste (janvier 2008)

notes au fil du temps....

 

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02/01/2008

Je me suis intéressé de nouveau à Linux. J'ai testé la dernière version de Mandriva et celle de Ubuntu sur liveCD. Ces deux versions sont attrayantes. Je voudrais d'ailleurs les installer toutes les deux mais il faudrait avant cela que j'achète un nouveau PC. Pas question en effet de réduire encore l'espace sur mon disque actuel. Ubuntu est très tentant. De plus, le site internet est très complet, et j'ai aussi remarqué que de nombreux logiciels de création musicale sont disponibles. J'ai hâte de voir cela.

Il n'empêche que la complexité de ce système n'est pas résolue contrairement à ce que prétendent les forums. J'ai eu plusieurs problèmes et je ne vois pas comment un utilisateur non expert peut se débrouiller. Il faut bien connaître. Il y a toujours quelque chose qui ne fonctionne pas. Par exemple, je n'ai pas réussi à démarrer le wifi. Une autre fois, la définition de l'écran n'était pas la bonne, les images étaient déformées en hauteur. Je suis passé plusieurs fois d'un CD à l'autre et j'avais parfois des erreurs au démarrage. Le message de saisie de mot de passe qui apparaît alors qu'aucun compte n'a été défini, ou bien le logiciel compiz qui démarre mais affiche les fenêtres sans la barre supérieure, sans bouton de fermeture. Ailleurs, les disques qui refusent de "monter". J'ai testé le logiciel de gravure. Je m'y suis repris à plusieurs fois avant de graver et, au final, le CD Kubuntu produit de cette manière n'a pas démarré. J'ai dû le refaire sous Windows. Faut en vouloir !

 

27/01/2008

Un panneau annonçant le permis de construire sur la parcelle voisine de la mienne a été planté. C'est comme un pieu qui me traverse. Je vais devoir réagir mais c'est sans savoir si je peux empêcher ce projet. En tout cas, c'est un gros problème que me pose la vie, qui aspire tout mon esprit et m'empêche de penser sereinement à autre chose.

 

02/02/2008

J'ai acheté un nouveau PC pour compléter mon installation et pouvoir tester plusieurs configurations. Je l'ai commandé par internet. Il est arrivé en moins d'une semaine. Le plus long a été de le récupérer chez la voisine qui était partie en week-end.

Ce PC a un disque de 400Go et Windows Vista. J'ai eu quelques mésaventures (comme d'habitude). Au début l'écran ne s'allumait pas (je n'avais pas branché la bonne prise) et quand il a enfin démarré j'avais un gros message d'erreur m'indiquant que l'installation ne s'était pas déroulée correctement. J'ai trouvé dans la documentation un moyen pour démarrer en utilisant la touche F5. Ensuite j'ai eu d'autres petits soucis que je n'ai même pas notés. Vista m'a déplu à cause de cet empilement de messages dont il nous bombarde lors de la première utilisation. C'est agaçant. Je n'ai pas aimé non plus apprendre que la version de Word était une version d'essai et celle de Works sponsorisée par la publicité. Le système est globalement assez déroutant. Par contre, les fenêtres semi-transparentes sont jolies.

Je me fiche un peu de ce mauvais contact vu que j'ai acheté cet ordinateur pour le faire fonctionner sous Linux. J'ai tenter d'installer à la fois Ubuntu et Mandriva 2008. J'ai quelques problèmes avec Mandriva qui produit un message d'erreur bloquant à la fin de la phase de formatage des disques lorsque j'utilise le DVD chargé sur internet. Je n'ai pas trouvé pourquoi. Ubuntu, par contre, me séduit au point que je me sens prêt à abandonner Windows. Avec Vista, j'ai la désagréable impression qu'on veut m'obliger, soit à dépenser mon argent, soit à restreindre mon intimité. Ce sont sans cesse des avertissements dont je ne mesure pas bien les conséquences. Il faut s'inscrire pour ceci, dire qu'on ne veut pas recevoir les mail. Des questions et encore des questions qui tontes semblent renfermer un piège. Cela suffit !

J'ai le sentiment que la fracture s'accentue entre les systèmes propriétaires et les libres. L'annonce hier soir de la tentative de Microsoft d'acheter Yahoo pour prendre position dans le secteur de la publicité sur le net me donne à penser que peut-être ils sont prêts à lâcher Windows. En tout cas, aujourd'hui, moi je suis en train de basculer de Windows à Linux. J'avais déjà fait une tentative il y a un an mais j'étais resté par tout à fait convaincu. Avec Ubuntu d'un côté et Vista de l'autre, mon choix pour Ubuntu est fait. Je trouve ce système plus attractif, simple, efficace et clair. Quand il m'indique qu'un composant est manquant, je sais que je peux avoir confiance pour le télécharger par la procédure de chargement de paquets. L'intérêt des programmeurs est convergent avec les miens – c'est du moins mon sentiment. Et c'est très rapide. Je l'ai déjà fait plusieurs fois pour le gestionnaire de carte vidéo et les codecs. Si j'ajoute que Ubuntu détecte correctement mon disque dur externe alors que Vista n'y parvient pas, même après installation du driver qui fonctionnait sous XP, je vois que je n'ai plus aucune raison de m'accrocher à Windows.

J'ai fait de nombreuses manips pour disposer sur le même disque de plusieurs partitions Linux afin de tester différentes configurations Ubuntu et Mandriva. J'ai testé aussi le partage réseau via ma livebox. J'ai réussi à lire un film depuis mon portable connecté en wifi en accédant à un DVD lu sur mon nouveau PC fixe. Cela ne sert strictement à rien mais c'est amusant. Le bilan est très positif. Je vais maintenant pouvoir passer à la configuration définitive du disque qui revient en fait à réduire encore la partie Windows. J'avais fait moitié moitié avec Linux. Finalement je vais me fixer à un quart, trois quart. 100 Mégas pour Windows, c'est peut-être même encre trop (mais le disque est accessible depuis Linux)...

 

17/02/2008

Je me suis reposé ce week-end d'après une semaine de travail intense collé à l'écran. Ma vue s'en ressentait, je ne voyais plus très bien même avec mes lunettes. Cela m'inquiète un peu.

Je suis venu à la campagne et prépare mon dossier pour contester la construction voisine. Cela m'occupe beaucoup l'esprit. Ailleurs, j'ai passé les dernières soirées à étudier Linux Ubuntu. Mercredi, je me suis service de Open Office draw et impress pour préparer un schéma à mettre dans une présentation Powerpoint. Cela a parfaitement fonctionné. J'ai testé d'autres logiciels, notamment ceux de musique sous Ubuntu. C'est positif.

 

19/04/2008

Je reviens sur ces notes en me demandant une nouvelle fois depuis combien de temps je n'ai pas fait de mise à jour et combien de semaines, de mois maintenant, je n'ai pas fait de mise en ligne. Je me suis déjà souvent lamenté sur la perte de maîtrise du site. J'ajouterai ici un sentiment de vide qu'inspire l'absence d'écriture depuis longtemps. Pourtant je n'ai pas cessé d'écrire mais c'était personnel, hors de ces notes. Je m'interroge sur les choses importantes que j'aurais oubliées depuis la dernière fois et je n'ai rien en tête. Ceci confirme que sans écrit, il n'y a rien. Du moins, dans mon mode de fonctionnement.

J'ai poursuivi des lectures et des recherches sur internet par lesquelles je trouve à chaque fois de nouvelles conférences audio ou vidéo. Cela fait plus d'un an maintenant que je me gave de ces documents tous plus enrichissants les uns que les autres. Je me dis que je suis forcément changé par tous ces apports mais c'est en m'enfermant dans quelque choses d'assez peu viable. Je suis allé en bus hier à la Cité Internationale pour voir l'exposition Keith Haring. Je ne sais pas dire exactement ce que je pourrais trouver dans cette exposition qui finalement m'intéresse assez peu. Je voulais quand même voir de quoi il s'agit, mieux connaître ce peintre mais avec le sentiment désagréable de répondre à une injonction. Il y avait une longue queue devant le musée et comme il tombait quelques gouttes de pluie, j'ai repris le bus aussitôt. Je suis allé boire un café Place des Terreaux puis au cinéma voir le film de Samuel Benchetric. J'avais l'impression de refaire des choses faites mille fois. J'en avais rêvé sans doute de cette liberté, j'y avais pris du plaisir mais c'est devenu une activité banale et qui ne réussit jamais à me retirer un sentiment d'ennui. La vie ne m'a ouvert aucune perspective à la terrasse. Je voyais des gens qui m'attiraient peu, ils rentraient dans des catégories tellement évidentes, y compris ce couple déluré qui se retrouvait sur la place. Lui avait une coiffure iroquois, elle vêtue façon orientale. Leur tenue se remarquait au premier coup d'œil, créait un signe, mais leur comportement était à l'évidence des plus conventionnels.

 

03/05/2008

Toujours ce sentiment de ramollissement de perte de contrôle sur ma vie. Je parcoure mes notes; toujours rien de neuf, toujours pas de mise en ligne de mes notes, le PC que j'ai acheté depuis deux mois je n'en n'ai toujours rien fait, etc. Beaucoup d'énergie dépensée à des choses sans intérêt.

Je continue d'écouter des conférences que je trouve sur le net, sur Canal Académie, sur le site de la Cité des Sciences ou celui du Collège de France. 500 000 téléchargements des cours du Collège. C'est bien quelque chose de nouveau qui se crée avec le web. Ceci dit, il faudrait savoir comment cela se répartit. Le chiffre doit être interprété. Si les clients sont tous comme moi et qu'ils ont téléchargé chacun 25 fichiers, cela ne fait plus que 20 000 personnes concernées. A l'échelle de la France et du monde, ce n'est pas tant que ça. Mais cela reste un nombre de visiteurs tout à fait remarquable.

J'ai finalement visité l'exposition Keith Haring de Lyon. Je n'y ai pas appris grand chose, en fait, je connaissais bien les œuvres. Je ne suis pas convaincu que Haring soit un grand peintre La manière de le présenter a quelque chose d'excessif, de surfait. Il y a quelque chose de trop appliqué. Si on enlève ce qui vient directement de Matisse et Picasso d'un côté, de Warhol de l'autre, il ne reste plus grand chose... En même temps, c'est mon époque, des choses que je connais trop bien peut être. J'ai visité aussi le musée des Arts Modestes à Sète. C'est un assez petit musée, plaisant mais moins complet que le livre de Di Rosa. Il me reste à écrire cet article que j'avais envisagé. Le musée est très discret, je suis passé devant sans le voir ! Il est sur plusieurs niveaux. La collection de Di Rosa au rez de chaussée et celles de H Ledu dans les mezzanines. La mise en place n'a pas choisi entre exposition et conservatoire. Je trouve que c'est un problème.

Un des dessinateurs des affiches de mai soixante huit qu'on interrogeait à l'occasion du quarantième anniversaire a fait une remarque qui m'a intrigué. Il est installé à Montpellier comme peintre mais disait "en quarante ans, je n'ai pas progressé en dessin". Progresse t'on jamais adulte ? en dessin ou en quoi que ce soit ? C'est étrange quand même qu'un peintre, un professionnel de la peinture, puisse faire ce constat après une vie de travail.

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Je suis resté bluffé par une émission de radio cet après midi. Elle posait la question de l'authenticité des statues des soldats de terre cuite de Xian. J'ai visité ce site l'été dernier lors de mon voyage en Chine. Je ne suis pas le seul ! C'est une vitrine pour la Chine. Le site a été aménagé à grand frais avec plusieurs bâtiments de grande dimension... J'ai désormais le doute : il pourrait s'agir d'une mise en scène de l'époque Mao. Ce n'est pas complètement impossible. Il est vrai que le niveau de technicité attribué à une époque antérieur à JC est très surprenant, tandis que certaines caractéristiques industrielles de ces sculptures correspondraient bien à l'époque communiste. C'est troublant. Une exposition sur le sujet aurait été interrompue en Allemagne. Si ces statues sont fausses, même partiellement, cela pourrait provoquer prochainement un scandale international.

 

09/05/2008

J'ai cherché sur internet pour en savoir plus à propos de ces statues de terre cuite mais je n'ai pas trouvé grand chose de nouveau. L'idée que ce seraient des faux n'est pas nouvelle mais elle semble prendre difficilement. J'ai téléchargé l'émission et l'ai réécoutée. A la seconde écouté je suis plus réservé. L'idée d'un faux aussi gigantesque est difficile à avaler et elle procède aussi de certains fantasmes sur époque Mao : "ils étaient capables de tout". A l'opposé plusieurs choses peuvent induire le doute. Les statues de l'exposition allemande ont effectivement été dénoncées comme des faux ou des copies et on peu s'interroger pour celles de Paris si comme il est dit, jamais les originaux n'ont quitté la Chine.

A l'origine de cette affaire, il peut y avoir une part de malentendu. Les Chinois sont beaucoup moins sensibles que nous à la notion d'œuvre originale. Que ce soit la Cité Interdite ou la Grande Muraille, on sait que les restaurations sont de fait des reconstructions. On les espère fidèles mais ce n'est pas très certain. Concernant les soldats de terre cuite, j'avais surtout noté le côté superficiel des commentaires. On semblait finalement savoir peu de choses et de plus, lors de la visite, on est tenu à distance (il faut être Bill Clinton pour pouvoir toucher).

Quoi qu'il en soit, l'émission de dimanche dernier n'a eu aucun écho et moi même, après ma recherche sur internet, je n'ai plus osé colporter cette rumeur.

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Après avoir évoqué le site jamendo avec mes collègues avec mes collègues, j'ai eu envie de revenir le visiter. J'en avais fait la promotion à plusieurs reprises sans grand succès. Cette fois j'ai eu l'impression d'intéresser mes interlocuteurs. Le déclenchement de l'intérêt et plus avant de la notoriété ne cesse de me poser question. Des questions apparemment insolubles. Sur jamendo, je reste attaché à David TMX même si je trouve que ses dernières publications deviennent trop radicales. En visitant par thème j'ai trouve d'autres artistes qui publient des quantités de choses, parfois une cinquantaine d'albums. Certains utilisent le site pour publier des maquettes et se faire connaître. D'autres sont plus dans le rejet du système commercial et montrent sur jamendo tout ce qu'ils produisent. Ce sont les plus sympathiques de mon point de vue. Cela se décline dans différents styles. La musique électronique est prépondérante mais c'est assez naturel. On trouve aussi des choses de style jazz ou acoustique qui ont un vrai intérêt. Au final, je constate surtout un excès d'offre, même si beaucoup d'enregistrement ne se démarquent pas nettement de ce qu'on a déjà entendu ailleurs. Cela m'inspire que pour sortir du lot, il faut quelque chose de plus. Difficile de ne pas entendre que c'est souvent au prix de quelques "trucs" plus ou moins d'ordre publicitaire. Cela me semble à la fois inévitable et regrettable. Il faut une sacrée somme de confiance pour penser que "Dieu reconnaîtra les siens" ! Ce que j'entends sur jamendo comparé à ce que je peux entendre ailleurs ne me suggère pas de différence notable de qualité et d'intérêt C'est plutôt l'idée du marché qui ne fonctionne pas que je retiens. Et donc que ce n'est plus nécessairement le disquaire qui me donnera à l'avenir le chemin des bonnes musiques...

 

11/05/2008

J'ai passé la journée sur la mise à jour du site. Cela ne m'était plus arrivé depuis de longs mois. J'ai modifié la page d'accueil pour la moderniser. Je me suis limité à cette page en éliminant les choses les plus obsolètes. Certains pages paraissent assez démodées mais les laisse pour l'instant. J'ai terminé la mise en forme de la version audio des notes 2007 et préparé une page avec quelques crobars que j'avais faits tantôt.

J'ai passé beaucoup de temps aussi pour mettre en ordre une page de photos avec quelques images venant de google, d'autres prises sur ma TV lorsque l'ADSL ne marchait pas correctement, d'autres encore prises sur le film Bosna de BHL et le film beau travail de Claire Denis. Je veux encore rajouter mes propres photos de Venise, de Chine ou d'ailleurs. Je ne sais pas encore comment lier l'ensemble mais ce devrait être possible sans trop de difficulté. Faut aussi voir sur quel site mettre ces photos. Cela risque d'être sur voilà à cause des images. J'ai commencé à rédiger les textes mais ce n'est pas terminé. Il faut que je développe l'aspect lié aux images de guerre du film de BHL. Quelque part mes photographies réelles, aussi bonnes soient elles, ne me semblent pas, en première impression, à la hauteur des autres choses que je prévois de publier. Est ce à dire qu'il faut découper cela sur plusieurs pages ? C'est toujours possible.

Je ne sais pas combien de temps va me prendre encore cette mise en place. J'ai curieusement retrouvé l'envie. Pourvu que cela dure ! Je suis tenté de lier cela à la décision que j'ai prise d'abandonner les poursuites en justice par rapport à mon problème de voisinage à la campagne. Je vais donc devoir accepter une construction mais dans l'immédiat cela se traduit par un effet de décompression assez libérateur pour moi. Reste à tirer les conséquences de ce renoncement. Vais-je déménager ? Cet événement m'a conduit à remettre en cause beaucoup d'idées sur lesquelles je m'étais un peu arrêté, des acquis que je peux à présent réexaminer sous un autre angle. J'ai un certain nombre des choses à écrire. Je pensais m'y mettre ce week-end mais n'en n'ai pas eu le temps. JE ne me suis pas occupé du ménage ni du jardin qui commence à pousser en tout sens. Le travail sur mes images m'a tout pris mais, en un sens, c'est pour la bonne cause.

Voilà ce que je peux noter ce soir. J'écris rarement le soir. Et je ne me fais pas d'illusion sur le caractère utilitaire de ces notes. Tout ce que j'ai écrit depuis le début d'année ne m'apparaît pas particulièrement intéressant. C'est dommage, mais c'est aussi le principe de ces notes que d'osciller du meilleur au pire.

 

12/05/2008

J'ai poursuivi ma sélection d'images. Sur la chine, le choix pour internet est sensiblement différent de ce que j'avais publié en septembre à l'intention de mes compagnons de voyage. C'est assez normal. L'objectif n'est pas le même mais après ce premier choix, il m'en reste encore trop me semble t'il (plus de cinquante). Cela veut dire qu'une deuxième passe est nécessaire dans laquelle il faut réduire le côté reportage de la sélection et me concentrer sur l'intérêt individuel des photos. Néanmoins, les vues restent typées selon le lieu d'où elles proviennent. On reconnaît du premier coup d'œil celles qui viennent d'Italie.

 

18/05/2008

Bien que j'y ai travaillé chaque soir de la semaine, ma mise à jour n'est pas encore prête. Cela n'a guère avance encore pendant le week-end. La mise au format des photos est terminée.

J'ai écouté encore quelques conférences notamment deux à propos des think tanks et du lobbying. Le principe d'idées construites collectivement et gérées plus ou moins comme des produits m'a ébranlé. Et si c'était vrai, que resterait à la littérature, à la création individuelle en général ? N'est ce pas quelque chose du passé ? Probablement que si et que reste t'il de l'individu ? C'est paradoxal. On sait que de plus en plus de gens vivent seuls, mais en pratique la notion d'individu est mise à mal. La dépendance croit avec des tas d'objets, le contrôle est de plus en plus important et automatisé. La liberté individuelle sera vite problématique avec toutes ces traces, ces fichiers, ces caméras. Et de l'autre côté , comme le disait l'un des conférenciers, désormais, les entreprises elles mêmes créent de la pensée. Il ne faut peut-être pas s'affoler mais l'éventualité que la fabrication des idées échappe aux individus au profit de structures comme les think tanks ou des entreprises dont les intérêts ne sont pas exactement celles des individus à de quoi préoccuper. Il est aussi étonnant de remarquer que cette évolution vient d'abord des USA dont on aurait pu croire, justement, que ses habitants sont particulièrement sensibles à la défense des individus.

Devant tant de paradoxes je laisse cette idée sous surveillance ! Il se peut que ce soit une évolution profonde qui n'est pas encore vue avec autant d'évidence que je veux bien le dire ici mais qui pourrait saper nos systèmes...

 

20/05/2008

Je place ici cette photo pour qu'elle ne disparaisse pas du site après sa dernière modification. Je me sens un peu dépositaire de ce paysage qui se trouve aussi être celui que je n'ai pas réussi à sauvegerder à la campagne...

 

 

25/05/2008

J'ai encore passé cette journée et celle d'hier pour préparer la mise en ligne. C'est un travail. J'ai pas compté exactement mais c'est près de 150 fichiers à télécharger. J'ai créé un autre site sur voilà comme je l'avais fait pour l'exposition de photos numériques.. En fait, j'ai du déclarer un deuxième compte pour disposer de 100M supplémentaires. Je me demande pourquoi cette limite.

Le nouvelle partie consacrée à mes photos s'organise autour d'une seule page. J'ai écrit un long texte d'accompagnement dont pour l'instant, je suis assez content. Ce texte pose différentes questions, souligne quelques problèmes posés par les images mais sans trop expliquer.

J'ai du revoir au dernier moment la page d'accueil du site à cause des fichiers des notes audio. Je n'avais pas réfléchi au fait qu'il faut aussi 100M pour stocker cet enregistrement. C'est la taille d'un site entier. La solution est de créer un autre site sur voila. Ce sera le quatrième. Cela devient très compliqué et la solution d'un serveur à la maison devient de plus en plus pertinente. Sauf que cela m'oblige à laisser un PC en fonctionnement jour et nuit et d'en surveiller le fonctionnement. Bien évidemment, si cette solution est trop contraignante je pourrais aussi envisager de prendre un espace payant en ligne. Ce n'est peut être pas si coûteux. Et puis cela me motiverait peut-être pour me préoccuper de l'audience de ce site.

 

27/05/2008

Hier soir j'ai repris les fichiers audio de mes notes, d'une part pour corriger le début qui comportait des répétitions désagréables et aussi pour en diminuer la taille par une meilleure compression. J'ai recodé les deux fichiers avec un échantillonnage plus faible. La taille est divisée par deux sans changement sensible à l'oreille. Concernant les corrections, je suis moins satisfait car les collages s'entendent distinctement. Je n'ai pas réussi à égaliser les niveaux respectifs. Il me reste des choses à apprendre !

C'est en fait l'ensemble de l'enregistrement qu'il faudrait traiter ou refaire pour obtenir un son plus mélodieux. J'ai créé un nouveau site pour ces deux fichiers audio. J'ai eu quelques difficultés pour le télécharger et au final, la lecture du second, le plus gros, ne fonctionnait pas hier soir. Il faut tout revoir. Je ne sais pas s'il est possible d'avoir des fichiers de plus de 20M sur voila.

 

31/05/2008

Le feuilleton des fichiers audio s'est poursuivi. Je les ai repris, découpé l'ensemble en 5 parties et remis en ligne. Cela semble maintenant fonctionner correctement. Avec des fichiers de 10M, cela marche bien mieux. Je ne suis cependant pas complètement satisfait de la qualité des enregistrements. Le défaut vient de la prise de son qui saturait. Je ne sais pas s'il existe une méthode pour corriger ce type de problème. Je pourrais bien sûr refaire tout l'enregistrement mais c'est un peu le plomb. J'ai déjà passé pas mal de temps sur cet enregistrement. Grâce à goldwave, j'ai pu faire quelques améliorations, refaire l'introduction de chaque fichier. Avec un peu de pratique on peut découper mot à mot. C'est amusant. L'inconvénient c'est que mon programme est une version shareware non enregistrée. Au bout d'un moment des messages de rappel s'affichent sans arrêt. Cela oblige à relancer le programme. C'est une contrainte. Il faudrait que je cherche un autre programme qui n'a pas cet inconvénient.

 

01/06/2008

Je relis ce matin le texte de ma page de photographies mises en ligne la semaine dernière. Je veux utiliser ce texte comme un marchepied pour ma réflexion. J'ai aussi fait quelques petites corrections mais c'est un point secondaire.

Mon texte a un statut plus ou moins libertaire. Si j'essaie de comprendre ce que je veux faire, c'est torpiller la notion de droit aux images. Pourtant, d'une manière générale, je respecte les oeuvres et leur paternité. Loin de moi, en première approche, l'idée de contester que les images vidéo que j'ai utilisées viennent des films de BHL et de Claire Denis. La question se poserait plus particulièrement si je gagnais de l'argent avec mes propres images réalisées à partir des leurs. Ce n'est pas le cas mais cela n'empêche pas de s'interroger.

Cela devient vite compliqué. Pour Claire Denis, ma source est un fichier téléchargé de manière complètement illégale sur le net. Cela change-t'il quelque chose au fait que je suis redevable ou non à Claire Denis ? Je ne le crois pas. Si j'avais extrait cette photo d'un DVD acheté chez un revendeur, cela ne changerait rien car la "paternité" sur les images – les oeuvres d'art en général – est, je pense, inaltérable. Du moins dans la vision française des choses... Mais la technique ne nous aveugle-t'elle pas ? En quoi l'extraction d'une image d'un film enregistré sur mon disque dur est-elle tellement différente d'une citation d'un roman de Flaubert. Cela me semble procéder d'une même démarche.

Ce que je fais va plus loin dans la mesure ou, non content de citer, je m'approprie ces images en les présentant comme miennes (même si j'indique d'où elles proviennent). Je tente ainsi de redonner au flux vidéo le même statut qu'aux choses que je vois dans le monde réel. Pourquoi, en effet, ce qui se passe dans ma rétine devrait être trié en images naturelles et images vidéo ? On voit bien que c'est une séparation artificielle. Pourquoi un tableau de Mondrian serait-il plus du côté du réel que le portrait filmé par la la caméra de Claire Denis ? Et dans le monde réel, il existe aussi des sculptures qui sont des oeuvres d'art, et combien de photographies se contentent de simplement exploiter l'impression que donne une peinture ou une architecture (mes photos de Beaubourg en sont un bon exemple).

S'approprier des images des autres comme je suis tenté de le faire, n'est pas complètement nouveau. Je vois la même démarche dans les collages, de Breton ou Max Ernst. Ils découpaient des dessins dans des revues et les rassemblaient, ce qui correspond pour les techniques de l'époque, exactement à la même procédure que les copier-coller qu'on réalise désormais en utilisant le net comme un kiosque à journaux. Telle chose est bien admise, puisqu'on en voit le résultat dans les musées. Et il n'est absolument pas sûr que ce que je publie sur mon site soit moins admis. Personne, jusqu'ici, ne m'en a fait le reproche. Ce n'est que moi qui éprouve le besoin d'examiner cette question...

Donc par quel mystère le flux vidéo aurait-il un statut différent du reste des choses qui viennent dans mes yeux ? En fait, les journaux posent le même problème. Il n'est pas complètement admis qu'on puisse reproduire, par exemple, les pages de publicité. C'est donc la médiation qui prétend donner une valeur différente aux images. J'avance l'hypothèse que la diffusion crée une seconde valeur qui vient à côté de ce que j'ai appelé la paternité, associée, elle, au droit d'auteur et qui est plutôt de l'ordre du moral, sans réelle valeur financière. Dispose-t'on d'une image dans la rue (une affiche sauvage, un tag, un graffiti), n'importe qui peut se l'approprier et donc la photographier tandis que, si vous mettez simplement un cadre de bois ou d'aluminium autour de cette image, avec un logo "affichage pub sa", aussitôt cette image sera marquée comme devant être respectée. La tolérance reste néanmoins la règle, mais avec une petite menace. On sait qu'on ne peut en faire n'importe quoi. Déchirer des affiches commerciales, par exemple, est je pense un délit mais probablement pas d'arracher les affichettes sauvages qui annoncent les concerts ou vantent les partis politiques.

Ces considérations me rappellent l'oeuvre d'un peintre (Jacques Villeglé) qui a fait une oeuvre en déchirant des affiches et les exposant dans les galeries et les musées. Comme quoi, de Breton à moi, il a une continuité dans l'emprunt ou le pillage des images.

C'est donc la médiation qui donne leur valeur économique aux images et les contraintes qui en découlent. C'est assez naturel au fond sauf que assimiler image et oeuvre d'art est un peu rapide. Dire qu'un tableau est une oeuvre d'art ne pose aucun problème. Par contre dire que la photographie d'un tableau est aussi une oeuvre est déjà plus problématique. Si la photo est une représentation stricte du tableau, une reproduction, on se retrouve avec l'auteur du tableau et celui de la photo. Dans ce cas, l'auteur de la photo est mis en retrait mais pas ignoré : on site toujours leur noms dans les livres d'art... Mais si cette photo utilise le tableau comme un élément de décor, le poids du photographe augmente, jusqu'à, me semble-t'il, considérer le tableau comme une chose parmi les autres, un élément du décor (exemple ma photo de Beaubourg où les éléments de construction du bâtiment créent une structure de liaison, entre une sculpture - elle aussi élément de décor - et un oiseau).

Dans un deuxième temps, les images deviennent, elles aussi, des objets. Elles sont alors a considérer comme des oeuvres reproduites ou des éléments de décor. Pourtant, il se passe parfois des phénomènes étranges. Je pense à la vue de ce tank hors d'usage que j'ai extraite du film de Claire Denis. Cette prise de vue ne peut pas complètement être prise comme une oeuvre de Claire Denis. Ce n'est qu'un bref plan de son film qui traduit, sans doute, une intention. Mais si j'étais allé dans ce même endroit, il est probable que j'aurais fait la même photo, pour exprimer, autant que je peux en juger, a peu près la même chose... Et quand je reprends cette photo du film de Claire, je dis d'abord que j'ai perçu son intention qui était peut-être perdue dans le film. Je l'extrais et la rapporte. J'en deviens co-auteur d'u certain point de vue. Je suis en même temps le critique qui incite les lecteurs de mes notes à voir ce film. En un sens, le film apparaît comme un monde en soi. Visiter le film est un voyage dans l'univers de Claire Denis et ma "citation" est aussi une invitation au voyage.

Dans les images prises à BHL, des considérations du même ordre se posent... D'abord je voudrais noter la différence de circuit des images que j'utilise. J'ai dit plus haut que c'est sans importance par rapport à la paternité des oeuvres mais je remarque que l'enregistrement que j'ai utilisé a transité par le biais d'une diffusion sur arte. Je pense que les images de Bosna! n'ont pas toutes été tournées par BHL et son équipe. Certaines viennent certainement de reportages TV et pour le coup, BHL en aura acquitté les droits. Cela donne un empilement de couches qui rend pratiquement impossible la genèse des images. Je n'ai pas fait pour ma part de recadrage (la faible résolution de la vidéo ne sy' prête pas). En recadrant, je me serais certainement approprié complètement ces images mais en l'occurrence, c'est plutôt un choix temporel que j'ai fait dans le film ce qui peut-être assimilé à l'idée d'un cadrage sur l'axe du temps. C'est très embrouillé.

Je peux poursuivre mon investigation en examinant le cas des images de Google. Ce qui frappe d'abord est la présence des références de copyright. Plusieurs sur chaque photo. Je ne doute pas qu'un simple traitement informatique permettrait de les effacer. Le crime serait parfait. Mais ici, je préfère laisser ces références techniques qui participent à l'esthétique des images. Ces références insistantes s'éliminent d'elles mêmes. Il y a celui de Google et celui des compagnies qui ont fourni la source des images. Chacun revendique sa part de propriété. Pourtant ce type d'images est réalisé par des campagnes de relevé automatisé avec un minimum d'intervention humaine. Des avions balaient le ciel en suivant des lignes parallèles comme des sillons de labour. La prise de vue se fait à intervalle régulier. Ensuite ces images sont rassemblées les unes à côté des autres par des programmes informatiques. Parfois les avions sont remplacés par des satellites. L'automatisation est plus grande encore. Les logiciels proposés par Google ajoutent un traitement supplémentaire. L'ensemble du monde est couvert. Le navigateur google earth permet d'explorer cette banque d'images, de coller les vues sur une sphère virtuelle en tenant compte des reliefs. La représentation finale n'est pas parfaite car les ombres et les perspectives présentes sur les images d'origine ne peuvent être éliminées. C'est assez peu sensible sur des maisons de faible hauteur. Beaucoup plus sur les tours de New York ou Chicago. J'ai tiré un parti artistique de ces défauts.

Il sera difficile de défendre le fait que mettre à disposition des images confère à Google la paternité définitive sur ces images. Je suppose que le droit américain donne raison à Google mais il n'est pas évident que l'usage que j'ai fait de leur banque de données rentre dans le cadre de ce qui était prévu à l'origine. Il s'agissait d'avantage, d'après ce que j'ai compris du projet, de mettre à disposition de tous ces images du monde mais aussi, de créer un super navigateur de recherche, un outil de localisation géographique. L'idée de transformer ces images en œuvre d'art sort du champ me semble t’il. Et puisque ces images sont mises à disposition librement, il est difficile, à la fois, de reprocher et de revendiquer, tous les usages qui peuvent en être faits.

Je n'ai publié cette fois que quelques images de France. J'avais une bonne quantité d'images des Etats Unis que j'ai perdues lors de la panne de mon disque dur. Tantôt je reprendrai ce voyage et verrai pour en faire d'autres... C'est assez passionnant.

Après ces longues considérations, que pourrais je dire de mes propres photos ? Sur l'axe des moins personnelles aux plus proches, je retrouve encore la série des photos de l'écran de ma télévision par ADSL. Pendant plusieurs semaines, la réception que j'avais n'était pas bonne et j'obtenais fréquemment des pertes d'images. Chaque technique a ses propres défauts. En télévision analogique, de la neige apparaît en cas de mauvaise réception. Les couleurs disparaissent et, peu à peu, l'image toute entière, accompagnée de bruit sur la partie son.

En numérique, le décrochage de l'image est plus franc. On obtient un écran noir. C'est du moins ce qu'en disaient les spécialistes lors de la mise en place de la TNT. En pratique c'est beaucoup plus compliqué. Il faut savoir que la TV numérique (TNT ou ADSL) utilise des algorithmes complexes qui font que l'on n'envoie pas des images entières mais plutôt le delta pour les parties qui changent le plus. Ainsi pour un personnage sur un fond fixe, son visage sera mis à jour beaucoup plus souvent que l'arrière plan. En cas de perte de signal suite à des erreurs de transmission, on voit souvent le visage se figer, se remplir de gros carrés de couleurs tandis que le décor reste net et correctement affiché. Dans les vues que j'ai prises, on constate que les types de défaut possibles sont beaucoup plus divers que ce qu'on imaginait. J'en ai pris un certain nombre. Depuis j'ai réparé ma ligne téléphonique ce qui fait que ma réception s'est nettement améliorée. Ma source est tarie en quelque sorte.

Ce phénomène de défaut inspire un certain nombre d'interrogations. Premièrement sur ce qu'on appelle une image fidèle. La télévision est supposée être une fenêtre sur le monde. On a compris qu'elle n'en donne qu'un point de vue subjectif. Ce qui est montré, la manière de le montrer, sont autant de filtres qui interdisent de penser que ces images sont un reflet fidèle comme on avait pu le croire naïvement. Le point nouveau qu'apportent les techniques récentes de codage et de transmission est dans les traitements faits sur les images. Ce qui apparaît sur mon écran est aussi une interprétation, une recombinaison, faite par les machines elles mêmes. Les circuits s'arrogent le droit de changer certains détails, d'afficher un personnage présent sur un paysage datant de plusieurs secondes...

Photographier un écran de télévision pose les mêmes questions que photographier un tableau comme je l'ai discuté précédemment. Quand les défauts techniques s'en mêlent et que je les photographie, le lien de propriété de la chaîne de diffusion et au cinéaste de départ est rompu. Il est retiré à son auteur. L'image devient complètement mienne. Il n'y a pas d'ambiguïté. Pourtant le hasard s'en est mellé et a marqué les vues de son empreinte très fortement. Mon intervention est postérieure. Elle consiste à découper, modifier les vues brutes. C'est une appropriation qui se fait à l'inspiration en prenant les photos comme une matière et pour laquelle le traitement informatique sur un logiciel de retouche donne toute sa dimension.

Je trouve assez fascinant de voir apparaître tout un monde dans les interstices de la technique. Les défaillances du système font apparaître ces images complètement nouvelles. C'est une bonne surprise.

Pour ce qui est de mes propres photos, je n'ai pas autant à dire car je suis sans vision d'ensemble. Mais au fait, quelle serait ma réaction si mes photos étaient reprises ou bricolées par quelqu'un d'autre ? Je ne sais pas dire mais probablement que je n'en penserais rien. C'est bien la règle du jeu. Le résultat doit être considéré à plusieurs niveaux. D'abord celui de la page web dans son ensemble. Le choix des regroupements n'est pas hasardeux. Je choisis certaines associations et pas d'autres. C'est bien une démarche artistique, une suite de choix, mais pour lesquelles je ne sais pas forcément dire la genèse et les justifications. Un autre niveau concerne chacune des pages secondaires sur lesquelles la disposition des photos crée un dialogue entre photos. Le troisième niveau concerne chaque photo prise individuellement. Le recadrage et quelques autres traitements numériques peuvent intervenir. Cela peut aller très loin pour certaines images (vue du tunnel, vue des soldats) pour lesquelles les traitements utilisés modifient l'image en temps qu'image. J'ai plusieurs fois déjà évoqué les manipulations que je fais sur les photographies. C'est le lot normal de la photographie numérique. Je n'y reviens pas.

Que puis-je dire alors de quelques unes de mes images ? Lesquelles me paraissent les plus originales, les plus innovantes ? C'est difficile. Il est plus simple de parler des images qu'on trouve car son choix vient en addition de celui du photographe d'origine. C'est assez réconfortant.. Pour soi, c'est moins évident. On ne se démarque pas du doute.

Je peux commenter la photographie du papillon que j'ai laissée affichée sur mon écran depuis tout à l'heure. D'abord dire que j'avais plusieurs photos de ce papillon. Celle ci est la plus géométrique et la plus nette. C'est une image très simple constituée de bandes horizontales noires et rouges avec au centre, un peu sur le côté, un papillon. On peut penser à un drapeau. Le papillon donne une impression de fragilité qui s'oppose à la dureté du sol de carrelage. La géométrie des lignes de ciment ajoute un côté mathématique à cette évocation de dureté. Le papillon, par contraste, évoque la nature et la liberté. Peut-être même la vie et la féminité (fragilité, forme de triangle, beauté de la parure, "cils" des antennes, ...). La matière du sol est pour moi fondamentale pour cette photo et le jeu de l'ombre avec toutes ces aspérités est particulièrement intéressant. On a l'impression d'une sorte de matière grouillante qui va peut-être tout engloutir. la terre glaiseuse, le marais... L'ombre du papillon, très noire, est également remarquable. Le mystère de cette photo vient aussi de la présence inattendue de l'insecte sur un sol de carrelage. Son existence est certainement en danger. Le photographe n'est peut-être pas seul... Ce qu'on ne voit pas dans le cadre pas participe aussi au récit. Que se passe t’il sur le côté ?... Le papillon c'est aussi la surprise : "oh, regarde, un papillon". "Prend le en photo" ou bien même "attrape le"... Prendre une photo, c'est aussi chasser sans détruire. Capter la beauté au lieu de la tuer comme le ferait un chasseur. La perspective de cette image, ou plutôt ici, son absence de perspective, est à l'instar du chasseur, un manière de figer le temps pour que la vue de ce papillon reste indéfiniment présente. L'insecte est comme collé à un mur. L'appareil photo a permis de redresser le sol et d'en faire un mur dont le papillon ne pourra plus s'échapper. Il est affiché, comme on le fait parfois avec une aiguille pour exposer les individus les plus remarquables dans un petit cadre sur du velours souvent rouge, comme le carrelage sur cette image.

la finesse du grain est assez bonne pour magnifier les aspérités du carrelage. Bien que je n'utilise qu'un appareil de qualité moyenne, le numérique donne un résultat convenable.

Le détail de cette autre photo prise au Quartier Latin comme on peut le lire avec un peu d'effort, à l'angle de la rue des St Pères et Perronet, donne une impression très "urbaine". On reconnaît facilement l'architecture de Paris, les couleurs dominantes, le gris et le bleu. Ce que j'appelle le caractère urbain, vient de l'architecture omniprésente, avec diverses couches, divers styles, diverses époques. La multiplication des fenêtres et leurs différents angles donnent le sentiment d'une grande densité d'habitat, et de nombreux détail (bacs à fleurs, rideaux, vantaux ouverts) indiquent une nombreuse présence humaine bien que paradoxalement, aucun humain ni aucun animal ne soit visible... Cela donne l'idée d'une certaine sérénité, de paix, mais qui peut aller, si on pousse à l'excès, à l'idée qu'on se trouve peut-être dans une sorte de cimetière...

J'aime particulièrement cette autre photo prise à l'automne 2007, de ces deux arbres aux feuilles jaunes qui font comme un vaisseau végétal traversant une mer de chlorophylle. Toutes les photos de la série 3 ont été prises le même jour. La lumière était tout à fait exceptionnelle. Des ors et des argents, en maints endroits de mon itinéraire de promenade que je connais pourtant bien et ne devrait plus me surprendre. Cette photo, d'une grande banalité (deux arbres dans un pré) me semble exceptionnelle de par la qualité de la lumière (c'était le bon moment) mais aussi par ce mouvement dynamique donné, à la fois, par le tronc un peu penché, et par la ligne courbée du sol. Les deux arbres me font inévitablement penser à une sorte de véhicule comme s'ils tentaient de traverser le paysage de droite à gauche. Le feuillage renforce cette impression, c'est comme la poussière soulevée dans le sillage d'une voiture rapide. L'arrière plan de sapins très sombre est particulièrement bien venu pour accentuer le contraste des plans. C'est pourrait être la tribune des spectateurs sin on veut garder l'analogie d'une course de grand prix.

A l'opposé de cette tension, cette photographie évoque aussi une atmosphère de calme, de nature. Les couleurs jaune du feuillage est particulièrement belle. Le découpage fin du feuillage également. Il évoque la finesse des représentations de la peinture classique (Poussin).

Une troisième interprétation de cette photo décidément très riche, serait celle du théâtre de nature. Comme si le rideau d'arbres se fermait à l'approche de l'hiver à la manière du rideau que l'on tire à la fin d'u spectacle. Bien sûr, pour dire autant de choses, le cadrage que j'ai fait n'est pas neutre. Je l'ai un peu retouché, précisé, à l'ordinateur mais l'idée était déjà lors de là prise de vue. C'est mon savoir faire ! Je le constate plutôt que je le maîtrise... C'est plutôt de l'ordre de l'intuition. Une forme particulière de lecture rapide que l'on fait dans l'instant et qu'on peut espérer capter avec l'appareil photo. Cela ne fonctionne que dans certaines conditions de disponibilité. Il faut aussi que la "Nature" y mette du sien ! Ce jour là, elle donnait la lumière qu'il fallait. Assez rare.

Je peux faire le même exercice de commentaire sur la photo de cette façade d'église à Padoue. Ce n'est pas l'église la plus importante de la ville mais elle abrite un autel de style baroque assez splendide (mais dont je ne sais pas l'époque). L'intérêt de la photo tient, selon moi, de la précision du cadrage. J'ai passé beaucoup de temps pour éliminer tout ce qui était en trop sur la vue d'origine. On a cette grande masse de la façade qui est étonnante en soi et les différentes coupoles ensoleillées. Malgré l'austérité du mur, on se sent attiré par l'édifice et c'est bien ce qu'on attend d'une église ! La porte centrale se démarque bien au milieu de l’image. De nombreux détails concoururent à cette idée d'un appel : les sculptures au sommet des coupoles nous font signe, les visages des fenêtres sont comme des fiancées qui attendent (symbole un peu étonnant de sensualité sur une église). L'alignement des réverbères comme des gardes suisses renforce cette idée d'accueil et même la signalisation (flèches visibles sur les panneaux) renforce cette symbolique. Le feu qui aurait pu être un détail perturbateur vient au contraire renforcer l'ensemble. Il se place au centre comme un guide pour inviter l'homme moderne à franchir le pas de cette vénérable église. Feu vert.

Je ne sais pas exactement quel jeu je joue en décrivant cette image. Bien sûr qu'il me reste un fond de culture chrétienne qui peut encore apparaître dans mes photos. Je n'ai pas d'hostilité particulière à la religion, surtout quand il s'agit de ses monuments. J'ai vu sur internet une photo de la même église dans une page sur Padoue. Elle était prise de beaucoup plus loin. On voyait la place voisine et ses étonnantes statues. Mais ce n'était qu'une photo de monument. La mienne a quelque chose de plus.

J'ai pris beaucoup de photos de Hong-Kong. Celle ci dans une rue commerçante. L'exotisme domine, autant par l'accumulation de couleurs, de gens, d'affiches et de messages en idéogrammes. Je ne me souviens pas si les parapluies protégeaient de la pluie ou du soleil. Plutôt du soleil. J'ai commenté plus haut, me semble t'il, plutôt des images "fermées". Celle-ci l'est également. Les enseignes forment des couches superposées. Elles sont en anglais ou en chinois. On ne les comprends pas; elles ne nous sont pas destinées. La foule est dense mais ne s'intéresse pas à nous. C'est la ville par excellence, grouillante et anonyme.

L'échelle est un élément important de cette image. Sa présence est incongrue. C'est peut-être l'échelle de Jacob, celle qui ouvre les Portes du Ciel. Elle se démarque au centre de l'image et donne l'idée qu'il y a moyen de sortir de cette fourmilière.

Cette ville reste un décor. On n'en parle pas la langue et très peu d'espoir de rentrer en contact avec ses habitants. On remarque aussi que les gens de la rue et ceux des affiches agissent de la même manière. Il semblent contents et occupés. Ne s'occupent pas de nous. Ils ont à faire. L'économie et le commerce marchent bien.

Je commente cette autre image, prise, celle ci, dans les rues de Canton. Cette photographie raconte une histoire. Je l'ai largement recadrée en éliminant toute la partie haute et l'arrière plan ou apparaissait un hotel de luxe moderne et prétentieux. J'aime le mouvement de cette image. Deux personnages se détachent. La fille en rose qui vient par ici en regardant ailleurs, et l'homme, sur la droite, sans doute occupé par d'autres pensées mais qui marche dans sa direction. On veut croire qu'ils vont se rencontrer. La fille vient de la petite rue au fond. Tous les autres personnages semblent s'éloigner, sauf elle. Elle est l'élue. Elle vient de franchir une ligne matérialisée au sol par un changement de couleur et rentre dans la zone de l'homme. Elle est bien campée au centre de l'image. L'ensemble des lignes formées par les auvents des boutiques tracent une convergence vers elle. La foule forme une masse compacte qui, à la fois la pousse et la rejette - comme une fille à marier. Elle porte aussi un petit sac en plastique dans sa main qui répond à ceux portés par l'homme.

L'homme marche dans sa direction, l'air de rien. Il regarde plus ou moins dans sa direction. Il va peut-être l'aborder. On voudrait qu'il l'aborde. Il porte des sacs de courses. Vraisemblablement célibataire, bien habillé, bon travail. Elle est plus coquette mais aussi plus décontractée. Elle est pieds nus dans ses sandales. Elle a besoin de protection. On le voit à la manière dont elle tient son sac à main pour protéger son ventre et son argent.

Sans doute cette histoire n'existe que dans l'évocation que j'en fais. Je ne sais si mes visiteurs voient les mêmes choses, ni même s'ils adhèrent à ce que je raconte...

J'ai pris cette photographie récemment au Parc de la Tête d'Or dans cette partie restaurée du zoo qu'ils appellent la Plaine Africaine. Un aménagement très réussi. J'aime cette photo à cause des matières, du bois avec les raies de lumière en écho avec la peau des girafes qui forment comme un bouquet. Sans prétendre être tellement novateur, je suis assez content du cadrage qui coupe délibérément la tête de l'une des girafes : il se passe quelque chose de ce côté là. Mais il se passe aussi des choses de l'autre côté qui intéresse les trois autres animaux collés les uns aux autres comme s'il avait du danger.

Les girafes sont parfaitement mises en valeur dans ce décor et leur pelage est impeccable. Toujours étonnant. Il y a aussi certainement quelques intentions de l'architecte dans les raies de lumière qui jouent sur les structures de bois.

Je donne plusieurs versions de cette photo dans l'exposition. Ce cadrage plus serré et un contraste maximum donnent, à mon avis, une version la plus émouvante. On ne sait rien de ces deux êtres. Sont-ils des monstres, des zombies ou des victimes qui demandent de l'aide ? Le rideau pare-soleil semble une défense dérisoire. A l'arrière plan, une ville, mais on ne sait laquelle : Beyrouth, Jérusalem ou Soweto ?

Pour finir, je commente la photographie d'un coin d'ombre de Venise. Cette peinture murale fait référence explicite au film Mort à Venise de Visconti. Il a l'eau, signe ultime de Venise dans laquelle on peut s'engloutir et les petites étincelles de lumière comme des appels à la noyade. L'homme qui n'est plus que l'image de lui même se recroqueville dans un coin sombre, son visage de douleur regarde dans une autre direction. Des flèches de sang transpercent son corps christique.

Le pieu noir dans la partie aquatique de l'image est indispensable à l'équilibre de la composition. C'est aussi la seule masse noire, et l'évocation de la pointe qu'on se plante dans le cœur...

En commentant mes propres photographies j'ai l'étrange impression de les inventer. Ce que j'en dis était-il déjà là au moment de la prise de vue. Sans doute en partie. Photographier est un instant de connivence avec l'environnement. On peut imaginer que, plus le photographe sait aller au fond de soi, plus le résultat a des chances d'être intéressant. Ce n'est probablement pas le cas de tout type de photo : on ne saurait dire ce genre de chose à propos de photos de studio dont la composition se fait progressivement. Cela s'applique aux "photos de voyage" pris dans le sens le plus large. L'idée d'une coïncidence fugitive est d'autant plus vraie que je sais, je l'ai remarqué souvent, cela ne marche pas toujours.

Cette vision donne une dimension presque de méditation à la photographie qui me surprend moi même. Ce n'est d'ailleurs pas exactement cela. Cela se fait plus simplement. Il n'empêche qu'il y a une sorte de grâce certains jours pour prendre des photos et que ce serait agréable de faire en sorte que tous les jours soient des jours à photo.

Cela poserait d'autre problèmes de quantité, d'impossibilité de tout montrer. Le problème est déjà présent car chaque expo m'oblige à créer un nouveau site et cela devient une véritable toile d'araignée. Pour mettre plus de photos en ligne, j'ai une première solution qui serait de créer un nouveau site hébergé chez moi. La question plus fondamentale est celle du "progrès" ... pour répondre à cette remarque du peintre qui dit ne pas avoir progressé en dessin que j'évoquais l'autre jour.

J'ai progressé sans aucun doute comme photographe grâce au numérique. J'avais abandonné la photographie pendant des années car le travail en chambre noire me semblait trop contraignant et que les tirages standards des laboratoires me satisfaisaient rarement. De plus, les photos rangées dans des pochettes de papier empilées au fond d'armoires avaient quelque chose d'assez stupide. Depuis que je les récupère sur mon écran, je les regarde plus souvent, je peux les montrer plus facilement et surtout le logiciel de retouche me permet de multiples manipulations qui ne me laissent plus démuni et frustré comme auparavant. J'ai encore quelques attentes vis à vis des logiciels, peut être une fonction que je n'ai pas trouvée, mais j'ai souvent l'envie de pouvoir transposer les couleurs et n'ai pas trouvé jusqu'ici le moyen de le faire de manière satisfaisante.

Progresser en temps que photographe reste un objectif pour moi sauf que je ne sais pas trop quoi mettre derrière.

 

05/06/2008

J'ai saisi plusieurs pages de mes dernières notes et avant la fin, me suis arrêté découragé. Je trouve de bonnes idées mais c'est mal écrit. Savoir produire un texte sans me corriger ne semble plus à ma portée. Je croyais pourtant en être capable. N'est-ce pas de cette manière que j'ai rédigé la plupart de ces notes ? J'en viens à douter. Désormais mon écriture est trop relâchée, pleine de répétitions. Je ne peux la publier sans correction.

 

08/06/2008

J'ai lu plusieurs texte de Eric Steven Raymond (ESR). C'est un hackeur américain fameux. Il a participé à la mise en place des logiciels open source. Il est connu aussi pour le texte "la cathédrale et le bazar" qu'o trouve facilement sur le web. C'est intéressant d'observer le débat autour de ces affaires et la conscience - assez justifiée - qu'ont ces gens de faire le monde. Quelque part, il se dit anarchiste, je ne sais pas, en tout cas sa manière d'entrer dans le jeu de l'économie n'est pas sans me surprendre. Ses textes ne sont pas toujours complètement clairs, la traduction est peut-être un peu faible, n'empêche que je trouve de l'intérêt à le lire. Il est épatant de voir que le patron de Netscape a changé complètement la politique de son entreprise après avoir lu les textes de ESR. J'ai trouvé par ailleurs sur wikipedia qu'il existe un débat qui m'avait échappé, entre l'open source et le logiciel libre prôné par la Free Software Fundation de Richard Matthew Stallman (RMS). Ce genre de lecture ne fait que me renforcer mon sentiment que la France est le bord de la route.

 

14/06/2008

Dans le genre malsain, j'entends qu'on a calculé le coût correspondant au travail accompli par les abeilles américaines pour le transport du pollen : treize milliard de dollars.

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On annonce aussi cette nuit le vote négatif par référendum des Irlandais contre le traité de Lisbonne. Certains veulent les faire revoter. D'autres qu'on passe outre ou qu'on les jette hors de l'Europe. J'avais trouvé assez déplorable le tour de force de ce traité pour effacer le non à la Constitution Européenne. On se dit les champions de la Démocratie; on s'aperçoit qu'on nous n'en sommes que les apprentis.

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Je suis allé prendre livraison de ma nouvelle voiture. On me reprenait l'ancienne. J'étais en retard au rendez-vous et on ne peut pas dire qu'on m'ait laissé beaucoup de temps pour m'apitoyer sur le sort de l'ancien véhicule qui partait pour la casse. Cela s'est passé très vite. On m'a conduit devant la nouvelle, on a retiré le voile rouge, on m'a installé au volant, et je suis parti le coeur léger dans la ville !

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J'ai relu ce texte parlant de mes dernières photos mises en ligne. J'ai fait quelques corrections mais ce sont surtout des questions qui me viennent. Je suis pris de doute. Ce que je dis de mes photos est il partagé par d'autres ou est-ce déjà de l'ordre de la poésie... En me relisant, il me semble dérouler un argumentaire suranné, quelque chose qui ne peut s'accrocher à la réalité d'aujourd'hui. C'était culotté de tenter l'expérience mais elle me conduit dans un lieu étrange. Je pourrais travailler d'avantage ces textes dans un sens littéraire et préparer un projet de livre de photos. Je n'avais jamais pensé à un tel projet et même je crois qu'il n'en existe pas de ce genre. Ce ne serait peut-être pas très simple de trouver l'équilibre entre texte et photo. Expliquer mes photos peut paraître inutile si elles sont tant soit peu réussies, elles devraient se suffire à elles mêmes. En même temps les commentaires que j'en ai fait montrent la forte polysémie que j'y vois, de quoi douter qu'elle soit partagée par tous. Elle n'appartient d'ailleurs peut être qu'à moi comme je le suggérais et si je ne l'écris pas elle sera perdue. D'un autre côté si je me montre trop explicite, je peux enfermer mes photos dans ma propre interprétation. Après tout, ce sont mes photos, je peux prendre le risque.

 

 

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mise à jour le 14/06/2008