notes d'artiste (janvier 2007)

notes au fil du temps....

 

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19/01/2007

Comme je suis ! J'ai préparé une mise à jour de ces notes pendant les congés de Noël et ne l'ai pas encore mise en ligne. Cela a bien changé depuis 2001 lorsque je commençais le site. A l'époque j'avais l'impression qu'il fallait le mettre à jour presque quotidiennement et n'aurais jamais laissé un défaut non corrigé. A présent, j'ai six mois de retard.

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Ces dernieres semaines, j'ai regardé plusieurs conférences trouvées sur internet à partir des liens du site de France Culture, vers ceux du Collège de France, du CNAM, etc. Passionnant. Le cycle sur l'homme artificiel parrainé par JP Changeux m'a beaucoup intéressé. Celles sur les questions liées au réchauffement climatique ou la mondialisation également, même si je ne partage pas toujours l'enthousiasme des conférenciers. L'un disait que grâce aux Chinois, on sera très nombreux à chercher des solutions ! Le prochain Mozart sera Chinois, disait-il, sachez qu'ils ont 60 millions de pianistes ! Je ne vois pas trop le rapport. En même temps, je trouve ça plutôt inquiétant. Être noyé dans la multitude.

Il me reste encore à regarder un cycle de conférences du CNAM sur l'économie : qu'est-ce que l'économie, etc...

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Relecture de mes notes 2006 avant mise en ligne, bientôt j'espère ! Je le fais toujours pour corriger quelques fautes si c'est possible. Bien. Finalement, si je n'ai produit que ce court texte en 2006, ce n'est pas si mal. Ça se lit et il y a quelques idées. J'ai plaisir à relire ce que je disais de Jouxtel et de la théorie des "mêmes". Une expérience ce livre ! C'était la première fois qu'un bouquin parvenait à me convaincre du contraire de ce pourquoi il a été écrit. Faut le faire ! J'ai définitivement classé cette histoire de "mêmes" au rayon des curiosités.

 

04/02/2007

On a reparlé de "second life", ce monde virtuel parallèle au notre. J'ai fait quelques recherches. Un drôle de phénomène quand même. Déjà noter qu'une première version a existé en France - le deuxième monde - sponsorisé par Canal et Cryo mais le projet avait fait faillite. Trop tôt sans doute. Un bon sujet de réflexion.

On peut s'interroger sur ce qui pousse des gens à aller sur second life pour faire des rencontres ou des expériences. Ça fonctionne par opposition avec notre monde présent. Les rencontres y sont plus directes. On peut sans doute s'adresser dans ce monde à des gens très différents, des gens qu'on n'aborderait pas dans la vraie vie. C'est que c'est moins dangereux ! L'inconnu virtuel ne va pas vous refaire de votre portefeuille... On peut supposer également une plus grande disponibilité. Ils sont sûrement là parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire ! Enfin, avec le système des avatars, chacun choisit l'apparence physique qu'il veut, on supprime l'écart entre l'aspect physique et la psychologie. On sait, en principe, à qui on a à faire.

On peut s'interroger sur les conséquences de cette tentative de changer le monde pour passer une partie de son existence dans un monde virtuel. C'est peut-être par jeu, mais jusqu'à un certain point. Et puis, certains vivent bien aussi la vie comme un jeu, pourquoi pas ?. C'est peut-être un lieu d'expérimentation pour tester des comportements que la contrainte sociale interdit. Ce serait alors plutôt une bonne chose, en tout cas, c'est une possibilité nouvelle, me semble-t'il. C'est peut-être également un refuge, un lieu de compensation. Déjà moins respectable mais sans doute que déjà beaucoup de temps passé dans les jeux vidéos ou devant les écrans de télévision, etc., seraient à classer dans cette catégorie. Je me demande juste si les univers virtuels ne vont pas devenir une solution à la surpopulation ! C'est une marotte chez moi, mais enfin, ça permet de tenir les gens tranquilles chez eux, dépensant peu d'énergie et faciles à surveiller au lieu qu'ils soient à prendre des avions pour faire le Tour du Monde. Le monde virtuel a aussi l'avantage de correspondre à ce qu'on attend, de se conformer à nos désirs. Il y aura, en effet, toujours moyen de le réguler. Par exemple, faire en sorte que dix millions de personnes aillent visiter en même temps la Pointe du Raz, tout en évitant que tout soit dégradé et en laissant à chacun, l'impression qu'il est seul ou entouré de seulement une dizaines de personnes décontractées.

L'économie que génère ce deuxième monde n'est pas le moins étonnant. Sur second life, on peut acheter un terrain pour quelques dollars et construire une maison. Ça veut dire que des gens achètent avec du vrai argent une illusion de maison, et je trouve ça assez incroyable. On imagine qu'untel vivant dans un deux pièces minable d'une mégapole acquiert dans ce nouveau monde un palace de cinquante pièces et qu'il finit par s'en croire réellement propriétaire. Ça montre à la fois l'incroyable vitalité du "marché" et le problème qu'il y a dans l'esprit des humains sur les notions de propriété et de réalité. On peut se sentir propriétaire de quelque chose qui n'existe pas et être prêt à payer pour acquérir cette fiction. Là dessus, certains créent des affaires sur second life et gagnent de l'agent virtuel qu'on peut convertir en argent réel.

Ce deuxième monde m'interpelle. Non que j'ai tellement envie de m'y transposer, mais pour les nombreuses questions qu'il pose. Je ne vois pas ce qui pourra empêcher les mondes secondaires de se multiplier à l'avenir. Et faire en sorte que les humains vont de plus en plus se déconnecter du monde réel et vivre une partie de leur vie ailleurs. Ça veut dire quand même qu'on abandonne le corps au profit du mental et je ne peux pas être complètement d'accord.

 

11/02/2007

Je l'ai déjà évoqué plus haut. J'ai regardé de nombreuses conférences sur le net au cours des dernières semaines. Elles se trouvent sur plusieurs sites (Collège de France, Cité des Sciences,...) et c'est formidable. La plupart ont été données à Paris mais je me dis que même si j'habitais encore cette ville, il est sûr que je n'aurais pas la possibilité d'assister à toutes. De plus, il y a un effet de concentration car certaines ont été données depuis un certain temps (2002 pour les plus anciennes) et c'est une sorte de recyclage accéléré pour moi. En prenant un peu de recul, je dois dire que je me regarde avec un peu de circonspection. Le niveau de ces conférences justifie l'intérêt que je leur porte mais je note un basculement. Je ne dois pas être le seul à m'intéresser à ces vidéos, de plus en plus nombreuses sur le net. L'an dernier, j'ai vu un grand nombre de films de cinéma, maintenant ce sont ces exposés qui retiennent mon attention. Je ne sais pas si cela durera longtemps mais il y a un côté maniaque. Je n'ai plus aucune production personnelle - celle de ce site en particulier - je me dilue dans l'apprentissage. Apprendre pour apprendre. Pourquoi ?

L'autre basculement que je remarque est celui d'un passage du livre à la vidéo. Je ne sais pas si c'est bien. Sur ces sujets traités par vidéo, je trouve un vrai plaisir à regarder plutôt que lire des livres sur les mêmes sujets. C'est plus rapide, et puis il y a un côté humain sympathique malgré les limites de l'enregistrement. Les critères restent les mêmes. Il existe de bons et mauvais livres et de bonnes et mauvaises conférences. Sur les sites que j'ai visités, les intervenants sont pratiquement tous des universitaires et la qualité est le plus souvent au rendez vous.

J'ai amorcé un changement de point de vue sur ce qu'est l'économie. Je suis peut-être en train de virer à droite ! [il y a eu depuis des titres de journaux allant dans le même sens : "les intellectuels français passeraient à droite". Curieux. En même temps, c'est très relatif : un journaliste américain disait de Sarkozy que les démocrates américains n'en voudraient pas, trop de gauche ! Et moi, je reste à gauche de sarko !] Quoi qu'il en soit, je suis en mesure, désormais, d'entendre des argumentaires auxquels j'étais jusqu'alors hermétique. Les conférences du CNAM m'ont aidé. Je commence à mieux comprendre ce qu'est le néo-libéralisme dont l'origine libertaire me troublait et me désarçonnait.

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Reportage amusant sur ARTE. On explique que nos vieux journaux partent désormais en Chine. On montre des ouvriers qui découpent des livres invendus à la scie électrique. On insiste : de toute sorte, des catalogues de voyage, des livres d'art. On montre le papier après recyclage. Il s'agit maintenant de papier chiot. Nos livres, les Chinois en font du PQ. CQFD !

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Je relis des classiques. Je les ai si peu lus à l'époque. Un ou deux livre par auteur, pas plus... Je termine cette semaine Nana de Zola,. Je ne connaissais pas ce roman et certains aspects sont inattendus. Je lis et regarde comment c'est réalisé. C'est fini. Je n'ai plus aucune révérence vis à vis des Auteurs célèbres. J'apprécie une certaine habileté chez Zola, son talent, mais sans oublier les lourdeurs. Un feuilleton Nana ? Je comprends... Les courses comme il les décrit sont épatantes. Quelle emphase. Cela renseigne aussi sur le dix neuvième et le poids important des ces filles de théâtre comme Nana, qu'on retrouve chez Toulouse-Lautrec et Offenbach. J'avais pas l'impression de quelque chose d'aussi massif. Et Paris était alors une petite ville. Vincennes était loin. L'impact économique de l'Empire aussi je ne savais pas. J'imagine qu'après la Révolution, les cartes ont été redistribuées d'où pas mal de nouveaux riches qui cherchaient à dépenser leur argent...

 

18/02/2007

C'est drôle. J'ai entrepris la lecture de David Lodge (L'auteur ! L'auteur !) et lui aussi parle de Zola, Flaubert, Maupassant qu'il dépeint, dans la bouche de Henry James, comme de sacrés français, obsédés par le sexe. J'ai jamais rien lu de HJ. De Lodge, non plus. Deux noms de plus sur ma liste d'auteurs. Le portait de Lodge est si anglais, je ne sais pas à ce point de ma lecture jusqu'à quel point c'est, en quelque sorte, de l'auto-dérision britannique.

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J'ai réalisé un prototype de relais qui va me permettre de renvoyer les visiteurs de mon site internet vers un serveur installé chez moi. La difficulté est qu'il faut gérer le changement d'adresse IP de ma ligne ADSL. Je savais qu'il existait des solutions pour contourner ce problème et en lisant sur internet, j'ai pigé comment cela pouvait fonctionner. J'ai donc réalisé une page pour tester le mécanisme et mis en place chez moi un court programme qui envoie régulièrement mon adresse IP vers cette page. Reste à industrialiser la solution pour n'envoyer l'information que lorsque c'est nécessaire et produire des traces pour vérifier le bon fonctionnement. L'intérêt de ce montage compliqué est de pouvoir disposer d'un espace disque beaucoup plus important chez moi (passer de 100M à 100G) et de pouvoir créer des pages dynamiques en langage PHP associées à une base de données. Pourquoi faire me dit-on ? Je ne sais pas encore.

 

10/03/2007

J'écris peu. Je n'écris pas assez. Il y a toujours quelque chose à faire qui m'empêche de me concentrer. L'idée que je vais écrire un livre semble s'éloigner. Il serait pourtant urgent que je m'en préoccupe. Que je prenne le temps nécessaire pour savoir si j'ai encore quelque chose à dire ou bien si je peux vivre dans le confort et l'anonymat.

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J'ai cette semaine enfin trouvé la cause de mauvais fonctionnement de ma télévision par ADSL. Il en aura fallu du temps et des discussions avec les collègues, les mesures les plus performantes, etc. La panne venait d'une mauvaise connexion, c'était prévisible, et un petit coup de tournevis à suffit pour tout arranger. Mais si je ne l'ai pas fait plus tôt, c'est que je n'avais pas vu la boite de distribution cachée derrière ma porte d'entrée. Je dis "cachée" mais elle était pourtant bien visible. Elle était, plusieurs fois par jour, dans mon champ de vision et je ne la voyais pas. Pourquoi ? C'est intriguant. Je ne voulais pas la voir. Cela me rappelle des expériences d'hypnose qui montraient ce genre d'aveuglement. Deux fois au moins, j'avais démonté la prise téléphonique pour vérifier les branchements et j'avais même prévu d'acheter une prise neuve pour la remplacer. Le boîtier situé à deux mètres de là, dans le coin haut de la porte, restait invisible pour moi. Comme si j'avais décidé que cela ne pouvait pas fonctionner (j'en ai tant entendu faut dire !), à moins que je ne voulais pas que cela fonctionne : la télé, trente ou quarante chaînes, qu'en ferais-je ? A moins encore que, par des constructions mentales plus étranges encore, je ne pouvais pas voir ce boîtier situé dans le coin des araignées.

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Je suis allé voir le spectacle d'Agnès Jaoui, jeudi soir à l'auditorium. Je sors rarement et cette fois j'avais fait l'effort. Je n'aime plus l'idée du concert. Je n'y adhère plus comme moyen de découvrir les oeuvres et les artistes. Cela ne peut plus servir qu'à favoriser les rencontres si c'est encore possible.

Le spectacle d'Agnès était très bien. Elle chante bien. Elle danse bien. Les chansons sont choisies avec soin et l'affaire est bien construite. Rien à redire. On sent même qu'elle est prête à donner plus encore... Sauf qu'il y a un bug et que la rencontre n'a pas pu se faire. Enfin pour moi. Je suis rentré très déçu en me disant qu'au fond, j'aurais préféré passer dix minutes avec elle devant la machine à café. Je suis rentré à pied. Attendre le bus quinze ou vingt minutes à Part Dieu est au dessus de mes forces. Le quartier est sinistre après dix heures. Quel échec cette ville. Est-ce que toutes les villes sont devenues si tristes ?

 

17/03/2007

J'ai une nouvelle fois mis à jour ma bibliothèque de logiciels graphiques (Blender, Pov, etc). Il existe maintenant de la documentation en français pour Blender. Ça peut aider même si le problème n'est sans doute pas exactement là pour moi. J'ai déjà lu en grande partie la doc en anglais. La question est de mettre en pratique. J'ai parcouru le site. De nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées et ce n'est pas évident d'en mesurer l'utilité. J'ai revu des films : Blender permet de faire des choses vraiment bien, mais quel travail derrière.

J'en suis resté à Pov avec mes fichiers texte pour décrire les scènes et - je l'ai déjà noté, je pense - pour reprendre cette création il faut que je réussisse une sorte de révolution culturelle. La où une image suffisait, je devrais en produire des dizaines pour réaliser un film d'animation. C'est une autre logique, des problèmes différents. Mais les outils existent dans Blender pour réaliser ce genre de travail. Ce n'est pas la moindre difficulté pour moi de passer la frontière permettant d'accepter ces outils. Je crois que c'est un problème assez général, qui se pose assez régulièrement dans un univers évolutif. Il y a des paliers. Chacun doit avoir les siens et moi je ne parviens pas à passer celui ci. C'est rageant de se sentir bridé par soi même, par une partie de soi.

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Discussion intéressante à propos de Google. Pas d'idée franchement nouvelle sauf ce constat insistant qui dit que pour internet, pour Google en particulier, la qualité "n'est qu'un des attributs de la quantité". Les moteurs de recherche fonctionnent tous comme cela. On considère que les pages les plus visitées sont les plus pertinentes. C'est aussi leur logique pour le projet de Bibliothèque : on numérise tout pour être sûr de numériser les choses importantes.

Approche évidemment erronée mais c'est faute de mieux, je dirais. Il faudrait trouver un meilleurs plan de classement et d'indexation. C'est une invitation à réfléchir, en vérité. La méthode actuelle est une solution d'urgence ou de facilité. Le défit posé va bien au delà du simple fonctionnement des moteurs de recherche. Il s'agit d'optimiser l'organisation de la connaissance. Sujet dont on ne connaît pas grand chose me semble t'il. J'essaierai de constituer un petit dossier sur ce thème (en me servant d'internet, évidemment !).

 

22/03/2007

J'ai passé un peu de temps à découvrir le système Linux Mandriva. Mes dernières réticences tombent peu à peu et je commence à apprécier ce système. Après le glissement de Microsoft Office vers OpenOffice.org que j'ai fait dans les dernières semaines sous Windows, le passage à Linux devient plus naturel. Ceci dit, ce n'est pas sans complication. Chaque fonctionnalité d'un nouveau système informatique doit être testée et réévaluée. Et elles sont nombreuses ! Ce serait amusant d'essayer d'en établir la liste. On est loin de l'ouvre-boite avec une seule fonction ! Par exemple, j'ai eu un problème avec la lecture des DVD. Le disque était détecté. Il se "montait" automatiquement et si je l'ouvrais avec l'explorateur, j'avais l'affichage de ses répertoires. Sauf que, le système ne me proposait pas la lecture du film. J'ai résolu ce problème par une modification de configuration. Je peux maintenant lancer d'un clic le lecteur multimédia, mais il faut encore naviguer dans ses menus pour déclencher la lecture du film. Il me manque, je le sais, les paramètres de lancement du lecteur. Il faut les chercher dans la documentation mais je n'ai pas pris le temps de le faire.

J'ai aussi installé wine et xwine sensés permettre de lancer des programmes Windows depuis Linux. Cela ne fonctionne pas correctement pour l'instant. Encore de la documentation à étudier.

Il n'empêche que l'utilisation de Linux est assez plaisante. Les manques sont de moins en moins nombreux et je vais bien finir par abandonner Windows ! D'ailleurs beaucoup des logiciels que j'apprécie fonctionnent sous les deux systèmes. Linux est plus rapide, il me semble, plus fluide. Et peu encombrant (je l'ai installé sur un espace disque relativement petit).

Ce que je regrette pour l'instant, ce sont les fichiers au format mht d'Intenet Explorer. Un seul fichier pour la page html. C'est pratique et je l'utilise souvent. A ma connaissance, Firefox ne connaît pas ce format, c'est dommage.

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Pour mémoire : La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles mais d'échapper aux idées anciennes.

 

24/03/2007

Allez, je le note ! J'ai encore entendu l'émission de Finkielkraut et cette fois, j'ai appris quelque chose. Je sais, bien sûr, qu'il est sur la défensive, sur les valeurs, l'éducation, la culture, etc. , mais aujourd'hui, il dit en passant, qu'il a toujours été angoissé et s'est senti libéré lorsqu'il a obtenu son agrégation. Sa vie n'a donc toujours été qu'une continuelle inquiétude. Pauvre garçon ! Certains passent leur vie sous pression. Ce n'est pas mon cas. Certes, j'aurais pu faire mieux avec plus d'exigence, mais probablement pas avec autant de décontraction.

 

30/03/2007

Depuis quelques jours, le programme de mise à jour de Microsoft essaie d'installer sur mon PC un logiciel visant à garantir que ma version de Windows est légale. C'est n'importe quoi et je n'en veux pas. Mais je n'arrive pas à m'en défaire. Il revient à chaque fois. C'est agaçant. [J'ai trouvé le moyen de m'en débarrasser depuis]

 

08/04/2007

J'ai repris POV dans le but de commencer cette série de masques à laquelle je pense depuis si longtemps. Il faut me réhabituer à ce logiciel. Je pense réaliser quelques bonnes séries d'images. Il s'agit de partir du plus simple et d'empiler les possibilités dans l'idée de ré-explorer les possibilités esthétiques. On verra ce que cela peut donner.

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J'ai réfléchi aussi à la technique des moteurs de recherche. Ceux qui fonctionnent aujourd'hui sont très critiquables car il ne mettent pas en avant la qualité, seulement la notoriété. Ça vaut la peine d'y réfléchir et d'expérimenter, pour voir, s'il y a moyen d'améliorer.

Ceci dit, les chiffres sur Google qu'on trouve dans Wikipedia sont très impressionnants : 450 000 serveurs, 24 milliards de pages indexées. En 2003, ils recevaient déjà 200 millions de requêtes par jour.

 

09/04/2007

J'écoute les 19 versions du standard "I put a spell on you" que j'avais téléchargées via Emule. Celle de Nina Simone, celles de Bonnie Tyler, d'Arthur Brown ou de Joe Cocker. Celle du Creedence Clearwater Revival à Woodstock en 1969. Curieusement, aucune ne me satisfait pleinement. Je reste sur ma faim. J'imagine qu'il y a de multiples façons de chanter la séduction mais beaucoup de versions en font trop à mon avis. La version de Nina Simone a un charme incroyable, mais c'est sa voix. On est bien dans une expression de culture populaire. Il me semble - mais c'est peut-être que je ne les ai pas assez bien écouté - qu'aucun des interprètes n'a exploré toutes les facettes de ce thème vraiment exceptionnel. Ma version, si je la réalise un jour, sera très dansante, forcément, mais il faudrait traduire ce côté impératif du texte : "you're mine" (tu es à moi) et tout ce qui en découle. On peut crier, s'apercevoir qu'en définitive, on implore l'amour de l'autre, ce que font la plupart des interprètes, mais on peut aussi, jouer l'illusion jusqu'au bout, le jeu, et affirmer cet idée incroyablement prétentieuse que si je te veux, je peux t'avoir.

Mais bien évidemment ce n'est pas si simple, et on ne peut pas aimer complètement quelqu'un qu'on domine... Est-ce un effet de la profusion que permet internet ? En tout cas, je n'avais jamais poussé aussi loin la confrontation avec un aussi grand nombre des versions d'une même chanson, d'une même idée, d'un même sentiment. C'est enrichissant.

 

12/04/2007

La lecture de "google moi" de Barbara Cassin, m'a un peu refroidi. C'était prévisible. Quand je l'ai commencé, j'avais en tête l'idée de construire mon propre moteur de recherche et de rentrer dans le jeu de la concurrence. J'avais besoin de ce livre, à la fois pour refixer les choses, les regarder sous un autre point de vue, mais aussi, pour y trouver quelques idées nouvelles. La première idée, est que derrière ces deux étudiants fondateurs de Google, il y a toute l'industrie américaine. B Cassin cite plusieurs exemples de têtes qui ont quitté Microsoft ou une autre grande entreprise pour venir bosser chez Google. D'ailleurs, les deux fondateurs ne sont pas les dirigeants de l'entreprise (sage décision de leur part), ils se contentent de la technique. Et parmi les innovations de la firme, plusieurs ne viennent pas d'eux (le modèle économique basé sur les liens publicitaires en particulier).

Je garde cependant l'idée de construire mon propre moteur de recherche pour voir. Je ferai peut-être aussi dans les semaines à venir un dossier sur le sujet dans le même esprit que ce que j'avais fait sur Échelon.

Je crois que le livre de B Cassin déborde un peu son sujet. En parlant de Google et de sa réussite, je vois plutôt un questionnement sur le savoir et sa représentation. BC prend Google de haut, en philosophe. Tout en admettant l'efficacité de leur outil, elle en juge sévèrement les présupposés philosophiques. En un sens, il faudrait prendre la défense de Google en disant "mais dites nous alors comment faire autrement". Lors de la mise en oeuvre, ils s'empêtrent dans des considérations morales et doivent leur donner des réponses techniques : cela pose de nombreuses questions. Ce sont celles du web, en fait, et l'on fait avec depuis le début. Faute de mieux. Comment choisir dans ce fatras ? Il faudrait classer et répertorier. On sait plus ou moins bien ranger des livres dans une bibliothèque mais cela s'applique t'il à ce qu'on trouve sur le web ? Plus ou moins bien. Comment ferait un bibliothécaire si, en plus des livres, il devait classer des notes de courses et des bavardages ? Il serait tout autant en difficulté. Il y a de nombreuses autres considérations. Je ne fais ici qu'effleurer, mais chez Google, comme pour tout moteur de recherche, ils essaient de trouver, empiriquement je suppose, des critères justes. C'est l'une des forces du web de nous obliger à nous interroger plus largement. Et c'est bien une ambiguïté de ce qu'on attend d'un moteur de recherche. Doit il répondre en fonction de ce que je pense ou plutôt de ce que pense la collectivité ? Et de quelle collectivité s'agit-il ? le pays, la langue ou l'Humanité toute entière ? Quelle place je donne dans ma recherche aux visions dissidentes, marginales ? Il n'est pas faux de dire d'une page web que plus elle a été vue par un grand nombre de gens, plus elle a de chance d'intéresser les autres, même si l'on sent bien que cette approche va induire des effets secondaires indésirables en marginalisant certains thèmes.

A propos de Google, il faudrait aussi réfléchir à la "valeur" que constitue la statistique temps réel d'un moteur de recherche. De quel type de savoir s'agit-il avec ces chiffres, et qui le détient ?

Du livre de B. Cassin, je ne dirais pas que c'est un bon livre. Écrit un peu trop vite et pas toujours très clair. Intéressant cependant, et utile pour moi. Je me suis même demandé pourquoi c'est un livre et pas un fichier pdf en ligne. Certes, il est truffé de références à Leibnitz ou Aristote, mais ces références sont à la fois agaçantes et pathétiques. Agaçantes parce que fort peu nécessaires de mon point de vue, pathétiques parce qu'elles donnent trop fort le sentiment d'un monde qui s'écroule. Et si le web faisait voler en éclats une partie de nos certitudes philosophiques ?

 

21/04/2007

Émission sur Google hier soir sur Arte. Je suis tombé dessus par hasard. Cela répétait ce que je connaissais déjà : le garage des débuts, l'investisseur qui arrive à point nommé, etc. J'espère que quelqu'un aura eu la bonne idée de le mettre sur Emule et que je pourrais télécharger cette émission pour la regarder en entier et l'approfondir. La manière dont cela fonctionne en Californie montre, à l'évidence, qu'il existe là bas un environnement particulièrement favorable. A cinquante ans, je sens dans mon travail que j'ai quelques opportunités comparables à celles qu'ont pu avoir les fondateurs de Google alors qu'ils étaient encore à l'université. Ça fait toute la différence et c'est vraiment un problème politique si on veut créer, collectivement, de la valeur. Pas de doute que le moteur de recherche de Google était l'un des meilleurs, mais ce ne sont pas seulement ces deux étudiants qui ont permis son essor. Comme le disait le film, il existait de nombreux projets concurrents. Le travail des investisseurs était de mettre de l'argent sur ces projets et seulement quelques uns. Une poignée a survécu.

Ce qui m'intéresse aussi dans ce film est la manière dont l'Amérique crée et alimente sa propre légende. Le mythe du garage des parents dans lequel deux copains bricolent. Après Google, Arte a diffusé un film sur Microsoft et Apple. On retrouve les mêmes thèmes. Cette ouverture qui permet à Bill Gates d'aller vendre son produit chez IBM ne semble pas trop imaginable en France. Enfin, je le suppose, et c'est peut-être bien à ce point que prend racine le fameux impérialisme américain. Pour un français, et pour n'importe qui dans n'importe quel autre pays le message est clair : vous êtes peut être capables mais vous ne disposez ni du capital ni de la liberté qui existent aux USA. Vous n'avez aucune chance. Même pas la peine d'essayer ! On intègre ce sentiment de dominé et on se laisse entraîner. C'est net, de mon point de vue. Le film sur Apple-Microsoft m'a un peu surpris. Il présentait Steeve Job comme un névropathe complet. Qui ne reconnaît pas ses enfant, qui fait distribuer à ses employés des teeshirts arborant "je bosse 90h par semaine"... Il est juste de penser qu'en France, il aurait eu de sérieux problèmes en se conduisant ainsi. Bill Gates apparaissait lui comme un joueur de poker plutôt sympathique, bluffant dans les négociations commerciales et aimant s'amuser.

Le dernier point que j'ai noté c'est l'importance des drogues et de la beat generation dans ce dispositif. Le film insistait sur les expériences de Steeve Job avec diverses drogues. Il était très hippie au départ. Ce n'est certainement pas neutre dans sa manière d'être. Il avait pris des risques et attendait d'avoir l'équivalent de ses collaborateurs. Il y a chez lui un mélange compliqué entre capitalisme et métaphysique. Faire des ordinateurs, c'est changer le monde. Je n'avais pas bien perçu jusqu'ici le lien qu'il peut y avoir entre les milieux hippies et des attitudes peuvant conduire au néolibéralisme. C'est un peu étonnant en fait. Cela méritera d'être étudié.

 

27/04/2007

J'étais à Paris pour deux jours. Plaisant. Je n'y étais pas venu depuis longtemps et j'avais quelque peu oublié le mouvement et le cosmopolitisme de cette cité. Il est étonnant de se mesurer à ses souvenirs, de voir comment les choses ont évolué sous la pression de contraintes et volontés multiples. La place de la Réunion, par exemple, est devenue un jardin d'enfants et forme comme une sorte de masse végétale close alors que je l'ai connue en espace vide et sableux. Il n'y a plus de trace de la papeterie où j'achetais mon papier. A côté, la boulangerie est fermée mais une autre s'est ouverte en face, ce qui ne donne pas l'idée d'une grande rationalité. Le bar au coin de la rue des Vignoles n'existe plus, et en face de l'immeuble que j'habitais s'est ouvert une superette pimpante. N'existent plus, non plus, ni l'échoppe du fabricant d'instruments de musique, ni le magasin d'épices avec ses énormes sacs de cumin ou de safran.

Quelques piques de nostalgie donc mais c'est davantage le sentiment de mouvement que j'ai ressenti. Comme des couches qui se superposent. Chaque recoin peut-être le lieu d'une nouvelle invention, un nouveau détail architectural, un nouveau graffiti. Paris est un mélange subtil de grâce et d'espaces plutôt laids qui dénotent de la difficulté de les maintenir hors de la décrépitude. Les Halles, le métro donnent l'impression de cette lutte douloureuse. Les surfaces d'acier brossé peinent à garder leur éclat, les joints entre les carreaux de faïence sont devenus crasseux, les tags mal effacés laissent de vilaines traces grises. Mais plutôt que d'effacer ces cicatrices, on y superpose des éléments de nouveauté peut-être comme des lunettes neuves sur un visage vieillissant. Des écrans vidéos bariolés qui ne semblent avoir aucune utilité, des dispositifs d'affichage électronique sur les quais du métro ou encore dans les rames du RER des lumières très pratiques qui s'allument désormais sur le schéma d'itinéraire en fonction des stations desservies et nous donnent l'impression d'être le régulateur des trains.

J'ai visité le quai Branly. J'étais venu pour ça et j'ai pu confronter mon idée des masques avec la réalité que propose le musée. La variété présentée est clairement plus vaste que l'idée que j'en avais. Je ne sais pas si je pourrai en venir à bout. Cela donne envie d'établir un classement, d'écrire une sorte de grammaire des différentes formes possibles. Cette réflexion est en relation avec mon travail en cours avec Pov mais je crois qu'il y a une impossibilité avec la voix que j'ai prise. En effet, je n'ai travaillé pour l'instant que sur une seule variante, la plus basique, et je m'aperçois qu'il y en a des centaines d'autres. Mon idée était, en quelque sorte, de faire le point de l'existant et d'essayer d'aller au delà. Comment le pourrais je avec la variété de modèles que je vois... On a déjà beaucoup commenté l'intérêt du musée du quai Branly et de la grâce de son bâtiment. Je souscris à tout cela. J'ai essayé de bien regarder, d'enregistrer toutes les formes splendides qui y sont exposées mais je ne suis pas sûr d'y être parvenu (c'est vrai, j'ai visité le musée comme une exposition d'art sans prêter trop attention à l'aspect anthropologique).

Je suis aussi retourné au musée d'art contemporain de Beaubourg pour un petit rafraîchissement. Les oeuvres présentées sont renouvelées et c'est bien. On voit qu'il y a des modes et que parmi les oeuvres des années soixante - les années Pompidou, en l'occurrence - il ne reste pas grand chose. Qu'est devenue par exemple cette grande structures de tiges jaunes qui était accrochée au plafond du hall d'accueil ? Je veux dire, quelle doit tenir beaucoup de place dans une réserve. Était-elle démontable au moins ? J'ai beaucoup aimé un petit tableau d'un peintre africain qui relate sa visite de l'exposition Takis dans les années quatre vingt. Les oeuvres créent les oeuvres et c'est sympathique. On peut critiquer le musée, dire qu'il y a trop de un tel,ou pas assez d'un autre. On peut aussi avoir une certaine indulgence car, au bout du compte, c'est pas mal fait. Le contenu des galeries s'est assez modernisé pour ne pas être distancé et un certain effort a été fait pour répondre à la mission d'éducation du musée. J'ai observé plusieurs groupes d'élèves d'ages différents. D'un côté le prof de philosophie qui met ses ados face aux toiles de Dali pour susciter leur réflexion, de l'autre la "maîtresse" qui éduque le regard de ses bambins en les faisant chercher dans un guide adapté pour eux s'ils peuvent reconnaitre l'oeuvre qui se trouve devant eux.

La photographie prend de plus en plus de place - effet de la mode, peut-être - et même la vidéo. Le musée dispose maintenant de dispositifs constitués d'un petit écran plat et je suppose d'un lecteur de DVD qu'on peut accrocher au mur comme un tableau et permettent donc d'exposer des films vidéo. Cela pose quand même un vrai problème. Sans y prêter garde - me semble t'il - le musée se distend dans une dimension temporelle qui fait qu'il n'est plus possible de tout voir. De ces vidéos on n'aperçoit que quelques brides. Est-ce bien respectueux des oeuvres ? En tout cas, j'ai trouvé cela frustrant, autant dans l'exposition sur les ateliers que dans celle sur Beckett. (et frustrant, une deuxième fois, lorsque rentré chez moi j'ai cherché - sans les trouver - les pièces de Beckett sur Emule ! et une troisième fois encore, lorsque je n'ai pas eu plus de réussite sur le site payant de l'INA !)... Surtout quand plusieurs vidéos s'enchaînent sur un même écran, on ne sait pas combien, pour combien de temps. D'un autre côté, ces vidéos ne pouvaient être montrées jusqu'ici... Enfin, ce que je perçois, moi, c'est un éclatement imminent de la notion de musée. On ne fera pas l'économie d'un prolongement sur le web. Imposer au visiteur de venir sur place et ne pas lui permettre de tout voir n'est pas satisfaisant. Je ne vois pas d'autre alternative que de mettre ces vidéos à disposition sur le web pour ceux qui veulent accéder à tous ces documents. Je n'ai pas pu tout regarder. J'ai même dû manquer quelques salles. Aussi parce que le deuxième jour, j'avais les jambes en confiture et très mal aux pieds d'avoir trop marché. Je n'avais pas les bonnes chaussures.

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J'ai revu l'émission sur Google. C'était passé sur Arte la semaine dernière. J'avais écrit quelques mots à ce sujet mais pour l'instant j'ai perdu les notes correspondantes [retrouvées depuis] . Elles sont peut-être dans mon appartement de Lyon... Bref. Je m'étais promis de revoir cette émission pour l'étudier plus à fond. Pour cela je l'ai téléchargé sur le P2P. J'ai aussi retrouvé à cette occasion une émission sur Microsoft passée il y a quelques mois que j'ai eu plaisir à revoir. Enfin, plaisir n'est pas le mot mais cela m'intéressait de revoir ces émissions pour les analyser plus à fond.

J'avais capté l'essentiel des faits exposés la première fois mais j'ai pu en attendre d'avantage sur la manière dont ce type d'émission agit sur nous. Je les qualifierai d'impérialistes. Pourtant elles sont réalisées par des européens mais je crois sincèrement qu'elles véhiculent un certain discours qui sert à nous maintenir en suzerains de l'Amérique. Est-ce volontaire ? Peut-être pas. Je ne connais pas les journalistes qui les réalisent. Peut-être sont ils simplement admiratifs de ce qui se passe dans ces entreprises. Assez différentes l'une de l'autre au demeurant. Mais il existe des éléments communs qui sont le résultat d'une véritable machine de guerre économique qui tourne aux États Unis pour favoriser l'industrie informatique. Microsoft a joué un rôle d'aspirateur de compétence pendant des années, elle capte l'énergie des jeunes diplômés et les jette assez vite. C'est du moins ce qui se passait encore au moment où fût réalisé le documentaire... Mais que penser de ce système de stock options qui conduit à mettre en retraite des gens de trente ans ? C'est sans doute un peu du gâchis. Ce document montrait des gens qui avaient travaillé chez Microsoft et ce qui m'a le plus frappé, c'est à quel point ils ressemblaient à ceux que je fréquente dans mon travail. Cela me conforte dans l'idée d'une structure économique particulièrement favorable aux USA.

A propos du film sur Google, j'ai été frappé du manque de profondeur des informations. Il était dit par exemple, sans aucune vérification, que le moteur de recherche de Google est le meilleur. Est-ce bien certain ? Cela m'a semblé être répété sans réelle vérification. Je ne crois pas qu'il y ait eu de véritable analyse sur la question (est-ce à moi de le faire ?). Plusieurs autres points relevaient de la propagande et du conditionnement comme par exemple le parc de machines de Google (le chiffre donné est de 450 000 serveurs) avec comme commentaire que c'est un chiffre énorme et que n'importe quel challenger devrait être conscient de l'investissement colossal nécessaire pour les concurrencer. Je ne sais quoi penser. Ce matraquage de chiffres me rappelle ce à quoi je m'étais confronté lors de mon étude sur Échelon. Plus j'y pense, plus je vois des points communs entre la NSA et Google ! Ce thème était d'ailleurs brièvement évoqué dans le film par une évocation de Google Earth, partant du planisphère animé jusqu'au jardin d'un paisible citoyen qui se découvre observé par l'oeil de Google. Ceci n'est qu'une vision artistique, ce n'est pas le fond du sujet. Le projet de Google, comme celui de la NSA, est de disposer de toute la connaissance de monde et de la maîtriser. C'est un projet stupide, on en conviendra, mais il est à ce point américain qu'on peut le retrouver aussi bien les militaires de la NSA que chez les étudiants délurés de Google. C'est drôle.

Que peut-on penser de ce rapprochement paradoxal ? Que puis je en penser ? Je m'étais intéressé à Echelon sous l'angle de la liberté personnelle mais aussi parce que l'idée d'analyser de grandes masses d'informations était un sujet qui m'intéressait. Le même problème se pose par rapport aux moteurs de recherche même si la finalité est différente. Il s'agit, là aussi, de répertorier et d'organiser une grande quantité de connaissance. La vue du documentaire sur Google m'aura confirmé dans mon projet d'étude. Je ne sais pas à quel rythme je pourrai le mener mais il semble qu'il est bien ancré maintenant. Dans ces notes je ne fais qu'effleurer le sujet. J'en suis conscient. Le sujet est au carrefour de la technique, de l'économie, de la politique, mais aussi de la culture. Il n'est pas étonnant que si peu de de gens peuvent l'appréhender. Je peux apporter ma petite pierre, il me semble. Il faut d'abord travailler, je verrai ensuite quoi en faire. Il est peu probable qu'une simple mise en ligne de mon dossier pourra suffire. D'ailleurs, ce sera de nature différente, car dans le cas d'Echelon je m'étais contenté de compiler les informations existantes. Là, je devrai nécessairement aller plus loin et chercher par moi même. J'ai plusieurs idées de débouchés possibles à cette étude que je garde pour moi pour l'instant.

***

J'ai repris mon travail avec POV mais je ne suis pas satisfait du résultat. J'ai produit plusieurs séries d'images autour de l'idée de masque. J'utilise des boucles pour produire des variantes, une cinquantaine à chaque fois, en faisant varier la position, l'angle ou la taille de certains détails. Il y a beaucoup de déchet. Je ne sais pas ce que je garderai mais ne les mettrai probablement pas en ligne.

Je ne sais quoi dire de mon sentiment par rapport à ces oeuvres. Je voudrais progresser, ne pas refaire ce que j'ai déjà fait mais sans y parvenir réellement. Je me sens limité. C'est très désagréable. C'est l'ensemble de mon projet de site qui s'est essoufflé. Le relancer supposerait des changements très fondamentaux notamment, trouver une nouvelle approche pour lui donner de l'audience. Ça voudrait peut-être dire être plus commercial, en tout cas s'en occuper d'avantage ce que je ne me sais pas prêt à faire.

J'ai le sentiment d'être entré dans un bavardage stérile. C'est vrai autant dans ma création que dans mon quotidien. Je fais ceci-cela en attendant que. Je crains que cette sensation d'empêchement ne soit qu'un mode de fonctionnement qui ne fait que m'entraver. Il faudrait trouver un autre angle. Oui, mais faut-il tout abandonner pour repartir à zéro ? Dans le cas du site, ce serait dommage, sans doute, de le détruire, même si les visiteurs sont très rares aujourd'hui. Plus largement, par rapport à moi, à ma vie, mon sentiment est très semblable : besoin évident de voir les choses sous un autre angle pour repartir. C'est comme si je n'avais qu'un seul mode de pensée qui se décline sous différents contextes. C'est probablement ainsi que l'esprit fonctionne, et c'est un bon argument pour penser que cela forme un tout, qu'il faut être cohérent sur tous les sujets à la fois. Être un seigneur. Mais c'est embêtant, aussi, quand cela commence à se dégrader... On se trouve empêché de toute part et il est certain pour moi que le simple fait d'avoir dû me mettre à porter des lunettes est quelque chose de très paralysant. Comme si je ne pouvais pas plus voir dans tous les sens du terme. Je ne veux pas trop m'appesantir là dessus dans ces notes mais juste l'évoquer pour donner trace de mes difficultés.

Je me sens comme une équipe dans laquelle on attend l'un des membres fatigué. Sauf que je n'ai pas spécialement le sentiment d'être plusieurs ou compartimenté. En fait je m'attends moi même ! et c'est un état déroutant. De plus, il faudrait continuer à produire pendant les travaux et c'est difficile.

Cela me dit aussi, quand je me considère comme une sorte d'intellectuel - que je suis sans l'être - que c'est aussi là que se situe la douleur : d'avoir à penser le monde quand beaucoup ne font qu'en bénéficier. Le penseur ne peut pas être disponible quand il le faudrait; il doit faire coïncider plusieurs temps. Pour moi qui suis sans être, cela pose en plus un problème de légitimité. On peut être un peu bourru si l'on produit tantôt de l'or, mais pas si on ne produit rien, et cette longue période nécessaire d'approfondissement que je vis sans rien produire me place devant une obligation de résultat, que je ne suis pas du tout certain de pouvoir atteindre.

J'ai l'impression de devenir ésotérique. Je vais donc interrompre là le rapport sur cette réflexion en mouvement, avec l'image de centaines d'échanges électriques en moi qui font que, peut être, tout ce magma de pensées va bientôt s'éclairer.

 

01/05/2007

Ma douleur intellectuelle est un peu moins forte aujourd'hui. Hier j'ai repris les photos récentes que j'avais, pour les retravailler. J'ai obtenu quelques résultats même si, cette fois encore, je ne vois pas trop la nécessité de les mettre en ligne pour le moment...

Sauf peut-être pour celles réalisées à partir de photos de ma télévision lorsque ma liaison ADSL ne fonctionnait pas correctement. J'avais fait une trentaine de clichés dont j'ai pu tirer quelques images intéressantes. Le résultat est un curieux mélange qu'on peut rattacher au cubisme, à l'oulipo, au surréalisme, par certaines déformations que provoque le procédé. Il fait appel au hasard et à l'imagination. Mon neveu lorsque je lui ai montré ces photos a eu des réactions de surprise amusée. C'est bon signe. Je me dis que si ça l'intéresse lui, tellement replié sur lui même, ça ne doit être si mal. C'est l'un de mes critères de validation.

Ces photos distordues ouvrent des perspectives attrayantes. Les visages apparaissent déformés ou comme des ombres imprécises. Ensuite, c'est mon choix qui agit. Les défauts provoqués par le codage Mpeg de la télévision ont des effets assez étonnants. Quelques dominantes de couleur (bleu, rose) que je regrette. Parfois un mélange d'image nette et déformée très surprenant. Je regrette presque d'avoir réparé ma ligne et de n'avoir plus désormais que des images tristement prévisibles ! Le fait que la source soit la télévision - en quelque sorte, "déconstruite" - peut aussi être noté.

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Je voulais revenir sur ma déception de n'avoir pas trouvé d'enregistrement de la pièce "fin de partie" de Beckett dont j'ai vu un teasing à Beaubourg. Déjà, cela montre que tout n'est pas sur Internet. C'est une évidence à rappeler, même si le champ de ce qui est disponible a beaucoup été élargi grâce à ce réseau. Mais le net, c'est aussi une information vulgarisée, de moindre qualité, probablement, sur beaucoup de sujets... Les livres gardent leur raison d'être. Il faut aussi considérer que les lieux de rétention du savoir existent encore hors du réseau et cela me gêne.

Ce qui se joue en ce moment est la mise en place de stratégies contradictoires entre la volonté de certains de mettre à disposition la plus grande quantité de connaissances possible, et de l'autre - pour ceux qui créent l'information - le souhait de lui donner ou de maintenir sa valeur commerciale. Voilà un autre sujet de thèse! Ce problème se pose, par exemple, avec la diffusion de la musique et le phénomène du téléchargement pirate. Il se pose aussi pour la mise à disposition des oeuvres universitaires. Le projet de numérisation des bibliothèques par Google l'a mis au premier plan. Il serait tentant de penser que la générosité est du côté de ceux qui diffusent largement le savoir et que ceux qui résistent à ce mouvement sont d'odieux réactionnaires. C'est d'ailleurs l'approche que j'avais en créant mon site internet en mettant mon roman en ligne gratuitement, et c'est aussi, je peux le dire, l'attitude que j'ai en général. Je ne suis pas de ceux qui gardent jalousement leur secrets sur des carnets de recettes.

Toutefois, rester sur une opinion aussi générale est un peu court. Il faut creuser d'avantage... Vouloir que tout soit partagé peut avoir plusieurs sens. C'est l'attitude de celui qui a trop d'informations (trop d'images, trop de textes, dans mon cas), qui est prêt à les partager, et ne leur accorde que peu de valeur. C'est aussi l'attitude de celui qui voudrait profiter de tout sans rien payer. La politique de Google est certainement de cette nature. C'est aussi la mienne lorsque je télécharge des films. Cette attitude comporte une certaine ambiguïté. Pour le Fort, c'est plus ou moins du pillage, une manière de s'approprier des richesses des plus faibles. C'est ce qu'on peut voir dans le projet américain lorsqu'il veut numériser tous les livres européens, comme pour s'approprier de ce patrimoine. Ce n'est pas très différent de Napoléon visitant les pyramides d'Egypte et repartant avec toutes les sculptures qu'il y trouve. Appliquée au Faible, cette volonté d'avoir accès à la connaissance est une juste revendication pour une plus grande équité. La difficulté est probablement de définir qui est le Fort, qui est le Faible. On passe rapidement d'un statut à l'autre - voir l'essor foudroyant de Google et leur difficulté probable de changer de point de vue - et ne pas nier au Fort, la possibilité d'un certain désintéressement qui peut le conduire à tenter d'établir une égalité plus grande du monde.

Du côté de ceux qui veulent garder leur patrimoine, on peut aussi repérer plusieurs stratégies. Je ne sais pas si je les ai toutes identifiées. Pour les musiciens qui en vivent, il est facile de comprendre qu'une diffusion gratuite de leurs oeuvres leur pose un problème, très prosaïque, de peur du lendemain. Leurs revenus sont ils légitimes ? je dois dire que j'en doute un peu et c'est le vrai problème. Qu'on puisse s'enrichir parce qu'un jour on a réalisé une musique de trois minutes devenue un tube n'est pas très moral. C'est plutôt de l'ordre du jeu d'argent, et lorsqu'on joue, il faut accepter les règles et les possibles retournements de fortune. D'autres voudraient garder leurs oeuvres, parce qu'ils pensent qu'elles pourraient acquérir de la valeur plus tard, ou pour empêcher d'autres, plus puissants, d'en profiter à leur place. C'est le syndrome de l'inventeur génial, qu'on peut comprendre : il ne va pas donner à tous les principes d'une chose qu'il aurait inventée en sachant que d'autres, disposant de plus de capitaux pourront l'exploiter, mieux que lui et sans lui. Ceci n'est pas sans poser de réelle difficulté. Au bout du compte, l'appât du gain peut conduire à tuer l'idée prometteuse... D'une manière générale, on peut penser que le partage d'idée est bénéfique à la collectivité. Les idées appellent les idées. Mais il est plus facile de tenir ce genre de discours lorsqu'on est parmi les dominants. La France sur ces questions a par rapport à l'Amérique, clairement, l'attitude du dominé qui cherche à conserver ses richesses d'une razzia décidée par le leader.

Je suis très réservé cependant de certaines réponses comme celle par exemple de l'INA qui tente de donner une valeur marchande à son fond de documents en le diffusant avec une parcimonie révoltante. L'exemple de la pièce de Beckett est significatif. En payant, on peut en avoir des petits extraits ! Quoi ? Payer, à la rigueur, mais alors proposez moi la pièce complète. J'observe plus de générosité du côté américain où l'on n'hésite pas à mettre tout et n'importe quoi en ligne. Ma vision est peut-être déformée, mais non, je ne crois pas. Ici on est frileux, trop frileux. On hésite à donner accès à nos archives ou on les donne en mettant des bâtons dans les roues (fichiers pdf de la BNF, enregistrements visibles mais non téléchargeables sur de nombreux sites). Ça me fait assez mauvaise impression d'un pays crispé, qui veut tout garder pour lui. Ce qui est d'ailleurs probablement le cas.

PS : ici j'ai supprimé une note où je m'excusait en quelque sorte d'écrire des choses pouvant paraitre trop anti américaines. A quoi bon se justifier...

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J'ai poursuivi ma réflexion sur le moteur de recherche et en regardant des pages résultats de recherches que j'avais faites sur plusieurs moteurs pour comparer les résultats, j'ai imaginé que je devrais, dans un premier temps, réaliser un programme qui interroge les moteurs existants pour les comparer et mémoriser les résultats. Cet outil pourrait être comme une surcouche utilisant les résultats des moteurs existants comme matériau de base et permettant d'affiner les réponses, soit en comparant plusieurs visions, soit en réalisant des requêtes sur les résultats de plusieurs recherches. Cela reste encore au niveau de l'intuition mais cela me semble une piste prometteuse.

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Hier j'avais un coquelicot rouge dans le massif, le long du muret en ciment. Ce matin, j'en avais deux, je l'ai fait remarquer à F quand il est passé me rendre visite. A midi, il n'en restait plus qu'un. Je m'en suis aperçu en relevant la tête de mon livre. Un faible souffle de vent a suffit à décrocher ses pétales. J'ai fini mon chapitre et je vois que l'autre fleur s'est elle aussi envolée. Il n'en reste rien.

 

06/05/2007

Hier je me suis acheté un lecteur mp3 en prévision de mes futurs voyages. C'est merveilleux de pouvoir emporter avec soi une bonne vingtaine de CD dans un aussi petit volume. Évidemment on voudrait en avoir cent; ce n'est jamais assez, et je me dis que cet appareil n'aura qu'un ou deux ans de durée de vie après quoi je le jetterai comme je m'apprête à le faire avec mon appareil photo numérique qui est limité à 3 megapixels quand les nouveaux appareils montent à 7 ou 8 megapixels. Cette débauche de consommation, cette urgence, continuent de heurter mon bon sens et me laissent toujours de l'amertume quand j'achète les objets de mon époque.

J'ai donc passé l'après midi d'hier à recopier mes musiques préférées depuis mon PC vers ce nouveau lecteur de musique. Je me suis bien amusé. Mais quand je suis allé me coucher, j'étais de très mauvaise humeur d'avoir gâché une journée avec des activités si dérisoires. Vous me direz que c'était une journée si triste, si grise, qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Pourtant, écouter de la musique devient quelque chose de ridicule et profondément vain. On disait d'ordinaire que l'art éleve la conscience. C'est l'inverse désormais. Quel retournement. Je ne pensais pas connaître ça. La musique n'est plus qu'un produit du commerce ou, au mieux, un alibi qui fait vendre des lecteurs mp3 (un appareil qui n'a même pas de nom !). Et, au delà, du commerce, c'est le sens qui s'en va : je passe quelques heures à écouter de la musique, je crois que je me cultive et soudain m'aperçois, qu'au contraire, je m'enferme, moi et les milliards d'autres êtres humains qui se livrent à cette espèce de masturbation mentale au lieu de réfléchir à l'avenir du monde.

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Heureusement, peut-être, le comité des experts du GIEC a communiqué hier, à propos du réchauffement climatique que "des solutions existent...".

 

07/05/2007

Ah oui, j'entends ce matin un message publicitaire qui dit qu'un coffret de 7cd des pièces de Beckett est maintenant en vente ! Je me sens manoeuvré, capté, attrapé mais probablement que je l'achèterai si le prix me convient.. [...introuvable !]

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Autre info. que je ne savais pas : aux USA, le commerce sur Internet est dégagé de la TVA. Encore aujourd'hui. Cette mesure avait été prise pour lancer ce nouveau type de commerce. C'est un élément de plus qui montre que l'internet, c'est le job d'une nation... alors que c'est encore considéré ici comme un gadget, ou un jeu peu sérieux, il me semble.

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Élection de Sarkozy qui m'intrigue et qui m'inquiète. On ne peut lui retirer d'être un fameux orateur... mais la première réalisation de ses équipes, ce concert à la Concorde, n'est pas très convaincante ! Sarko veut incarner une forme de changement et c'est mal barré ! Il ne nous ressort que des vieux, Johnny devenu si près de son pognon en vieillissant et qui ne veut plus payer ses impôts, Mireille Mathieu, l'ex-groupie du Général de Gaulle, Enrico Macias qui chante la France qu'il a connue en Algérie, comme si on allait revenir à la colonisation. Quel con, cet Enrico quand même ! La musique de gauche, c'est quand même autre chose ! !

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En allant voter, je me suis retrouvé dans le défilé de la traditionnelle fête des classes et j'ai rencontré plusieurs vieilles connaissances, des personnes que je n'avais plus revues depuis vingt ans. Nous avons pris un verre sur la place devant le café où l'on avait installé des tables et des bancs. La discussion a vite rappelé des thèmes de nos vingt ans. L'évolution des idées est assez paradoxale et même si les paroles gardent un fond qui se veut emprunt de philosophie, le mode de vie n'a rien qui pourrait encore choquer les parents. Devenus parents eux mêmes, leurs préoccupations n'ont rien de spécial. Et il est assez étonnant d'entendre quelqu'un dire, presque dans la même phrase, qu'il vote alter-mondialiste et qu'il demande qu'on mette un peu d'ordre dans la société. A quel point de confusion on est arrivé ! J'ai noté aussi que dans le sentiment d'insécurité, le déferlement continu de nouveaux produits a aussi sa part. On peut le comprendre. Il faut s'adapter et adapter son budget sans cesse.

 

13/05/2007

J'ai commencé à décrypter le film "Benny's vidéo" de Michael Haneke. Je voulais le faire depuis longtemps. Je note ce qui se passe, plan par plan. J'ai passé pour l'instant une quinzaine de minutes et suis assez surpris du nombre de plans. Il faudrait que je compare avec d'autres films. Je ne sais pas encore quelle forme je donnerai à cette étude. J'avais l'idée d'écrire un livre à partir du film mais je ne sais si je poursuivrai cette idée. Peut-être que je réaliserai une reconstitution du storyboard mais ça ne répondrait pas complètement aux questions que je me pose sur la concurrence entre l'écriture et la vidéo. [29-07-2007 : Bien, mais ça n'a pas beaucoup avancé depuis!]

 

18/05/2007

Il a cessé de pleuvoir. Il a beaucoup plu les jours derniers, une pluie fine et régulière qui en pratique m'interdisait de sortir. J'ai lu, mais assez peu en fait. "L'éducation sentimentale" de Flaubert me déçoit. C'est un livre assez ennuyeux et pas si bien écrit que ça. Beaucoup de vocabulaire d'époque que l'on ne comprend plus. C'est un nouvelle démystification - pas si négative au fond - qui m'oblige à me faire mon propre avis sur nos grands auteurs...

J'ai écrit un peu mais pour l'heure, avant de commencer quoi que ce soit, j'essaie de remettre en place une sorte d'organisation pratique qui pourrait me permettre d'écrire dans la durée. Je n'y suis jamais réellement parvenu jusqu'ici. L'idéal serait d'avoir six ou huit heures d'écriture par jour. Ce n'est pas possible. Il faudrait cependant que je puisse réserver un temps minimal à l'écriture chaque jour. En fait, si je me laisse aller à écrire sans contrainte, je n'ai pas trop de problème pour remplir quelques pages à heure fixe. L'enjeu dans un premier temps est de se laver l'esprit, se vider des ses inquiétudes - c'est le côté auto-psychanalytique de l'écriture qui risque de nous emmener dans de nombreuses directions, parfois des impasses. A un moment, il faut réussir à agréger cela dans un récit. C'est l'idée que je me fais de la méthode de travail à mettre en place.

J'ai fait aussi une expérience nouvelle par rapport à la littérature grâce au lecteur mp3 acheté la semaine dernière. Je suis parti en voiture pour une ballade au Col du Béal et, pendant cette sortie, j'avais mon lecteur branché sur l'enregistrement d'une lecture de "Du côté de chez Swan" de Proust. Cela fait plusieurs années que je tente de lire ce roman sans y parvenir et j'ai pu le faire ce week-end par ce moyen détourné. J'ai beaucoup aimé le livre. Il ne m'a pas déçu celui là ! Je me suis évidemment interrogé pour savoir si entendre un livre est équivalent à le lire. Finalement, il me semble que oui, et pour cette fois, vu son côté expérimental, il se pourrait bien que je sois plus entré plus profondément dans le livre en le rattachant à une expérience personnelle originale.

Rapproché à mon projet d'écriture, la méthode de Proust qui semble être assez peu construite se rapproche à ce que je pratique en ce moment... Mais inventer une histoire, des personnages, m'intéresse aussi et j'aimerais assez pouvoir réaliser un montage qui joue sur les deux tableaux.

J'ai fait quelques dessins aussi à la souris. Une série de vingt huit personnages. J'avais déterminé le nombre à l'avance comme une contrainte. Pas mal. Le problème viendrait plutôt de la souris avec laquelle il reste difficile de maîtriser le trait et le résultat a donc une composante de hasard quand même trop importante. J'ai fait une seconde série avec le même principe de dix huit visages mais en m'obligeant chaque fois à chaque fois de repartir d'une des images précédentes. Le résultat est moins convainquant, moins varié, ce qui est normal vue la méthode. Je ne sais pas si je pourrais sortir du premier jet aussi attractif fût-il.

J'ai mal à l'oeil droit depuis hier. Je pense avoir pris froid mais sans me parvenir complètement à me convaincre que ce mal n'est pas partiellement psychosomatique. Comme si la mauvaise partie de moi me prenait à parti en m'agressant : alors il vient ce fameux changement en profondeur ? Et si je te rendais aveugle, hein, tu serais bien obligé de changer. C'est sûr, ce serait une tuile si pour une raison ou une autre je perdais mon oeil droit. Je serais pratiquement aveugle, je ne pourrais plus écrire, ni lire. Je devrais quitter mon travail et ne pourrais probablement plus me déplacer. Ce serait un fort handicap. Je le sais depuis toujours et j'ai toujours eu peur de cela à tel point que je me demande en l'écrivant, s'il ne faudrait pas aller au delà de cette peur pour voir jusqu'à quel point elle constitue ma personnalité.

 

20/05/2007

Ah ? Marjane Sartrapi dit que pour elle, Flaubert est le pus grand écrivain du monde. Cela me surprends car j'avais bien aimé ses bandes dessinées. Faut voir. Je continue l'éducation sentimentale.

Je termine mon séjour à la campagne. La pluie s'est arrêtée. J'ai écrit un peu mais sans réellement progresser dans mes affaires.

 

10/06/2007

J'ai un peu laissé tomber ces notes mais en ai entamé d'autres que j'appelle notes2x et qui sont à usage privé. J'avais finalement trop de choses personnelles à écrire qui ne pouvaient passer sur le net. J'essaie néanmoins de poursuivre ces notes d'artiste mais il me semble peu probable que je retrouve un jour cette situation de contingence qui me permettait de les rédiger sans retenue ni censure. J'en étais même venu à penser que c'était une situation normale d'écriture, quoiqu'une sorte d'aboutissement.

Le fait est, que je ne suis plus un artiste et le principe même d'écrire des "notes d'artiste" est devenu incongru. Je ne pense plus comme artiste et n'ai même plus tellement envie de l'être. J'expliciterai cela tantôt quand je l'aurai mieux compris mais c'est une sorte de dégoût qui m'a pris et dont je n'ai pas encore mesuré toute l'ampleur. Cela avait commencé par un certain rejet des concerts ou des expositions que j'avais de moins en moins envie de fréquenter. Peu à peu, ce sont les paroles d'artiste qui se sont mises à me peser, celles que j'entends à la télévision ou à la radio. C'est comme si elles débitaient un discours convenu, rabâché, que je ne veux plus entendre.

Pour être précis, je dirai que ce n'est pas tout le temps ainsi. Je ne rejette pas toute activité artistique. J'envisage même l'idée d'écrire ce malaise, d'une manière ou d'une autre. Mais c'est comme si j'avais l'idée d'un monde qui s'écroule et que se préparait une grande redistribution des cartes. C'est décourageant et en même temps excitant d'être à plus de quarante ans avec l'idée qu'on peut littéralement refaire le monde. Cependant quelque chose me pousse à me méfier de ce qui peut être simplement une étrange impression.

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J'ai numérisé une bonne partie de mes CD de musique de manière à les avoir sur mon ordinateur et pouvoir ainsi en disposer quand je me déplace. L'essentiel de cette cédéthèque tient sur deux DVD après encodage MP3. C'est pratique Vu autrement cela souligne la quantité de musique que j'ai téléchargée et découverte via le net. Sans doute des CD que je n'aurais certainement pas tous achetés mais quelques uns, si, probablement. Enfin, ce n'est pas trop mon problème. Je vois surtout le fait que cela m'a fait découvrir des artistes que je ne connaîtrais pas sans cela et c'est ce qui est important.

 

16/06/2007

Mes opinions politiques sont un peu brouillées depuis la dernière élection présidentielle. Aujourd'hui j'ai entendu le premier ministre de droite - François Fillon - dire à la télévision : 'il faut absolument que la gauche se réforme'... C'est tout de même paradoxal.

 

17/06/2007

J'ai repensé à une phrase d'un jeune DJ l'autre soir dans Traxx. Il expliquait comme un fait définitif qu'il écoutait beaucoup de morceaux sur son ordinateur mais par courtes brides, jamais en entier, et qu'il fabriquait au fond, sa musique comme cela. En fait, moi aussi j'écoute la musique de cette manière surtout depuis que je me sers de mon PC portable comme d'un juke-box.

Je n'avais jamais considéré cette manière d'écouter la musique comme un système. Tout juste était ce une sorte de recherche, d'avance sur consommation, supposant qu'un jour, quand j'aurai du temps, j'écouterai ces morceaux en entier... D'ailleurs, le zapping musical ne me semble pas très défendable et s'il s'applique, en plus, à des morceaux construits à partir de samples comme ceux de ce musicien, on ne saura plus très bien ce qu'on écoute. On se retrouve dans une simple cacophonie. Pourquoi alors ne pas fabriquer des machines à musique automatiques ?

Je suis quand même titillé par l'idée que, avec le déferlement de sons et d'images qu'on a désormais, il est nécessaire de mettre en place de nouveaux modes de lecture et que cette méthode de zapping est l'une des réponses possibles. Certainement plus efficace que celle qui consisterait à se bloquer sur un seul style, une seule couleur. Efficace, mais effrayante car nous conduisant dans un inconnu multiple. Je peux d'ailleurs témoigner que depuis que j'écoute beaucoup de musique téléchargée, mon champ d'écoute s'est élargi et les catégories que je pouvais faire auparavant sont moins nettes.

 

20/07/2007

En fouillant j'ai retrouvé plusieurs papiers pour ce notes que je vais vite relire et intégrer si ils en valent la peine. C'est vrai, ce matin, je me suis réveillé avec une sorte de mauvaise sentiment devant l'idée que je perds pied. A me relire, c'est sûr que je n'arrive pas à retrouver l'exigence nécessaire et que tout ça est devenu un bavardage que personne ne lit, heureusement ! J'étais accroché à l'idée que même si mon site se morfondait, il en restait au moins les notes. Mais elles aussi désormais piétinent et comment en serait-il autrement ? Cela a t'il encore un sens d'écrire des notes d'artiste quand on ne fait plus rien d'artistique... Pourtant je regrette l'époque. J'y croyais et c'était un état productif. Respectable. Je pouvais envisager une dynamique à ma vie, un but. Plus rien de cela, désormais. Je ne suis plus sûr d'avoir des choses pertinentes à dire et cela m'oblige de recomposer. Quoi pour demain ? Quelle place pour moi dans le monde ? Je lis beaucoup, j'écoute de multiples conférences, très brillantes, toutes. C'est sans doute un peu la cause de mon désarroi. En un sens, il faut prendre en compte ce phénomène puissant qui me permet d'accéder à autant d'information via le net - et plus encore que je ne l'escomptais il y a quelques années. Mais aussi, s'interroger sur le sens de cette accumulation. Pourquoi faire ? S'il n'y a pas une issue, une restitution sous une forme ou une autre, ce ne sera guère satisfaisant.

 

21/07/2007

J'ai dû me tromper sur Flaubert. Enfin je m'interroge si je me suis trompé ou non. Plusieurs auteurs que je respecte prétendent que c'est un auteur formidable pourtant je ne suis pas convaincu et me demande si quelque chose m'a échappé. Je pense avoir quelques idées sur ce que c'est que d'écrire. Là, je ne suis pas impressionné. A l'époque, je veux bien l'admettre, mais qu'est ce qui les intéresse donc encore tant aujourd'hui. Il faudrait que je lise les ouvrages de Sartre et Bourdieu sur le sujet. Je n'en n'ai peut-être pas le temps. Et puis il faut bien qu'un jour cela se produise, que les avis des autres, fussent-ils les plus éminents, soient dépassés... Ce doit être cela.

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J'ai regardé aussi deux films de Commandant Cousteau. Le premier était un peu une arnaque car c'était un film du fils, Jacques Cousteau et je l'ai trouvé moins intéressant que le souvenir que j'avais des films de Cousteau. Une pâle copie, peu convaincante, qui explique peut-être cette sordide histoire de rivalité entre le Père et le Fils à propos des droits d'auteur dont les médias s'étaient fait l'écho. J'ai trouvé surtout que c'était peu scientifique, plutôt une mise en scène bon enfant pour amuser le public. Comme ce robot requin mis sous le nez d'un requin jusqu'à ce qu'il soit dévoré. Faire des images spectaculaires d'accord, mais prétendre que c'est scientifique, c'est un peu présomptueux... ou alors, ces films ne sont que des vitrines grossières qui ne restituent pas l'essentiel du travail de l'Equipe.

L'autre film, c'était 'le monde du silence', signé Jacques Yves Cousteau et Louis Malle. Là encore, j'ai quelques doutes sur l'intérêt scientifique réel de ces expéditions. Par contre, j'ai été surpris par le récit. Le film date de 1955. C'est un film de garçons chercheurs de trésors ! On y voit des choses surprenantes comme une chasse 'scientifique' à la dynamite ou un massacre de requins. Cela éclaire sur certains aspects de la personnalité du Commandant que masquait plus tard un discours écologiste. La mise en scène de ce groupe d'homme fortement hiérarchisé ne vaut rien au hasard. Et à la fin, l'arrivée sur l'île déserte, l'île aux tortues, et la rencontre avec un indigène... Malgré ces réserves, le film m'a intéressé. Il comporte de belles images, des séquences bien fichues.

 

27/07/2007

Et bien, je ne sais plus où j'en suis avec mes notes. Elles m'échappent complètement. Je n'ai rien écrit depuis un bon moment mais j'ai aussi une page dont la mise à jour date de mai et que je n'ai pas mise en ligne. Ma dernière publication date de mars, après j'étais allé voir le concert d'Agnès Jaoui. J'avais plus ou moins l'idée qu'elle allait réagir à ce que je disais, mais je ne me souviens plus très bien ce que je racontais à l'époque, était-ce si intéressant ? En tout cas je perds le contact avec ce site y compris ses notes, la dernière chose qui me restait active. Il est temps que je m'interroge...

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J'apprends que l'un des ministres de Sarkozy aurait déclaré dans un discours à l'Assemblée Nationale qu'en France on avait trop pensé - on a tout inventé !! - mais que ça suffit, il faut maintenant agir. C'est sûr que c'est une manière des voir que je ne peux pas accepter. Le commentaire ajoutait que BHL avait déclaré que c'est à cause de cette vision anti-intellectuelle- qu'il n'avait pas voté pour Sarko. Je ne sais pas s'il a vraiment dit cela mais c'est un peu affligeant que le vote se détermine de manière aussi simpliste y compris chez des gens supposés aussi avisés...

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Je poursuis l'écoute d'enregistrements divers, de conférences. Il en reste toujours. Toutes intéressantes. Je ne sais pas quand j'en aurait terminé. Je n'y avait pas prêté particulièrement attention mais la dernière que j'ai visionnée sur la religion était très ambitieuse. L'orateur pensait que les religions servaient surtout à créer du lien social. Ce n'est pas une idée nouvelle mais c'est le poids qu'il lui donnait... Il disait aussi que selon lui la religion catholique n'était pas un monothéisme. Il y a le Père le fils le Saint Esprit, cela fait déjà trois, disait-il. Et puis la Sainte Vierge. Et puis tous ces Saints locaux...

Citation de Maurice Godelier (anthropologue), lors de cette conférence : il n'y a pas de foi sans mauvaise foi.

 

07/09/2007

Je suis rentré mardi de mon voyage en Chine et me dis que je devrais en parler dans ces notes. Il faut un peu de temps pour digérer le flot d'images. C'est comme les photographies. Les premières sont banales et évidentes. Ceci dit, toutes celles que j'avais vu avant mon voyage m'en avaient donné une idée finalement assez conforme. A mon retour, j'ai entrepris de revoir les films parlant de la Chine. Il est amusant de remarquer que certains signes s'éclairent qui n'étaient auparavant que décor exotique : seuils surélevés à l'entrée des maisons, toits dont les tuiles imitent des tiges de bambou, etc. J'étais assez réticent sur le principe d'un voyage organisé. Je reste réservé mais j'y ai trouvé quelque intérêts. Ma rencontre avec la Chine semble devoir annoncer des changement pour moi, un enrichissement pour le moins, comme une peau supplémentaire que je porte sur mes épaules. Je n'ai pas une admiration excessive pour la culture chinoise mais j'essaie de me nourrir des différences entre nos civilisations. Et puis ce qu'on retire d'un voyage semble à un autre niveau. Ce ne semble pas être tout à fait du domaine de la conscience. Comme des graines, peut-être. Par exemple, la sculpture de dragon qui, avant mon séjour, m'aurait paru presque repoussante, je l'a vois désormais différente. Non seulement j'en comprends mieux le sens historique, mais surtout, j'y suis presque attaché. C'est un peu curieux de me sentir si vite, après seulement deux semaines, comme intime avec une civilisation a priori si lointaine.

Mais je me garderai de faire des pronostics sur l'avenir de ce pays. La Chine est un pays assez arrogant sinon revanchard. C'est un peu inquiétant. En même temps, son gouvernement est sur la corde raide. Il a un pouvoir tellement démesuré, sans contre pouvoir, qu'il est susceptible de grosses erreurs. C'est une bonne chose que la 'communauté internationale' fasse pression pour que la Chine renforce sa démocratie. Qui le ferait sinon ? La question du boycott des Jeux Olympiques est tout à fait justifiée. Elle l'est d'autant plus, que les Chinois y voient un enjeu important, en phase avec leur idéologie. Faire pression sur la Chine peut aussi être vu comme une stratégie de noyautage visant à saper les fondations de cet Empire Céleste, afin de conduire à son démantèlement... La Chine serait-elle plus acceptable si elle était découpée en plusieurs parties ? Probablement. Sauf, malheureusement, pour ce qui concerne les questions des ressources énergétiques et de la pollution.

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Les ouvriers sont venus pour goudronner le chemin jusqu'à ma maison. Je n'avais rien demandé. J'avais même demandé qu'on le laisse en terre mais je n'ai pas été entendu. Je suppose que les cantonniers en avait assez de colmater les trous. Ou peut-être, est-on sûr que c'est tellement mieux, que cela me conviendrait forcément. Un ruban d'asphalte s'étend désormais jusqu'à la maison Badolle. Sa présence m'est un peu désagréable au regard. Je vais m'habituer, comme on s'habitue aux petites blessures, mais je le ressens pour le moment comme une injure faite à l'état des choses, une faute de goût. Je sens sa matière amorphe comme déplacée. Lorsque je vais faire quelques pas sur le chemin, je n'entends plus le bruit des graviers. Cela me manque. On n'arrête pas le progrès dit-on. Il vient ici, dans le lieu de mon refuge. Ses porteurs sont de braves gens qui probablement pensent bien faire. Et cette couche de pétrole gras gît désormais, étalée sur la terre de mon chemin qui, jusqu'hier, blanchissait au soleil et ce, depuis des centaines d'années.

 

16/09/2007

La guerre - une sorte de guerre - a commencé semble t-il avec la Chine. Plusieurs signes. D'abord on leur reproche la qualité de jouets qu'ils fabriquent pour nos enfants. Des pièces se détachent, des petits aimants qui peuvent les étouffer. Comprendre qu'ils cherchent à tuer nos enfants ! J'ai entendu mais n'ai pas pu le vérifier que le directeur de l'usine mise en cause se serait suicidé. Comme un guerrier déshonoré... L'autre signe, c'est l'annonce d'une récession économique aux États Unis qu'elles qu'en soient les causes. Ça a continué cette semaine0 quand les fabricants Chinois ont présenté leurs modèles de voitures qui copient - disait-on - plusieurs modèles européens ou leurs accessoires. Les raisons de conflits ne manquent pas mais c'est le ton qui semble avoir un peu changé.

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A propos de retour de Chine justement... un échange de mail s'est fait entre les participants du voyage. L'un d'eux a créé un site internet pour partager nos photos. Je suis allé voir et c'est une impression curieuse de voir ses propres photos prises par quelqu'un d'autre ! Ce fut ma première impression. A regarder de plus près, j'ai mieux compris la manière dont je prends mes photos, ce qui m'intéresse, comment je cadre... La différence de qualité entre appareils est également sensible et je gagnerais à acheter un appareil plus perfectionné.

J'ai repris mes propres photos pour le travail de recadrage et d'amélioration habituel. C'est à peu près terminé et pas trop mal. Il faut que je tente la même chose sur des photos dont je ne suis pas l'auteur pour voir si j'arrive aux mêmes ré-interprétations. J'ai en effet le sentiment d'avoir une sorte d'oeil magique quand je photographie. Souvent les photos ne sont pas exactement terminées avant que je ne revoie le cadrages. Rares sont celles dont un détail gênant me conduit à les rejeter définitivement. Si j'en jette, c'est soit que la qualité est insuffisante (flou, manque de lumière), soit, plus rarement, que ce sont des photos trop banales, prises d'une manière trop conventionnelle, par conformisme, ce qui arrive parfois en voyage. Le plus drôle, c'est lorsque je m'aperçois qu'une photos à plusieurs sujets et que j'en tire deux tirages différentes. C'est arrivé plusieurs fois sur mes photos de Chine.

Bien sûr, la mise en forme d'une galerie de photos de voyage pose de nouveau la question du sujet. Certaines vues sont purement descriptives. Elles servent, en quelque sorte, de lien ou d'introduction pour celles qui ont un caractère esthétique plus marqué. L'enjeu artistique étant souvent contradictoire avec l'exigence du récit de voyage. Pour faire une image percutante, on est tenté d'enlever les détails superflus, alors que pour évoquer le voyage, les détails périphériques donnent souvent des informations sur le pays visité. Comme par exemple ce chien sur le trottoir dans l'une de mes photos. Il n'est pas le sujet principal mais montre comment sont les chiens chinois, différents des chiens d'Europe ou d'Amérique du Sud. J'avais déjà vu se type de chien dans des gravures (une variante de pékinois); je pensais que c'était des caricatures... J'ai également un certain attrait pour des photos dont le sujet ne se livre pas au premier abord. J'ai eu ce résultat, par exemple, avec la photo d'un marché qui manque malheureusement de piqué mais dont on voit d'abord une masse coloré et après seulement, les petites scènes qui s'y déroulent. Est-ce encore de la photographie. On peut se le demander. Il faudrait que je fasse le test un de ces jours. Il consisterait à prendre de nombreuses photos d'un parking ou d'un hall de gare à intervalle régulier pour voir si ensuite toute ont un intérêt. Je suis pratiquement sûr que non. C'est ce que j'appelle mon oeil magique, ce je ne sais quoi qui fait la différence entre une photos et un enregistrement automatique. Tout se décide à l'instant où l'on appuie sur le déclencheur, quand l'oeil fouille dans le viseur. Cela fonctionne encore pour moi malgré que je n'y vois plus aussi bien et que mes prises de vue sont plus intuitives.

 

29/09/2007

Une araignée noyée au fond de la cuvette des WC à la campagne quand j'arrive. Cela répond à la question que je me posais, à savoir, faut-il regarder au fond de la cuvette avant de s'asseoir ? La réponse est définitivement oui.

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Quelqu'un explique que les Chinois mangent en moyenne deux canards laqués par an. S'ils se mettent à en manger plus souvent, disons une fois par mois, cela signifie qu'il faudra élever des milliards de canards. Et d'embrayer une nouvelle fois des impacts sur l'environnement. On annonce que même le prix du manioc commence à augmenter. C'est une catastrophe car c'est l'alimentation des plus pauvres et pour eux, c'est 80% de leur budget. L'une des raisons de cette augmentation de prix, c'est que d'importantes surfaces agricoles sont recyclées pour la production de biocarburants. L'équation ne semble avoir aucune solution. Il semble probable que l'Humanité ne va pas s'en sortir et détruire la Planète.

En France, se déroule en ce moment le "Grenelle de l'environnement". J'ai regardé la vidéo qui relate sur le site du ministère, la réunion de bilan des groupes de travail. La présentation était présidée par Jean Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet. Chaque groupe de travail présentait ses travaux. L'affaire semble bien conduite et être comme le signe d'un changement profond à mettre au crédit de ce Gouvernement. L'étape suivante est le débat public. J'ai téléchargé les différents rapports pour les lire ce week-end.

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Il y a quelques jours, j'ai terminé la lecture de "une parfaite lumière" de Eiji Yoshikawa. J'en parle parce que ce livre m'a fortement intrigué. C'est un roman japonais, assez long. Assez long et dense. Il m'a accompagné pendant tout mon voyage en Chine et plusieurs semaines encore à mon retour. Autant je peux adhérer au thème philosophique qui met en avant une certaine quête de perfection, autant l'objet sur lequel cette recherche s'applique - le combat au sabre des samouraïs - me laisse très réservé. Tout le livre est construit pour amener au combat qui se déroule dansles dernières lignes et qui est très bref. Mais combien de cadavres pour en arriver là ! Ce livre est exotique par beaucoup d'aspects. Très profondément asiatique. Je suis tenté de lui trouver un air de famille avec les films de John Woo que j'ai vus récemment. Ce qui me préoccupe le plus, au final, c'est de remarquer que malgré un itinéraire très éloigné de notre culture occidentale, c'est en définitive une autre pensée extrêmement violente et dominatrice. Là où on aurait pensé trouver en Orient quelque chose de plus doux, c'est finalement la pire sauvagerie avec - c'est pire encore - une certaine auto-justification culturelle. En clair, quelque chose d'assez proche du nazisme, d'aussi fascinant et dangereux. Tout ça pour rappeler que la violence vient de loin chez les humains et quelle sait s'installer dans toutes les cultures.

 

07/10/2007

J'ai appris - lu ou entendu, je ne sais plus - que l'album Clandestino de Manu Chao était au départ un disque de musique techno mais suite à un bug de l'ordinateur où les morceaux étaient enregistrés, toute la partie électronique a été effacée et n'est resté que ce qu'on connaît plus gracieux, plus vigoureux. C'est une anecdote un peu étrange comme on les aime. Il reste que je suis d'accord avec Manu Chao pour considérer que ce disque n'est qu'une maquette. C'est ce qui en fait son charme et sa limite (ps: ce disque là, je l'ai acheté, pas téléchargé !).

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J'ai pris un peu de temps hier pour aller marcher dans le bois. Le sol était couvert des glands et il en tombait des chênes sans arrêt. Cela faisait des petits bruits de chute entre les feuilles. Je n'avais jamais assisté à ce phénomène assez étonnant [ou bien je ne m'en souvenais plus]... Plusieurs fois par minute. Quelquefois, ils ne tombaient qu'à quelques centimètres de moi.

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Plusieurs projets que j'ai en tête depuis longtemps me sont revenus à l'esprit ce week-end. Projet de livre bien sûr qui va et vient mais n'est toujours pas assez puissant et complet pour que je me lance. M'est aussi revenu le projet helloworld qui est un projet de création coopérative sur intranet qui nécessite que j'ai un serveur en ligne (il faut que j'achète un nouveau PC pour cela) et pour lequel j'ai entrevu de nouvelles perspectives qui le rendent plus intéressant encore. A approfondir.

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J'ai trié mes morceaux notamment des enregistrements de Philippe Léotard dont je n'ai gardé que quelques uns. Une fois téléchargés, j'ai toujours quelques scrupules à les effacer car c'est comme un jugement définitif sur un artiste. Dans le cas de Léotard c'est encore un peu plus compliqué pour moi car le l'ai croisé plusieurs fois dans les bars de Lille et la rencontre ne s'est jamais vraiment faite. Il était déjà trop défait à l'époque, perdu... et je retrouve la même impression dans sa musique. L'impression que te fait un mec qui va crever et tu ne peux rien pour lui. Pire lui et toi savez qu'il n'y a rien à faire. Comment peux tu lui parler, qu'est ce qu'il y a à dire. Et puis si tu arrives à le troubler, à le faire réfléchir autrement, peut-être qu'en plus il va s'accrocher et tu ne veux pas d'un boulet... mais qu'est ce que je dis ? Il y est passé. L'affaire est close en ce qui le concerne.

 

12/10/2007

Mon voyage en Chine a sans doute permis de m'ouvrir de nouveaux angles et un nouveau relativisme, c'est une bonne chose, mais il me laisse face à mes questions existentielles Je n'ai toujours pas l'idée de ce que je vais faire. J'ai plusieurs projets artistiques à mettre en oeuvre mais il me manque quand même un peu de carburant. Je réfléchis par brides. Pour le site je me dis que je devrais maintenant le nettoyer un peu, le réorganiser. Et compléter par une expo de photos déconstruites prise sur mon écran de TV. J'ai aussi repensé à ce vieux projet de photos prises avec Google (que je dois reprendre au début vu que j'ai tout perdu tantôt avec mon disque dur). J'ai encore quelques photos prises ici ou là ces deux dernières années. C'est que plusieurs personnes m'ont fait des compliments sur mes photos de Chine et cela me laisse à penser que j'ai un certain talent de photographe. Mais il faudrait aller plus loin pour le site. La photographie est un peu une facilité. Il reste que c'est une bonne chose de maintenir ce site, mais en faire une extension à la maison me semble incontournable. J'ai aussi ce projet de moteur de recherche qu'il faut que j'approfondisse. Que puis je apporter à la réflexion autour des moteurs de recherche ? Mon projet est très ouvert; il me semble intéressant de mélanger de mélanger technique, étude et réflexion. L'enjeu de ces moteurs est si énorme... Ce à quoi je pense encore, c'est d'écrire. J'ai un sujet qui me tient depuis des mois mais que je n'arrive pas à démarrer. Tout ça. Et par dessus un sentiment profond d'inutilité qui ne me quitte pas.

J'ai un peu froid. Le ciel reste gris et la campagne vide. Ça me fait quelque chose de penser aux villes chinoises et même à mon dernier séjour à Paris tellement agité. Ici, c'est l'autre face du monde où je me rends volontiers, bien que depuis toujours, j'aimerais être sur les deux faces en même temps...

 

14/10/2007

J'entends à l'instant un chronique qui parle des travailleurs polonais en Angleterre. Nombreux. Les prêtres catholiques anglais surchargés (peu nombreux, il est vrai), un millier de chauffeurs de bus sont Polonais, etc... Ces immigrés pèseraient 2,5% de la croissance polonaise grâce à l'argent qu'ils ramènent et investissent. Ils vaudraient aussi pour 1% de la croissance britannique. Là, j'ai du mal à le croire. Cela semble magique.

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J'ai recopié mes notes récentes en supprimant tout un paragraphe car j'avais développé deux fois la même idée à quelques jours d'intervalle. Aïe. Se répéter. Je me demande l'effet sur mes lecteurs. Je me doute qu'ils ont lâché depuis longtemps mais on ne sait jamais. Sûr que ces notes doivent donner une drôle d'impression de ressassé. Je me répète sans décoller, c'est du moins le sentiment que j'en ai. C'est peut-être inévitable. Beaucoup d'artistes me donnent cette impression, sans parler des honnêtes gens ! pourquoi y échapperai je.

L'usure des oeuvres semble de plus en plus rapide. Je me disais par exemple tout à l'heure que je n'irai peut-être par à la Biennale de Lyon. Est-ce utile que j'y aille. La réponse n'est pas évidente. Cela me plaira sans doute comme les autres fois mais la question de l'utilité est sur un autre plan. Utile pour moi ? Vais-je découvrir à la Sucrière l'oeuvre qui fera le déclic pour moi ? Peu probable. Après Hong-Kong dont je suis sorti indemne ce sera difficile ! Je plaisante mais c'est très peu probable. Est-ce utile que j'y aille pour les autres ? Ce serait comme voter alors. Même pas. Je ne suis pas convaincu qu'il soit nécessaire d'avoir encore d 'autres biennales comme des rendez-vous un peu bourgeois de la ville avec quelque chose qu'on appellerait l'Art.

Bien sûr je ne veux pas me couper et j'irai peut-être finalement visiter, mais ce sera avec le sentiment d'un rendez-vous assez conventionnel, sinon prévisible. Même les surprises sont prévisibles en Art contemporain. Comme en amour j'allais dire ; ce n'est pas faux de parler de désamour en ce qui me concerne, avec l'Art.

Il ne faut qu'une petite poussée pour que je ramène cette pensée en apparence universelle vers la proximité d'un dimanche après midi d'automne à la campagne. Les rayons du soleil obliquent vers le soir et on les a appréciés après deux jours de brume constante. J'aime être ici, mais quel sens cela aurait-il que j'y habite en permanence (retraité, rentier ou écrivain !). Il existe ici une sensation d'immobilité tout à fait fascinante. Non que les choses ne changent pas, elles changent, mais se renouvellent dans les limites de la nature. La mousse se dépose sur le mur chaque automne puis se réduit après quelques mois. A moins que ce ne soit moi "vecteur de l'évolution naturelle des choses parmi les autres" qui n'en n'arrache quelques touffes pour éviter leur prolifération. Tout se transforme mais tout est lent, saison après saison. L'automne s'est déjà installé, plus vite que je ne m'y serais attendu, mais il me donne l'envie de vite franchir l'hiver pour découvrir un nouveau printemps. J'en suis là, dans cette contemplation béate. Mais dans une heure à peine, je vais reprendre mon sac et ma voiture pour rentrer à Lyon. J'imagine que par le monde des millions de gens font la même chose (je pense à ce film, le déclin de l'empire américain, même décor). Des millions, avec un certain nombre de pseudo-artistes. Tous faisant aussi part d'un grand ordre naturel. L'Art, tel que je l'ai rêvé, n'existe pas en fait.

 

27/10/2007

Testé plusieurs logiciels de recherche (teardrop, copernic desktop search 2, copernic agent) dans l'optique de mon étude sur les moteurs de recherche. Après leur installation, je me retrouve avec trois barres de recherche dans Internet Explorer. Cela commence mal ! Je ne sais quoi en faire. Heureusement je m'aperçois vite qu'avec un clic sur la partie gauche de ces barres, j'ai le moyen de les masquer. C'est un moindre inconvénient. Le plus désagréable reste ce logo "copernic" apparu en bas de l'écran dans la barre de tâches Windows.

Je ne comprends pas tout dans ces logiciels. La documentation est absente (ou en ligne, mais je n'ai pas l'accès internet ici). Je vois que Copernic Desktop Search (CDS) fait de l'indexation mais je ne vois pas de quoi ni comment. Cela m'inquiète car j'ai besoin de mon espace disque ! et m'interroge de l'opportunité de désinstaller immédiatement ce logiciel.

Ah, je trouve dans les options de CDS comment masquer ce vilain logo [en fait, cette manip n'a pas marché car le logo est revenu dès le premier redémarrage du PC] et j'apprends aussi que la petite icône à droite matérialise une fonction d'indexation de messages. Elle est actuellement inactive "à la demande de l'utilisateur". C'est bien normal; c'est moi qui l'ai mise hors service tout à l'heure. Quand j'essaie de supprimer cette icône, une fenêtre me met en garde que je ne n'aurai plus les messages. Je ne comprends pas ce que cela veut dire.

L'écran principal de CDS me laisse un peu dubitatif. Je relis la page de présentation que j'avais pris le soin de sauvegarder hier. Ce logo copernic est en fait une zone de saisie pour une recherche rapide. Pas mal finalement. Mais recherche de quoi ? OK, je vois, c'est un outil de recherche sur les fichiers de mon PC. C'est intéressant mais cela ne correspond pas à mon besoin du moment. Le logiciel donne aussi accès à l'historique de visites des pages web. Sinon il est dit que le programme est génial et encore amélioré avec cette version 2. De la jolie langue imbittable : "la technologie de tolérance aux fautes intégrée dans CDS assure la possibilité de recherche sur le PC en tout temps". Ça alors! J'explore encore ce logiciel, ce qu'il permet de faire. Rechercher dans l'historique web ou les vidéos. Par clic droit je peux ouvrir un fichier avec le lecteur que je veux via le même menu que celui de l'explorateur. Je suis séduit. Je commence à mieux comprendre la logique et peut-être finalement que j'adopterai ce logiciel... En bref, un agent actif indexe en permanence le contenu du disque par catégorie (fichiers, musique, etc.) et les rend accessibles via une recherche rapide. Un outil génial pour la police! Un peu curieuse cependant la liste de types qu'il propose dans la recherche de fichiers (html, doc, xls... mais pas les fichiers d'open office). Ce doit être modifiable mais je ne trouve pas comment. Je jette encore un oeil sur les options. On peut gérer l'historique de plusieurs navigateurs (IE et Firefox)...

Copernic Agent Basic est un outil pour lancer des recherches sur plusieurs moteurs de recherche en même temps. Sur la partie gauche de l'écran on peut choisir une catégorie de moteurs, par défaut le web, mais ce peut être une catégorie plus ciblée, "achat de livres" par exemple. 14 moteurs pour le web, dont 12 actifs, 10 résultats par moteur. On peut modifier cette liste, désactiver, mais pas ajouter des moteurs. Cette liste me laisse sur ma faim car il manque Google ! (je crois que Google n'accepte pas les recherches par méta-moteurs...). Je retrouve les résultats des deux recherches que j'ai faites avant hier pour "maison" et "électronique". On peut cocher chaque résultat pour effectuer un filtrage. On a encore d'autres critères de filtrage, notamment les liens pas encore visités... Pour chaque lien, on sait quels sont les moteurs qui l'ont trouvé mais les critères de sélection des liens restent mystérieux. Il faudrait faire des tests. Curieux que le premier lien pour "électronique" ne soit trouvé que par 2 moteurs (Lykos, Ask.com). Mais peut-être fallait-il utiliser la recherche via le "web français" pour le mot avec son accent.

Il existe encore des fonctions qui me semblent intéressantes : vérifier les liens, trouver dans le résultat. Je n'ai pas accès à la fonction "annoter le résultat"; il faut la version payante du logiciel. Encore une autres fonction : l'analyse, qui supprime les liens invalides dans sa version dite intermédiaire, détecte la langue dans la version optimale et avec une option, qui propose une "extraction des concepts". Voilà qui commence à être intéressant mais comme je n'ai pas l'accès au web pour l'instant, je verrai cela plus tard... où plutôt, jamais, vu que c'est réservé à la version payante (sob !).

Teardrop est comparable à Copernic Agent. Il est beaucoup plus rustique mais me permet quand même de retrouver mes deux premières recherches sauvegardées hier ("electronique" et "grenelle"). Je retrouve aussi ces résultats dans des fichiers html et csv que j'avais pris la peine de sauvegarder. Cela reste très sommaire. Je ne vois pas quels moteurs sont utilisés selon les catégories (english, french, ...) mais je crois qu'ils ne s'affichent que si la liaison internet est active (en effet, je les voyais l'autre soir mais maintenant, sans internet, j'ai un message d'erreur). Le plus de ce logiciel, c'est la présence dans le répertoire d'installation d'une série de fichiers xml pour décrire le dialogue avec chaque moteur de recherche. Par défaut, Google n'y est pas. Dans la page "engine" du site de teardrop, j'avais vu que Google est interdit (forbidden) mais on peut quand même l'interroger à ses risques et périls grâce au fichier disponible en ligne. J'avais essayé d'ajouter ce fichier dans le répertoire program_file/teardrop/engine mais ça n'a rien changé. Je viens de m'apercevoir qu'il existe un autre répertoire concerné dans "documents and setting". C'est là qu'il faut modifier, je pense [en fait, il fallait inscrire les nouveaux fichiers dans config.xml].

Je consulte les deux ou trois pages d'informations que j'avais enregistrées et c'est bien cela : les fichiers descriptifs des moteurs sont en format xml et ils utilisent des expressions régulières pour décoder les résultats. On peut donc en créer d'autres.

La question qui se posait à moi était celle de développer un outil plus performant que teardrop, le complétant. C'est envisageable car teardrop est sous licence GPL. Les sources doivent être disponibles [pas trouvées]. Mais il y a mieux car le programme peut s'utiliser en ligne de commande. Il peut donc être appelé par un autre programme que je peux écrire. Peut-être aussi que teardrop évolue de son côté. L'idée pourrait être, pour moi, de stocker les résultats dans une base de données et de leur donner une plus value par analyse. Dans les grandes lignes. Il faut approfondir. Atteindre le niveau de copernic me semble tout à fait envisageable.

Je pourrais aussi utiliser ce programme pour comparer les moteurs de recherche entre eux et réaliser une étude sur une certaine durée. Comme je l'avais imaginé, détecter l'apparition de nouveaux thèmes, par exemple actuellement "grenelle de l'environnement" et voir comment ils apparaissent et disparaissent. Je devrais peut-être revoir aussi les fichiers xml de teardrop pour extraire le nombre de réponses et si possible la date de mise à jour des pages.

 

29/10/2007

Me suis également intéressé au cas de la commission Attali mandatée par le Gouvernement pour proposer des solutions pour créer de la croissance. Le site internet est très riche. Une cinquantaine de rapports de haut niveau. Chacun d'eux a, au moins 150 pages, du coup, je comprends la tentation courante des dirigeants de convoquer les auteurs pour une présentation synthétique de 15 minutes... J'ai lu ou parcouru plusieurs de ces rapports. C'est une chose très nouvelle d'avoir accès à ce type de documents. Il faut le souligner. Sur le fond, je vois qu'on peut trouver encore des atouts à la France ce qui n'est quand même pas si surprenant pour une des grandes puissances. L'approche reste toujours expansionniste. Même si ce n'est pas dit explicitement, il s'agit toujours de baiser les autres pays... Je m'interroge aussi sur les liens entre cette commission et le Grenelle de l'environnement. Il est assez paradoxal de voir que Borloo apparaît désormais plus à gauche qu'Attali. Mais Attali a t'il jamais été de gauche ? A ce niveau d'accès aux cercles de pouvoir, j'ai l'impression que les opinions oscillent de la gauche à la droite en fonction de la sensibilité du moment. Le site du Grenelle est bien aussi, mais plus people. J'y ai trouvé de belles photos. Mais j'ai constaté que les mises à jour ne suivent plus et n'ai trouvé aucun document sur les dernières discussions. Espérons qu'elles arriveront bientôt. J'ai noté la satisfaction générale des participants y compris cette idée que "c'est bien, cela redonne un rôle politique à l'Etat". Sur le fond je reste septique à cause de l'idée que je ne crois pas possible une cohabitation entre capitalisme et une politique réellement écologiste. Je suis pessimiste sur le fait que la France puisse peser notablement. On a l'impression que les progrès déjà faits ici ont simplement consisté à exporter notre pollution, avec nos usines, en Chine et qu'à y bien regarder, c'est peut-être pire. L'un des rapports du site Attali parle de cela, de la nécessité de maintenir les usines polluantes dans les pays développés. Mais as t'on moyen de les retenir ? Je suis perplexe. J'entendais Yves Cochet, représentant des Verts, ce matin à la radio. Comme son argumentation est bancale. Il dit qu'il faut dire aux Chinois qu'ils ne pourront pas avoir des voitures comme nous, des téléviseurs, des téléphones portables. Mais comment pourrions nous dire cela ? Comment pourraient ils l'accepter ? D'ailleurs ils le savent (ils ne sont pas si bêtes)... mais revendiquent certainement une part plus grande des ressources au vu de leur poids démographique et du retard de jouissance qu'ils ont accumulé. Ils espèrent gagner sur notre niveau de vie. C'est évident, et ce sera une source permanente de grande tension, sinon de guerre. Il faudrait d'une part qu'ils modèrent leur croissance - mais selon quel principe moral ? - et que nous, diminuions notre accumulation, par exemple en réduisant le nombre de nos voitures.

Je classerais différemment les téléphones et les voitures car l'effet n'est pas le même. Oui à l'internet, aux télécoms, qui en pratique évitent des déplacements physiques tout en donnant accès large au monde. Mais cet argument reste très idéologique car s'ouvrir au monde, ouvre aussi à la consommation et à l'envie de voyager... L'économie de ressources est un nouveau critère à intégrer dans la consommation. Il va nécessairement inciter à garder les objets plus longtemps. Sauf que, c'est antinomique avec l'innovation. Garder les voitures vieillissantes, c'est polluer d'avantage, les vieux frigos consomment d'avantage, alors quoi ? Quelle est l'équation juste ? On voit qu'on se heurte à chaque fois vers un besoin croissant d'information sérieuse. Cela aussi conduit à contester le capitalisme et sa publicité presque toujours mensongère.

Ce débat en France est en tout cas une bonne chose; on l'attendait depuis pas mal de temps.

 

30/10/2007

J'ai lu une étude sur les moteurs de recherche produite par Jean Véronis avec ses étudiants de l'université d'Aix. Une étude assez simple à mon avis - même si Véronis dit le contraire – mais qui me semble un bon point de départ. Cette étude date de fin 2005 et nous apprend quelques trucs. Elle tente de tester la pertinence des réponses grâce à une évaluation faite par les étudiants. Elle indique que Google et Yahoo sont les meilleurs. Volà apparaissait le moins pertinent à cause du mélange entre les liens commerciaux et les autres. Depuis, cela s'est amélioré - dixit Véronis - dans une page mise en ligne récemment.

Cette étude nous apprend que le nombre des liens morts est très important et aussi que le taux de recouvrement entre moteurs est faible. C'est surprenant mais ça confirme l'intérêt des méta-moteurs. Le taux de pertinence ne dépasse généralement pas 50%. On est encore loin du compte. Cette notion de pertinence reste à creuser. Elle est déterminée plus ou moins empiriquement par les étudiants-testeurs eux mêmes. On peut avoir des objections. L'échantillon n'est pas socialement représentatif. L'étude reste floue, à la fois sur les requêtes utilisées, déterminées librement par chaque étudiant, et sur la définition de pertinence. J'ai compris que c'était plus ou moins la cohérence du contenu par rapport au thème recherché. Sans doute il y aurait il matière pour un deuxième niveau d'analyse qui serait, l'intérêt du contenu.

Je vais étudier la possibilité de reproduire cette étude. Dans un premier temps, il est plus simple de passer moi même l'ensemble des requêtes. Plus tard je pourrais essayer de trouver un échantillon de testeurs. J'ai trouvé dommage que la liste des requêtes de l'étude ne soit pas fournie. Je devrai réaliser mon propre jeu de tests. Il faut aussi voir les thèmes utilisés pour cette étude. Ce qui se présente bien c'est que je sais maintenant récupérer les résultats dans un fichier csv avec teardrop.

En effet, j'ai testé teardrop en ligne de commande. Cela marche plutôt bien sauf avec google pour lequel l'analyse ne fonctionne pas. Il faudra modifier le fichier xml probablement. Envie aussi d'élargir le nombre de réponses pour vérifier si les liens plus éloignés dans la liste sont effectivement moins pertinents.

Tout à l'heure je me suis amusé à tester la recherche avancée en précisant un thème. La différence avec un recherche normale ne saute pas aux yeux. Et même, il m'a semblé que si le thème sélectionné était en contradiction avec le sujet recherché, le résultat restait a peu près identique (par exemple chercher "biennale de Lyon" dans le domaine "informatique").

J'ai encore beaucoup à faire sur cette étude. Il s'agit en fait de créer de la valeur à partir de cette somme d'informations disponibles sur le web. L'approche technique et neutre qui est celle de Google a ses limites (ils revendiquent une technique d'indexation complètement automatisée, je l'ai encore vérifié sur leurs pages). Il faudrait pouvoir affiner sa recherche, retravailler le résultat. Je pense aussi qu'il faudrait trouver un moyen de mettre en commun les recherches entre utilisateurs mais je ne sais encore comment m'y prendre. Ma réflexion est encore trop embryonnaire.

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Hier il pleuvait comme je quittait ma maison de campagne. Un crapaud était recroquevillé dans l'angle de la porte. Je lui ai confié la surveillance de la maison mais je n'ai pu éviter de songer à l'écoute que j'avais faite un peu plus tôt d'un enregistrement sur le chamanisme. Ce crapaud semblait être plus qu'un crapaud. L'idée m'a occupé l'esprit un moment mais sans me conduire très loin. Est-ce vraiment un signe ou une ouverture qu'on me faisait ? Je ne sais toujours pas.

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Pour en revenir à mon travail sur les moteurs de recherche et réunir ces thèmes qui me traversent, je rapporte une phrase qu'évoquait Jean Pierre Changeux dans une vidéo disponible sur le site du CNRS. Il disait que les collectionneurs seraient, d'un point de vue psychanalytique, des gens qui essaient de garder le caca dans leur ventre. Changeux disait cela pour le rejeter aussitôt. Personnellement je ne vois pas trop. L'idée de collection, de liste, de contrôle, est présente dans ma réflexion sur les moteurs de recherche mais je n'y vois rien de malsain, de scato., ou de "psychanalytique".

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J'ai repris la lecture de Sexus de Henry Miller. Je n'ai lu encore qu'une cinquantaine de pages, mais quelles pages ! Miller n'est plus très à la mode, il me semble, ses préoccupations sont un peu à contretemps, mais quelle densité, quel projet littéraire. Je me souviens très bien d'une discussion que j'avais eu avec le cousin de Corinne à l'époque où j'habitais Paris. Je parlais de mon projet d'écrire, déjà, et j'avais évoqué Miller comme un modèle pour moi. J'avais déjà vu l'intérêt de cet auteur pourtant je doute que j'y trouvais les mêmes choses qu'aujourd'hui. Ce devait être une sorte d'intuition.

Mais malgré tout le temps passé depuis, mon oeuvre d'écrivain n'a guère avancé. Je n'y crois plus tellement; je n'ai pas renoncé mais c'est toujours reporté à plus tard. Difficile de croire encore que je produirai un jour quoi que ce soit. L'idée que j'ai de moi même est plutôt celle d'un donneur de leçons pas très efficace. Et je ne sais si je parviendrai à dépasser cet état.

Je poursuis le plus sérieusement possible ma pratique quotidienne du yoga. J'atteins un palier. Je dois puiser en moi-même pour maintenir ma motivation. C'est bien la difficulté. Il faut que je trouve moyen de faire entrer cette pratique dans mes habitudes car elle m'est très utile pour ne pas oublier mon corps. Les asanas que j'ai apprises sont devenues plus faciles et du coup il me manque la douleur du début. C'est le plus étrange, qui me renvoie, à la fois, à la dimension mentale du yoga et à une composante assez paradoxale de ma motivation. Faut-il aller plus loin dans les mouvements et de quelle manière ? J'attribue à cette pratique un certain nombre d'effets positifs. Je me lève plus facilement le matin, sans pour autant être d'une folle gaieté. Précédemment mon humeur était comme une masse pesante dans mes muscles. Je me sens plus léger et souple.

J'ai eu, hier soir, une conversation avec F. concernant mon étude sur les moteurs de recherche. Je n'en parle pas encore très bien et ce que je sais en dire peut sembler d'une insolente prétention. Vouloir concurrencer Google ! La discussion m'a cependant apporté une vue élargie du problème. Il est aussi question de ce qu'on est en droit d'attendre de ce genre d'outil. C'est une attente excessive que de vouloir déléguer à une seule entreprise (Google) la solution à tous ses problèmes du moment... J'étais plus basique, dans le sens "je veux trouver les meilleures informations disponibles sur le sujet untel" mais ce peut être aussi pour d'autres "dites moi ce que je dois savoir..." ou même "donnez moi les réponses à mon problème ...".

 

06/11/2007

J'ai réussi à créer un fichier pour interroger les moteurs exalead via teardrop. Cela m'a pris un bon moment pour maîtriser les expressions régulières mais cela fonctionne. J'ai donc maintenant tous les moteurs utilisés dans l'étude de Véronis, plus quelques autres et je vais pouvoir passer à la phase active de reproduction de son étude. J'ai remarqué aussi que certains moteurs brident les requêtes à 10 liens par page quelque soit la valeur du paramètre fourni. Pour aller au delà, il faudrait enchaîner en passant la requête sur les pages suivantes, c'est plus compliqué. Plus en avant, maintenant que j'ai compris le principe, il n'est pas exclu que je sache réaliser l'équivalent, en php, par exemple.

J'ai aussi commencé un script qui enchaîne les requêtes sur tous les moteurs retenus. Il reste à réaliser un post traitement de manière à fusionner les fichiers résultat, numéroter les lignes, rendre les liens actifs, ce sera plus efficace. Parmi les critères d'analyse, j'ai déjà dit que le seul critère de "pertinence" me semble insuffisant. Il pourrait même être utilise d'indiquer si la page comporte des informations douteuses ou inexactes. C'est un nouveau critère mais c'est aussi un nouveau champ d'analyse. Un papier à la radio m'en a donné l'idée. Il s'agissait d'une étude (encore des étudiants) sur la qualité des informations de Wikipedia. Ils ont joué à mettre des informations erronées dans des pages de l'encyclopédie et ont mesuré le temps nécessaire à la correction. Cela a pu prendre plusieurs semaines. J'en tire l'idée qu'on pourrait différencier les sites collaboratifs des autres. Pour les sites collaboratifs, on pourrait donner des informations sur le taux de changement qui pourrait indiquer si un sujet est "mûr". Pour les autres, la fréquence est aussi parfois une distinction. Elle différencie par exemple les pages de une des journaux et les pages qui restent stables. Il ne fait pas de doute que le nombre de hits sur une page est aussi une information utile... Le moteur d'interrogation devra en tenir compte.

 

13/11/2007

Première étape d'analyse des résultats obtenus avec teardrop. J'ai commencé à explorer les liens que j'ai stockés dans un fichier excel (un fichier openoffice.org en réalité; c'est aussi l'occasion de tester cette suite). J'ai commencé avec une requête simple sur le mot "maison" qui comporte une certaine ambiguïté. J'ai interrogé des moteurs français et anglais pour voir la différence.

Pour l'analyse j'ai repris les critères de Jean Véronis (liens morts, liens pornos, etc...). J'ai quelques difficultés pour déterminer si les liens sont commerciaux (quelle est la définition d'un lien commercial ?) ainsi que la pertinence. Je vais faire une première passe sur les liens dont je dispose et à la fin j'essaierai d'affiner mes critères pour la suite de l'étude.

 

16/11/2007

Parallèlement j'ai repris le projet de mon propre moteur de recherche. Peu avancé en fait car j'ai d'abord voulu comparer les versions de easyPHP et j'ai aussi dérivé sur l'évaluation de plusieurs outils de gestion de blogs ou de CMS (nuke, spip,..). Il y a pléthore d'offre en la matière mais il est difficile de déterminer les plus intéressants. L'interface de ces outils étant paramétrable par définition, la première impression peut être notablement inexacte.

Concernant easyPHP, j'ai maintenant trois versions différentes installées sur mon PC (1.6, 1.8, 2.0beta). Elles cohabitent assez bien, à condition, bien entendu, de ne pas les lancer en même temps. J'ai prévu dans un premier temps de développer mon programme d'indexation sur easyPHP1.6 dans la suite de ce que j'avais réalisé il y a deux ans pour mon projet "infocentre". J'en profite pour transformer ce projet en une espèce de plate forme de développement. C'est l'occasion d'une autocritique. Il y avait pas mal de bonnes choses dans ce logiciel mais quand même quelques points à améliorer (gestion des erreurs, code compliqué à maîtriser, etc). J'aimerais avancer rapidement sur une première version de ce programme d'indexation pour en tirer quelques éléments de réponse à mes nombreuses interrogations : combien de liens puis je explorer par jour ? est-il facile d'analyser les pages ? que doit on garder ? peut-on éliminer certains liens a priori ?... Je projette aussi de pouvoir activer plusieurs moteurs d'indexation en parallèle et il faudrait mesurer si cela fait gagner du temps ou non. J'ai pensé aussi lancer plusieurs indexations simultanées mais avec des règles différentes.

L'étape suivante sera le développement d'un outil de recherche. Il pourrait jouer sur deux tableaux : lancer des recherches sur les moteurs existants (via teardrop ?) et travailler sur ma propre base, qui sera, je suppose, nécessairement plus limitée, mais sur laquelle je pourrai tester de multiples stratégies de recherche.

 

19/11/2007

J'ai passé une bonne partie du week-end à développer mon logiciel d'indexation. Ce n'est pas terminé. Il faut du temps. Je dois d'abord m'y remettre, retrouver des automatismes avec la syntaxe s du langage PHP, l'écriture des requêtes SQL et plus généralement sur le fonctionnement de ma "plate forme". Je poursuis ma méthode de codage par copier-coller qui consiste à reprendre des parties de codes déjà réalisées et les adapter à minima. Cette méthode peu orthodoxe limite le nombre d'erreurs de saisie mais quoi qu'il en soit, il faut du temps.

Je pourrai assez rapidement disposer d'une première version limitée à la recherche des liens trouvés dans les pages et l'analyse de quelques critères caractéristiques minimaux comme la taille de la page. Ce sera une première étape pour mesurer déjà combien de liens on peut trouver en une journée et surtout connaître le volume données que cela induit... Le logiciel évoluera au fil de l'eau, c'est le point essentiel, au moins dans une première phase.

 

20/11/2007

Hier je me suis aperçu que les pages secondaires de mon site "expositiondephotonumerique" n'étaient plus accessibles. Après avoir regardé de plus près, je me suis aperçu que les liens de la page principale appelaient des fichiers html alors que ces pages étaient en htm. Je ne m'explique pas très bien cette régression mais pense qu'elle doit dater de la dernière alerte du site voilà (périodiquement, il me dit que si je ne fais pas de mise à jour, le site sera supprimé). Depuis plusieurs mois donc. C'est un concours de circonstances qui a conduit à cette situation. D'abord la perte de mon disque dur qui m'a conduit à récupérer le site via une extraction avec httrack. Ensuite l'alerte du site voilà. J'ai rechargé la page index du site. J'ai vérifié quelle s'affichait correctement mais sans doute pas vérifié les liens vers les pages secondaires... C'est ainsi que j'explique ce phénomène malheureux. Ce qui est clair, c'est que personne ne m'a alerté, probablement que personne ne s'en est aperçu...

Coté moteur de recherche, mon programme d'indexation avance. Moins vite que je le voudrais mais malgré tout. J'arrive maintenant à stocker les liens dans la base de données et sauvegarder les pages pour une analyse complémentaire. Le fonctionnement n'est pas encore correct avec les liens relatifs. Il faut que je mémorise le site source ce qui veut dire un petit traitement avant stockage. Ce n'est pas ce que j'avais prévu initialement...

 

21/11/2007

Réveil à 7h30. Je m'attarde un moment au lit et quand je me réveille, il est 11h ! La journée est presque finie. C'est tellement silencieux ici avec en plus le brouillard qui enveloppe tout. Je me lève. J'allume le poêle à bois. Je n'ai pas très froid.

Quelqu'un – je dis quelqu'un mais c'est peut être le vent ou la main invisible – quelqu'un donc avait placé un objet étrange sur le mur du jardin. Je l'ai remarqué immédiatement en arrivant en voiture en pleine nuit. Je suis ressorti aussitôt pour voir ce que c'était avec ma lampe de poche qui faisait un faisceau solide dans le brouillard. Ce n'était qu'un bout de polystyrène mais d'une forme étonnante évoquant vaguement le chapeau de Napoléon mais avec des seins ou des fesses. J'ai pris cet objet pour le garder à la maison. Je le regarde. C'est un objet vraiment incroyable. D'une couleur jaune improbable, brune sur l'autre côté (la pisse et la merde peut-être). Un déchet sans l'ombre d'un doute mais même dans une fonction antérieure, je ne vois pas comment une telle forme a pu prendre existence. L'endroit où je l'ai trouvé m'intrigue lui aussi. C'était sur le côté de la petite porte du jardin, à l'endroit, sur le pilier d'où sortent quelques tiges de fer dans le béton, laissées en l'état par les précédents propriétaires. Que ce bout de polystyrène ait été placé là est surprenant mais pas complètement impossible. Il passe ici peu de gens et pas beaucoup d'artistes, mais il n'est pas impossible que n'importe qui en voyant ces tiges de fer n'ait eu l'idée d'y poser le morceau de polystyrène en forme de chapeau. Mais ce peut tout aussi bien être le vent qui a soulevé l'objet qui se sera coincé là (Il y a effectivement eu du vent, j'ai ramassé plusieurs branches cassées). A moins que ce ne soit une cause surnaturelle. Lorsqu'on habite en ville, on peut finir par s'imaginer que tout est policé, que même les nuages seraient produits par des usines par des usines mais ici, le mystère n'est jamais complètement réductible. Et cette forme est tellement étrange, interrogative, que je pourrais sans hésitation l'exposer dans une galerie d'art. Elle y aurait sa place et ensuite dans un intérieur bourgeois ou dans un musée. Le fait est qu'elle est venue ici dans ce lieu qui n'appartient presqu'à moi seul. C'est intriguant. Je pourrais encore broder sur ce thème en évoquant les signes, une mission, etc. Toutes sortes de modalités qui peuvent orienter le destin. Je comprends comment cela fonctionne...

 

 

02/12/2007

J'ai eu quelques problèmes avec mon logiciel d'indexation qui m'ont je crois un peu découragé. Rien de grave en fait. Simplement la lecture des pages sur le net ne se fait pas toujours aussi bien que prévu et cela provoque des erreurs difficiles à interpréter. Comme je m'appuie sur une fonction globale de lecture de fichiers, je ne maîtrise pas complètement son comportement et ne sais donc pas très bien ce qui se passe. Lorsqu'une erreur de ce type se produit, d'une part le programme s'arrête et d'autre part cela entraîne des incohérences que je dois corriger. J'ai une bonne liste de corrections à introduire dans mon logiciel. Je ne m'en sens pas trop le courage pour le faire et passe la journée à rêvasser.

Le maintien de la motivation pour poursuivre des projets comme celui ci, est devenu un problème pour moi.. De la même manière, dans le domaine artistique. Le fait est que je n'ai pas besoin de mener ces projets à bien pour vivre, ni sur le plan pratique ou financier, ni sur un plan symbolique. Je n'y crois plus et m'en fiche au fond... Je n'ai certes pas renoncé à "faire des choses" mais c'est de plus en plus compliqué de me convaincre. Je renonce de plus en plus et cela me déplaît. Et puis des inquiétudes sourdes montent en moi et autour de moi. Suis je encore en bonne santé et pour combien de temps.

 

09/12/2007

Hier soir les Lyonnais prenaient des photos avec leurs appareils numériques. Ce n'étaient peut-être pas tous des Lyonnais mais des touristes venus à Lyon pour le 8 décembre. Certains avaient déplié un pied pour leur appareil photo, d'autres s'étaient allongés à plat ventre. Une phénomène étonnant la pratique de la photographie... Un peu plus tard, aujourd'hui en fait, j'ai trouvé sur agora.vox, plusieurs vidéos prises à Lyon le 6 décembre, lors d'une manifestation d'étudiants, dans laquelle on voyait les CRS frappé vigoureusement à grand coup de matraque. Cela donnait l'impression d'une sorte de psychodrame dans lequel les flics étaient là pour jouer un rôle mais probablement aussi pris dans un piège. Je dis cela à cause des premières images montrant des étudiants commençant à filmer sur leur téléphone-vidéo. Dans un deuxième temps les étudiants poussaient de grands cris "mais on est où là ?", "c'est la dictature de la matraque" ...

Elle me fait peur cette femme – une journaliste – qui dit "si on ne veut pas que les choses qu'on écrit soit un jour publiées, on les détruit !". Je pense à tous ces papiers que j'ai dans mon armoire qui pourrait témoigner contre moi et que, si je ne les ai pas jetés, c'est par manque de temps pour les relire et les trier. Son principe serait qu'on ne peut publier que lorsqu'on a terminé le job. C'est loin d'être garanti. Enfin, en l'état des choses, je n'ai pas à m'inquiéter de cela car je ne vois pas bien pourquoi on voudrait publier mes papiers, ni qui s'en chargerait, et d'une certaine manière, cela me rassure.

 

10/12/2007

Mon PC est devenu une véritable bibliothèque. Des documents, des vidéos. La masse d'informations s'est beaucoup enrichie avec le développement de l'ADSL. J'ai passé des heures à picorer comme je le faisais parfois à la bibliothèque de Beaubourg. Là c'est plus pratique car je peux garder quelques documents ou des liens pour y revenir plus tard. J'ai été sur youtube. Incroyable ce qu'on y trouve : la repose du clocher de mon village, la castagne des CRS et des étudiants lyonnais, des extraits de concert de tous les musiciens ou presque (même Jean Sablon !)...

 

12/12/2007

Je n'ai pas repris mes travaux concernant mon moteur de recherche et cela confirme ce que j'écrivais il y a peu que je renonce de plus en plus. Avec la mauvaise conscience en plus. J'ai surfé ou regardé d'autres conférences sur internet ou des films. J'ai lu aussi un peu. J'ai terminé hier "la religieuse". Ce livre m'a rendu Diderot très sympathique. Je le connaissais peu. Au détour de ce livre j'ai appris qu'à la Révolution, la diligence de Paris à Caen partait le lundi de la Capitale pour arriver le vendredi. Je 'avais pas conscience de tels délais et cela m'a plongé dans de profondes réflexions.

 

26/12/2007

Voilà que je m'adapte au chauffage à bois. Je me réveille la nuit avant que les cendres ne soient éteintes pour mettre une nouvelle bûche dans le foyer. On peut penser qu'après quelques semaines l'esprit reste en veille pour s'activer à chaque fois au bon moment et éviter que le feu ne s'éteigne. C'est important d'éviter qu'il ne s'éteigne car c'est compliqué pour le rallumer. Cette remarque a beaucoup d'implications historiques. C'est probablement pour cette raison que le mot foyer à ce double sens et on peut aussi remarquer que c'est la généralisation des chauffages automatiques qui a libéré les femmes. Cette explication en vaut une autre.

Ce que je n'ai pas encore évoqué dans ces notes mais qui me fait grand soucis, c'est un projet de construction tout près de ma maison à la campagne. Juste devant en fait. Cela m'ennuie énormément mais je ne sais pas trop ce que je peux faire pour l'empêcher.

J'ai relu "le troisième oeil". En fait, je ne me souviens plus très bien si je l'avais lu ou si j'en avais seulement beaucoup entendu parler dans les années soixante dix... Je m'interroge sur l'importance qu'à eu ce livre pour la notoriété du Bouddhisme en Occident. Pourtant ce n'est pas un livre sérieux. Je l'ai lu avec un regard amusé. Le destin de ce Lobsang Rampa, l'auteur, est étonnant. Surtout s'il est bien vrai qu'il n'est jamais allé au Tibet. Il a dû beaucoup se documenter. Son texte ramasse les rêves et croyances superficielles qui courent ici en Europe. Il a bien su les exploiter. Ce qui est drôle, c'est de souligner la nécessité apparente de diffuser quelques invraisemblances et mensonges pour asseoir une religion. Le Bouddhisme ne semble pas 'y échapper. En cela, je dirais que "c'est bien une religion" ! C'est à rapprocher des bas reliefs des cathédrales qui servaient à éduquer le Petit Peuple en l'effrayant... Il y a peut-être autre chose. Je veux dire que, même si je n'y adhère pas, j'aime assez lire ce genre de livre kitsch.

 

28/12/2007

Plusieurs choses. D'abord cette histoire de mauvaise construction devant ma maison de campagne qui est comme une massue prête à me tomber sur la tête. D. est venu m'annoncer que le permis était refusé. Je n'y crois pas trop mais c'est étrange cette mission de messager dont il s'est retrouvé être le porteur. Il en va de ma compréhension du monde. Pas moins. Comme je l'ai déjà évoqué, il semble que les « symboles » agissent plus volontiers à Chatelus qu'à Lyon.

J'ai un nouveau problème avec mon PC; plusieurs touches ne fonctionnent plus. C'est très embêtant sur un portable. Je pense que c'est la poussière qui s'est mise dans le clavier et qu'un bon coup d'air comprimé pourrait arranger ce problème. En attendant j'ai installé un logiciel qui affiche un clavier virtuel sur l'écran et je peux ainsi utiliser la souris. Cela dépanne mais c'est laborieux. Ce programme est présenté comme une aide pour handicapé. C'est vrai que je me sens handicapé avec mon PC défectueux.

Lors de ma recherche, j'ai trouvé un autre logiciel destiné aux handicapés. Il s'agit d'un synthétiseur vocal qui lit à haute voix le texte affiché à l'écran. Cela fonctionne bien en dépit d'un accent alsacien très marqué. Le logiciel tient compte de la ponctuation. Je l'ai testé avec le texte e mes notes et le résultat est très correct. Il commet quelques fautes qui me font rire, comme par exemple lorsqu'il prononce « arge » pour arge-ant. Cette réticence me le rend sympathique.

J'ai été si emballé par l'impression nouvelle que donne mon texte lu par ce dispositif informatique que j'ai décidé d'en réaliser une version audio en MP3. Cela m'a demandé une mise en oeuvre assez compliquée. J'ai dû déterrer « goldwave » un logiciel de manipulation de son que j'avais perdu de vue mais qui m'a permis l'enregistrement et quelques corrections. En effet, l'enregistreur de windows ne convenait pas car il est limité à une minute. Après plusieurs tentatives pour ajuster les réglages j'ai pu enregistrer une heure de mes notes 2007. Cela couvre de janvier à mai. Je n'aurais pas pensé que ce soit si long. Pour la lecture, j'ai d'abord dû passer le texte html en version txt et effaçant une partie de la mise en forme, les italiques notamment, qui perturbait la synthèse vocale. J'affiche le texte avec internet explorer ce qui fait que toute la page est lue même la partie non visible à l'écran. Ensuite, il ne faut plus rien toucher ! J'ai dû recommencer après avoir neutralisé l'économiseur d'écran. Quand l'enregistrement est terminé, il faut rogner le début et la fin dans goldwave et sauvegarder le résultat au format wav. Pour le transformer en MP3, je n'ai pas réussi avec EAC qui n'acceptait pas cette version de fichier wav (il lui faut un échantillonnage à 44,1khz). Je m'en suis sorti avec VLC dont ce n'est pas la première fois qu'il me sauve la mise. Voilà. C'est compliqué mais le résultat en vaut la peine. Il ne reste qu'à mettre ce document en ligne. Je me tâte pour savoir si je continuerai avec les autres notes. Peut-être pas tout, cela ferait beaucoup d'heures d'enregistrement.

J'ai fait d'autres choses. Terminé le dernier roman de P Roth (un homme). Encore un livre qui évoque la douleur provoquée par le 11 septembre sur les américains. C'est un bon livre malgré son sujet quelque peu « boring ». Il a bien capté ce sentiment de déchéance lié à la vieillesse quand tout se raccroche à la maladie et aux séjours à l'hôpital. De bonnes pages dans ce livre ! Mais je me dis aussi que le thème traité dans ce roman est à l'image de la littérature qu'on mérite et ce n'est pas enthousiasmant.

 

31/12/2007

J'ai réparé mon PC. Avec une pompe à vélo ! Comme je l'ai noté l'autre jour, certaines touches ne fonctionnaient plus. J'ai cherché au magasin une bombe d'air comprimé pour nettoyer à fond le clavier mais n'en trouvant pas, je me suis servi d'une pompe à vélo. Cela a bien marché. Les touches répondent de nouveau correctement.

Comme je faisais la vaisselle, hier soir, je me suis aperçu que l'éponge tombait en charpie. Petit incident, mais je n'avais pas cette éponge depuis longtemps. Je me souviens très bien lorsque je l'ai achetée à la grande surface. Un lot de trois. La prochaine fois, je n'achèterai pas les moins chères. La qualité est trop mauvaise. Et cela m'a emporté dans une réflexion sur le mode de fonctionnement de notre société actuelle qui ne cesse d'écraser les plus pauvres. Je veux dire que moi, je ne compte pas mes dépenses de trop près et peut choisir le milieu ou le haut de gamme même en matière d'éponge à récurer. Mais qu'en est-il des familles qui doivent compter chaque euro. Elles achèteront nécessairement les moins chères à chaque fois, et vu leur faible qualité en achèteront plus souvent ce qui pèsera d'autant plus sur leur budget déjà serré.

L'année se termine et un tas d'images anciennes me reviennent. Je ne sais pas si cela annonce que je vais mourir bientôt mais c'est comme si ma vie défilait. Le mot « barotte » en arrivant à Bully par la Nationale 7 me renvoie à ce chariot que possédait mon père. Il l'appelait le brancard. C'était un plateau de bois monté sur deux grandes roues à rayon en bois cerclées de fer. Un homme pouvait le tirer. Mon père ne l'utilisait que rarement, pour transporter de lourdes charges, du bois, des meubles. Ce chariot disposait d'un frein qu'on actionnait en tournant une petite manivelle terminée par une boule en laiton. Je ne sais pas ce qu'est devenu ce chariot. Plus personne n'en n'utilise depuis longtemps. Nous avions aussi deux brouettes en bois. On disait plutôt « bourouette ». La grande pour mon père et l'autre plus petite pour mon frère. M. Cholet, notre voisin, possédait lui aussi une brouette mais la sienne avait un des bras qui avait été cassé et réparé par des lames de fer enroulées et clouées autour de la pièce de bois comme un corset. Ce rafistolage me fascinait.

J'arrive à Amplepluis dans un brouillard épais. Les près sont gras et spongieux le long de la rivière. L'eau est noire. La couleur de l'hiver. J'ai l'impression en le traversant que ce village n'existe pas, qu'il ne peut exister. Comment pourrait-on écrire sur Amplepluis ? Pourtant on le peut, théoriquement, autant que sur Goteborg ou Santa Lucia mais je n'ai toujours pas réussi à m'enlever ce sentiment de l'inexistence ou de la semi existence de cette région où je suis né.

Dans une émission traitant de robotique, on explique que certains prototypes sont maintenant capables d'apprendre de nouveaux comportements. C'est déjà bluffant. Mais plus étonnant encore, la possibilité qu'ont ces machines de mettre en commun leurs apprentissages via internet. Ils forment une communauté. C'est fascinant et quelque peu, déstabilisant !

Il y a quelques jours, j'ai acheté le livre sur l'Art modeste de Hervé Di Rosa. Je l'ai lu avec bienveillance et intérêt mais je dois dire que je ne suis pas convaincu par ce concept d'art modeste. Je trouve que cela ne tient pas la route. L'iconographie du livre, elle, est superbe mais le texte de théorisation de Di Rosa m'a posé problème. Je me propose de terminer ma lecture et d'y réfléchir d'avantage. Il faudrait que j'écrive quelque chose sur le sujet.

 

notes janvier 2008

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mise à jour le 26/05/2008