notes d'artiste (janvier 2006)

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et de mes autres trucs.

 

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15/01/2006

Comme conséquence à cette loi sur le téléchargement de fichiers sur internet, j'ai vu hier soir un collectif de chanteurs prendre la parole pour défendre leur point de vue. Ce n'était pas très convainquant malgré qu'ils aient dit que ce n'était pas une action corporatiste. Parmi eux Jean Louis Aubert et Zazie en première ligne. Que font ils dans cette galère.

Puisque je suis depuis peu connecté à haut débit, je me suis intéressé au peer to peer. ! Je peux maintenant en parler d'expérience. Au final, je ne suis pas convaincu que cela nuit au commerce. C'est peut-être même le contraire. On ne trouve pas tout sur le réseau, loin s'en faut, mais ça donne envie. Cela permet de découvrir des chansons qu'on aurait de toute façon pas achetées. Comparer des variantes et des reprises.

Personnellement ce sont plutôt les films qui m'intéressent mais je risque vite de me lasser vu le temps qu'il faut pour les récupérer. Plusieurs jours. Le temps de téléchargement n'a rien à voir avec celui d'un téléchargement direct (par exemple pour télécharger un CD ROM image du système Linux, il ne m'a fallu qu'environ une demi heure). Avec le P to P, on est jamais sûr d'arriver au bout ni de la qualité du résultat. Il existe quand même un aperçu qui permet de se faire une idée. Tant qu'à rechercher des films rares, il est plus simple d'aller au vidéo club ou à la médiathèque.

L'effet paradoxal de ce réseau avec ses longues durées de téléchargement, est de pousser à conserver des enregistrements qu'on aurait effacé sinon. En fait, il est intéressant de pouvoir écouter les chansons avant de les acheter. Ou ne pas les acheter comme ces deux morceaux d'un groupe de rock nationaliste, avec des paroles tellement excessives qu'on les croirait dites au second degré. J'ai aussi chargé certains morceaux que j'avais déjà en disque vinyle. On nous a bien arnaqué en nous forçant de racheter nos albums préférés lors du passage au CD ! On nous a fait payer deux fois le même produit... Il ne me semble pas très simple de déterminer ce qui serait illégal dans cette activité de téléchargement. Que dire quand par exemple je récupère le fichier des "tontons flingueurs" qui est passé il y a deux semaines à la télévision mais que je n'avais pas enregistré parce que, ce jour là, je n'avais plus de cassette vierge sous la main !

Certains films ne sont pas en français. Il est parfois difficile de savoir qu'elle langue on va récupérer… J'ai trouvé aussi quelques documents passionnants comme des enregistrements d'Antonin Artaud ou de Jacques Lacan que je ne saurais où entendre sinon. Je m'interroge sur les conséquences qu'aura la mise à disposition de ces nouvelles sources d'information. Jusqu'à présent, c'était surtout les livres et la musique qui étaient largement disponibles. On passe à une échelle supérieure avec la vidéo généralisée et la facilité de plus en plus grande de voir ces documents. En revoyant certains films, je vois beaucoup plus d'intelligence que je n'en avait perçu au cinéma. C'est formidable de pouvoir rembobiner à volonté les scènes clés. Au cinéma le flux ne s'arrête pas. On est pris. On peut penser ainsi que certaines images tournées vingt ans en arrière vont avoir plus d'influence maintenant. Je me garderais bien de dire quelle influence sur les kids qui auront à l'évidence une culture plus basée sur la vidéo que les livres. Mais à tout prendre on peut quand même préférer la situation qui consiste à aller chercher des vidéos sur le net à celle de les recevoir béatement par le robinet de la télévision. Pour la culture, peu importe le média. Elle se construit d'abord par le choix et la sélection de chacun dans un patrimoine désormais démesuré.

 

27/01/2006

Vu hier soir "Jeanne et le garçon formidable", un des films que j'ai téléchargé. Je voulais revoir ce film attachant qui fait référence à Jacques Demy. Je vise à l'écœurement en me goinfrant d'images encore et encore. Je me demande si je pourrai encore sortir après ! La ville déjà grise risque de me paraître plus grise encore.

Dams ma cueillette sur internet se trouvent aussi des documents audio ou vidéo assez exceptionnels sur Picasso ou Hitchcock. Certains que j'avais peut-être déjà vus à la télévision.

 

28/01/2006

Tandis qu'il neigeait dehors, j'ai passé une bonne partie de la journée à voyager sur google earth. J'ai pris une centaine de photos au moins. J'ai d'ailleurs eu quelques problèmes liés, je pense, à une trop grande précipitation de ma part. Lors des premières prises de vue que j'avais faites, il y a quelques jours, j'avais récupéré les photos par copies d'écran puis les avait mises dan un fichier Word. Je n'ai pas su ensuite les récupérer en format jpeg, seulement en gif avec une perte de qualité trop importante. Ensuite, j'ai amélioré ma technique en passant par paint pour m'apercevoir finalement qu'il existait dans le programme de google une fonction permettant d'exporter les images !. J'ai vu aussi qu'il est possible de fixer la taille de l'image à un format normalisé.

En résumé, j'ai pris un grand nombre de photos que je ne suis pas sûr de garder. Il faut dire que la qualité de départ est déjà limite et qu'on ne peut pas jouer avec la retouche comme je le fais souvent avec les photos de mon Nikon. J'ai essayé de refaire certaines vues. C'est long. Pas si facile de retrouver les endroits où ces photos ont été prises et l'angle de vue. Et puis l'émotion de départ n'est plus là. Les photos deviennent fades.

Je crains de me lasser avant d'avoir terminé la démarche. Les photos ont une tendance générale au gris ou du moins sont un peu monochromes. Après une première série, il faut se creuser la tête pour trouver des angles un peu plus originaux. Les thèmes sont peut être vite réduits mais j'ai quand même de quoi. Disons qu'au delà des images prise d'en haut (très démystifiant pour les images d'Arthus Bertrand), cet exercice pousse à s'interroger sur la prise de vue.

 

04/02/2006

J'ai fini par obtenir ce que je voulais, une sorte d'indigestion d'images. J'ai vu trop de films ces derniers jours; j'en ai un peu la nausée. De bons films cependant. Hier encore j'en ai vu trois. Aujourd'hui j'en ai assez. Je suis las.

La copie du "bonheur" d'Agnès Varda n'est pas de bonne qualité. Le son crachote. C'est peut-être un signe mais même sans cela, le côté nostalgique de ce film ne m'aurait pas échappé. C'est une peinture assez honnête du bonheur maisqui a quelque chose d'inaccessible à mes yeux.. Et les vies que mènent les héros (une employée des postes, un menuisier) ont quelque chose d'un autre temps.

Je ne connaissais pas le film de Clouzot sur Picasso. Il a voulu capter l'acte de création dans son instant. C'est assez réussi. Au début du film, on voit tous les traits du dessin vus par transparence. Ensuite à la demande de Picasso qui préfère peindre, le procédé évolue et se limite à des prises de vue périodiques du tableau en construction. Ce qui me frappe, c'est le côté aléatoire du résultat. A plusieurs reprises, il m'a semblé que Picasso se plantait et détruisait un résultat meilleur que l'image suivante. Peut-être jugeait-il cela sans importance, après tout, il pouvait toujours penser pouvoir faire mieux. Il créait avec tant de facilité. Je me disais que ça lui aurait plu d'avoir un ordinateur à sa disposition pour ce genre de recherche. Mais je n'en sais rien au fond. Il reste quelque chose d'inaccessible pour moi, lorsque Picasso dit de sa toile "je la laisse comme ça". Vu les étapes par lesquelles il est passé, je ne perçois pas ce qu'il le fait s'arrêter là, sinon la fatigue, l'envie d'aller boire une bière. Sans doute est-ce le point limite de ce que peut capter le film qui ne remplace pas une rencontre réelle avec l'artiste. En supposant que la rencontre (entre Picasso et moi), fût possible.

 

18/02/2006

Echangé avec B à propos de mon site internet. Je m'aperçois que je me suis trompé en lui disant que la dernière mise à jour datait de juillet. C'était bien en juillet mais 2004, il y a plus d'un an. Il me dit que ce site lui permettra de garder le contact. Ça fait toujours plaisir d'entendre que ce site a été vu et apprécié. Mais même si ce qui s'y trouve me semble encore "pas mal", chaque fois que j'en parle je ressens d'avantage l'écart qui se creuse entre ma propre exigence et ce qu'acceptent les visiteurs. Est ce que si j'ai si peu produit ces derniers mois ce n'est pas pour attendre d'être rejoint par "mon public". Ne plus attendre et faire ce qu'on doit. C'est cela qu'il me faut apprendre. Le prix en est une solitude définitive certainement. Pas plus grande que celle qui est déjà la mienne, mais définitive et accepteé. C'est un problème, c'est un choix. Mais est-ce que j'ai vraiment le choix ?

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Vu encore de nombreux films. Cronenberg (la mouche), Haneke (la pianiste), Lubitsch (la folle ingénue) qui sont désormais tous trois parmi mes cinéastes de référence. Toujours très biens. "La pianiste" m'a beaucoup impressionné. Ce film cumule les talents de Michael Haneke, Isabelle Huppert et Annie Girardot. Le caractère insondable de cette pianiste est bien vu. L'entrée dans son intimité franchement impressionnante. On est dans la fiction mais le caractère tient, malgré ses excès. Il est solide et convainquant. J'ai de plus en plus d'admiration pour Haneke. C'est un très grand cinéaste. En même temps il a un ancrage autrichien incroyable. Cette ambiance de concert et de bourgeoisie en est encore une preuve.

J'ai revu aussi certains films dont je voulais rafraîchir le souvenir. Dans les discussions toujours animées sur cette question de téléchargement légal ou non, j'ai retenu l'idée de l'accès au patrimoine. Les anti disaient qu'on ne pouvait pas rendre gratuit l'accès à toutes les œuvres produites. Mais pourquoi, au fait, ne le pourrait-on pas ? Et qu'est ce que sont ces idées de vouloir freiner l'accès à la culture via une sélection par l'argent…

 

26/02/2006

Comme je n'écris plus ces notes régulièrement, il m'arrive d'oublier ce que j'ai écrit : j'ai ainsi oublié mes dernières notes. Je les relie en diagonale et m'aperçois que je n'ai rien publié depuis décembre. J'ai quelques brouillons qui ne sont pas en ligne et quelques autres encore manuscrites. J'ai beaucoup parlé de téléchargement ces derniers temps et par conséquent de cinéma puisque j'ai téléchargé un grand nombre de films. Je verrais très mal d'être accusé de vol pour cela. Ce serait un peu comme cette histoire entendue hier à la radio, par un type qui ne l'avait pas encore digéré après des années : lorsqu'il était au lycée, disait-il, il avait été puni de quatre heures de colle un samedi matin parce qu'il lisait un roman policier dans la cour de l'école. Pourtant c'était un Chandler ! ajoutait-il... Je ne crois pas que cette histoire soit complètement vraie, mais bon.

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J'ai travaillé à la préparation de mon exposition de photographie numérique. Je prévois de l'installer sur voilà.fr et la relier à mon site "historique". Cette méthode me permet d'élargir la taille du site. Avec les photos on atteint vite la limite de 100Mo. Je me suis posé le problème de la taille optimale des photographies à mettre en ligne. Précédemment je faisais des images en 640x480 qui convenaient bien pour un écran en 800x600 et limitaient la taille des fichiers. Maintenant que les écrans 1024 sont généralisés, ces images paraissent un peu petites. De plus les navigateurs ont évolué et disposent désormais d'une fonction qui ajuste automatiquement l'image à la taille de la fenêtre d'affichage. Du coup, je n'ai plus besoin de contrôler l'affichage des images comme je le faisais (cela m'obligeait de produire une page html pour chaque image) et cela simplifie la réalisation du site. Reste à décider de la taille des images à mettre en ligne. Je pense rester sur le compromis du 800x600. Le choix reste délicat, selon qu'on considère que tous les visiteurs sont connectés en haut débit ou non.

Je n'ai pas encore une idée très précise de la taille globale de ce nouveau site mais il comporte une bonne dizaine de thèmes et plus de cinquante photos. C'est donc bien une exposition à part entière. Il faut que je change le titre général qui ne me plait pas. Ensuite pratiquer la mise en ligne et faire quelques tests sur voilà. Il y a notamment la question des majuscules dans le nom des fichiers à vérifier. Je voulais aussi créer un fichier include pour les bas de page. Ce n'est pas encore fait.

Sur le fond j'ai un peu innové dans la manière de présenter les choses mais cela doit rester une surprise pour mes visiteurs. Je n'en parlerai donc pas. Pas pour l'instant. Beaucoup de mes images sont des manipulations. Certaines s'appellent même des remix. L'analogie avec la musique techno est pertinente. Je me trouve confronté à l'envie de prendre des images qui ne sont pas de moi pour me les approprier, les transformer ou les recontextualiser. C'est naturel de faire cela mais ça pose tout un tas de question de propriété. C'est très chiant. En temps qu'artiste, je pense qu'il faut lancer un coup de pied dans la fourmilière et se ficher de toutes ces questions de propriété. Rendre la situation intenable. Au fond, je continue de penser que la valeur économique des œuvres d'art est nulle. C'est le plus cohérent. De temps à autre il y a un coût de reproduction mais il a tendance à disparaître de plus en plus. La rétribution des auteurs, si l'on veut, mais elle est très diversement attribuée (mon site est bien un exemple d'œuvre qui n'a jamais rapporté un centime) et enfin, s'ajoutent les effets de la spéculation qui touchent surtout la peinture mais disparaissent plus ou moins avec les images numériques. En bref, ce débat est avant tout alimenté par l'idée - ou la chance - qu'on certains de vivre de leur art. Il est donc avancé pour de mauvaises raisons. Ou plus exactement pour des raisons qui ne sont pas artistiques.

Il reste qu'il me paraît nécessaire d'enlever la valeur économique aux œuvres d'art si on veut pouvoir faire des choses. On n'a jamais reproché à un écrivain d'écrire vingt pages sur La ronde de nuit de Rembrandt ou la façade de la Cathédrale de Paris. Je ne vois pas fondamentalement de différence avec l'action qui consisterait à extraire une photo d'un film pour la reprendre à son compte. C'est ce qu'ont déjà réalisé de nombreux musiciens sous forme de samples mais on a le sentiment, qu'avec des images, "ça se voit plus". C'est peut-être une simple impression finalement. Quoiqu'il en soit, j'ai fait le pas le pas de cette appropriation. En même temps - c'est amusant - je prends une certaine distance avec ma propre signature. Les événements nous dictent nos comportements, c'est sûr. Je n'y échappe pas. Je me fonds dans une création collective.

 

05/03/2006

Je viens de terminer la mise en ligne du nouveau site (expositiondephotographienumerique). Cela s'est bien passé. J'ai dit l'essentiel dans mes notes du 26/02. Le site fait finalement 78Mo avec les images en 800x600.

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Info que je tiens d'un conférencier du Grand Orient de France entendu aujourd'hui à la radio :

Si on veut éradiquer la grande pauvreté, il faut pouvoir donner, chaque jour, 1 dollar à chaque habitant de la Planète. Cela veut dire 6 Mds de dollars par jour. Ça paraît beaucoup, mais il faut savoir que les flux financiers des Bourses sont de 200 Mds par jour. Une faible taxe de 0,5% permettrait d'obtenir quotidiennement 10Mds de dollars…

 

08/03/2006

Reste un point que je voulais encore développer par rapport au téléchargement peer to peer. C'est l'idée de butin. A plusieurs reprises, je souhaitais entendre un disque de musique mais il m'est apparu plus simple de télécharger l'archive des œuvres complètes de cet artiste - fréquemment une dizaine de cd - en me disant que je ne conserverai que ce qui m'intéresse. J''accumule ainsi les albums dont certains ne m'intéressent pas forcément… La quasi gratuité de cette opération conduit à une nouvelle situation par rapport à la notion de propriété. L'informatique rend la propriété à la fois illimitée et peu contraignante : on entasse sur son disque dur et on ne s'en occupe plus ! Cette pratique de téléchargement a un côté assez barbare. On prend tout ce qu'on trouve et on constitue son trésor, le plus gros possible. Le disque dur est comme une caverne d'Ali Baba. Peu de gens y sont admis et grandes sont les richesses qu'il contient. Le phénomène qu'on constate actuellement est une remise en cause de la propriété et des règles du commerce. On prend tout, sans se soucier de ce qu'il adviendra ! Les victimes crient que la richesse n'est pas sans limite et que si on pille le patrimoine, il n'y aura très vite, plus rien à prendre. On s'en fiche ! On prend. On engrange. Il faut croire que cette attitude de prédateur est ancrée très profondément en nous. Ça nous plait. En d'autres temps, on dévastait les campagnes voisines, avec le web, on vampirise - dit-on - un secteur économique (un bémol car j'entends que, dans le même temps, la vente des sonneries de téléphone rapportent beaucoup d'argent).

Le fait d'enlever la valeur marchande aux musiques et aux films… aux logiciels aussi, d'une certaine manière, n'est pas nécessairement pour me déplaire. Je n'espère pas qu'un monde où tout serait gratuit soit possible, mais que plus de choses soient gratuites, pourquoi pas ! Derrière cette idée qui reste utopique, il y a quand même un signe que la civilisation du manque est peut-être finie. Une société dans laquelle tout le monde aurait plus qu'il ne peut consommer aura nécessairement d'autres règles. Face à la disponibilité gratuite de toute la musique créée à ce jour, on mesure à quel point jusqu'ici, son accès restait élitiste. Il va inévitablement s'en suivre une sorte d'épuisement de cette culture. Il faudra en faire autre chose. Trouver de nouvelles bases. Ce n'est pas si mal, au fond. Pour l'instant, je consomme. Je consomme à l'excès. Je ne dois pas être le seul. J'ai déjà un peu changé d'avis sur certains artistes dont je n'avais connu que les "riches heures". En écoutant l'ensemble de leur œuvre, on voit mieux d'où ça vient et comment ils ont géré la suite. J'ai appris, par exemple, que le groupe Kraftwerk était au début un groupe de pop music avant de s'orienter vers ce minimalisme qui a fait sa réputation. Plus tard, ce groupe est devenu un peu institutionnel en Allemagne, travaille sur commande pour l'exposition 2002, et ses morceaux les plus récents sont, pour moi, moins pertinents. Même chose avec les Talking Heads de qui j'avais gardé l'image d'un groupe très créatif. En fait, à y regarder de près, ils se sont assez vite répétés. Pas mal de leur production sonne le déjà vu, quand ce n'est pas une simple republication d'anciens titres. Je pourrais donner d'autres exemples… Il s'agit bien, je vois, de musique rock ou de variétés. N'aurais je pas finalement la même impression en explorant les classiques ? Ils sont beaucoup moins disponibles en téléchargement, ce qui est quelque part, paradoxal, et surtout dommage. [j'ai depuis changé d'avis sur cette rareté supposée]

 

12/03/2006

F, le plus jeune de mes neveux est passé. Il a regardé mes dernières photos sur l'ordinateur. Il a semblé accrocher. Je l'ai observé pendant qu'il naviguait dans les pages de l'exposition virtuelle. C'est toujours intéressant. Pour moi, ce qui me frappe après coup, c'est le côté fermé de l'ensemble, malgré ma tentative désespérée de multiplier les regards (mais cette tentative d'élargissement est aussi un enfermement tragique dans la fiction) : les portes sont closes, les voitures sont anonymes, les branches des arbres sont comme des rideaux infranchissables. Même les poubelles cachent les choses qu'elles contiennent dans des sacs de plastique opaques. Ça fait un monde plutôt fermé !

Pourquoi est-ce que tout me paraît aussi fermé faut-il demander. C'est la question de fond. Tout ce que j'ai pu écrire ces dernières semaines à propos du téléchargement, ça n'est pas important. C'est une tentative de participer au débat bien que je ne crois pas dire des choses très intelligentes. En fait, je me sens à la fois du côté des pour et des contre. En pratique je suis du côté des pilleurs comme je le décrivais plus haut mais avec ce sentiment que ça ne va pas durer. D'un autre côté, comment cela pourrait-il s'arrêter ? La loi peut-elle encore l'empêcher…

 

18/03/2006

Je suis mal référencé sur les moteurs de recherche ! J'ai voulu vérifier ce matin dans wanadoo et google et ce n'est pas brillant ! Google ne m'aime pas semble t'il : il ne trouve pas "jean claude devaux" ou je suis dans les profondeurs du classement. Je ne comprends pas pourquoi. Wanadoo c'est guère mieux. Il indexe une page ancienne, plus à jour. J'ai donc fait une modif sur le site pour que sommaire2.htm fonctionne de nouveau.

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En un sens, je suis à présent à peu près détaché de tout, pour engager en matière d'art quelque chose de vraiment sérieux. Je dis cela, c'est un peu une compensation, mais il reste vrai que j'ai plus beaucoup d'illusion. Malgré qu'il soit en ligne pour une bonne part, mon travail est extrêmement peu vu. Je ne sais pas s'il le sera un jour. Je ne vois pas d'ouverture. Mes dernières photos n'ont pas dû être vues par une dizaine de personnes après plusieurs semaines. Il faudrait quand même que j'améliore ma visibilité. Le fait de ne pas être vu est nuisible à long terme. Je ne sais plus quoi penser de ma production. A force d'être le seul à la voir et la discuter, je finis par la trouver banale. Ce n'est pas une motivation pour continuer.

 

11/04/2006

J'ai un mal de tête effroyable aujourd'hui qui est comme un bouchon au moment d'écrire. Je décide de lutter. Je reparcours rapidement mes derniers brouillons dans lesquels je pense revoir des choses que j'ai déjà dites : l'idée d'avoir fait tout ça pour rien, celle d'être rattrapé par la mode des blogs qui fait que mon site n'est plus si exceptionnel et enfin le sentiment plus ou moins avoué d'avoir tenté quelque chose mais pas réussi. Je ne me crois plus artiste. J'y ai cru à une époque mais aujourd'hui je ne parviens plus à me convaincre. Je ne suis plus sûr de mon originalité. Je n'en sais rien si j'ai raison ou tort. Ce n'est pas exactement le problème. C'est avant tout une question de conviction et de travail. Et je ne donne pas assez, ni pour l'un, ni pour l'autre.

D'artiste je suis devenu consommateur d'art. Beaucoup. J'ai recompté pour être sûr, le nombre de films que j'ai vus depuis le début d'année. J'arrive à près de quatre vingt. Il en reste bien quelques uns que je n'ai pas encore regardés mais cela fait près d'un par jour ! J'en éprouve une étrange mauvaise conscience. Que j'oppose à ce que j'entends certains dire parfois : "si j'avais plus de temps, j'irai visiter les musées, etc…". Pour moi, il n'est plus question de ce manque permanent de Culture. Bien au contraire. Il y en a beaucoup et je ne sais plus très bien quoi en faire. Elle tourne en circuit fermé. Connaissance fondamentalement inutile qui ne me permet en rien de mieux vivre. Soit quelle rende le quotidien peu enthousiasmant en comparaison, soit qu'au fond elle accuse l'écart avec les autres gens qui n'ont peut être pas autant de références. Enfin c'est l'idée que je m'en fait. Elle n'est pas forcément très juste.

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J'ai terminé un bouquin de Philip K. Dick. Il était dans ma bibliothèque depuis vingt ans mais je ne sais pas si je l'avais lu. Je n'en avais aucun souvenir. Ce livre parlait de la vie après une guerre atomique. Ce n'est pas ce que j'appelle de la grande littérature mais j'ai repéré dans ce récit plusieurs idées originales. Un mélange curieux de croyances grossières, d'invraisemblances et d'analyses pertinentes. Le personnage de cet astronaute resté coincé dans l'espace qui crée une station de radio interplanétaire est sympa. Son rôle de lien entre les communautés dispersées… Qui suis je pour estimer que c'est pas ça la littérature ? Le style de ce bouquin n'est pas transcendant mais est-ce si important ? … On peut voir ce récit comme une métaphore pour réduire notre monde aux choses les plus importantes.. C'est surtout la description d'un monde perdu [qui pourtant est encore là] . Le sentiment, assez américain, me semble t'il, que c'est trop beau, que ça ne pourra pas durer et qu'il faut en profiter le plus vite. Ici (en Europe), la destruction des choses est plus paralysante, elle donne l'idée de pertes irrémédiables. C'est trop précieux (Le Louvre, Florence, etc.). Pour un américain, il resterait possible de tout reconstruire, peut-être en mieux. C'est du moins ce qu'on peut tirer du livre de K Dick. [ en me relisant, je me dis que le fameux 11 septembre a peut-être changé ce sentiment en Amérique et que chez eux désormais il semble aussi difficile de reconstruire].

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En contrepoint assez tragique du bouquin de K Dick, j'entends des lectures de témoignages à la radio des survivants de Tchernobyl. Cet homme qui raconte qu'il avait quitté sa maison sans rien, comme l'exigeaient les autorités mais qu'il y est retourné après quelques semaines, en moto, pour récupérer la porte de sa maison. Porte symbole de sa mémoire, sur laquelle le corps de son père mort avait été exposé comme le veut la coutume de la région, porte sur laquelle étaient gravées les mesures de taille de sa croissance lorsqu'il était enfant… L'autre témoignage était celui d'une mère dont la fille était née sans vagin ni fesses et avec un seul rein à cause des radiations. Elle n'aurait pas dû survivre. La mère racontait les différentes opérations subies par l'enfant. La nécessité chaque heure de presser sa vessie pour faire sortir l'urine qui ne pouvait s'évacuer autrement. Les médecins n'avaient pas encore réussi à reconstituer l'urètre. Ils recommandaient aux parents d'aller voir les médecins occidentaux. Ça les intéressera ! Mais avec quel argent ?…

Je ne savais pas que de tels témoignages existaient. Je comprends qu'il y a une volonté des autorités de ne pas trop ébruiter les conséquences de cet accident, sinon "personne ne voudrait plus faire d'enfant". Ceci est dit explicitement en Ukraine, mais ce pourrait bien être aussi le cas ailleurs…

 

17/04/2006

J'ai lu le livre de François Weyergans (trois jours chez ma mère) et j'ai eu un peu de mal à le terminer. Il a eu le Goncourt face au roman de Houellebecq et ce n'est pas justifié. Encore - surtout - des histoires de cul que je trouve convenues. Si c'est ce genre de livre qui est attendu, je crois que je n'aurai jamais aucun prix ! Comment peut-on en 2005 donner le prix à ce livre que j'ai l'impression d'avoir lu vingt fois ? Cela ne donne pas une bonne image de ces prix…

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Un autre livre que j'ai trouvé au fond de ma bibliothèque : "Au frontières du surhumain" de Jean Rostand. Je l'ai relu cette semaine. Je me souviens très bien. C'est notre prof de philo qui nous en avait conseillé la lecture. Un livre assez récent à l'époque. Il date du début des années soixante dix. Ce qui m'a le plus étonné, c'est à quel point tous les thèmes liés aux manipulations génétiques étaient déjà clairement posés dans cet ouvrage. Je les croyais plus récents ! Il faut admettre une certaine lenteur dans la genèse des idées. Sur la biologie proprement dit, le livre est très précis mais je n'y ai rien appris. Le dernier chapitre n'avait peut-être rien à faire là. Il parlait du destin des chercheurs et de leur formation. Il a été placé à la fin de ce livre par opportunité. Où sinon ? Il n'aurait pas justifié un livre par lui même ! Son opinion sur ce thème ne m'a pas tellement convaincu. Ce qui est drôle aussi, c'est que déjà à l'époque, on se lamentait sur le nombre insuffisant de brevets déposés par les chercheurs français, etc.

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J'entends parler de la "théorie des mêmes" qui fait le parallèle entre la vie des idées et celle des gênes. Ceci me paraît modérément sérieux mais je vais m'y intéresser plus avant.

 

23/04/2006

Mes notes en cours se mélangent. Très désagréable. Il faut chaque fois que je les reclasse et essaie de leur trouver une cohérence.

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Le printemps s'est enfin installé. Chacun dit son plaisir. Je n'échappe pas à ce redoux. Je me dis qu'il est temps que j'attaque ce livre qui mûrit en moi depuis si longtemps. Inutile d'attendre plus. Je sais que tout est là et qu'il est nécessaire de le produire si je veux le dépasser. C'est le processus normal. Ce qui me rebute, c'est plutôt le travail. L'idée que je vais devoir écrire et détruire, plusieurs fois et plus que je ne l'ai jamais fait. Cela alors que j'ai aussi d'autres choses à faire. Le livre n'a pas encore trouvé son espace dans ma vie. Trouver son espace est sans doute le plus difficile. Il ne faut pas qu'il bouffe tout comme à chaque fois, mais il faut pourtant qu'il s'installe dans mon quotidien. Ce n'est pas encore gagné.

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J'ai cherché des infos sur la théorie des mèmes. Ça ne m'a pas apporté ce que j'en attendais. Les textes que j'ai trouvé m'ont semblé assez ennuyeux et je n'ai pas compris s'il s'agissait d'une théorie ou du rève d'une théorie possible! Dans le même ordre d'idées, j'ai regardé un flm sur les "cercles de culture" qui apparaissent chaque été dans les champs d'Angleterre. J'avais déjà vu un reportage il y a quelques mois qui résolvait l'énigme en faisant parler les auteurs de ces canulars. Cette fois le ton était tout différent. C'en était fascinant. Voir à quel point le besoin de merveilleux essaie de trouver son expression. Ces phénomènes s'y prêtent bien. Certains veulent y voir les traces d'OVNIS et rien ne semble pouvoir les décourager. Je me pose des questions à propos de cette catégorie de "chercheurs" dont parlait le reportage. Spontanément on songe aux envoyés d'une université. Là ce n'était pas du tout cela. Ces chercheurs sortent de nulle part. Ils ont simplement un peu étudié la question. Sur quelle base, on ne sait pas, et il est aisé de voir que c'est parfois sur des bases erronées.

Les "mèmes" m'ont aussi emmené sur une page surprenante (http://webcast.in2p3.fr/physiqueetconscience/) qui relatait sous formes de vidéos téléchargeables les conférences d'un colloque sur la notion de conscience. J'étais très méfiant. Surtout quand j'ai commencé à visionner ce film d'un type qui tentait d'expliquer ses recherches pour créer un robot doué de conscience. A fil de l'exposé, je dirais que j'ai été séduit. D'abord parce qu'il a expliqué qu'il avait concrètement réalisé des logiciels qui mettaient en pratique les principes qu'il énonçait pour piloter un robot jouet mais aussi peut-être parce que j'ai vu qu'il était enseignant à l'université du Havre (me semble t'il). Le crédit qu'on doit accorder aux choses qu'on trouve sur internet, ce n'est pas évident. Mais c'est mobilisateur. Ça oblige à réfléchir sur la manière dont on comprends et qu'on accepte une chose et pas une autre. Un autre exposé parlait de mesures électriques sur les neurones. Ça n'était pas aussi excitant mais la mise en forme montrait que c'était - sinon plus sérieux - du moins plus orthodoxe. Schémas, mesures, références à des travaux adjacents, coopération internationale. Le troisième film que j'ai visionné était un exposé sur la logique. Je n'ai pas tout compris. C'était trop rapide et j'ai eu l'impression que la personne qui parlait n'était pas un modèle de clarté. J'ai été frappé aussi par le fait que ces trois intervenants étaient plutôt vieillissants, malgré le type de sujets qu'on pourrait croire "modernes". Je ne sais pas si c'est un hasard.

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De nombreux films sur Tchernobyl dont c'est le vingtième anniversaire. Je ne sais plus si je l'avais déjà mentionné dans mes notes. J'ai vu plusieurs films. J'ai appris qu'on avait tenté d'utiliser des robots pour nettoyer le toit de la centrale couvert de graphite radioactif. Mais rapidement ces robots sont tombés en panne. C'est l'une des conséquences des radiations. Après un "accident", tous les équipements électroniques tomberaient en panne. Il n'y aurait plus de téléphone, plus d'ordinateur. Les voitures ne démarreraient plus, plus d'ascenseur, mêmes les portes pneumatiques des supermarchés ne s'ouvriraient plus !

 

30/04/2006

Grâce à Emule, j'ai retrouvé deux des films diffusés à la télévision sur Tchernobyl. J'ai pu les regarder en détail. C'est une nouvelle pratique qui se rapproche plus de l'usage qu'on fait d'un livre. Sur l'ordinateur, je suis revenu plusieurs fois en arrière pour vérifier un détail. Pour détailler les cartes animées en particulier.

J'ai beaucoup appris par ces films. Bien que ce soit un peu macabre de le dire, on ne peut nier que cela constitue une expérience concrète, des choses à savoir. Notamment cette constatation simple que partout la zone de sécurité autour des centrales nucléaires est actuellement de 30 km alors qu'autour de Tchernobyl, la pollution est aujourd'hui encore très forte à 200 km. On ne veut pas voir ! Entendre aussi que la radioactivité dégagée à Tchernobyl est près de mille fois celle d'Hiroshima… On dit aussi que si la forêt brûlait autour de la centrale, cela produirait une nouvelle contamination.

 

07/05/2006

Difficulté pour faire une capture d'image sur un fichier avi. Je croyais que c'était possible. C'est d'autant plus surprenant qu'avec un film sur DVD, je n'ai pas de problème. Il faudrait chercher une méthode.

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J'ai voulu reprendre mon travail avec Blender que j'avais à peine esquissé. Malheureusement j'ai tout oublié et il faut reprendre la documentation à zéro.

 

18/05/2006

Vu sur internet une conférence très intéressante sur les recherches génétiques. Le site http://webcast.in2p3.fr/as/ propose un certain nombre de vidéos. J'en ai regardé plusieurs. Toutes m'ont intéressé. Celle de Jean-Louis Mandel tente à montrer que l'évolution ne se fait pas autant par hasard comme le pensait Darwin mais de manière beaucoup plus restreinte sous l'action d'un certain nombre de gênes de contrôle. Pour lui, l'œil ne peut pas évoluer indépendamment. Pour évoluer il faut modifier un équilibre global. Il dit des choses comme "ce n'est pas sûr qu'avoir cinq doigts plutôt que six donne un avantage mais ça s'est fait comme ça". Une expérience montre qu'en diminuant un gêne (comment fait-on ? ), on peut avoir des souris à six doigts ou moins… Dans son exposé il explique aussi qu'il existe plusieurs gênes qui déterminent la formation de chaque partie des membres et si j'ai bien compris, on peut intervenir dessus.

 

26/05/2006

Echange avec F à propos des dernières photos que j'ai mises en ligne. Elle a apprécié mes personnages. J'en suis content car c'était une de mes premières tentative de fiction et ce n'est pas si mal réussi. Elle me parlait des personnages que j'avais inventé comme s'ils existaient vraiment. Une réussite pour moi. D'ailleurs même moi j'arrive à croire tantôt à leur existence. C'est troublant.

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J'ai finalement lu le bouquin de Pascal Jouxtel "comment les systèmes pondent" supposé décrire la théorie des mèmes. Je n'ai pas été convaincu, je crois même que ce livre a fini de me persuader que les mèmes, ce n'est que du vent ! Je ne vois pas ce que ce concept apporte de plus. On sait que les idées et les comportements naissent et meurent, qu'ils se transmettent d'une personne à l'autre mais ceci posé, ça n'apporte pas grand chose à notre compréhension. On le voit bien dans la difficulté qu'a Jouxtel de trouver une définition du même, y compris pour donner des exemples. Très vite ce sont des ensembles de mèmes, des fourre-tout… A la fin du livre, je ne vois plus ce qu'est un même alors que je croyais l'avoir compris avant sa lecture !

Le livre contient un si grand nombre de faits, de commentaires sans lien avec le sujet, que j'ai le sentiment que la pensée de l'auteur n'est pas assez épurée. L'argument le plus fort sur la théorie serait le livre lui même. Je me suis décidé à l'acheter quand mon collègue de bureau m'en a parlé. Il y avait un article dans "vingt minutes". Il l'avait remarqué car je lui avait parlé de cette théorie quelques jours auparavant suite à une émission entendue sur France Culture et quelques recherches sur le net. Je pensais que le livre m'en apprendrait plus sur les phénomènes de circulation des idées mais ce n'est pas le cas. Au fond cette histoire de même n'est qu'un "relookage" de concepts philosophiques élémentaires (l'idée, le concept, etc.). Je ne suis pas spécialiste en philosophie mais cela me semble évident. C'est une manière maladroite de poser le problème qui n'est pas tellement l'identification des supposés mèmes mais plutôt la manière dont ils se développent et nous influencent. Il s'agit plutôt de questions de sociologie et Jouxtel semble dire qu'il existe déjà de nombreuses études en se sens. Peut être un problème de diffusion!

En fait, le phénomène de cette théorie parle de quelque chose qui n'a pas grand chose à voir avec les mèmes. Il s'agit plutôt des conséquences d'une élévation générale des connaissances. Que n'importe qui se prenne à écrire ou peindre ne gène personne au fond. Ici on assiste à un phénomène parallèle, celui de scientifique amateur. La "théorie des mèmes" en est un exemple typique qui devrait intéresser les sociologues ! On peut pousser la comparaison avec la peinture des amateurs pour se convaincre qu'il y a peu de chance qu'un scientifique indépendant apporte quelque chose à la science, de même que les peintres du dimanche ne se retrouvent jamais dans l'histoire de l'art. Mais la comparaison à ses limites car les deux domaines fonctionnent de manière différente. L'artiste autodidacte peut exister, le scientifique non. C'est bien le problème, semble t'il, et il n'est pas complètement illégitime qu'un Pascal Jouxtel, puisse penser contribuer à une recherche sérieuse.

L'ennui c'est que l'envie de bien faire dépasse l'efficacité de la recherche. Je détecte une certaine impatience dans la démarche, de vouloir trouver vite, d'avoir des résultats opérationnels. Il y a une certaine confusion entre connaissance et utilisation des connaissances. C'est l'esprit d' "entreprise" qui s'exprime là semble t'il.

Parmi les à côtés du phénomène, le lien avec internet est évident. ! Tout le monde sent bien que cette mise en réseau n'est pas neutre sur notre manière de penser. Chacun accède désormais à un bien plus grand nombre d'informations et on suppose que "ça nous rendra plus intelligent". Il me semble un peu trop tôt pour mesurer les conséquences de ce réseau. Après tout, l'arrivée de la télévision a été aussi importante. Elle a changé des choses dans nos modes de vie mais je ne perçois pas de rupture très nette dans l'évolution des sociétés liées à ce média.

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Je vois à la lecture de mes notes que je suis toujours dans cette phase d'apprentissage. Je n'ai rien produit depuis longtemps et j'ai une réelle difficulté, même pour écrire ces notes. Pas de nouveau travail sur des images. La tentative de prise en main du logiciel de dessin Blender s'est traduite par une sorte de rejet. Idem sur le projet de site sur mon village et rien de nouveau sur mon projet de livre. Le noter ici n'apporte pas grand chose mais il me semble utile de tracer si ces notes doivent garder leur fonction première de suivi au jour le jour. Sauf que normalement elles devraient suivre ma production et jamais ma non production ! Il faut juste essayer de penser que cette non production est un temps nécessaire pour repartir sur de meilleures bases. Supposons ! J'ai un sentiment de temps nécessaire comme si je considérais que mon esprit a besoin d'un temps de maturation (comme on prépare un bon vin). Mais c'est pas trop légitime comme argument. Je pourrais aussi dire que j'ai eu tant de nouvelles idées à ma disposition que je ne parviens plus à en faire une synthèse. A supposer que l'art, c'est faire des synthèses, mais c'est bien ça. Il se peut aussi que j'ai besoin d'une sollicitation externe, un déclencheur, qui tarde à venir. C'est possible mais si c'est le cas, ça ouvre un large champ à des notions d'art plus collectif qu'individuel

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J'ai fait quelques calculs. C'était après avoir entendu quelqu'un parler de 1% d'écrivains. Je me suis d'abord dit "Oh ! ça ferait beaucoup d'écrivains et sûrement qu'il n'y aurait pas à becqueter pour tous". Et puis en y réfléchissant, ce n'est pas si ridicule de penser qu'on pourrait consacrer un pour cent de son pouvoir d'achat aux livres. Moi j'ai jamais compté mais c'est probablement plus. Alors j'ai eu envie de poser quelques chiffres pour voir.

Dans un monde idéal supposons que tous les français lisent un livre par semaine. 60 millions de Français qui vivent environ 70 ans et donc lisent pendant 50 ans, 52 livres par an, ça fait chacun 2600 livres.

60 . 10 ^6 x 2600 = 1560 . 10 ^8 livres en tout.

Avec 1% d'écrivains, soit 600 000 écrivains, combien pourraient-ils vendre chacun -en supposant (o sacrilège) qu'ils vendent tous un nombre égal d'exemplaires - combien pourraient ils vendre d'exemplaires et en tirer de revenus ?

156.10^9 : 6 . 10^5 = 26. 10^4 soit 260 000 volumes. *
Ça veut dire 1 seul livre en 260 000 exemplaires ou 10 livres en 26 000 exemplaires. Pas si mal !

Les revenus qu'ils en tireraient seraient de (2 euros par exemplaire) 520 000 euros. Pas assez pour ne vivre que de cela mais quand même de quoi voir venir. A titre de comparaison, 40 ans de salaire à 2000 euros par mois , cela donne 2000 x 12 x 40 = 960 000 euros.

Facile de voir que si on réduisait à 0,5% le nombre d'écrivains, ils pourraient très raisonnablement vivre de leur art sans trop se casser le cul ! (ils auraient à produire 10 livres dans leur vie, vendus à 26000 exemplaires). On peut prendre des critères d'entrée plus sévères mais il ne me semble pas irréaliste d'imaginer que la France peut se payer cent mille écrivains! Etonnant. Quand on entend tout ces arguments "ça coûte trop cher" à propos de n'importe quoi, poser ces simples chiffres remet les choses en perspective. La difficulté étant d'égaliser le production. Car il est bien peu envisageable que tous les écrivains réussiraient à vendre leurs 260 000 exemplaires. A l'inverse, un livre à succès dépasse facilement ce seuil (et donc son auteur empoche à chaque fois un coquète somme).

Où en est on aujourd'hui ? Je sais qu'il se publie chaque année 500 livres. Cela m'a toujours semblé énorme mais finalement ce n'est pas si déconnant. Si je reprends mon hypothèse de 60 millions de Français, un livre par semaine, j'obtiens 60. 10^6 x 52 = 312 . 10^7 volumes consommés par an.

Pour 500 titres différents on a un potentiel de :
312. 10^7 : 500 = 62,5 . 10^5 ce qui donnerait 6,25 millions d'exemplaires pour chaque titre. Il y a de quoi n'est-ce pas ?

En étant un peu plus sélectif, on peut admettre que seulement la moitié des Français lisent et que quand ils lisent (toujours un livre par semaine), seulement dix pour cent concernent des livres sortis dans l'année, cela donne :

(60.10^6) : 2 x 52 x 0.1 = 156 . 10^5 volumes
et pour chaque titre : 156. 10^5 : 500 = 31,2. 10^3 = 31200 exemplaires.
Chacun des 500 livres diffusés à 31200 exemplaires. Ça se défend.

Les droits d'auteur générés seraient de :
31200 x 2 = 62400 euros par titre. Là encore, pour chaque auteur, c'est très correct, surtout qu'il peut continuer de vendre les années suivantes…

Ces chiffres me redonnent espoir. J'avais tellement intégré qu'il n'y avait rien à faire. Mais au fond se mettre en position de produire un livre à 30 000 exemplaires chaque année, cela suffit. Ou bien, si l'on veut, un livre à 100 000 tous les trois ans ! J'avais jamais fait le calcul et soudain cela me semble beaucoup plus réaliste. Reste à l'écrire. Reste à se faire entendre assez pour être publié et lu.

Au passage je comprends mieux le phénomène "people". Peu importe ce qu'il y a dans le livre, si tu parviens à 30 000 exemplaires, tu en vis. C'est aussi simple que cela.

* noter que dans mon calcul simplifié, je suppose que les écrivains lisent (ce qui doit être vrai) mais aussi qu'ils vivent aussi longtemps que les autres en moyenne…

 

10/06/2006

Il y a la fraîcheur d'un soir d'été. Je n'en suis pas rassasié. L'herbe a repoussé, sauf les graines que j'ai plantées. Mes premières tentatives de jardinier ne sont pas une réussite. J'ai remarqué une tâche de lichen au milieu du ciment. Très présente, comme si elle avait un message à me transmettre, mais que je ne comprends pas vraiment ! Malgré les roses, les iris et les coquelicots qui ont fleuri, le vert domine.

 

11/06/2006

J'ai retravaillé sur Blender. J'ai réinstallé le logiciel avec les interfaces vers les modeleurs Yafray et Pov. Je suis fin prêt. J'ai repris la doc au début et la lis en faisant les exercices au fil de l'eau. J'ai l'impression d'avoir progressé mais il faudrait être sûr d'avoir mémorisé les différentes touches. Elles sont nombreuses et dépendent du contexte. J'ai mieux compris le rôle respectif du mode objet et du mode édition ainsi que les procédures permettant de créer un ou plusieurs objets lorsqu'on ajoute de nouvelles formes. Le comportement du logiciel est du coup moins déroutant. Il faut que je poursuive cette étude car il reste beaucoup de fonctions à découvrir. Le texte de cette documentation est très dense. Il faut lire avec beaucoup d'attention.

 

17/06/2006

Aujourd'hui, les rêves des gens - je l'ai plusieurs fois remarqué - sont les produits industriels de la saison prochaine ! C'est plutôt mesquin. D'autant qu'il y a derrière, pour y parvenir, tous les déséquilibres économiques mondiaux qui nous mettent dans une position, malgré tout ce qu'on peut dire, de prédateurs... mais aussi de futurs perdants, il semble.

Je me demande aussi quel est le mystère qui me conduit aujourd'hui sur le site ebay que je connais pourtant depuis longtemps. Cela m'apparaît soudain comme une nouvelle manière d'acheter des produits neufs ou d'occasion. Il faut que je regarde de plus près. Que penser, par exemple, d'une guitare achetée directement en Chine 1€ + 30€ de frais de port ? J'avais cependant bien senti l'enjeu d'internet pour la mise en relation des producteurs et des consommateurs mais l'expérimenter en réel, c'est autre chose. Ça ouvre de nouvelles possibilités. Je vais peut-être me laisser tenter par l'achat d'un saxophone, qui sait. C'est un objet tellement fascinant même si on n'en joue pas.

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Je n'ai rien noté encore à ce sujet mais je me suis intéressé à Godzilla. Je viens de graver quatre films sur ce thème que j'ai trouvés sur le net. C'est assez proche des westerns dans l'esprit et ça donne un point d'entrée dans la culture japonaise. J'en parlerai plus en détail je crois. Je vois de multiples choses cocasses : les monstres ridicules, la technique envahissante et hostile (des extraterrestres souvent), qui méritent d'être approfondies. On voit aussi dans la continuité des films, l'évolution du mythe de Godzilla et des super héros.

Sur la forme, il y aurait aussi à dire. Assez lourde souvent : les musiques martiales, les introductions qui n'en finissent pas, les costumes incroyables et les héroïnes sexy. Le côté série B mérite aussi d'être analysé. Comment est il assumé par les cinéastes qui font ces films.

Godzilla est une forme de cinéma particulière qu'il faut différencier du cinéma "à la Française". C'est autre chose. Plus proche du clip vidéo. Ça existe un peu dans la Guerre des Étoiles ou dans Matrix mais c'est plus abouti, il me semble, dans Godzilla. L'histoire n'est qu'un prétexte pour déployer des images et des mythes. J'imagine que cela pourrait devenir une autre forme, une sorte de décor d'interlude qu'on se passerait chez soi sur sa télévision (devenue plate et recouvrant le mur). Une espèce de papier peint animé qu'on regarderait en boucle et très distraitement. Il faut comprendre, au fond, qu'il y a plusieurs cinémas, surtout maintenant avec tous ces DVD et les possibilités de téléchargement...

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J'ai également fait une recherche sur les masques africains. J'ai cela en tête depuis un certain temps de faire des images de masques avec Blender. Je pourrais avoir besoin de quelques modèles. C'est plus qu'il n'en faut. Il existe plusieurs sites sur ce sujet avec une variété de photos. Je n'aurai qu'à revenir les consulter quand j'en aurai besoin. La diversité de formes est très grande. C'est un bon départ pour une étude, même si ce n'est plus un thème très original... (après Picasso, etc...)

Ce qui me gêne quand même - mais c'est un problème plus général - c'est d'être rattrapé, sans arrêt, par la mode chaque fois que j'essaie un peu d'originalité. Cela me gêne.

 

25/06/2006

J'ai refait ce rêve qu'il y avait en plaine nuit toute une animation autour de la maison. Des gens qui parlaient, allaient et venaient. Seulement un rêve, mais je me suis souvenu de ce reportage que j'ai vu récemment, dans lequel des gens racontaient que des extraterrestres venaient les visiter pendant leur sommeil. Ma propre réinterprétation de ce film, j'imagine.

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J'ai visionné le film "Final Fantasy Advent Children". Un film d'animation japonais inspiré apparemment d'un jeu vidéo connu. Dans ce que j'ai trouvé sur Internet à propos de ce film, certains regrettaient que ce ne soit pas un nouvel épisode du jeu. Cette opinion me surprend.

Le film est un peu chiant mais les images sont superbes et poétiques. L'histoire se limite malheureusement à d'infantiles histoires de combats. Un curieux mélange de réalisme (paysages, fleurs, cheveux agités par le vent) et d'un univers complètement irréel. Les combattants volent dans les airs en dépit de toute loi physique. Ça rappelle Matrix (qui n'est au fond, qu'un manga produit par Hollywood). Je ne sais pas s'il faut voir dans cet univers quelque chose de typiquement japonais mais c'est spécial. On y retrouve des monstres menaçant la ville comme dans Godzilla...

Cette animation me pose question par rapport à mon étude du logiciel Blender. Le niveau de ces images rend obsolète ce que j'ai pu réaliser et pas mal de mes projets. Bien sûr, je ne dispose pas des mêmes moyens de production mais ce n'est pas une raison. La barre est haute, mais je ne vois pas l'intérêt de réaliser dans un projet artistique des choses qui seraient moins maîtrisées que ce que peut voir dans ce film. Cela me pose une série de questions. Il me faudra en particulier choisir entre sculpture et cinéma pour mes prochaines productions. Il me faudra encore plusieurs semaines avant de connaître suffisamment Blender pour réaliser des animations rivalisant avec celles de ce film. Il faut que je me creuse la tête pour orienter mes recherches. Vers quelque chose qui ne soit pas seulement une tentative de maîtriser une technologie. Ne pas négliger aussi le fait que dans ce domaine tout est amené si vite a être dépassé. En Art, c'est plutôt pesant.

 

17/09/2006

Suicide de mon jeune voisin, il y a une quinzaine de jours. Surprenant. Il était marié. Sa femme et lui bossaient. Ils venaient de construire une maison. Avaient deux jeunes enfants.

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Mon PC portable est tombé en panne. J'ai été assez peu surpris, avec l'idée magique, qu'il avait absorbé toute la colère ambiante, ici, à la campagne. En tout cas, la panne coïncidait avec la visite de la jeune veuve dans sa maison voisine de la mienne. J'ai perdu beaucoup de données, notamment des photos et un certain nombre de fichiers de mon site internet [depuis j'en ai récupéré une partie, en utilisant l'aspirateur de sites]. J'ai fait quelques tentatives pour obtenir la hot-line du service après vente, mais ce sont de nouvelles frustrations. Tout se passe comme si on nous rendait responsables des pannes de nos machines, comme si on nous reprochait de nuire ainsi à l'idéologie dominante et à l'ordre établi d'un monde parfait sans accroc permis.

 

18/09/2006

J'accroche hier soir la fin d'une émission parlant de parapsychologie. Pour prouver le phénomène, l'expérience montre qu'un poussin est capable d'influencer un petit robot ! Étonnant. Le protocole semble sérieux. D'abord on « imprègne » le poussin pour qu'il considère le robot comme sa mère suivant la théorie de Lorenz. Le robot à la forme d'une boite de conserve, de couleur verte, il est capable de déplacements aléatoires (rotations et translations) et doté d'un stylet marquant ses déplacements au sol . On le place au centre large d'une feuille de papier. Le poussin est enfermé dans une cage de verre sur l'un des côtés de la feuille. Les traces montrent que le robot est influencé par le poussin et a tendance à se diriger vers lui (probabilité de 2,5 fois). Pas d'explication à ce phénomène. Juste le constat.

Est-ce très sérieux ? En tout cas, c'est difficile à avaler, mais tout autant difficile à ignorer. On a envie de se laisser convaincre. Si c'est confirmé les conséquences seraient énormes... En fait, je crois depuis longtemps à ce genre de phénomène, mais c'est par une croyance spéciale, emprunte de doutes. Là, c'est un fait nouveau. Il semble crédible. A condition, bien sûr, que ce film ne soit pas une mise en scène. Ce n'est pas facile à savoir, c'est toujours le problème avec la télévision.

 

30/09/2006

J'ai un sentiment global de deuil. En dehors du vrai deuil de mon jeune voisin qui s'est suicidé (mais ceci n'est pas mon deuil), je me sens à la fin de quelque chose. Deuil de certaines amitiées, peut-être, deuil encore de certaines idées et postures. Ce n'est pas un vrai deuil dans la mesure où je sais que ce n'est pas une fin pour moi mais une forte tension, tentant à établir un équilibre nouveau.

J'ai porté mon ordinateur portable à réparer. Pas de nouvelle jusqu'ici. Cette "séparation" sera peut-être la fin de ma période d'orgie de téléchargements. Je ne suis pas tout à fait sevré, cependant. J'ai encore lancé quelques téléchargements sur mon autre PC mais que je suis obligé de graver en temporaire sur des CD car il ne gère pas les DVD. Ça fait vite beaucoup de volumes ! De plus, ce vieux PC ne fonctionne pas très bien. Il se bloque parfois et il faut s'y prendre à cinq ou six fois pour le redémarrer.

Deuil de ces notes et du site ? La question se pose depuis plusieurs mois et je n'ai rien décidé de définitif. Je pense que je dois écrire maintenant mais cela n'interdit pas de poursuivre le site. Il me faut aussi "sortir" et c'est en contradiction avec tout ce qui gravite autour d'une réflexion artistique - en tout cas, avec ma posture actuelle. Sortir pourrait vouloir dire, aller au cinéma ou au restaurant, mais ce n'est pas exactement cela. Ça, ce serait masquer une sorte d'ennui, pas l'affronter. Cet ennui qui s'insinue là où on ne l'attend pas et qui me rappelle à quel point je sais mal m'accrocher à la vie.

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Je suis allé à Venise pour la première fois cet été, et j'ai eu l'impression pendant quelques jours que c'était un endroit formidable. Pourtant, déjà, mon souvenir s'installe dans la vision d'une ville plutôt grise et saumâtre. Un peu triste pour tout dire. Je crois que tout est comme ça, autour de moi, tout a une tendance rapide à l'usure, les idées, les lieux, les gens. C'est peut-être une maladie. Je ne sais pas.

 

07/10/2006

Alain Finkielkraut dit ce matin ; sa phrase m'a plu : La France est un pays de comédiens !

 

15/10/2006

Je vais bientôt récupérer mon PC en retour de réparation. J'ai eu plusieurs contacts avec le SAV. Ils ont diagnostiqué un problème sur la carte mère alors que je pensais que c'était le disque dur. Finalement, j'avais raison ! Ils ont changé le disque dur.

Je reste demain à la campagne. C'est quand même un peu répétitif mais toute ma vie est comme cela. Il faudrait que je change d'univers mais je n'ai pas encore trouvé la porte qui me permettrait de passer de l'autre côté ! Je ne crois pas que voyager suffirait... Comment l'expliquer ? Si je savais qu'elle porte franchir, je la passerais sans attendre.

J'essaie de réunir mes idées pour écrire. Je pense que c'est important mais je n'ai pas encore eu le courage de m'y mettre. Il est vrai que je devrai taper un grand coup si j'écris de nouveau. Sauf que rien n'est sûr, si j'y parviendrai ou non, etc. Je ne sais tellement plus quoi penser par rapport à ce projet de livre, ou de l'écriture en général. Où nous en sommes ? Où j'en suis, par rapport à pas mal de questions sur l'art, la philosophie, etc.

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J'ai terminé ce soir "les cavaliers" de Kessel. J'ai choisi ce livre à cause de l'Afghanistan mais j'ai lu autre chose, exotique certes, mais plutôt sur la virilité. Pas mal. Assez inattendu. Mais qui me semble tellement loin du monde où je vis que je n'imagine même pas en rêve d'écrire des choses de ce genre.

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J'ai récupéré mon PC avec un disque neuf. Je dois tout réinstaller, un fois de plus. C'est comme une nouvelle vie. J'ai perdu un certain nombre de données. Des mails en particulier. Du coup, ils perdent en importance. Pendant des années je les stockais, les classais scrupuleusement mais maintenant que j'en ai perdu certains, je vois que ce n'était rien... D'autres choses que j'ai écrites avec fierté pourraient rejoindre le même oubli sans doute.

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Depuis quelques temps j'ai de nouvelles chaînes de télévision par l'ADSL. Celle qui me fascine le plus, c'est "fashion TV", une chaîne entièrement dédiée à la mode sur laquelle on voit à longueur de temps de filles qui marchent. Elles viennent en boucle du fond de l'écran. Cela a quelque chose d'hypnotique. Soit à cause de la répétition - comme si ces filles étaient prises dans une spirale du temps.- soit que ce ne soient finalement que des robots comme le suggère leur démarche syncopée. On pense aux effets de répétition des enseignes lumineuses. Soit encore, à cause du tragique, qui veut que ces femmes, en mal d'amour, toujours, viennent vers moi, mais se heurtent indéfiniment contre la vitre de ma télé sans jamais parvenir jusqu'à moi.

 

21/10/2006

J'ai testé plusieurs logiciels. La suite libre OpenOffice dont on dit que la compatibilité avec Microsoft est très bonne... Les logiciels semblent très bien mais je reste septique sur la compatibilité. J'ai installé aussi de nouvelles versions de easyPHP et de Spip. Comme souvent, les versions les plus récentes me laissent un mauvais goût de baroque. C'est le cas pour easyPHP et phpMyadmin. Au moins pour ce qui concerne l'esthétique des pages. Elles me donnent l'impression d'une perte de cohérence mais je m'y retrouve quand même assez rapidement.

Des idées de choses à noter dans ces notes me viennent parfois mais je suis occupé à autre chose et les oublie. En même temps, cela me prouve à quel point ce n'est pas très important. J'aime bien ces notes, les relire après quelques mois. Mais il est sûr qu'elles ne sont pas aussi bien connectées sur ma vie qu'elle ont pu l'être tantôt. Je ne dis plus tout, et les choses que je dis parfois, je me force un peu pour "faire du chiffre". C'est compliqué de repérer au jour le jour ce qui est important. En plus, ça change beaucoup avec le temps. Il faut savoir laisser tomber ; ce n'est pas toujours évident. Je réfléchis à mon projet de livre et c'est bien ce genre de questions qui se pose. Que faut-il garder pour demain ? Je pourrais aussi me plaindre de l'agressivité de la vie et de cette sorte d'irradiation à laquelle on est soumis par les médias. On peut toujours éteindre le poste ... Enfin pas si certain. Il faut bien se tenir au courant.

Le quotidien me semble agressif parce que j'ai souvent l'impression d'être pressé de rendre des choses à date fixe, et que j'aurai pas le temps. En même temps, il me faut du temps pour trouver les solutions qui me permettront de combler mes manques qui eux sont bien réels et clairs pour moi. Mon métier contribue à me donner cette impression d'urgence. Mais il n'y a pas que ça. Je fais le tour du jardin et je vois que l'herbe a encore poussé et toutes ces branches qu'il faudrait tailler. C'est peut-être lié à l'age et à la propriété modeste. Quand j'étais plus jeune et sans patrimoine, j'étais plus indifférent à ce genre de question. Je me posais très peu de questions d'intendance. Désormais, cela m'envahit comme, par symétrie, les herbes folles envahissent mon jardin. Il ne faut pas seulement se défendre des bêtes, de la vermine. Les végétaux attaquent aussi et le font avec encore plus de détermination. Les idées aussi, qui se conforment aux images que voient nos yeux fatigués; c'est peut-être le plus inquiétant.

Les médias m'usent aussi je trouve. Comme je suis souvent seul, j'allume la radio ou la télévision. C'est naturel. Mais c'est fatiguant car il faut trier et filtrer sans cesse. Dans la vie au village c'était déjà le cas. Il ne fallait pas croire tout ce qui se disait. Sauf qu'avec les médias, le village est beaucoup plus grand, les sources sont beaucoup plus diverses, les différences plus grandes, les inconnus plus nombreux. Je ne sais pas si je préfère quand la radio est idiote ou brillante. Quand elle est conne - et c'est souvent le cas - je m'indigne que l'on nous prenne pour des imbéciles, que les ficelles soient si grosses etc., et je me dis que je ferais mieux d'éteindre, de passer de la musique ou rester dans mon silence. Quand la radio ou la télévision deviennent pertinentes, elles me déstabilisent aussi en pointant de nouveaux problèmes ou en m'obligeant à revoir mes idées établies. C'est fréquent aussi. Même si je reste finalement plutôt fidèle à moi même, c'est au prix d'une adaptation permanente, à de multiples petits glissements, comme des retouches de surface sur une peinture. Tout ceci reste banal. Je suppose que la plupart des gens font comme moi, sans tellement s'en rendre compte, peut-être. C'est, à la limite, cette dernière remarque qui me fait douter le plus. Je crains toujours de craquer. Je me sens fondamentalement fragile. En pratique, je ne le suis pas tant que ça, mais cette crainte ne me quitte pas et elle me pèse. J'aimerais pouvoir me reposer, mais ce n'est pas dans le sens de ne rien faire, plutôt pouvoir me reposer sur l'épaule de quelqu'un. Je n'en vois absolument pas l'opportunité dans l'immédiat. C'est peut-être quelque chose qui ne peut plus exister. Je voudrais voir se terminer cette attente d'un rire sincère, un rire qui ne soit pas celui de rire de son propre ridicule.

 

28/10/2006

J'ai commencé à lire "les bienveillantes" de Jonathan Littell. Le livre dont on parle cette année. Neuf cent pages. De quoi hésiter. Surtout quand on sait le sujet : les confessions romancées d'un ancien nazi. Pourtant ça se présente bien à la lecture. Je suis entré dedans, dès les premières pages. C'est la première fois, je pense, que je suis subjugué par le livre de quelqu'un plus jeune que moi.

Je l'ai acheté à l'hypermarché Carrefour, c'est bizarre, avec des côtelettes d'agneau. Vu le nombre de pages, ce livre est difficile à manipuler. La caissière n'arrivait pas à le prendre. De plus le client qui me devançait ne voulait absolument pas poser ses achats sur le tapis qui continuait à avancer et mon livre le bousculait. Je me suis demandé si un livre aussi gros est plus compliqué à fabriquer. En tout cas, c'est limite, surtout pour un produit Gallimard avec sa couverture si fragile. Ils s'obstinent ! Et j'avais quand même un peu de réticence à le poser moi aussi sur le caoutchouc du tapis comme un vulgaire paquet de carottes.

L'épaisseur de ce bouquin est la première chose qu'on remarque. Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Déjà faut être capable de tenir le lecteur jusqu'au bout. Faut oser. Mais je trouve ça bien dans le sens où c'est un acte profondément "antiéconomique". Il faut prendre le temps pour le lire. C'est un peu élitiste et ça me va. D'un autre côté, je crains que ça ne conduise à la surenchère. Il n'y a pas si longtemps encore que l'idée de faire court était bienvenue. Efficace. Court, c'est bien aussi.

Le poids a lui aussi une influence sur la manière de lire. On est contraint de bien se poser, assis, le livre sur les genoux : La belle manière de lire. A la maison. Et pas de cette manière négligée que je vois pratiquer chaque jour dans le métro entre deux stations, le livre dans une main, l'autre accrochée au plafond.

Sur le fond, je ne veux pas m'avancer trop tôt mais j'y reviendrai sûrement. Je n'en suis qu'à la page 40 et déjà il y a beaucoup de choses sauf que mon marque page fait ridicule sous la surface du livre qui est comme un profond iceberg. On ne le lâche pas comme disait l'autre. J'étais septique mais ça semble vrai et ça pose déjà question qu'un livre puisse être aussi fédérateur. Un livre venu de nulle part.

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Des mouches ont investi l'une des pièces de ma maison. Le soir elles s'accumulent en essaim autour de la fenêtre. Le jour elles remplissent la pièce. Elles me font l'impression d'une secte. C'est très étrange.

Je vais devoir me décider à les éliminer avec une bombe insecticide. Vu le nombre, cela me fait quelque chose mais je me dis qu'elles sont de toute façon venues là pour mourir et je suis d'une certaine manière leur exécuteur testamentaire.

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Testé plusieurs choses. Des logiciels de blog et wiki. J'ai été un peu plus de l'avant avec phpMyFaq mais j'ai constaté que ce logiciel ne fonctionne pas avec easyPHP 1.6. Il y a un problème avec la police UTF8. Je ne sais pas résoudre ce dysfonctionnement (sans problème avec easyPHP 1.8).

 

31/10/2006

Poursuivi la lecture de Jonathan Littell. Je ne sais encore quoi penser de ce livre. Est-il bien sérieux ? D'un côté je serais tenté de dire qu'il a pris en charge ce qu'avait commencé Céline. Le style est moins flamboyant mais c'est quand même un livre remarquable. D'un autre côté, je sais bien que l'auteur n'a pas vécu les événements qu'il raconte et je ne pense pas qu'il prétend faire un roman historique. Il parle de ce qu'il connaît, c'est à dire de la télévision. Quand il décrit les pogroms, j'ai le sentiment qu'il parle du Rwanda. Parfois de la Chute de Ceausescu, enfin des choses récentes. Des films aussi. Il y a quelque chose de très pervers là dedans qui présente de multiples recyclages comme étant "la vérité". Ça pose la question de la vérité. Ce n'est pas une question nouvelle. Il s'agit bien d'un roman mais cela se pose ici d'une manière un peu nouvelle compte tenu du sujet. Je pense au livre de Robert Anthelme qui parle pratiquement des mêmes choses. Lequel est le plus vrai. C'est difficile à dire lorsqu'on lit. (Bien sûr, on sait d'avance que Anthelme écrit un témoignage, l'autre ouvrage est un roman). Cette idée me met mal à l'aise. Littell a pris en charge quelque chose qui est de l'ordre de la responsabilité de l'écrivain. Je n'aurais pas écrit sur ce sujet du nazisme mais je dois admettre que c'était un vrai sujet. J'en reparlerai plus tard.

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Pour ma part je n'ai pas bien sûr avancé sur mon projet de roman. Je me demande si je vais parvenir à me mettre en ordre de marche et j'en doute. Le livre de Littell m'intimide je dois dire. Je verrai quand j'aurai terminé de le lire mais je vois après Houellebecq qu'on a maintenant un deuxième écrivain majeur en France. Ça fait l'impression d'un retour. Ça fait plaisir. Bien que je me demande pour Littell comment il peut poursuivre après ça. Ce ne sera pas simple. Mon sujet que je voulais d'une certaine manière un gros sujet, je vois bien qu'il ne pourra pas l'être par le moyen du nombre de pages. C'est sûr que je ne vais pas me lancer dans un livre de neuf cent pages ! Il faut aller sur un autre plan. Je vois aussi qu'il faut approfondir la notion de sujet. Quel est le sujet sur lequel il faut écrire. Je n'aurais jamais dit la guerre ou le nazisme et pourtant je vois bien là que cela pouvait en être un. Quel est "mon" sujet ?

Je ne parviens pas non plus à ressembler assez d'énergie pour me concentrer sur l'idée d'écrire. Peut-être que mon travail me prend trop de cette énergie (les patrons sont malins !) ou bien que c'est trop tard déjà pour moi... Enfin les choses en sont là. Je serais bien en mal de m'engager de rendre un manuscrit à une date définie. Je ne suis tout simplement plus sûr d'en être capable. Je file un mauvais coton, c'est sûr, mais ne sais pas comment en sortir. Aussi quand je réfléchis à cette question, ça fait remonter de mauvaises choses. Est-ce que je me trouve si respectable pour écrire des livres ? des choses de ce genre.

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Je me suis décidé à prendre des mesures à propos des mouches dans la chambre verte. J'y suis allé ce matin avec la bombe insecticide et j'ai vaporisé le gaz. J'ai refermé la porte. Sûr que faire ce genre de chose quand on est en train de lire le livre de Littell, ce n'est pas agréable. Après j'ai aspiré les cadavres. Il y en avait des centaines.

 

04/11/2006

L'hiver est arrivé. Rapide. J'ai allumé le poële et j'ai l'odeur du bois dans toute la maison. Je tire l'expérience de l'année dernière et j'ai tout de suite pris les mesures techniques pour avoir une bonne chaleur. Cela reste le confort limité du chauffage au bois mais c'est ok.

J'ai poursuivi la lecture des "bienveillantes". J'ai recherché quelques informations sur Jonathan Littell qui m'éclairent un peu. De nationalité américaine, fils de l'écrivain Robert Littell, il a pas mal travaillé comme logisticien dans des organisations humanitaires. Du coup, je vois beaucoup de transpositions dans le livre. Son héros fait, en quelque sorte, le même travail que lui. Seule la cause change. Peut-être que ce qu'il veut dire au fond, c'est que le mal est irréductible, et que dans son parcours "super comme il faut" d'humanitaire, il n'a trouvé que d'assez mauvaises choses, et pas réussi à être le mec bien qu'il aspirait être. Le rêve qu'il raconte semble dire cela. Il demande aux gens de fuir mais certains ne l'entendent pas. Il finit par se dire que la seule raison qu'il y aurait à leur départ serait son désir de pouvoir, celui de commander les gens, de les faire quitter leur maison sous le prétexte plus ou moins fallacieux qu'une catastrophe les guète.

C'est l'un des aspects du livre. Dans une conférence enregistrée, Jonathan Littell expliquait qu'il y avait dans son écriture une quête de réalité. Les historiens, pas plus que les victimes, disait-il, ne peuvent atteindre la vérité du nazisme. Les bourreaux ne parlent pas. Seul l'écrivain peut y parvenir. Je suis moyennement d'accord avec ce point de vue et d'ailleurs, son livre, je ne crois pas que ce soit la confession d'un ancien nazi. C'est autre chose. Qui d'ailleurs m'intéresse d'avantage. Une sorte d'évidence de l'écriture. C'est ce qu'il fallait écrire à ce sujet je dirais. Un objet littéraire avec sa cohérence propre.

 

25/11/2006

Je me remets peu à peu de le panne de mon disque dur. Il m'amuse de présenter cet épisode de manière tragique. Ce n'était pourtant pas une grave maladie mais il y a pour moi quelques ressemblances. J'ai maintenant reconstitué l'archive de référence de mes sites internet à partir de fichier un peu anciens et en ré-aspirant la version en ligne sur internet. En fait, j'ai dû refaire l'opération deux fois car ce que j'avais récupéré sur mon "vieux PC" n'est plus disponible; celui ci étant tombé en panne à son tour. Il démarrait difficilement, mais maintenant il ne démarre plus du tout. Ce PC assemblé que j'avais acheté en grande surface aura été le moins fiable de tous ceux que j'ai eu. Il a eu deux réparations (le DVD et le disque dur) et maintenant il merde de nouveau après quatre ou cinq ans d'existence, guère plus. Et il a toujours été très bruyant (ventilateur). Désormais je ne me sers plus que de mon portable sous XP. Avec son nouveau disque dur, j'ai reconstitué peu à peu mon environnement de travail, toujours plus complexe. Je n'arrive pas à installer mon logiciel de dessin favori (micrographfx). Cela m'embête et c'est incompréhensible puisque j'avais ce logiciel installé avant la panne de mon disque. Le système est supposé être le même. Pourtant, j'ai une erreur comme quoi le programme d'installation ne trouve pas le système d'exploitation. Je ne sais pas comment résoudre ce problème. J'aimerais pourtant trouver une solution car je tiens à ce logiciel.

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Suite à une discussion, j'ai relu les pages Échelon de mon site. C'est intéressant. J'avais bossé à l'époque. Cela me renvoie à ma mollesse actuelle. Des mois que je ne produis rien, que je me dis que je vais m'y remettre. Bien sûr, je ne veux pas refaire ce que j'ai déjà fait. Il est vrai aussi que des choses se mettent en travers, comme la déstabilisation suite à la panne de mon disque dont je parlais plus haut. Ou un peu de découragement de devoir toujours reprendre à zéro sur certains points. Si je veux réaliser de nouveaux applets Java par exemple, il faut tout réapprendre - j'ai tout oublié - et aussi reprendre la réflexion sur la version à utiliser. Je crois qu'on vient de passer à la 1.5, c'était la 1.1 me semble t'il à l'époque. Ça veut dire de nombreuses configurations possibles avec chacune un risque de dysfonctionnement ! Avec POV aussi j'ai décroché. J'avais commencé à apprendre Blender mais n'ai rien produit de convainquant jusqu'ici avec ce logiciel. Reste ouverte encore l'éventualité de créer un site plus interactif en PHP mais il faudrait auparavent trouver un hébergeur vu que wanadoo ne propose pas des conditions attractives. Je parle de wanadoo, là aussi il y a un problème avec le changement en orange. Les deux adresses fonctionnent pour l'instant mais jusqu'à quand ?

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Le vent a soufflé avec fureur cette nuit. Le menuisier vient cette semaine de poser les nouvelles fenêtres et cette nuit j'ai dû me relever pour mettre des bandes de scotch sur les montants dont l'étanchéité n'est pas terminée. Je sentais un filet d'air qui venait me caresser dans mon lit. Le remplacement des fenêtres et de la porte d'entrée a été rapide. Cela fait un peu bizarre. Je ne sais comment dire. Dun côté, cela change beaucoup mais les nouvelles fermetures me donnent aussi l'impression d'avoir été là depuis toujours. Je ne vois pas bien. Si le style des portes et des fenêtres d'une maison n'est pas important, qu'est ce qui est important ?

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Il me reste encore à faire pour reconstituer la suite de ces notes dont la dernière mise en ligne date de fin mai. J'ai perdu le fichier de mes notes de juin à septembre que je dois peut-être pouvoir retrouver sur des brouillons. Ce serait bien de le faire rapidement. Si je n'y parviens pas, c'est d'une part que cela prend un peu de temps mais surtout que chaque fois que je me penche sur ces notes mon esprit par dans mille directions. C'est normal d'ailleurs. Elles sont faites pour ça. C'est bien quand même ce côte de trace que constituent pour moi ce site et ses notes, en particulier. En ce sens, c'est une réussite. Le fait qu'il soit en ligne me force à garder une certaine tenue même si je sais bien qu'en pratique il n'a que très peu de lecteurs.

 

03/12/2006

J'ai découvert un certain nombre de groupes de rock ou de musique électronique ces derniers jours en m'appuyant sur Wikipedia et sur le téléchargement. Les articles foisonnent. Par forcement indiscutables mais qu'est ce que cela peut faire ? Lorsqu'un groupe inconnu se présente, je recherche si j'en trouve quelques enregistrements pour écouter. Du coup, maintenant, le téléchargement n'est plus seulement pour moi un substitue à la médiathèque, c'est mieux. Je n'imagine même pas que je pourrais trouver les albums de Die Form ou des Thugs à la bibliothèque. On parlait encore cette semaine d'une jeune femme condamnée à 1500 euros d'amende pour téléchargement. Avec sursis. J'ai noté un changement de ton. Les maisons de disques ont fini par comprendre qu'elles devaient accompagner cette évolution technologique. Ils disent maintenant que leur objectif n'est plus de poursuivre les jeunes. Ils misent sur le téléchargement payant.

Je me disais que je ne devrais peut-être pas écrire cela : 1500 euros, c'est une grosse somme pour des mp3. Seulement avec le sursis,... c'est un peu hypocrite. Cela revient à dire que la jeune femme s'est faite gronder. Quelle ne recommence plus ! Et s'il suffit d'écouter de la musique sans payer pour avoir son diplôme de rebelle, c'est qu'on n'est pas loin d'atteindre le fond. Dans le même ordre d'idée, la télévision montrait, ce midi, les images de la manifestation ... des supporters du PSG.

Pour l'heure cette foison de musique me laisse un peu dérouté. L'idée très linéaire de son évolution que je pouvais avoir est mise à mal. C'est bien normal. On ne peut nier pourtant que l'argent est un frein. Il l'a été, je veux dire, pour moi, dans le sens où les musiques (grandes ou petites) que j'écoute en ce moment, j'aurais voulu les entendre plus tôt. Je n'y avais pas accès. Cela me donne une sorte de responsabilité. D'en faire bon usage.

 

09/12/2006

AP m'a prêté une revue présentant un catalogue d'objets de luxe. Tous plus chers les uns que les autres. C'était le but. Une revue très bien faite, avec beaucoup de goût. Les commentaires écrits sur chaque objet restaient descriptifs avec le ton ampoulé des commerciaux cherchant à valoriser leur produit. Plus intéressants, quelques textes en introduction de la revue, cherchant à justifier la démarche. J'ai bien aimé, en particulier, l'un d'eux, qui disait que pour voyager, il faut partir avec deux valises ! Très amusant. L'une pour ses bagages, l'autre pour ses objets de luxe. Lorsque vous être triste dans un palace à l'étranger, disait l'article, vos objets de luxe vous protègent et vous rassurent. C'est, bien entendu, une idée du voyage qui, pour moi, est un contresens, mais j'ai pensé qu'il fallait lire ce texte au second degré et j'ai trouvé cette mauvaise fois sympathique.

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Je me pose des questions sur le niveau d'intelligence de mes contemporains. J'entends une émission de radio sur le thème du principe de précaution. L'angle est de montrer que d'inscrire ce principe dans la constitution française risque d'amener à scléroser la recherche. Soit. Un médecin tente de prouver cette thèse. Il parle d'un cas caricatural d'une recherche de vaccin contre le SIDA qui a été bloquée à cause du risque induit pour les tourterelles. Il parle aussi du cas de la vaccination contre l'hépatite B. Elle a été arrêtée en France, où cette maladie reste rare, à cause des effets secondaires provoquant parfois la sclérose en plaques. Du coup, certains pays Africains, imitant la France, ont également arrêté cette vaccination alors que chez eux le risque était beaucoup plus grand. Ils n'auraient pas dû. Le médecin de conclure qu'un "principe de précaution nationaliste peut aboutir à un risque universel". Je crois que c'est à peu près ce qu'il a dit. Quelle argumentation déplorable. Pas mal de failles dans le raisonnement de ce spécialiste; cela m'angoisse. Ici, je ne vois pas pourquoi les médecins français prenant une décision pour la France devraient se sentir responsables des erreurs des médecins africains qui travaillent dans un contexte très différent. Il y a là, un vieux relent de colonialisme, pas sympathique. Je vois aussi l'indice de l'expert qui n'aime pas qu'on mette le nez dans ses affaires, que cela gêne de devoir creuser ses arguments. Il y a bien sûr une difficulté avec cette notion, car expliquer le risque n'est pas évident. Surtout à des imbéciles ! Des gens qui croient, par exemple, à l'astrologie... Comment parler avec eux du choix entre deux risques évalués en terme de probabilité ? C'est bien de cela qu'il s'agit. Il est plus facile de parler avec des gens qui ont la même culture et les mêmes préoccupations. Les scientifiques entre eux. Cela m'attriste de voir la faiblesse de leur argumentation, ces excès sont plutôt contre-productifs...

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Vu le film "beau travail" de Claire Denis. Peu d'histoire mais des images splendides sur les légionnaires à Djibouti. Elle les filme comme des bêtes curieuses, à la fois attirantes, musclées, viriles et occupées à des choses absurdes : creuser des trous, peindre des pierres, faire son lit au carré, repasser le pli de son pantalon, etc.

 

23/12/2006

Congé de fin d'année à la campagne et plein de bonnes intentions. Reprendre ces notes, rattraper , enfin, mon retard de plusieurs mois. Lire. Terminer les "bienveillantes". Enfin ! Ce soir ou demain. Ce livre me laissera une impression mitigée. J'ai eu plaisir à le lire mais, en même temps, il m'éloigne de la littérature. Est-ce que j'ai vraiment l'intention de produire ce genre d'objet ? Pas sûr...

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J'ai écouté beaucoup de musiques ces derniers temps. Très éclectiques. Des groupes des années soixante, les Byrds, le Grateful Dead,, ou bien encore des musiques électroniques que je ne connaissais pas, Funker Vogt, ou Richie Hawtin, etc. J'ai depuis un soupçon d'envie de produire quelques morceaux... Cela restera probablement au niveau de l'envie fugitive, mais ça méritait d'être noté. Après tout, j'avais bien acheté mon premier ordinateur dans le but de produire de la musique électronique. Je suis vraiment passé à côté. Il est probablement trop tard à présent. Mais trop tard pour quoi ? Je continue de dériver d'une pensée à l'autre, d'un désir à l'autre, sans parvenir à me fixer. Le temps passe. Il vaudrait mieux que je m'admette comme ça. C'est ce que je fais d'ailleurs, mais sans réussir à faire de cette mobilité une force.

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C'est étonnant ce que j'apprends sur Littell. Il aurait été blessé à la tête lors d'une de ses missions humanitaires. Comme son héros. Je ne sais pas si c'est vrai mais ça donne une dimension supplémentaire à son livre.

 

24/12/2006

C'est fait, j'ai terminé le livre de Littell. Ça m'aura pris plusieurs semaines. J'enchaîne avec "le lièvre de Vatanen". Un autre univers. Pas mal. J'attendais avec impatience la rencontre avec Hitler dans le livre de Littell. J'ai été surpris de la brièveté de ce passage et de sa sobriété. Ce qui me conduit à dire que finalement Littell écrit plutôt bien contrairement à ce que j'avais pu penser au début. L'emploi de certains mots chez lui m'a surpris. Remis dans leur sens premier, sans chercher d'effet. C'est bien. L'efficacité du passage avec Hitler m'intéresse. Je me souviens d'un livre (sanctuaire) dans lequel j'avais loupé le passage important et auquel je ne comprenais plus rien. J'avais dû relire une partie mais c'est resté pour moi une lecture douloureuse avec le sentiment désagréable d'un rendez vous manqué. Pas de ça chez Littell, malgré sa longueur, il a tenu mon attention tout le temps. Le mélange de registres, grave ou comique-troupier, dans le même ouvrage est sans doute ce qui m'a le plus étonné.

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Le froid s'est installé ces derniers jours et je dois lutter contre. Cela veut dire s'occuper du feu. Jouer entre les différents bois à brûler. Plutôt les planches de sapin très sèches lorsque je veux un feu vigoureux. Les billes de charme si je veux que le feu se prolonge plus longtemps. Malgré cela, je suis parfois pris par le froid et j'ai tendance à l'hibernation. Je dors de longues nuits et me laisse flotter dans une sorte d'engourdissement. Je fais des rêves idiots. Comme celui de cette nuit où un chef veut nous imposer de porter une insigne avec notre nom. Je suis le seul à refuser, et de constater que "c'est mon côté rebelle". Je ne vois vraiment pas pourquoi je me pense comme ça, dans mes rêves. Je ne suis plus rebelle. C'est comme si je me mentais à moi même.

 

25/12/2006

J'entends quelqu'un dire : ce serait bien d'écrire un livre sur les échanges entre quelqu'un qui - comme moi - a vécu beaucoup de choses et un autre qui n'a pas vécu... Je me sens très étranger à cette idée. De quel côté serais je dans cette typologie ? qu'est ce qu'avoir vécu ? et puis comme cela me semble court comme sujet pour un livre. Quelqu'un qui a vécu, devrait avoir de meilleures idées ! Je note que j'ai de plus en plus souvent matière à des jugements aussi sévères. Comme si je me sentais entouré par un certain relâchement.

 

27/12/2006

Voilà, mes notes sont maintenant à jour et reconstituées. J'ai terminé aussi de lire le lèvre de Vatanen. Encore une histoire de solitaire ! qui me reste assez étranger. J'avais pris ce livre à cause du film qui vient de sortir. Ce doit être facile d'en faire un film. Il y a des scènes marquantes. Mais je n'en vois pas trop l'intérêt. Je n'irai pas le voir.

Ce qui me frappe en relisant mes notes de ces derniers mois, ce sont les nombreuses références à ma vie à la campagne. C'est assez trompeur vu que je n'y suis que les week-end. C'est que je n'écris que rarement en semaine et réserve le calme du samedi pour réfléchir et faire le point.

 

27/12/2006

Comme l'on sait, je me chauffe au bois à la campagne. Je comprends mieux à présent ce que signifie le mot foyer. Maintenir le feu est une contrainte permanente et il était très utile que quelqu'un restât dans la maison pour le maintenir actif. On peut imaginer que toute l'organisation de la société en dépendait et que c'est l'invention du chauffage central qui a libéré les femmes !

L'arrivée de la nuit vers six heures avec la baisse de température et l'obscurité puissante les soirs de brume me donnent aussi une idée de ce qu'étaient les soirs d'hiver du passé. Le sommeil me prend très tôt et me laisse glisser dans une sorte de nonchalance feutrée. Je fais de longues nuits, près du double de mes nuits habituelles. Ce qui a l'effet aussi de nourrir la colère profonde que j'ai de ne pas être à ma place et de ne pas trouver cette place.

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J'ai entendu de nouvelles choses sur Littell. Deux enregistrements que j'avais datant de septembre et puis hier, un débat entre quatre historiens et deux journalistes à propos de son livre. J'ai appris de Jérôme Garcin que les journalistes ont dès le début juin les épreuves des livres qui sortiront en automne, ce qui leur donne le temps de s'en imprégner et de paraître plus intelligents! De Littell lui même une évaluation du nombre d'allemands qui ont participé assez directement à l'extermination des Juifs. Ils ont été 200 000. Les historiens ont indiqué que les faits rapportés par Littell sont exacts. Ils ont surtout remarqué l'invraisemblance du personnage principal, un français pratiquement. Sa position dans le dispositif nazi leur paraît incongrue et ils regrettent que Littell n'a pas suffisamment étudié la culture allemande et ses fondements dans la naissance de l'idéologie nazie. J'ai aussi remarqué qu'il était difficile pour tous d'accepter que c'est un personnage qui parle - un salaud - et que les justifications qu'il donne de ses actes ne sont pas nécessairement acceptables, qu'on peut les contester. Littell nous a bien abusé avec ça. Il joue sur cette ambiguïté, si bien que cela peut lui permettre de masquer ses propres dérapages. Il est malin. Dans les interviews, il est très correct. J'aime bien le recul qu'il prend. "Je n'ai jamais dit que c'était un livre parfait". Et le journaliste de lui répondre que ce n'est pas un livre parfait ( ce qui est une évidence) mais que quand même, il est pas mal ! Il ne sait pas s'il en fera d'autres : on sait pas, on verra. Et il ne lit pas tellement les écrivains actuels.

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Lorsque j'écris ces notes j'ai l'impression de gratter le fond. J'écris mal et les idées ne viennent plus. C'est laborieux. Un rien détourne mon attention. En l'état je ne vois pas comment je pourrais écrire sérieusement. Je ne comprends pas non plus ce sentiment de rejet qui me domine mais dont je ne sais pas la raison profonde.

 

 

notes janvier 2007

 

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mise à jour le 11/03/2007