notes d'artiste (janvier 2005)

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et de mes autres trucs.

 

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Une seule page pour tout 2005, mauvais signe ou pudeur grandissante ?

23/01/2005

A propos, j'ai appris que la "machine à merde" - je crois déjà en avoir parlé dans mes notes - continuait son bonhomme de chemin vers la postérité. On l'a améliorée et elle est régulièrement exposée. Elle pue. Certains instituteurs en visite l'utilisent pour expliquer les principes de la digestion à leurs élèves...

J'avais senti très vite qu'il y avait quelque chose dans cette œuvre tout en admettant que je n'aurais jamais eu l'idée de la réaliser. C'est une œuvre majeure, je pense, en même temps qu'elle a ce côté désespérant qui caractérise notre époque. Ça vaut le coup de réfléchir pourquoi elle est si importante, quel est son ressort profond. En soi, il n'y a rien à comprendre qui n'ait déjà été dit mille fois : "l'art, c'est de la merde", "je fais de la merde et on me paît pour ça" et "c'est toujours assez bon pour ce public de merde...", "servir de la merde aux cochons", etc. L'œuvre renvoie aussi à la scatologie et au discours de la psychanalyse sur la scatologie. Elle renvoie aussi à des choses plus anciennes comme l'alchimie et l'espoir de pouvoir transformer la merde en or. Cette machine le fait d'ailleurs très bien. Elle a des produits dérivés (l'auteur vend des inclusions de merde dans des bouteilles en verre). C'est une œuvre collective, des scientifiques y ont participé. C'est aussi une vision de la nature humaine; nature qui, objectivement, peut se réduire à une machine qui produit des excréments. Ce qui, au passage, dénonce ou épingle, l'approche scientifique des choses qui finit par représenter l'homme, par une suite de cornues et d'alambics qui à l'évidence ne coïncident plus exactement avec ce qu'on appelle un être humain. Cette œuvre tente aussi insidieusement de nous faire "prendre des vessies pour des lanternes".

Le fait que ce soit "une machine" a aussi son importance. Ce sont les machines de Deleuze, bien sûr, mais aussi ce questionnement à peine esquissé qu'on doit avoir sur le pourquoi les hommes construisent-ils si volontiers des machines. L'industrie japonaise se passionne pour la réalisation de robots qui "singent" l'homme. Pourquoi les robots ne pissent-ils, ni ne chient jamais ? N'est-ce pas pourtant cela qui fait l'essence même du vivant ? Cette machine à merde nous ramène à l'essentiel. Le fait est qu'on produit des déchets, toujours plus de déchets, et que notre triste condition est d'emmerder le monde.

On a l'Art qu'on mérite ! Je me demande qui est l'auteur de cette œuvre, je crois qu'il est Italien... mais je trouve qu'il a fait mouche avec cette œuvre qui pourtant est d'une banalité crasse. On est dans la répétition, le processus biologique sans fin... Je ne vois rien de nouveau dans cette réalisation. Exposer du caca a déjà été fait dans les sixties. Exposer le vide, Duchamp l'avait fait (20cc. d'air de Paris) et dans les années soixante dix, on pouvait acheter des boites de conserve d'air de Paris (sans garantie, d'ailleurs, qu'il s'agissait bien d'air de Paris)... Rien de nouveau, et pourtant cette œuvre se tient. C'est évident. Elle a le quelque chose en plus après lequel courent tous les créateurs.

On peut, pour le cas où, essayer d'en tracer quelques traits en forme de règles à suivre pour réussir (ce qui ne marche jamais, on le sait bien) :

C'est une œuvre transparente : elle dit ce qu'elle fait au premier abord. Les tubes sont transparents, les cornues sont également en verre. L'auteur montre tout de sa cuisine. Son œuvre est transparente comme une cathédrale.

Le côté machine, laboratoire de biologie, donne une caution scientifique. Ça fait sérieux. L'auteur dit qu'il a fait appel à des spécialistes. Tu parles ! On peut toujours faire semblant de le croire (on a envie de le croire).

Cette machine dérange. Son but qui est de produire de la merde dérange les biens pensants - ceux qui paient très cher les œuvres d'art, ceux qui consacrent leur vie à l'Art - mais plus concrètement, cette machine sent très mauvais, à tel point qu'on ne la laisse pas fonctionner en permanence. Là où elle est exposée, ça devient invivable. Cela questionne sur la place des œuvres d'art. Veut-on les avoir chez soi ? dans son confort intérieur ? Quel rôle pour le Musée dans la Cité ? Que va t'on y foutre, dans les musées, le dimanche avec ses enfants, ou avec sa copine ? Est-ce que les musées ne sont pas en train de devenir les dépotoirs où l'on range les questions emmerdantes qui nous encombrent chez soi ?

Je remarque aussi que cette œuvre dit très peu sur l'artiste lui même. Je ne sais pas si c'est une bonne chose mais tout se passe comme si la machine avait digéré son auteur et pris son autonomie. C'est le rêve absurde des savants fous (Frankenstein,...) qui semble une nouvelle fois s'accomplir. Je vous l'avais bien dit pourtant ! Vous étiez prévenus. Maintenant on a cette machine. Quoi faire avec ? Est-ce qu'on va se laisser longtemps emmerder par elle ? Elle va inévitablement poser des questions d'entretien et de conservation comme toutes les œuvres d'art reconnues. Aux conservateurs de se débrouiller avec ça, direz-vous, chacun son boulot et ce n'est pas le moindre intérêt de cette œuvre que d'être une vraie emmerde pour la caste des gardiens de musée. On avait déjà la pissotière de Duchamp. Cette nouvelle œuvre n'apporte rien de plus, sinon son côté dynamique. Le fait qu'il faut la nourrir, l'alimenter. On peut l'arrêter mais en a t'on le droit ? Et si on arrête cette machine, pourquoi alors faudrait-il conserver les autres œuvres, dépenser tant d'argent pour les protéger. Quelle est la différence ?

J'ai déjà parlé plus haut des connexions avec les grandes questions contemporaines : l'écologie, la psychanalyse, la nature de l'homme, "être pensant" ou simple "machine à merde".

Le prolongement avec Duchamp est aussi à souligner avec insistance. Dire qu'il n'y a rien eu après Duchamp ne serait sans doute pas honnête, pas plus que dire que Duchamp est le plus grand artiste de tous les temps. Il était tout de même très dilettante, c'est le paradoxe ! Mais on voit bien que c'est là dessus qu'on bute depuis quelques années : dépasser Duchamp. Si l'Art est une production collective, la majorité de ce qui se produit aujourd'hui (installations, performances,..) ne vise au fond qu'au seul objectif d'en finir avec la pissotière ou le casier à bouteilles de Duchamp.

La machine à merde se situe dans cette ligne. Elle dépasse la pissotière comme je l'ai dit, dans le sens qu'elle pose un problème aux gardiens du temple que sont les "conservateurs"... mais elle ne dépasse pas le casier à bouteilles qui dit qu'il suffit d'aller chez le marchand de couleurs pour acheter un truc pour dire que c'est une œuvre d'Art. La machine à merde reste dans la tradition de l'art pensé, fabriqué, construit, digéré, expurgé et finalement exposé. Elle ne couvre qu'un aspect des choses ce qui signifie qu'elle peut être dépassée. Ça lui donne finalement un caractère sympathique. Je pense, en effet, qu'il y a moyen de pondre une merde mieux que celle là.

Enfin, à l'évidence cette œuvre a quelque chose d'excitant, d'intriguant. Difficile à définir, mais tout à fait certain. Je sais, ce sont des choses qu'on sent ou qu'on ne sent pas ! Moi, cette œuvre me parle, mais je me dis que peut-être je suis plus capable d'éclairer et critiquer des œuvres comme celle-ci, que d'en produire moi-même...

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Construction de 1500 gratte-ciel à Shanghai en une dizaines d'années. New York n'en compte qu'une cinquantaine. Le monde tourne.

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Comment arrêter un site internet ?

D'abord on a d'autres projets. C'est mon cas, et l'on se dit qu'à un moment un livre est fini, mais qu'un site internet n'en finit pas de finir. Il peut évoluer et s'étoffer mais jusqu'à un certain point. Je me sens assez loin des préoccupations que j'avais au début du site. Sans rien renier, j'ai l'idée qu'il faut une rupture. Passer à quelque chose de radicalement différent et peut-être plus ambitieux.

Si je devais renier certaines choses du site ce seraient parmi les plus récentes, certaines photographies, quelques dessins que je trouve trop hâtifs. J'ai beaucoup écouté et regardé ce qui se fait ailleurs en art. Lu quelques livres d'artistes (Tapies, Duchamp,... ) et aussi le "triple jeu de l'art contemporain" de Nathalie Einich qui m'a impressionné. J'en suis arrivé à un point de grande incertitude. Ce n'est pas le syndrome de la page blanche, enfin pas exactement, mais plutôt le sentiment de grande inutilité des productions actuelles. Les œuvres récentes me semblent ne répondre qu'à la demande du marché. Pas grand chose derrière.

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J'ai fait une expérience hier. La photographie d'accueil de mon site (cette photo où je "disparais"), ne me plaisait pas trop car sa qualité d'éclairage est en contradiction avec le côté esthétisant majoritaire sur le site. Je l'ai donc passée en noir et blanc et j'ai augmenté la lumière pour renforcer cet effet de disparition. Tout le mur d'arrière plan disparaît. J'ai décidé d'ajouter un motif pour déséquilibrer l'ensemble. Une flèche un peu courbée, vaguement orientée vers ma personne. C'est bien. C'est réussi. C'est tout à fait ce que je voulais réaliser. La flèche un peu tremblante - effet secondaire de la souris - induit un côté pas trop affirmé qui me convient... Et pourtant, malgré toute cette autosatisfaction de façade, l'image ne me convient pas complètement. Tu as beau dire, chuchote ma petite voix, tu peux faire beaucoup mieux, tu restes à la lisière des choses.. Alors j'en reste là, j'essaie de prendre du recul pour réfléchir, tout en me disant que si je dois encore réfléchir maintenant, ça risque de se terminer sur rien. Je tends vers l'immobilité complète, je le sais bien, mais c'est une immobilité vive et connectée. J'ai un certain nombre de choses à penser et écrire dans les mois prochains et mon site internet n'est pas dans ce projet. Je ne l'abandonne pas mais je ne peux plus continuer à l'alimenter. On verra plus tard.

 

27/02/2005

Je termine de recopier ces notes qui datent de plusieurs mois. Que de laisser-aller ! J'ai coupé beaucoup de choses et suis plus très sûr que le reste soit tellement intéressant. L'autocensure est devenue trop importante. Je n'arrive plus à trouver ce ton de sincérité qui me semblait nécessaire pour alimenter ce site.

Je ne trouve même pas l'énergie de créer une nouvelle page et décide de coller ceci à la fin de la page juillet-octobre...

 

06/03/2005

Je ferme un livre intitulé "les décisions absurdes" de Christian Morel que j'ai lu jusqu'à la fin même si je l'ai trouvé parfois ennuyeux. J'ai connu l'existence de ce livre à la radio dans une émission que je n'aime pas (rue des entrepreneurs) car elle parle d'un sujet qui me rebute (l'économie). J'avais quand même de bonnes raisons pour m'intéresser à ce sujet délicat de la prise de décision, et à quoi serviraient les livres s'ils ne servaient qu'à trouver des idées qu'on a déjà. Ce livre m'a parfois agacé. A d'autres moments, il m'a appris des choses. J'ai pu y observer à l'œuvre une méthodologie scientifique, peut-être pas super-brillante, mais rigoureuse : identification des cas, classement, synthèse, remise en cause des hypothèses de départ. Ceci fait, avec la modestie du scientifique qui ne prétend pas tout changer mais progresser un peu. Ce n'est pas exactement ce que j'appelle un livre. Il n'a pas le style, ni la grâce du style, c'est entendu, mais au delà, je ne sais même pas dire en quoi ce livre est terminé. Il décrit un certain nombre d'accidents malheureux, mais pourquoi ceux là plutôt que d'autres ? On ne sait pas. On comprend peu à peu, que l'auteur a établi une sélection typologique permettant d'analyser différents types d'erreurs. Certains sont incontournables comme l'accident de la navette Colombia. Encore faut-il accepter les conclusions de l'enquête qui attribue l'accident à un défaut des joints soumis à une trop basse température, et à la non prise en compte des alertes d'experts qui avaient précédé le lancement. On ne sait rien d'autres alertes éventuelles qui elles non plus n'ont pas été prises en compte, mais à juste titre. Ni de la question du fameux "principe de précaution" qui à force d'être élargi sans limite, aboutit à la paralysie totale. Le problème reste entier.

Les règles d'exigence pour ce genre d'ouvrage sont très différentes de celles qui s'appliquent à la littérature. Un roman présentant autant de faiblesses ne serait même pas publié. Je ne sais rien de l'auteur de ce livre. S'il est vif ou nonchalant. S'il parle avec un accent. Rien.... Après la fin du texte, j'ai continué de tourner les pages. La bibliographie est longue et hétéroclite. Elle reflète le travail effectué, et on a même la liste des beta-lecteurs.

 

10/03/2005

Infos du matin. On parle des ventes importantes d'une réédition de Mein Kampf en Turquie. C'est présenté comme un argument contre l'entrée de la Turquie dans l'Europe. On apprend aussi la conclusion de l'affaire des dossiers de déclaration d'impôts d'Hervé Gaymard, Lionel Jospin,... Ce serait l'erreur d'un fonctionnaire "plutôt maladroit". Je me demande dans quel monde nous sommes pour avoir des informations qui ressemblent tellement à la dictature.

 

19/03/2005

J'apprends qu'en Corée, un scientifique fabrique des poissons d'aquarium fluorescents par manipulation génétique. Lui et son associé vont gagner beaucoup d'argent. A huit euros pièce. Dans leur ferme aquatique, ils en fabriquent des dizaines de milliers. La logique est la même que pour le maïs transgénique. les poissons sont stériles et leur fabriquant y trouve même une justification éthique en expliquant qu'ainsi, les animaux ne pourront se disperser dans la nature. La vraie raison, me semble-t'il, serait plutôt économique. Il s'agit de maintenir le marché : que dirait-on si les produits industriels se mettaient eux aussi à se reproduire gratuitement ?

Ces poissons fluos dans leur aquarium ont un charme indiscutable. Le fait qu'ils soient enfermés dans cette boite de verre peut paraître rassurant. D'un point de vue esthétique, la fluorescence de ces poissons évoque des images vidéo. C'est assez triste. Comme si le réel devait désormais copier la télévision. Qu'on crée désormais des chimères domestiques grâce à la génétique ne me surprend pas. Après les poissons ce seront les chats et les chiens, les plantes vertes. Salvatore Dali, s'il vivait encore, nous composerait le chat-limace ou l'oiseau-fée... Ça ne s'arrêtera plus.

 

26/03/2005

Sur mon site, les compteurs ne marchent plus. Tout mon historique a été effacé et si je veux rétablir les traces, il faut débourser deux euros par mois. quelle arnaque ! Le site marche toujours mais je n'ai plus la visibilité quant à sa fréquentation.

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Mort du pape. On l'enterre vendredi. Plus de mille trains ont été affrétés pour conduire les fidèles à Rome. Je ne comprends pas très bien cette ferveur.

 

12/04/2005

Entendu à la radio (une allemande parle, elle vit en France, la date n'est pas certaine mais c'est avant le référendum) : "Les Français sont "bornés". Il y a chez eux quelque chose de rétréci, comme s'ils évitaient toute forme d'émotion. Les parents d'abord, ont peur de l'échec scolaire de leurs enfants. Lesquels étudient avec cette inquiétude permanente. Ils peinent pour arriver à l'age adulte. Ils achètent leur première voiture, se marient, fondent une famille. Ils attendent la retraite. Ils se mettent en préretraite et se retirent à la campagne. Ce n'est pas un bon scénario".

 

17/04/2005

On me dit que fais-tu ? Ton, livre, tes tableaux, ton site, tu ne le mets plus à jour. C'était pas mal pourtant ce que tu faisais. Je sais. C'est que je suis occupé ailleurs. Toujours ce "programme" que je développe et améliore depuis fin octobre. J'ai sans aucun doute sous estimé la charge mais pas tant que ça. Il s'est beaucoup déployé et j'en suis arrivé à une structure pas mal du tout. Pas terminée, mais jusqu'ici très stable; je veux dire qui accepte des évolutions, de nouvelles fonctionnalités et perspectives sans tout remettre en cause.

Je pense à ce logiciel comme on pense à un livre : un gros projet casse-gueule duquel il faut sortir sans se décourager. Je crée ce logiciel en pensant à ce qui deviendra, je pense, mon prochain livre. Quelque chose qui vient des profondeurs pour produire un résultat net à partir de rien, une question, un changement de perspective. Je pense que créer un programme informatique ou écrire un livre sont deux activités très proches, peut-être même deux faces d'une même aspiration. Le livre et le logiciel vont seront ainsi les deux faces d'un même projet. Le programme doit précéder, servir d'expérience et de contradiction interne. Je ne sais pas encore si ces deux faces sont en complémentarité ou en opposition. C'est l'une des principales questions pour moi.

Malgré le temps passé sur ce programme qui probablement ne servira jamais (je m'en sers déjà un peu, cependant), je ne peux l'interrompre en l'état. Il demande encore de la nourriture. Il manque des fonctions. Certaines que j'avais prévues depuis le début, d'autres qui se sont présentées depuis. Il faut parfois reboucler. Une partie que j'avais réalisée avec mes connaissances du moment devient obsolète car j'ai appris à faire mieux depuis. Souvent, par un usage plus habile des "expressions régulières". Il faudrait que je parle de cette particularité des langages qui vient d'unix et qu'on trouve dans de plus en plus nombreux langages. Cela permet de traiter des textes de manière étonnante et c'est une vraie philosophie que d'apprendre à bien les utiliser.

 

25/04/2004

Appris sur Arte l'existence d'un nouveau concept appelé "machinima". Il s'agit de produire des films en détournant le moteur 3D de jeux vidéos. Il existe plusieurs sites internet qui parlent de ce sujet ( Machinima , Strange Company , Lune Rouge). Contrairement aux commentaires que j'ai entendus, je ne trouve pas cette démarche originale, simplement logique. Cela préfigure des logiciels dont on disposera bientôt pour créer des films, peut-être sans acteur. Pour l'instant les ordinateurs manquent encore de puissance. Tout est basé sur un principe d'économie. Plutôt que dessiner chaque plan du film, on utilise un jeu. Certains disposent d'un éditeur permettant de créer de nouveaux caractères et de nouvelles scènes. Il n'y a qu'à les utiliser comme outil de création. On peut même produire des films en temps réel en se mettant à la place du héros.

Le principe de détourner des objets ou des machines de leur contexte pour en faire autre chose n'est pas très nouveau depuis Dada... Il est naturel aussi d'aller chercher ces bouts de programme dans les jeux puisque ce sont les seuls produits grand public qui ont développé ce genre de fonction. Beaucoup ont senti que du jeu à la création artistique il n'y a qu'un pas.

Le problème de la vente des films produits de cette manière est immédiatement posé. As t'on le droit d'utiliser un logiciel qu'on a acheté pour faire des films ? Les gens qui écrivent sur ces sites semblent dire que non mais je pense qu'ils ont tort. Si je filme une chaise dans mon film, doit je payer des droits au fabricant de la chaise ? Bien évidemment non. On n'en sortirait plus ! Mais je pense néanmoins qu'il y a un problème et que les premiers films qui utiliseront ces logiciels auront probablement des embrouilles légales à résoudre... Mais le fait même que la question soit posée souligne le problème. L'autocensure est devenue démesurée ces temps ci. On passe allègrement du "tout est gratuit" en téléchargeant n'importe quoi sur le net, au sentiment que "tout est interdit". Ça manque vraiment de réflexion tout ça. !

 

05/05/2005

Visite sur le site d'Etienne Chouard. (http://etienne.chouard.free.fr/) son texte contre la constitution européenne me trouble. Le reste de son site est banal et mal fichu. Je reste hésitant sur le vote. Le discours de l'extrême gauche me laisse perplexe. Peut-on réellement voter contre cette constitution ? J'en veux quand même aux politiciens de vouloir tout décider en petit comité et demander un chèque en blanc. Donner à voter par référendum un texte tellement complexe et technique n'est pas très honnête. Je me sens incapable d'en mesurer les enjeux. Je ne dois pas être le seul... Cette soudaine célébrité, sans doute éphémère, pour Etienne Chouard est un autre exemple de ce que peux faire internet. Etrange et effrayant.

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Erré sur internet et trouvé un certain nombre de documents sur l'utilisation d'internet. Beaucoup de chiffres qui n'ont pas été mis à jour, y compris ceux publiés par le gouvernement Français. On sent bien qu'il se sont engagés dans la publication de données sous l'effet de la mode et ne peuvent pas maintenir leurs chiffres. C'est classique. Reste la tendance lourde de l'augmentation du nombre d'internautes (en France, 7 millions début 2000, 11,9 en 2001, 24,5 en février 2005).

 

22/05/2005

Je suis moins attentionné par la rédaction de ces notes et la conséquence immédiate est que plusieurs idées auxquelles j'avais pensé me sont sorties de la tête. Dommage. Je n'ai plus une vision très claire des choses dont j'ai parlé ces dernières semaines et celles que j'ai oublié. Il faudrait que je me relise. Il faudrait tout relire depuis le début pour mesurer les changements...

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Visité rapidement le site du projet Wikipédia (http://www.wikipedia.org/). Le projet d'une encyclopédie internationale multilingue m'intéresse beaucoup. Me fascine même. J'étais déjà allé sur ce site mais le contenu des articles ne m'avait pas convaincu. Cela a beaucoup progressé depuis. L'idée force est la mise en commun du savoir. A priori n'importe qui peut participer.

J'ai parcouru les documents de présentation - j'y reviendrai - et j'y ai lu un mélange de détermination et de naïveté. Je ne sais pas si un tel projet est viable. Cela suppose beaucoup de désintéressement des rédacteurs d'articles. Je m'interrogeais aussi sur le "niveau" que peut atteindre un tel projet. Peut on obtenir le meilleur des connaissances sur tous les sujets ou cela va t'il se stabiliser sur un niveau moyen de "première année de fac" ?

Le principe d'ouverture à toutes les bonnes volontés est-il viable à terme ? J'imagine que si le projet fonctionne vraiment bien, il sera un jour impossible de contribuer si on n'est pas un spécialiste très pointu. La version anglaise compte actuellement 500 000 articles. A quoi cela correspond t'il en regard de la connaissance humaine ? Combien en auront-il à la fin ?

Ce projet m'intrigue mais me pose aussi beaucoup de questions. Je vais réfléchir d'avantage, éventuellement prendrait contact avec des gens qui y participent (23/10/2005: je ne l'ai pas fait !).

 

02/06/2005

J'ai rebranché ma palette graphique en espérant sortir quelque chose. Le résultat ne me satisfait guère. Pas si mal mais c'est qu'avec les logiciels on arrive toujours à quelque chose, n'importe la manière dont on s'y prend. Pas si mal, peut-être, mais avec un sentiment profond d’être seulement dans une démarche d’art décoratif. Je n’avais pas de thème, juste des traits lancés au hasard, un peu à la manière de Jackson Pollock. Se peut-il que ce qui était important chez Pollock était la méthode de fabrication : la toile posée à plat au sol, les boites de conserve percées pour répandre la peinture, Pollock qui tourne autour de la toile comme un fauve, le côté physique de sa peinture. Se peut-il qu’avec l’ordinateur et la distance qu’il apporte, je perde l’essentiel ? Se peut-il sinon que si j’ai ce sentiment, c’est simplement parce que je suis dans la reproduction et non dans la création ? Que faire. Ou chercher. Que faut-il investir pour répondre à cette question. Je n’avais plus touché à ça depuis des mois, est-ce la cause de mon malaise ? Quelle somme de travail faut-il ? Combien de toiles Pollock a t’il peintes avant d’arriver à quelque chose, et ensuite, n’y avait-il pas un peu de procédé dans ce qu’il produisait (gamme limitée de couleurs terreuses, certains types de traits ronds et nerveux…) Un peu de bleuf en fait. Je ne peux savoir. Je ne peux parler que pour moi et c’est sur ce point que j’ai un problème.

Ce que je dis de cette tentative de peinture est beaucoup plus général. Elle concerne aussi ces notes, l’ensemble du site et ma démarche artistique. La multiplication des " blogs " ces derniers mois me donne l’impression d’être rattrapé par quelque chose de flasque et gluant. Comme si j’étais rejoint par la " masse informe ". Je ne peux pas contester le droit pour chacun de s’exprimer mais juste constater que lorsque tout le monde parle, tout devient égal et qu’il est impossible de se démarquer. Etre artiste c’est d'abord vouloir se démarquer; ce n’est pas une justification très respectable…

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On annonce qu’un nouveau type de " bracelet électronique " est désormais disponible. L’ancien modèle permettait de s’assurer que le prisonnier ne sortait pas de chez lui. Le nouveau modèle a été couplé aux satellites via le GPS et il est ainsi possible de suivre le condamné partout où il va, où il se trouve, depuis combien de temps. Interdire aux pédophiles de s’approcher des écoles ou des jardins publics. Le lendemain on décrit le même dispositif pour permettre de suivre les malades d’Alzheimer lors de leurs fugues inconscientes. On trouve toujours de bonnes raisons pour réduire la liberté.

 

10/07/2005

Je dispose depuis quelques jours d’un nouveau PC. Un portable. Le contact avec ce nouvel appareil n’est pas un grand plaisir contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. Ce nouvel appareil est évidemment plus puissant que ceux que j’ai eu jusqu’ici mais je n’y retrouve qu’un petit nombre des programmes que j’utilise habituellement d’où une sensation de nudité. Ceux qui sont proposés sont différents de ceux que j’utilisais jusqu’ici. Il faut me réadapter. C’est vrai à chaque fois. Tous les deux ou trois ans en ce qui me concerne (sans compter les ordinateurs que j’utilise au bureau).

Ce doit être un critère de notre époque qui renforce le sentiment de toujours être remis en cause, de devoir s’adapter même lorsqu’il s’agissait de programmes qui nous convenaient. Un ordinateur comparé à d’autres appareils d’électroménager ou hi-fi vidéo dispose d’un nombre de fonctions sans commune mesure - avec l’usage que j’en fais, tout au moins. L’ordinateur que j’achète n’est livré qu'avec une faible partie des logiciels que j’utilise. Les autres je dois les installer moi même et pour chacun d’eux se pose la question de savoir s’il peut encore fonctionner (Windows a évolué entre temps) . Certains de ses logiciels sont devenus obsolètes. D’autres sont supposés l’être depuis que le système d’exploitation prend en compte leur fonctionnalité (Winzip par exemple) , mais le sont ils vraiment ? C’est très compliqué. C’est pour ça que c’est déstabilisant.

Cet ordinateur dispose d’un grand nombre d’interfaces. Des prises tout le tour du boîtier, C’est impressionnant. Connexion réseau, téléphone, son, télévision, ports USB, etc.). C’est même assez contradictoire avec le fait que ce soit un ordinateur portable. Si tout était branché il serait cloué au sol comme un arbre pris par ses racines. Un jour on plaisantera de ce côté absorbant, passage obligé, que veulent avoir ces machines. Ma parole, elles se prennent pour le centre du monde ! Mais je crains qu’elle ne le soient un peu…

 

15/07/2005

Je vais tout relire. J’ai imprimé l’ensemble de mes notes avant mon départ pour la campagne. Cela fait un joli pavé mais quand je vois la faible épaisseur de ce que j’ai produit depuis le début d’année (moins de 10 pages imprimées), je mesure bien le problème. J’ai peut-être déjà renoncé à poursuivre cette démarche. Je crois que je l’ai évoqué déjà plusieurs fois, mais si c’est ce que je veux, je le fais lâchement, sans le faire vraiment, et ça ne me plait pas…

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Hier Chirac a parlé d’un projet de bibliothèque européenne sur internet. C’est une bonne chose mais ça l’aurait été beaucoup plus si ce n’était pas fait en réaction contre le projet américain de Google. Nous sommes devenus un pays, un continent, de suiveurs. Nous le savons tous. Et j’en éprouve un sentiment fort désagréable.

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En bref, je suis assez mal à l'aise !…

 

J’ai un peu écrit aujourd’hui et me suis mis en tête de créer le fichier de mes connaissances (tous les gens que j’ai rencontré dans ma vie). Je me rends parfaitement compte de l’impossibilité de mener à bien un tel projet mais je trouve intéressant de le tenter et de le pousser le plus loin possible. L’expérience conduit bien évidemment à me poser des tas de questions sur les rencontres que j’ai pu faire et donne une sorte de photographie sur la manière dont fonctionne la mémoire, comment elle navigue et rappelle les oubliés. Comme j’écris ce texte sur l’ordinateur, plusieurs noms me reviennent ; je les notes, plusieurs autres visages se signalent mais leur patronyme ne vient pas. Les ai-je complètement oubliés ? Oui, non. Un instant plus tard, untel me revient. En appelle un autre. Je crains de ne pas avoir le temps de tout noter.

L’ordre d’arrivée de mes gens est très étrange. J’ai l’impression de me reconnecter vingt ans en arrière, l’époque où j’étais jeune homme. Du coup, des connaissances plus récentes, correspondant à priori à des souvenirs plus frais, deviennent plus difficiles à nommer. J’ai l’impression que les informations sont des tiroirs différents. Il existe cependant des " hyperliens " puisque plusieurs petites amis de périodes éloignées me viennent presque simultanément… La mémoire joue sur l’émotion, c’est connu. C’est bien en réactivant des émotions qu’on peut faire agir sa mémoire. Et réciproquement dans la mesure où la mémoire est aussi une source de retrouvailles qui mêmes si elles sont fictives, n’en restent pas moins plaisantes. Recoller au réel, c’est d’abord réactiver ses souvenirs. Tout le contraire du " vivre l’instant présent " ! Premier problème du jour.

Cette expérience me donne un sentiment d’urgence, ceci d’autant que j’ai plusieurs travaux de bricolage ou jardinage urgents à faire. Ce sentiment d’urgence qui était un moteur au début de mon site internet et qui me manque depuis quelque temps. Il est facile de quantifier que sans cette autosuggestion, dans des périodes de temps égales, ma production d’artiste varie énormément. Elle est d’ailleurs tombée à zéro depuis quelques temps. Je m’en fiche en un sens. Mais pas tout à fait et je pense le moment venu de réexaminer ce que je fais dans cette galère.

J’ai à peine entamé la relecture d’ensemble de mes notes. Je me suis endormi ! C’est dire. En fait cela ne prouve pas grand chose mais le fait est que les premiers paragraphes m’ont donné une impression d’écriture assez faible (si je ne les ai pas modifiées plus tôt, sans doute que je n’avais pas la même impression). Je me suis interrogé sur la nécessité de les réécrire. Cette question avait déjà été d’actualité mais est-ce vraiment ce que je veux faire. Il faut d’abord que je sonde où j’en suis avant que de dire quoi faire. J’ai perdu du temps ces mois derniers mais il fallait que quelque chose cautérise dans lequel je peux mettre un certain nombre de choses plus ou moins personnelles. Plusieurs choses sont sur le point de changer pour moi (travail, maison) et je peux tenter de m’en servir comme levier. Je sais maintenant que mon énergie interne ne suffit plus forcément, d’où l’idée de rechercher des opportunités.

Par jeu, je rajoute une colonne numéro dans le fichier de " mes gens ". Cela ne signifie rien, mais il sera drôle de voir quel indice chacun d’eux aura dans le déversoir de mes souvenirs. C’est complètement arbitraire. Le même exercice dans six mois donnerait d’autres résultats. Et d’autres noms. Le côté quantification est amusant lui aussi. Il me motivera car, enfin, il faut que j’atteigne un nombre honorable de connaissances. Le plus compliqué ce sont tous ces gens qu’on n’a vu qu’une fois, cinq minutes, mais quand même qui ont compté comme par exemple cette adorable pompiste rousse au Danemark qui m’avait expliqué comme utiliser la pompe à essence électronique. Je ne me souviens plus très bien si j’avais besoin de ses conseils, si elle s’était adressée à moi en Français ou en Anglais mais j’avais eu beaucoup de plaisir à l’écouter… L’influence des gens sur votre vie n’est pas du tout lié à ce qu’on se dit ni au temps passé avec. C’est une grosse évidence.

 

25/07/2005

Changement dans ma maison de Montagny que j'habite désormais seul après le déménagement de ma sœur et sa famille. J'ai très peu de meubles. Les pièces sont grandes et vides, et me donnent une sorte d'ivresse qui me convient assez.

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Nouvelle tentative de relire mes notes.

Mais j'ai encore de nombreux travaux à faire dans ma maison. Lorsque ce sera terminé, j'aurais du temps pour "mon œuvre" et j'espère commencer autre chose. Ce sera en août. C'est une bonne idée de pouvoir planifier les choses, ce que je fais rarement. C'est que je me suis toujours senti dans l'attente de quelque chose. Mais cette méthode n'est guère efficace et je serais bien avisé d'en changer.

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Une sorte de dégoût qu'il faudra que je développe d'avantage est monté en moi depuis quelques mois par rapport à ce que j'appelle la "culture populaire". Le concept est délicat et naturellement provocateur, c'est pourquoi il me sera utile de le préciser, mais ces propositions que je vois sur les affiches de Lyon ou ailleurs y sont sans doute pour quelque chose (biennale d'Art, nuits sonores, etc.). Je ne vais plus au spectacle depuis longtemps mais ne me sens pas moins cultivé ni même branché. Je devrais sortir d'avantage, c'est sûr, mais c'est plus pour les rencontres possibles que pour des notions de culture. En fait, cela jouerai à l'inverse car le temps que je consacrerai aux sorties serait pris sur celui déjà insuffisant que je consacre à 'nourrir mon esprit'.

Je ne sais si mon dégoût à une valeur critique positive. Je pense que oui mais il faudra au préalable que je retire ce qui est de l'ordre de la fatigue. Ce qui vaut pour moi ne vaut pas forcément pour un autre et il peut subsister un peu de mauvaise foi à dire que les spectacles que je n'ai pas vus ne m'apporteraient rien. Ce fût cependant le cas du dernier concert auquel j'ai assisté. La foule compacte ne me convient plus et la convention du concert rock me barbe. C'est devenu très conventionnel. Il me semble que si je faisais des concerts j'essaierais de remettre la forme en cause. Ceci, tout en sachant que la provocation ne paie plus à l'évidence (et puis provoquer pour qui ?). Sachant aussi que ce n'est pas forcément facile d'innover et d'y entraîner les musiciens, les loueurs de salles et au final, le public, qui attend je ne sais quoi. Peut-être aussi que je devrais aller voir ce qui se passe dans des lieux plus avant-gardistes.

Ce qui me gêne c'est plutôt cette idée d'une culture généralisée (ce dont, à d'autres époques, j'aurais pu rêver) : ces expositions "grand public", les annonces de sorties de disques au journal télévisé, le pilonnage des DVD en grands échafaudages au supermarché, ce genre de choses, dont parfois je profite et tire parti, ce qui me met dans une contradiction embêtante.

En fait je trouve - c'est un jugement absolument subjectif - qu'il ne se produit plus rien que je n'ai pas vu ici ou là. Je découvre beaucoup plus dans des livres parfois très anciens. La nouveauté est que tout est devenu industriel y compris les festivals, les expositions… et qu'on a un sentiment de surabondance. En un sens, si je fais la somme des influences que j'ai désormais à gérer (beaucoup de films en particulier ces derniers mois) et la pléthore d'outils dont je dispose sur mes ordinateurs (programmes de dessin, de musique, de retouche photo, montage vidéo, etc.) , il y a matière a être pris de vertige; ce qui est mon cas en réalité.

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Rétroaction. C'est le rôle que j'avais donné à ces notes dès l'origine : pouvoir me relire et me critiquer. Là j'ai relu quelques unes des premières pages et je mesure - quand même - le chemin parcouru. Je remarque mes lacunes de l'époque, à propos de ce que j'écrivais sur Mondrian. Ma méconnaissance de Morellet et mes questions sur les tirages aléatoires qui me préoccupaient beaucoup à l'époque. Cela me donne une motivation pour tout relire de manière à pouvoir faire un bilan un peu plus ambitieux.

 

31/07/2005

Surprise, en relisant des notes écrites ce début d'année, je tombe sur mes réflexions à propos de ce logiciel que j'écrivais et du livre qui devait le prolonger. J'avais oublié ce programme qui reste à terminer !

Cette question de l'oubli est importante. Il y a sans doute un rapport étroit entre la capacité de ne pas oublier et le statut d'artiste. Etre capable de rester attaché à un projet précis. Cet oubli me laisse un goût désagréable comme si je n'avais pas tenu parole à moi même. Ce qui me semblait si important quelques mois en arrière ne compte plus. En soi, ce n'est pas un problème. Ce qui en est un, c'est que le projet n'a pas été mené à bout et que c'est toujours un peu le même processus. Je n'abandonne pas facilement mais les choses s'étirent indéfiniment, se complexifient sans cesse et je finis par perdre mon intérêt. Le cas de ce logiciel est significatif. J'ai fait un travail énorme. Beaucoup inventé. Mais il reste encore des choses à réaliser et je ne me sens plus trop de m'en occuper. J'ai d'autres préoccupations.

Je pourrais généraliser cette impression à d'autres choses que j'ai entreprises. Mes applets par exemple; je suis loin d'avoir exploré tout ce que j'avais imaginé et c'est peut être pour cela que je n'en n'ai pas complètement tiré parti. J'avais aussi envisagé certaines évolutions du site que je n'ai pas mises en œuvre (l'achat des images en ligne par exemple). Mais je n'arrive pas à trouver cela très grave, juste un peu désagréable. Et puis surtout, cela me pose la question de "maintenant". Faut-il reprendre les choses interrompues ou les orienter vers d'autres directions. En fait, je pourrais généraliser ce constat à ma vie dans sa totalité.

 

07/08/2005

Par deux fois, j'ai été déçu par des émissions d'Arte. Cela mérite d'être relaté car c'est rare. La première fois c'était à propos d'une émission sur les synthétiseurs (les instruments de musique électronique) . Sujet anodin mais qui ne pouvait manquer de m'interpeller. Ça partait bien. Ils parlaient de Tangerine Dream et Kraftwerk. Mais assez vite le commentaire s'est embrouillé dans une thèse visant à démontrer qu'on était aujourd'hui revenu au son pur du piano. J'ai bien sûr compris cette pirouette comme une manière de se sortir de la complexité des différentes branches de la musique électronique dont je ne connais même pas les noms (house, techno, jungle, hardcore, etc.) , mais c'est très partial. On ne peut éliminer si facilement la musique électronique qui est par nature une tendance de fond. J'aurais aimé entendre quelques réflexions sur le fait qu'aujourd'hui n'importe quel PC portable peut embarquer des logiciels qui sont de véritables studios d'enregistrement et que cela crée une situation nouvelle. C'est devenu gratuit de la musique. On peut s'auto-publier sur internet. On n'a plus aucune excuse de ne pas réaliser son CD si on en a envie. Alors vouloir prétendre que la vraie musique c'est le piano, avec son côté intimidant, les années d'étude nécessaire pour atteindre un niveau de concertiste, cela me semble simplement une manière de s'excuser de ne pas affronter le vrai problème qui est de se confronter à la création artistique et au destin. La question n'est pas nouvelle et elle déborde le monde de la musique… L'autre désaccord avec Arte m'est venu d'un sujet de Métropolis à propose de l'encyclopédie Wikipédia. J'ai appris quelques trucs mais je n'ai pas trop compris ce ton réservé qui disait à la fois que c'était une idée grandiose et qu'ils ne voulaient pas trop s'en mêler. Peut-être est-ce à cause de la mégalomanie de son créateur qui espère qu'un jour Wikipédia sera comme la bibliothèque d'Alexandrie, qu'on en parlera comme d'une étape phare de l'Humanité. Que peut-on lui reprocher sinon d'utiliser les codes d'expression américains ? Ça me rappelle les fameuses lois de la robotique d'Asimov et cette nouvelle dans laquelle un robot croit servir Dieu en exécutant la tâche pour laquelle il a été conçu par les Hommes. Mais qu'importe s'il fait bien le job ! Sur la réticence, j'ai envie de la mettre en perspective sur un truc que j'entendais à propos de Sartre et de la revue Les Temps Modernes. Les producteurs de la revue recevaient des étudiants qui venaient les interroger, des sympathisants, mais aucun ne se proposait pour participer à la revue… J'ai l'impression que Wikipédia subit le même phénomène.

 

17/08/2005

J'ai commencé à lire le livre de Dan Brown, le Da Vinci Code. J'ai besoin d'en savoir plus sur ce livre qui a eu un tel succès. De voir comment "il marche". Dès la première page mon impression est que "ce n'est pas très bon", je veux dire que le style est très conventionnel et que les "micro-intrigues" sont grosses. Ce livre pose un problème quant à la vérité. Je suis gêné par de nombreuses affirmations péremptoires dont il est évident que certaines sont vraies, d'autres non, mais qu'il serait trop long de vérifier. On risque de finir par tout accepter… (ou de tout rejeter; c'est mon cas). Cela pose un problème et DB a du culot, quand même, d'écrire "merci Hollywood" pour reprocher au cinéma de véhiculer de fausses vérités. Ce qui serait positif, par contre, dans ce type d'écriture, c'est le fait qu'elle aiguise la curiosité. Sa description emphatique de la Grande Galerie du Louvre lui donne un caractère martial, sinon magique, qui avait disparu de mon esprit (je n'y voyais plus qu'une sorte de livre d'images que j'allais feuilleter de temps à autre). C'est aussi très délayé. Combien de pages pour en arriver au dessin de Léonard de Vinci (l'Homme de Vitruve) face à un homme nu les bras en croix. Rapport que j'avais fait dès la première ligne et même laissé de côté, après plusieurs pages, pensant que c'était une fausse piste. La culture mise en œuvre par ce livre est quand même un ramassis de lieux communs, de connaissances standardisées, le pire de l'idée de culture, la surface des choses . Cela reste un ouvrage de détente ("d'entertainement") et non de la littérature (c'est bien d'avoir les deux mots à sa disposition).

 

18/08/2005

L'ancien chat de la maison (Léo, le chat blanc) est passé l'autre soir. Je l'ai inviter à rentrer. Il a fait le tour des pièces en poussant des miaulements de surprise ou de je ne sais quoi. Assez vite, il est reparti après avoir vérifié que ses petites affaires n'étaient plus là.

Il est parfois difficile de se sentir différent des animaux. Léo vit sa vie. Je ne sais pas exactement ce qu'il pense et ce qu'il dit mais devant le naturel de ses attitudes j'aurais aisément admis qu'il était la réincarnation de quelque humain curieux et ironique.

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Hier c'est un mulot qui s'est introduit le soir dans la cuisine. J'ai tenté de le chasser avec un balais sans y parvenir. Il refusait obstinément de voir la porte extérieure et s'est réfugié derrière le coffre à bois. Il y est resté toute la nuit. J'avais fermé les portes pour éviter qu'il ne s'aventure ailleurs dans la maison ou vienne me surprendre dans mon sommeil.

J'avais un doute quant à savoir s'il était encore sous le coffre ou s'il était sorti sans que je ne le vois. Mais j'ai perçu qu'il était encore là à cause de son odeur. Je la percevais nettement. Je me mettais à la place du souriceau pour constater qu'il s'était fichu dans un sale pétrin. Je me sentais comme un prédateur et même si je n'avais aucune intention de tuer ce petit animal, j'éprouvais malgré tout un certain plaisir étrange de carnassier. Au fond, Léo et moi avions pu être pôtes dans une autre vie de chat et on s'en est payé des orgies de sang frais. Lui a choisi de rester chat domestique, les avantages de la vie des Hommes sans les inconvénients.

 

20/08/2005

J'ai découvert que mon PC est équipé d'un logiciel permettant de créer une ambiance sonore en modifiant le spectre émis par les hauts parleurs. On peut simuler l'écoute dans un couloir ou une piscine. C'est étonnant. L'ambiance concert rock m'a donné conscience des différences énormes de la qualité du son selon le lieu d'écoute. On peut aller plus loin avec ce logiciel en composant des profils faisant varier les différents paramètres possibles (une bonne dizaine): Un sujet d'expérimentation supplémentaire pour moi.

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J'ai acheté pour 19 € une petite caméra webcam avec laquelle j'ai commencé à faire quelques petits films. Passer à la production d'images animées est dans l'ordre des choses, même si je sais bien que, là encore, j'ai beaucoup à apprendre.

Cette caméra n'est pas de très grande qualité (ce n'est pas le but, car sur internet pour des visio conférences, il vaut mieux limiter le flux de données) mais c'est quand même pas mal d'autant que je l'ai testée en soirée avec un éclairage médiocre. J'ai réalisé quelques mini films d'une minute environ. Cela m'a plu. On tient la caméra dans la main et on peut la tourner dans tous les sens. Il y a une certaine latence pour la prise en compte du mouvement qui provoque des effets de traînées qui m'intéressent particulièrement. Il faudrait aller plus loin. Parfaire la prise de vue, monter, ajouter de la musique.

L'idée de détourner une webcam pour faire des films me plait beaucoup. Tirer parti des défauts est aussi excitant. Le prix d'achat de cette machine empêche de la prendre au sérieux. Pourtant c'est un instrument fascinant. Qui aurait pu imaginer en disposer. Le logiciel fourni est bien fichu lui aussi bien que très simple d'utilisation. Je peux enregistrer des séquences ou prendre des photos. Je me sens un peu comme un primitif confronté à un moulin à café. Je dois trouver quoi faire de cet appareil dont le seul défaut est de ne pouvoir s'éloigner à plus d'un mettre de mon ordinateur à cause du fil.

Je ne sais pas ce que signifie plus largement la disponibilité à grande échelle de ces caméras. Elles se multiplient dans les villes, aux carrefours. On peut mettre les images sur internet. Comment gérer cette profusion. Faudrait-il inventer une exigence plus grande pour les images et selon quel critère. Actuellement la limitation des débits nuit encore à la diffusion sur internet. Mais elle ne l'arrête pas. Ce n'est qu'une question de mois ou d'années pour disposer des tuyaux adéquats. Mon problème est plutôt artistique. Qu'est ce que je peux faire de "ça" ?

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Juste pour mémoire, cet artiste dans un débat qui explique que grâce à l'informatique il peu bosser chez lui. Son studio, c'est sa maison ! On lui rétorque que les écrivains connaissent cela depuis longtemps, ils ont été les premiers "cyber".

 

30/09/2005

Quelques idées pour ce qui sera je l'espère un reprise en main.

J'ai laissé courir le site les derniers mois, à l'abandon. Même ces notes je ne les écrivais plus. Il est vrai que je n'avais plus grand chose à dire, plus envie. Ces dernières semaines, je m'étais remis à mon logiciel qui a maintenant une existence plus officielle au sein de l'entreprise. Un cadeau que je leur fait mais qui est aussi le résultat d'un sorte d'épreuve que je m'étais fixée. Etait-je capable de gérer un projet de cette envergure? La réponse est oui, sans réel problème et malgré le fait que ce logiciel n'était pas attendu et donc que je n'étais pas obligé de l'écrire (Ce doit paraître un peu étrange mais personne n'osera me le dire). J'ai donc terminé ce logiciel, ou plus exactement poursuivi son développement pour qu'il soit utilisable. Je ferais encore quelques évolutions dans les semaines à venir mais ça va vite se calmer. Je l'ai présenté à un groupe d'utilisateurs et j'ai formé un administrateur. C'est assez plaisant de savoir qu'il va désormais se passer de moi. J'aurais d'autres valorisations à faire avec ce logiciel mais sur un plan différent. Notamment comme point de départ de mon projet d'écriture que j'ai en tête depuis déjà pas mal de temps. Je ne suis plus du tout sûr d'étre capable de mener un livre à bout. Ce n'est pourtant pas plus compliqué qu'un logiciel, sauf que l'idée que je me faisais de "mon prochain livre" s'est singulièrement compliquée depuis le cri de douleur de "désordonné". J'ai tout repensé et tout encore à repenser.

Dans le monde il s'est passé un certain nombre de choses comme l'inondation sans précédent de la Nouvelle Orléans et plus récemment cette scène où les caméras de surveillance filment une horde de gens qui escaladent la "barrière de l'Europe" à Ceuta, au Maroc. La police a tiré. Cinq morts. Le premier septembre, le bouquin de Houellebecq est sorti avec un gros battage médiatique. Je viens de terminer de le lire. Juste un mois après, je m'aperçois. Ce livre me touche beaucoup et je suis obligé d'en tenir compte si je me décide d'écrire de nouveau. Ce sera forcément en rapport avec ceux de Houellebecq. Opposition ou complément, ça reste à définir.

Concernant le site j'ai pensé qu'il faudrait que je m'organise différemment et installer un serveur sur un de mes PC à la maison de manière à pouvoir disposer des possibilités de PHP et mysql qui sont payantes chez les fournisseurs de service. (ce qui est absolument anormal vu qu'ils sont supposés profiter des visites). Créer un serveur à la maison pose un problème de débit de retour. Celui d'une ligne ADSL risque d'être trop faible.

 

23/10/2005

J'avais décidé aujourd'hui de rattraper mon retard dans la saisie de mes notes mais il faut croire que le mauvais génie de l'informatique en a décidé autrement. Je m'étais installé au salon avec mon PC sur les genoux. Word s'est planté deux fois et j'ai perdu ce que j'avais saisi. Rien de tel pour encourager ! Il est déjà midi vingt.

Je suis néanmoins décidé d'aboutir. J'imagine que c'est le principe du PC sur les genoux qui est à éviter. Je pense qu'un mécanisme de protection du disque dur s'est activé qui explique - sans l'excuser! - le plantage de Word.

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Annonce du décès du peintre Arman. Je n'ai pas saisi pourquoi la journaliste a parlé de sa sculpture installée à Roanne devant chez Troisgros. Cette journaliste de la radio est-elle Roannaise ? Ou bien a t'elle un grand souvenir dans ce restaurant fameux ? Je passe devant cette sculpture de temps a autre en voiture, mais ne la remarque même pas. Ce n'est pas ma préférée.

J'ai bien entendu remarqué que ces notes en plus de leur tristesse générale tournent à la chronique nécrologique. Parmi les choses que je trouve importantes, ces disparitions ont leur place mais comme je n'écris plus rien d'autre, elles prennent trop d'importance. C'est un problème. Il existe pourtant d'autres choses importantes que je n'ai pas mentionnées alors pourquoi ceux là plutôt que d'autres ? Je dirais que c'est pour souligner le sentiment que la roue tourne, que les œuvres correspondantes sont closes, quelles appartiennent au passé. Arman, pour être honnête, c'était déjà terminé depuis un certain temps. On peut toujours rêver qu'au dernier instant un artiste trouve quelque choses de radical et exceptionnel mais la probabilité reste faible et ce ne fut pas le cas avec Arman. Ça me fait penser à Ben, un autre niçois, qui continue d'envoyer ses mails et se débat pour exister encore et encore.

Me voici à jour pour mes notes. J'ai changé de boulot. Le logiciel dont je parlais régulièrement est maintenant en service et il fonctionne bien. Je vais le laisser dans cet état. Il pourrait encore évoluer mais je n'ai plus les moyens et il faut que je sache maintenant l'abandonner malgré que je vois encore de multiples de défauts et des évolutions possibles. Arrêter est aussi une épreuve ! Je suis prêt pour la suite.

 

02/11/2005

F me montrait ses photos et son nouvel appareil numérique. Il a un écran moniteur beaucoup plus large que le mien qui permet d'afficher les photos sous forme de galerie. J'ai été surpris aussi par les possibilités de traitement d'images. F recadre ses photos directement. C'est très rapide. Zut. Mon Nikon de l'an dernier est déjà démodé.

Houellebecq racontait qu'il éditait ses autoportraits sur internet. J'irai voir mais ça m'agace : déjà fait ! Je l'ai déjà fait et d'ailleurs le projet qu'il esquissait : une photo par jour - un texte, c'est ce que fait le peintre Roman Opalka depuis longtemps. D'ailleurs H a laissé tomber qu'il a dit. Ça non plus ce n'était pas très réaliste. Ça m'agace aussi de savoir que son site a plus d'audience que le mien alors que sa compétence sur le sujet est tout à fait superficielle (il tombe dans tous les écueils du débutant). Sur la littérature, ce qu'il dit reste toujours intéressant.

Prendre des photos aussi je me demande. Que faut-il photographier, je n'ai pas encore trouvé. Comme on sait (si l'on a visité mes pages photographies), le premier mois j'ai pris cinq ou huit cent photographies. Depuis, quelques centaines tout au plus, avec un niveau de déchet bien plus important car je fais maintenant souvent plusieurs prises. Il faut penser la photo numérique comme un nouvel art par rapport à la photo argentique et sortir du premier contact qui pousse à photographier un peu n'importe quoi. Qu'est ce qu'une bonne photo numérique ? c'est un peu la même question que de savoir ce que c'est qu'un bon roman écrit sur ordinateur ! Je suis toujours dans mon état de paralysie devant mon "projet de livre" pour lequel j'ai si peur d'écrire la première ligne qui me tourne depuis des semaines dans la tête.

Ces notes me servent aussi parfois à ne pas écrire. Elles sont mon paradoxe et mon destin. Je me dis que s'il ne restait que ça, ce serait un "bel échec" et que mon destin est de déjouer cet échec.

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Terminé hier de lire "au dessous du volcan" qu'il m'a coûté de lire jusqu'au bout. Je ne regrette pas et je sais qu'il faudra que je le relise bientôt. Pour me sauver je dévore un texte de Conrad, "jeunesse", un roman super court mais le seul que j'ai trouvé à Roanne de cet auteur. Un seul livre de Conrad, peut-on imaginer ça ? Que serais je devenu si j'étais resté au pays sans Internet ?

Au dessous du volcan quand on m'en avait parlé, personne ne m'avait averti du lien avec la kabbale juive. L'avaient-ils bien lu ? Par quel mystère me trouvé-je aussi, depuis quelques mois, si souvent confronté avec la philosophie juive dont j'ignorais jusqu'à la spécificité ? Je crois n'avoir pas compris grand chose à ce livre. Il y a déjà un certain temps que je n'avais pas eu ce sentiment pour un roman.

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Pourquoi ne pas parler encore des revues "le magazine littéraire" et "beaux arts magazine" que j'ai acheté samedi. J'ai plaisanté avec la vendeuse qui est toujours la même et je me suis dit que ça fait un certain temps. Articles sur Dada, en écho à l'exposition de Beaubourg. A lire. Je ne peux pas incurgiter ces revues chaque mois. Il y a trop de contenu et ça me donne le vertige. Ou passent mes secondes? Je suis toujours à m'inquiéter du bon usage de mon temps et ça n'avance rien ! D'un autre côté lorsque je ne m'en préoccupe pas, je me retrouve a plus de quarante ans sans avoir rien fait de ma vie.

 

04/11/2005

J'ai fait quelques photos et quelques retouches sur l'ordinateur. J'essaie de progresser dans mon approche de la photographie numérique que je considère comme une activité différente de la photo argentique. J'essaie de m'éloigner d'une approche réaliste de la photo. J'ai fait quelques essais avec des rochers ou des piles de bois… J'ai remarqué que mes photos se rangent dans différentes catégories. Certaines sont cadrées juste et se suffisent à elles mêmes. D'autres ne sont que des points de départ et demandent beaucoup de post-traitements. Les effets que j'emploie sont toujours un peu les mêmes mais ils permettent pas mal de choses. Je commence à maîtriser assez bien les variables de contraste et de lumière que j'applique selon le cas à toute ou partie de l'image. Je sais aussi modifier de manière différentielle les hautes ou les basses lumières. Mon logiciel le permet. Un contraste forcé permet de renforcer les lumières. Je recours aussi parfois à des effets plus inattendus comme 'effet "pastel" ou la postérisation qui permettent de rapprocher le résultat de la peinture. J'ai également obtenu un effet intéressant avec l'outil tourbillon qui m'a permis de déformer les montants métalliques d'une petite cabane agricole. Je ne parle pas de l'outil clone ou du copier coller que j'utilise toujours évidemment.

J'imagine qu'un certain nombre de ces photos ont de l'intérêt mais je m'aperçois que ma prétention d'artiste a beaucoup fléchi. Je publierai peut-être ces images sur le site (mais je vais atteindre la limite de taille du site, il va falloir que je cherche une solution). Une idée serait d'écrire un texte en rapport avec chaque photo. Ce serait bien. Mais je ne vois pas de lien entre toutes ces photographies.

 

12/11/2005

Relecture de mes notes depuis le début. Quelle perte d'illusions. Je croyais à la nouveauté d'internet. J'en suis beaucoup revenu. Et je croyais aussi avec sincérité à l'intérêt de ma création sur lequel je suis plus réservé aujourd'hui. Laisser une page incorrecte en ligne me préoccupait à l'époque. Je trouvais ça grave vis à vis de mes visiteurs. J'avais l'impression que le monde entier en serait perturbé. Mon sentiment actuel - sans doute aussi faux - est que ça n'a aucune importance. Personne ne le verra.

Ce qui est certain - puisque je ne l'ai plus mis à jour depuis des mois - mon site est mort, même s'il est toujours aussi accessible qu'avant sur le net Dans mes notes, je soulignais la difficulté pour le faire connaître, ce que je n'ai en fait pas très bien réussi. Mais si cela avait bien fonctionné, il aurait fallu ensuite maintenir l'audience et là je n'en n'avais pas les moyens. Rien à regretter. Il fallait essayer. C'était nouveau. Tout ceci veut dire qu'autour de l'accessibilité technique des infos, il existe autour quelque chose de très important qui fait la notoriété d'une création. Il faut savoir se vendre pour dire les choses simplement. Sujet sur lequel je suis très mauvais, je pense.

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Relis un commentaire de mai 2001 de ces notes dans lequel je m'interrogeais d'une éventuelle disparition du web gratuit. Pas mal de choses ont changé depuis. La gratuité du net est beaucoup moins un argument et même, avec les raccordements ADSL, c'est assez coûteux. Il y a aussi les sites d'achat devenus indispensables pour moi (livres, dvd, introuvables ailleurs) en face d'un nombre incalculable de sites perso, qu'on appelle désormais des blog depuis qu'ils sont devenus "prêts à l'emploi". En fait mon point de vue sur internent est devenu moins pertinent. Je ne me suis plus beaucoup connecté ces derniers mois et ne sais plus vraiment ce qui s'y passe, à par ce qu'en racontent les journalistes qui l'utilisent comme un "gisement d'information" lorsque ça chauffe.

 

04/12/2005

Vu deux films de David Cronenberg la semaine dernière : An history of violence au cinéma et crash en dvd. Egalement 71 fragments… de Michael Haneke. Deux cinéastes vraiment remarquables. Je préfère Cronenberg, Haneke a quelque chose de très lourd, autrichien. N'empêche, sa scène du joueur de ping-pong qui s'entraine en plan fixe est étonnante. Vu aussi ce film expérience 5 obstructions pour lequel Lars Von Trier commande à Jorgen Leth cinq nouvelles versions d'un court métrage qu'il avait réalisé en 1967 en ajoutant à chaque fois de nouvelles contraintes. Ce que je vois dans ces films sont des choses qui me semblent impossibles à écrire. Est-ce à dire que l'écriture est dépassée (dans mon esprit pour le moins) ? Je le crains en même temps que je ne me sens pas capable de réaliser un film. Trop compliqué.

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J'ai pris vendredi livraison de mes nouvelles lunettes. L'ophtalmo m'a rassuré en parlant de petite correction. Pourtant je ne parviens plus à lire sans lunettes. Mais elle a dit aussi que ma vue allait baisser encore. Il faut que je m'habitue aux verres progressifs qui partagent le monde en une partie nette et une partie floue. Ce matin au réveil j'avais du mal à trouver le bon ajustement pour lire.

Je vais devoir m'habituer à la présence permanente de cet accessoire dans mon périmètre. Bien obligé. Mais c'est une triste nouvelle. J'aurais tenu le plus longtemps possible sans elles mais je suis finalement rattrapé par l'usure. Sentiment d'être soumis de force.

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Il y a une semaine ou deux, j'ai jeté un œil sur le site internet de Houellebecq que j'ai trouvé peu abouti. J'avais l'intention de prendre contact avec lui mais ne l'ai pas fait. Même chose il y a un mois ou deux, je voulais contacter Maguy Marin après son spectacle qui a fait scandale à Oullins. Je n'ai pas vu le spectacle et l'idée d'un scandale cantonné au milieu sélectif de la danse me semblait mériter un échange. Qui agit sur quoi aujourd'hui ? Qui en a la mesure ? Enfin j'avais commencé un texte que je n'ai pas poursuivi.

De plus en plus je laisse tomber. Certes du découragement, mais aussi la certitude que tout cela ne plane pas bien haut et que tant qu'à faire, tant qu'à s'exprimer, autant que ce soit avec un projet costaud et quelque chose de profond à soutenir. A d'autres moments, ou dans d'autres contextes, on peut se laisser aller et y aller sans trop se casser le tronc, mais pour moi, ça ne se passe plus comme cela, je sens qu'il faut franchir une barrière redoutable et je préfère me taire tant que je ne pense pas être passé de l'autre côté. Ce n'est malheureusement peut-être qu'une sorte d'illusion, une distorsion de ma pensée qui pense indéfiniment qu'il y a quelque chose derrière les apparences. Il y a peut-être aussi quelque chose que je n'arriverais pas à exprimer malgré toute ma bonne volonté.

 

04/12/2005

Impression de reboucler. Je veux reprendre ces notes. Mais avant je veux relire la page 2005 et ça n'en finit pas. L'heure tourne. Bientôt midi. Je vois que la dernière mise à jour que j'ai faite des notes sur le site, c'était en avril. J'ai des pages de complément sous le coude. Se reprendre ! se reprendre au plus vite.

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Gros écart de résultat lorsque j'affiche les pages de mon site sur mon "vieux compaq" ou sur mon portable plus récent. L'écran LCD perd beaucoup de nuances de couleurs. De plus en 1024, les images deviennent assez petites alors qu'en 800x600 elles remplissaient l'écran. J'ai déjà abordé ce thème tantôt : faut-il un affichage différent selon le matériel utilisé par le visiteur internet… Et puis quoi encore! Ce n'est évidemment pas possible pour moi, mais bien embêtant.

 

26/12/2005

J'entends Arthus Bertrand - le photographe - indiquer qu'il s'est mis au numérique suite à la perte de son matériel argentique, que ce n'est pas très important et que d'ailleurs, désormais, le grain du numérique dépasse celui de l'argentique. Je ne sais pas à quelle définition en megapixels correspondent les épreuves sur pellicule. Il se heurte semble t-il, comme moi, au problème de balance de couleur sur l'écran de l'ordinateur.

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C'est devenu comme une coutume pour moi de profiter du réveillon pour connaître l'évolution des technologies et leur influence sur mes neveux. L'un d'eux cette année avait un nouveau téléphone portable et le déluge de fonctions supplémentaires de ces appareils est étonnant. Un peu effrayant même : où cela s'arrêtera t'il ? Celui-ci fait caméra, accès à internet et plate-forme de jeu, baladeur musical et mémoire de masse où mon neveu enregistre des images et des clips. Avec son frère, ils s'échangent des fichiers par infrarouge. Il fait aussi wifi ou bluetooth, je ne me souviens plus, et ça va beaucoup plus vite pour échanger, dit-il, mais celui de son frère qui date de l'an dernier ne dispose pas de cette fonctionnalité. Il est démodé.

F., mon neveu, m'a montré plusieurs des clips qu'il garde sur son téléphone. Ils lui servent, j'imagine, à définir sa personnalité, comme une carte de visite pour engager la discussion. Enfin, si l'on veut, car j'ai trouvé cela à la fois d'une grande banalité et foncièrement inquiètent… un fond de culture américanisée, mais celle que j'adjure, celle très amorale et masochiste des Sims et des Simpsons. Ça marche comme ça : ils vont chercher ces images sur internet ou se les échangent. Plus t'as de copains, plus ce sera saignant. Il y a aussi ce côté butin de petit malfrat. Et comme c'est caché dans le téléphone, ce n'est pas visible des parents. C'est sans doute un privilège important qu'il m'accorde en me les montrant. Il y avait plusieurs images de chutes à moto, la destruction des tours de New York, une décapitation d'Al Qaïda et un passage à tabac d'un type par ses "camarades" dans le hall dune cité. Là, F souligne qu'il a dû faire un crasse (ce n'est pas l'expression exacte mais c'est l'idée). Il m'a montré encore deux clips tournés par "des copains à lui", l'un qui emmerdait sa prof (là aussi il avait une expression précise que je n'ai pas retenue)., l'autre, sur le même mode, mais dont la victime était une vieille femme dans la rue. J'ai fait quelques remarques de désapprobation. J'imagine qu'il les attendait. Je dois dire que moi - ex punk - j'étais mal à l'aise et un peu choqué. Choqué et découragé en me sentant mouillé dans la construction de cette "société là" (est-ce que je ne suis pas employé à inventer et vendre des téléphones?).

Je ne comprends peut-être pas très bien son état d'esprit, les finalités, mais j'ai été frappé par le côté négatif de sa collection. Ce sont souvent les plus forts qui attaquent les faibles, où plus exactement, des faibles qui attaquent d'encore plus faibles. Et surtout pas une ombre de compassion dans ses commentaires. Sa musique, c'est bien sûr le rap. Son look aussi. Il n'habite pourtant pas une cité mais un village bucolique sans problème. Il adopte néanmoins tous les codes du kid-rappeur. Il pourrait être de Harlem ou Detroit. De Moscou peut-être. J'ai du mal à admettre que j'étais aussi con à vingt ans.

Peut-être lira t'il ces lignes tantôt. C'est le risque lié à ces notes mais j'en accepte le risque. C'est sûr qu'il prend un voie qui ne m'est pas sympathique. Je me suis même dit qu'il était un peu fachiste ou du moins susceptible de le devenir facilement. Ça m'a inquiété. D'un autre côté, il a depuis peu un boulot en contrat d'alternance et en parle avec un sérieux tout à fait rassurant.

 

28/12/2005

Selon la théorie des cordes, notre univers n'aurait pas trois mais dix ou onze dimensions. Je ne sais pas si cette théorie sera confirmée un jour mais elle me dit qu'on en sait très peu du milieu où l'on vit. Ça donne le droit d'imaginer pas mal de choses.

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Recherché sur internet quelques infos sur les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) dont-on entend beaucoup parler depuis ce rapport de l'inserm qui descend la psychanalyse comme étant notoirement inefficace et la parution du livre noir de la psychanalyse qui est blanc ! et qui veut à l'évidence, faire écho avec le livre noir du communisme. J'apprends ici que la psychanalyse n'est plus enseignée dans les classes de psychologie des universités américaines et qu'elle est reléguée dans celles de philosophie.

Lu avec attention le témoignage d'une jeune femme agoraphobe qui raconte sa cure sur un forum. C'est assez intéressent mais ça se termine brutalement lors de son retour à Paris (elle résidait à la Réunion) où elle devait récupérer son appartement encore habité par la dernière copine de son père décédé depuis peu. Assez dramatique comme final !

Sur le fond rien d'extraordinaire. Beaucoup de questionnaires apparemment, pour aider à y voir plus clair. Je suis assez peu convaincu. D'un autre côte, le côté potache d'un texte trouvé sur le site de "l'agence de presse lacanienne" ne m'a pas fait bonne impression côté psychanalyse. Au final, je me demande si la psychologie dans son ensemble est une discipline tellement sérieuse.

Disons qu'il reste dans tous les cas, le côté relationnel avec le psy. On ne se démarque pas complètement du côté "curé confesseur" de la religion. C'est ce qui me gêne. On ne peut sans doute pas rejeter complètement la psychanalyse qui garde une grande finesse de pensée mais les psychanalystes restent des êtres étranges qui se taisent quand on voudrait les entendre mais qui, lorsqu'ils prennent la parole - livres, télévision… - ne veulent plus la lâcher. Sans doute qu'on en a assez de les entendre. C'est aussi simple que cela.

Je crains que la psychanalyse ne se remettra pas de cette attaque massive. En tout cas, on trouve de nombreux éléments sur internet pour étudier rapidement la question. C'est le bon côté des choses.

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Etonnant ce qui s'est passé l'autre jour à l'assemblée. Le gouvernement présentait un texte de loi pour interdire les téléchargements. Les députés ont adopté des amendements qui conduisent à la loi inverse : le téléchargement légalisé moyennant une "cotisation" prélevée sur les abonnements internet. En soi, ça ne fait que reconduire ce qui existe déjà en France pour les cassettes et les cd mais je doute que la loi puisse en rester là. Pour ce qui me concerne, je comprends ce texte comme une autorisation à télécharger, voire un encouragement. A l'inverse, je ne vois pas comment il est possible d'interdire ces pratiques. C'est trop massif. On peut comprendre l'inquiétude de ceux qui vivent de ces "produits" en vendant 15 euros un cd qui coute 1 euro à produire mais je ne vois pas que cela justifie une interdiction. Je ne trouve pas que télécharger des musiques et des films sur internet soit dans une logique différente de les prendre à la bibliothèque. Et puis comment interdire cette pratique quand elle est tolérée dans les autres pays…

 

30/12/2005

J'ai reçu hier soir mon modem-routeur adsl. Je l'ai installé aujourd'hui. J'utilisais encore un modem téléphonique pour aller sur internet ! L'adsl ne me semblait pas une priorité mais maintenant que je suis connecté à haut débit j'envisage de nouveaux usages comme par exemple celui d'avoir toujours sous la main l'encyclopédie wikipédia et des tas d'autres sources d'informations et d'images.

 

notes janvier 2006

 

 

 

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mise à jour le 05/03/2006