notes d'artiste (janvier 2004)

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et de mes autres trucs.

 

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10/01/2004

J'ai l'impression qu'il y a un siècle depuis le changement d'année et mes dernières notes. J'avais écrit quelques lignes le jour de l'an mais je les ai jetées. C'était stupide. Je disais que tout allait bien ce qui n'est pas exact. Juste je remarquais que le fait d'être en vacances me libérait pour revenir à la création. Cela est vrai mais ne dit rien sur la qualité de ce que je produis. Mes images peintes avec Photo Magic ne sont quand même pas très intéressantes et les montrer serait plutôt de nature à me ridiculiser et me décrédibiliser. Même si sur Internet il se trouvera toujours quelqu'un pour dire que ce que vous faites est bien, il faut faire attention, et garder intacte la rigueur de son jugement.

J'ai regardé encore Blender. Installé la dernière version (2.31) pour laquelle l'interface a été un peu revue, améliorée peut-être, mais l'inconvénient c'est que les docs existantes ne sont plus tout à fait conformes. Pour cela j'ai gardé en parallèle la version 2.28.

Je pense que petit à petit je commence à entrer dans ce logiciel complexe. J'ai mis en œuvre l'extension Povanim qui se présente sous la forme d'un script intégré en langage python et qui permet d'exporter un fichier pour Pov. La bonne nouvelle est que cela fonctionne. Pas à tous les coups mais c'est en bonne voie. Le problème vient des paramètres à saisir dans le script qu'il faut bien positionner. Les valeurs par défaut ne conviennent pas; c'est dommage. J'ai pu obtenir plusieurs images Pov issues d'exemples Blender que j'ai trouvés sur le net, notamment une image de la voiture NewBettle qui donne un résultat intéressant. Modeler une forme aussi complexe me semble incroyable mais je constate que c'est possible. Tout y est : les essuie-glaces, les rétros et les poignées de portes. Cela implique pour moi qu'il faut s'y mettre. Que cela vaut le coup.

D'ailleurs, pour ce qui concerne les images 3d, j'ai longtemps retardé le moment d'utiliser concrètement un modeleur mais il est évident que pour aller plus loin, je n'ai pas le choix. Ces outils offrent la possibilité de sculpter une sorte de matière virtuelle ce qui correspond bien à ce que j'envisage...

Image réalisée avec Blender 2.3

Même exemple retravaillée avec Pov 3.5

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J'ai entendu je ne sais où que notre corps contient d'avantage de bactéries de toute sorte que de cellules qui nous soient propres. Je n'ai pas cherché à confirmer cette information mais je la trouve stimulante parce qu'elle donne une idée un peu différente de ce que signifie une notion comme "mon corps". Il nous échappe largement et même ne fonctionne que grâce à un tas de corps étrangers. Je ne pensais pas que c'était dans de telles proportions ! Et du coup, je comprends moins bien à quoi correspond l'idée de soigner une maladie. Dans mon idée, il s'agissait plus ou moins d'éliminer tous les microbes contenus dans mon corps. A présent, cet objectif me semble beaucoup moins clair et même cette irritation permanente que j'ai depuis plusieurs mois dans la main ne me semble plus aussi hostile dans la mesure où elle reste supportable et même de plus en plus discrète. Avoir quelques maladies en soi, c'est un peu comme avoir quelques araignées dans les recoins reculés de sa maison.

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J'ai aussi appris que l'élargissement de l'Europe à 25 pays (je serais bien en peine de citer tous ces nouveaux pays) revient à ajouter l'équivalent du PIB des Pays Bas à l'Europe. Je n'en tire pas de grande conclusion mais il est clair que les différences de niveau de vie sont énormes...

 

17/01/2004

J'ai produit quelques images avec Blender. En relisant des parties de la documentation, j'ai réussi à produire quelques images mais c'est extrêmement laborieux et avec le manque de maîtrise, je n'arrive pas forcément à ce que je recherche; Il faudrait que je connaisse parfaitement ce logiciel et sa documentation. Il est trop facile de faire une erreur de manipulation sans pouvoir revenir en arrière. C'est rageant.

A ce propos, j'ai relu les textes écrits par Roosendaal; l'auteur de ce logiciel, à propos de la version 2.31. Il parle d'un bouquin sur la conception d'interfaces (il faudrait que je le lise). On voit que c'est une préoccupation et une critique habituelle de Blender qui préoccupent ses inventeurs.

Les images réalisées ne me plaisent que très faiblement. Ce sont plutôt des expériences. D'ailleurs je laisse très vite tomber car je ne sais plus où je veux en venir. La motivation indestructible que j'avais à l'origine de mon site a fait long feu. Je rame désormais. Je peux le dire.

 

18/01/2004

L'usage du modeleur de Blender, en dehors du fait que je ne le maîtrise pas pour l'instant, change complètement l'approche par rapport aux images que j'ai créées précédemment avec Pov. C'est assez déroutant comme impression et il faut une période de préapprentissage. Ce que je faisais facilement n'est plus du tout facile (déplacer les objets avec précision, choisir les couleurs et les matières) tandis que ce qui était très difficile devient aisé comme déformer un objet par exemple. J'ai perdu mes repères. C'est ce que je pense le plus délicat à gérer même si mon vrai problème actuel n'est pas là (c'est la motivation qui me fait défaut).

J'éprouve quelques difficultés à utiliser les possibilités de sculpture. Chaque objet est composé d'un réseau de points que l'on peut déplacer les uns par rapport aux autres. Théoriquement il doit être possible d'utiliser cette possibilité pour sculpter la matière. En pratique la vision 3d n'est pas évidente : soit on travaille sur l'une des vues (face, côté ou dessus) mais il faut combiner les modifications sur deux plans différents, soit on le fait en vue perspective mais dans ce cas, on ne sait pas exactement ce qu'on fait. Ceci m'apparaît comme une difficulté. J'imagine qu'avec la pratique, cet inconvénient peut disparaître mais je pense qu'il serait illusoire de croire que sculpter avec Blender aboutira aux mêmes sensations que sculpter un bloc de pierre. Il est même possible que cette absence de contact sensuel avec les matériaux empêche que l'on réalise des œuvres intéressantes.

L'autre difficulté à laquelle je me heurte est liée au fait qu'avec Blender, on travaille par étape alors qu'avec Pov, j'avais une approche beaucoup plus désordonnée. L'art peut-il accepter une sérialisation des tâches ? vaste débat ! On peut quand même dire que la manière que propose Blender est plus rationnelle et avec un peu d'habitude, doit devenir plus rapide. On commence à dessiner des formes et l'on peut les visualiser en 3d, selon le point de vue de la caméra. Ensuite on s'occupe des textures et des couleurs. Ce n'est qu'après que ces opérations ont été accomplies que je peux exporter l'image pour la reprendre avec Pov qui produit des images beaucoup plus belles. En temps qu'artiste, c'est l'image finale qui m'intéresse. Pour les manips que j'ai faites hier, j'étais parti d'un carré déformé. J'en avais empilé plusieurs dans différentes positions. J'ai très rapidement produit quatre ou cinq images qui me semblaient valables (un peu dans le même esprit que les abstractions que j'avais réalisées cet été). mais elles ne me semblent rien apporter par rapport à ce que j'ai déjà fait. J'hésite à les exporter vers Pov car je pense qu'il faudrait encore de nombreux essais pour maîtriser les matériaux et les matières. Je ne sais pas si cela en vaut la peine. Cela pose aussi une question nouvelle de savoir quand est le bon moment pour exporter. L'intérêt serait de faire le maximum dans Blender mais j'ai quelques incertitudes sur le logiciel d'export (Povanim) dont le fonctionnement n'est pas très clair (des dizaines de paramètres dont je ne sais pas ce qu'ils font !).

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J'ai lu deux bouquins sur la peinture. L'un sur Francis Bacon (des entretiens), l'autre de Kandinsky. Deux approches assez antagonistes. J'ai pas trop pigé ce qu'explique Bacon. Il joue un peu le paradoxe en disant des choses comme "Picasso, j'aime pas, sauf quelques trucs". Difficile à comprendre. Mais peut-être qu'on l'a fabriqué comme ça. Son créneau, c'est le mystère. J'ai appris qu'avant d'être connu, un riche mécène l'avait soutenu financièrement pendant plusieurs années. Je ne sais pas si cela se produit encore (en dehors des bourses financées par les institutions); Mais c'est ce qui m'a amené à reconsidérer que les artistes sont aussi des produits : Bacon, Picasso, Matisse sont des "marques" très identifiables.. du moins, ça se passait de cette manière au siècle dernier !

Kandinsky, je ne l'ai pas encore terminé. Je le lis de manière un peu superficielle mais il dit des choses assez surprenantes sur la couleur qu' il charge de beaucoup de sens. Il peut écrire le rouge est chaud, le jaune est acide. Il a raison au fond. Je ne m'étais jamais posé le problème de cette manière et en restait à des impressions plus relatives !... Je n'ai pas de couleur préférée. Elles sont toutes égales pour moi. Seule leur association permet de les révéler. Mêmes des couleurs dégueulasses peuvent être utiles parfois... Il va falloir que je regarde l'art abstrait d'un peu plus près. Avec plus d'humilité. Il y a peut-être quelque chose que je n'avais pas perçu. A côté de cela, Kandinsky affirme des trucs sur les français, les espagnols. Ils sont ceci ou cela. De Picasso il dit qu'il est "naturellement soumis à la mélancolie hispano-mauresque" mais qu'il ne cède pas à la "séduction extérieure de la beauté purement française". C'est drôle.

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En bref, beaucoup de questionnements. Je suis profondément englué dans l'hiver ! A la recherche d'une lumière, de quelques chose qui indique de nouvelles perspectives d'évolution et d'existence. Là, ça ronronne si doucement.

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J'ai remarqué que Beaux Arts Magazine avait modernisé son logo et s'appelle désormais b.a.m, en minuscules avec les points. Exactement les mêmes procédés que ma signature d'artiste (jean-claude.devaux). Cela me rappelle ce que disait François Morellet sur la nécessité de toujours inventer. Très vite, l'industrie vous rattrape et vous retrouvez vos œuvres sous forme de gadgets grand public. Ce n'est pas forcément une chose négative même si on peut être certain que l'industrialisation des œuvres les dénature et les atténue. Elle rajoute aussi à ce sentiment dévastateur que tout est égal, tout se vaut.

Vu de l'artiste - F. Morellet en particulier - il faut aussi se demander si les œuvres si vite rattrapées par l'industrie des gadgets ne sont pas tout simplement de petites œuvres. Trop faciles. Trop évidentes. Je pourrais penser que b.a.m s'est inspiré de mon logo pour créer le leur - j'aurais pu le "déposer" - mais je ne sais même pas s'ils le connaissent (je leur ai envoyé des mails mais...). Plus probablement, c'est que cette manière de faire était dans "l'air du temps". Je l'ai eu, il y a à peine trois ans !...

Il me semble assez clair que j'ai besoin de trouver une justification plus profonde à mon travail d'artiste. Je dispose de plusieurs procédés efficaces pour produire des images mais pour que cette production vaille la peine d'être poursuivie, il faut gravir un niveau d'émotion. Ce que j'ai fait jusqu'ici reste dans mon esprit, de l'apprentissage et de l'expérimentation; C'est seulement joli ou pas mal. Ça manque d'agressivité.

 

31/01/2004

Je n'ai rien à faire. J'ai bien des tas de choses en cours, des idées à poursuivre, des livres à lire ou à écrire, mais je crois que je n'y toucherai pas aujourd'hui. .. Le sentiment qu'internet n'est plus qu'une coquille vide a de nouveau progressé dans mon esprit (et du coup l'orientation de mon travail d'artiste est remis en cause). Pourtant, lorsque je regarde mes compteurs de visites, ils continuent d'augmenter de mois en mois. Mais ces compteurs ne signifient pas grand chose. Mesurent-ils de vrais visites, j'en doute. Plutôt les hits automatiques produits par des logiciels...

Internet ne me semble plus ouvrir l'agora que j'envisageais auparavant. Oh, je n'étais pas le seul à marcher dans cet espoir déraisonné mais il fallait bien essayer... Et puis il ne faudrait pas renoncer trop radicalement : Internet existe et il est utilisé. Mais c'est certainement avec moins de curiosité. Pour moi, renoncer à publier des choses sur internet laissera un nouveau vide dans ma vie. Vide que je ne parviens pas à combler depuis des années et pour lequel, honnêtement, je n'ai jamais envisagé que ce serait Internet qui le comblerait, sauf à faciliter des contacts enrichissants, ce qui reste cependant rarement le cas.

 

01/02/2004

Je suis allé voir le film de Catherine Breillat "anatomie de l'enfer". J'avais entendu que c'était un film pornographique, très choquant, etc. Même que CB devait avoir un problème ! J'ai été étonné parce que pour moi, ce film n'est pas choquant. Je dois avoir aussi un problème (c'est certain) mais je n'ai rien vu que je ne connaissais déjà. Ce film n'apporte rien de plus que "l'empire des sens" en particulier. Le film renvoie vers de nombreuses références du cinéma ou de la peinture. La femme qui se mutile, le femme qui pisse. Sa chatte menaçante reprend exactement un tableau fameux de Manet sur le même thème. Même la queue de Rocco Sifredi n'est pas si étonnante (mais c'est quand même une grande queue...).

Ce que j'ai trouvé de plus amusant et inattendu dans ce film est la scène du rituel lorsque la femme met son tampon ensanglanté dans un verre d'eau et qu'ils boivent le sang mêlé à l'eau. J'ai noté de nombreuses références à la religion catholique. Aucune critique ne les avait relevées et je n'ai d'ailleurs pas bien compris leur utilité dans le film. La mise en scène, le jeu des acteurs très décalé ont aussi leur intérêt. En résumé, un film remarquable, qui donne à réfléchir.

 

10/02/2004

Les derniers temps j'ai seulement réalisé quelques peinture avec le logiciel de dessin. Il faudra que je me décide à les mettre en ligne. Il faut les sélectionner auparavant et pour certaines les terminer. Tout n'est pas intéressant et globelement elles m'apparaissent comme des expériences. Il en faudra encore beaucoup d'autres avant que je puisse espérer produire des choses respectables.

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Reçu plusieurs mails de Ben ces derniers jours sous forme d'une liste de diffusion. Par compris où il voulait en venir, s'il s'agissait d'un acte artistique (mais lequel ?) ou si simplement il déprime parce qu'il voit la mort rappliquer. La dernière fois, il disait qu'il arrêtait ses lettres.

 

20/02/2004

Pas grand chose. J'avais même pensé faire une mise à jour de ces notes que j'ai oublié de la mettre en ligne. J''essaierai de le faire ce week-end. Je laisse reposer mes images. Quand il m'arrive de les regarder, je trouve souvent qu'elles sont ratées ou pire, par terminées. Ce n'est peut-être pas très nécessaire de garder tous ces états intermédiaires comme je suis souvent tenté de le faire. En plus d'encombrer mon disque dur, elles encombrent aussi mon imaginaire et peut-être mes possibles. Il est plus aisé de partir de rien. Mais c'est justement l'inverse que j'avais entrepris de faire : surcharger des images existantes, toujours et encore. Ce que je n'ai pas tenté, c'est de le faire à partir d'images que je pourrais trouver, ici ou là, plutôt que'avec mes propres compositions.

Dans ma dernière tentative, j'avais simplement remarqué que le plus souvent, c'est en découpant une partie de l'image que j'obtenais les résultats les plus intéressants pour moi. Une sorte de recadrage photographique. Pour ça, l'ordinateur permet une chose que la peinture de chevalet ne permet pas. On se heurte cependant au problème de "pixelisation". Soit garder des images toutes petites, soit les agrandir mais cela ne donne pas un très bon résultat à cause des pixels, justement. Il faudrait inventer un logiciel de "dépixelisation". Il en existe peut-être déjà, d'ailleurs...

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Ce qui m'occupe actuellement est le développement d'un logiciel. C'est un gros projet qui, si je le mène à bout, devrait se composer, à la fois d'un livre et d'un logiciel. C'est d'une certaine manière une réflexion que je mène sur la manière de faire aboutir un projet comme un programme informatique (ce que je connais) avec tout ce qui se greffe d'humain autour. Le livre devrait conduire à la fois, les informaticiens à se plonger dans une œuvre littéraire et les littéraires se confronter à une ouvrage technique. Ça peut aller assez loin. Pour l'heure, je m'occupe de la partie purement technique. Je dois me prouver que je suis capable de réaliser ce logiciel de A à Z. C'est un clone d'un programme de mon entreprise sur lequel je bosse depuis deux ans. Je prétends que si j'avais été seul pour faire la même chose, j'aurais fait mieux et plus vite. Je ne sais pas s'il y a un bug dans ma réflexion. Pour le moment, il ne me semble pas et ça vaut le coup de pousser l'analyse jusqu'au bout.

Je n'ai pas le temps de noter toutes les idées qui me viennent au cours de ce développement car cela me prendrait trop de temps. C'est dommage car j'ai peur d'oublier certains détails. Parfois en arrivant sur un problème je me souviens des commentaires des programmeurs du projet. Je n'y avait pas prêté garde à l'époque mais à présent je m'aperçois qu'ils s'étaient posé les mêmes questions. C'est rassurant en un sens. L'inefficacité que je crois détecter dans la manière imposée dont nous avons travaillé vient, je pense, d'un manque de réflexion sur ce que c'est que produire un logiciel informatique. Il est illusoire de penser qu'un être humain puisse écrire un document décrivant correctement un logiciel à créer. C'est l'erreur de base. Les idées me viennent qu'au fur et à mesure. Je le constate sans cesse. Il faut parfois tout recommencer. C'est ce qui fait peur mais est-ce si grave. Un processus de réalisation de "mécanismes" de ce genre doit laisser part à une expérimentation, c'est pourquoi je pense qu'il faut concentrer les équipes de développement. Quand une personne peut tout faire, c'est l'idéal.

J'ai remarqué aujourd'hui que je suis mieux chez moi pour développer, qu'au bureau. Il faut se sentir libre, n'avoir personne sur le dos qui vient vous demander comment ça avance. Même avec les meilleures intentions. On demande aux programmeurs de rendre des comptes, de mesurer leur avancement alors ils ne vont certainement pas dire "j'ai programmé les trois quarts du programme mais j'ai trouvé une meilleure solution, je recommence tout". C'est pourtant ce que je fais souvent et ce n'est jamais du temps perdu. D'ailleurs tous les programmes que j'ai écrits jusqu'ici marchaient très bien à la différence de beaucoup de ceux que j'ai testé qui étaient pleins de bugs et qui prenaient autant de temps pour être débugués qu'il n'en n'avait fallu pour les coder.

J'ai constaté encore qu'il ne sert à rien de mesurer le temps passé à écrire des lignes de programme. Parfois j'ai passé des heures à tourner autour, à tester tel ou tel aspect et me demander comment j'allais m'y prendre. Que dirait un patron ou un chef de service de me voir dormir presque, de la sorte. Ce qu'il faut, c'est se mettre dans l'état d'esprit qui permet d'affronter les problèmes complexes que posent sans arrêt l'écriture d'un logiciel. On peut les contourner mais jusqu'à certaines limites seulement. Après quand c'est le moment, on avance vite. Puis le processus recommence. Ce n'est pas du tout linéaire et on imagine bien que c'est au début que les opérations sont le plus compliquées, quand il faut tout mettre en place. L'expérience intervient beaucoup à ce niveau. Si on peut réutiliser des choses qu'on a déjà faites, cela fait gagner beaucoup de temps. D'où l'intérêt de toujours essayer de faire bien. Un truc mal fichu une autre fois, n'est pas réutilisable. Ça ne donne pas envie. Par exemple, il y a quelques semaines j'avais réalisé un programme permettant d'afficher dans un navigateur web le contenu d'une table extrait d'une base de données. Ce problème se pose souvent. Quelques temps plus tard, j'en ai fait une nouvelle version améliorée. L'une des applications que j'avais réalisée alors reprenait ce module qui s'est avéré très efficace. Maintenant je songe reprendre ce code pour mon projet en cours en apportant quelques améliorations que j'ai en tête.

Mon livre devrait être une sorte de thèse dans laquelle j'aurais à développer quelques idées comme celles ébauchées plus haut. Ce ne sera pas une thèse cependant car je ne me vois pas me lancer dans un travail trop systématique. On verra la qualité des arguments que je pourrais avancer. Et puis surtout, je veux que ce soit d'abord une œuvre littéraire. Une réflexion sur la forme (autre chose qu'un roman) et le fond (se confronter aux problèmes concrets du genre "pourquoi je passe tant de temps à réaliser un programme qui existe déjà et n'existera plus, sera rendu obsolète par l'évolution technique, dans quelques courtes années").

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Je suis passé chez le marchand de journaux pour acheter un timbre. J'en ai profité pour prendre une revue. J'ai choisi Tecknikart et rentré chez moi, après l'avoir feuilleté j'étais très déçu. Quel discours qui tourne à vide. A l'affût de la moindre nouveauté quand on sait bien qu'il ne peut y avoir qu'une ou deux idées nouvelle tous les dix ans ! J'ai trouvé particulièrement désagréable les jugements "anti bobo" de ce journal alors que c'est très probablement le cœur de cible de ses ventes. Qu'est ce que les bobos d'ailleurs ? Au bout d'un moment, je me suis rendu compte, qu'en fait, je pensais lire les Inrockuptibles et que de cette erreur venait une partie de mon désappointement.

Non, je n'aime pas vraiment ce journal mais je ne vois pas l'intérêt de m'étendre en critiques. Il y a simplement contradiction entre la pertinence du propos et le poids des jugements sans appel. Une page sur le groupe Air par exemple. Ils sortent leur cinquième album. Il sont soi-disant en panne d'inspiration mais dans le texte évoquant leurs CD précédents, je lis que le deuxième, "moon safari", les avait conduits dans une impasse. Le quatrième (10 000hz legend) n'était pas loin du chef d'œuvre... alors que c'est juste un groupe techno sympa qui a eu la chance de gagner beaucoup d'argent et des opportunités de faire de bonnes rencontres (ils ont fait la musique du film de Sofia Coppola, travaillent aussi avec un chorégraphe dont j'ai oublié le nom)... Pourquoi un tel verbiage négatif dans ce cas ? L'esprit "frenchie" ?

Dans un autre article, l'artiste Thomas Lelu qui publie des dessins volontairement maladroits, explique "je ne cherche pas à être malin, je veux juste réfléchir sur la limite de ce qu'on peut montrer". J'ai envie de lui demander s'il est bien sûr que l'objet des activités artistiques est encore celui de trouver les limites. J'ai l'impression personnellement que non. Mais qu'est ce que ce journalisme qui cite des phrases aussi abruptes sans même demander à leur auteur de s'expliquer.

Un dossier sur l'excès d'information qui fait le constat que nous ne sommes pas mieux informés pour autant. Recyclage de la société du spectacle de Debord mais tellement moins bien exprimé. Ce doit être de la vulgarisation ! Seule idée que je retiens, celle qu'il y a maintenant la vie réelle et celle dont parlent les médias, sans rapport, et que le pire qui puisse arriver serait que les médias nous "tombent dessus". C'est vrai. La médiatisation est redoutable pour les non professionnels; "Pour vivre heureux, vivons cachés", je dirais !

 

21/02/2004

Mort du cinéaste Jean Rouche. J'espère que nous reverrons ses films à la télévision et que je pourrais les enregistrer (prévoir des cassettes vierges !).

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Je me suis laissé tenté par le coffret de DVD regroupant les dix films du Décalogue de Kieslowski. Je les ai eu pour un prix relativement raisonnable (58euros) mais je sais que j'aimerai ces films et les regarderai plusieurs fois. Ce cinéaste a quelque chose qui me fascine. Le thème de ses films et aussi la manière qu'il avait eu d'annoncer qu'il ne tournerait plus après Rouge, comme s'il avait connaissance de l'heure de sa mort. Plusieurs fois j'ai pensé sentir sa présence bienveillante. C'est assez étonnant. Sans doute n'est-ce que le prolongement des thèmes qu'il traite dans ses films mais je me dis que finalement, s'il avait raison dans sa foi superbe, ne pourrait-il pas continuer à me faire signe. C'est intriguant. Si cet ensemble de DVD m'apporte quelque élément de réponse supplémentaire, leur prix n'aura plus aucune importance. Je ne sais pas pourquoi il devrait s'intéresser à moi particulièrement. Il n'y a que ma mère dont je sente parfois la présence d'une manière analogue. Ça semble quand même plus normal. Jamais mon père, dont je n'ai plus jamais entendu aucune phrase depuis qu'il m'ait dit qu'il voudrait bien vivre encore quelques années, la veille de sa mort, à l'hôpital cardiologique. Il n'est peut-être plus mort finalement et aura pris aussitôt un autre corps. Je ne serais pas surpris qu'après leur mort, mes parents ne sont plus ensemble même si cela semblait inconcevable dans cette vie. Ma mère se sera émancipée après avoir rencontré un autre homme. Pourquoi pas Krystof Kieslowski finalement !

 

09/03/2004

Merde, je n'ai rien écrit depuis le 21 février et rien publié sur le site depuis janvier. Il faut croire que j'ai tourné la page.

En fait non. J'aurais envie d'en finir avec certains aspects de moi-même, mais c'est si compliqué. Ces derniers jours je travaille à ce projet de logiciel que j'ai évoqué précédemment. Ça a pris forme mais j'arrive à une partie plus difficile. J'ai détecté deux bugs compliqués à résoudre. A défaut je pourrais les masquer mais non, je voudrais réellement les solutionner.

Rien fait dans le domaine artistique. Je me demande même si je vais reprendre le site. Je me sens las et mon existence est si triste. Les promesses non tenues sont mon lot quotidien et je reste sur ma faim.

 

14/03/2004

Attentats à Madrid cette semaine. On hésite pour savoir si c'est l'œuvre de l'ETA ou al Qaïda. La responsabilité d'Al Qaïda semble se confirmer mais ce qui me gêne dans les commentaires que j'entends, c'est l'idée que ça ne peut pas être ETA, que c'est trop horrible. Comme si, en quelque sorte, il s'agissait de rester entre gens civilisés, même lorsqu'on parle de terrorisme. De plus en plus ouvertement, les journalistes disent "les arabes", j'ai remarqué. Oui, ces activistes sont vraiment nuisibles. Où veulent-ils en venir ? En tout cas, ils atteignent leur but dans le sens de pousser à un affrontement de culture et de religion de plus en plus frontal.

En temps qu'artiste, ça me donne envie de renoncer définitivement. Je trouve, en effet, une parenté gênante entre les œuvres d'art récentes les plus reconnues et les méthodes des terroristes. L'attentat de Madrid, dans cette optique, est une organisation impressionnante (10 bombes qui explosent presqu'en même temps). A la limite les artistes donnent des idées aux terroristes. C'est pourtant pas nécessaire. Plutôt penser le bien si c'est encore possible.

 

20/03/2004

Rien de très nouveau. Je poursuis mon projet de programme qui occupe tout mon temps libre et m'éloigne pour un temps de mon activité d'artiste. J'ai pas mal avance sur une gestion de profil qui permettra à chaque utilisateur de personnaliser son interface.

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Lu plusieurs articles de la revue login: que j'ai achetée pour la première fois. J'ai appris des choses concernant les plateformes .NET, le système d'exploitation LongHorn qui remplacera Windows et le projet OpenSource Mono qui vise à réaliser l'équivalent pour Linux. Quelle agitation dans tout cela. C'est difficile à suivre. Tous les deux ou trois mois, il faut revoir ses connaissances voire ses certitudes...

Le dossier sur les spams, ces messages qui polluent les boites mail. 60% des messages seraient aujourd'hui des spams et il semble difficile de l'empêcher. Des lois se mettent en place ainsi que des réponses techniques. Un système pensait résoudre le problème en obligeant l'expéditeur d'un mail à répondre à une question simple mais impossible à automatiser. Les spammeurs ont eu l'idée de rerouter cette question sur un site web porno. La réponse faite par les visiteurs du site était récupérée pour valider l'envoi des spams. Il est dit aussi qu'en cliquant sur le liens permettant de se désabonner de certaines listes de diffusion, on n'aboutit qu'à valider son adresse mail qui est alors enregistrée par le serveur distant. D'autres mails affichent même une image invisible pour provoquer un échange d'information entre votre PC et le serveur. Il peuvent ainsi connaître votre adresse personnelle et l'enregistrer dans leur base de données.

 

notes avril 2004

 

 

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me contacter par e-mail jean-claude.devaux (site officiel)

mise à jour le 31/05/2004