notes d'artiste (juillet 2003)  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et de mes autres trucs.

 

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14/07/2003

Je me suis éloigné de mon travail d'artiste pour apprendre sur la gestion des bases de données. J'ai beaucoup progressé grâce à EasyPHP. J'ai repris l'utilitaire PHPMyAdmin qui sert à l'administration la base MySql intégrée dans ce pack logiciel (gratuit) et j'en ai fait, en le simplifiant et le modifiant, un outil à moi que j'envisage d'utiliser au travail ou ailleurs.

L'écriture de code PHP n'est pas évidente à cause du mélange des langages dans les pages html (du code html, du PHP, du Javascript). Un outil d'aide serait le bien venu pour remplacer mon éditeur de texte ! Les trois langages se complètent pour permettre la génération du code à plusieurs moments et en divers endroits. Le code html est le plus statique et le plus "éloigné" de l'utilisateur. Il est figé au moment de la conception des pages. Le code PHP, lui, sert à rechercher des informations mais aussi à générer du code au moment où la page est consultée. En fait, la page à afficher est fabriquée dans l'espace de temps entre le clic du visiteur et la réponse du serveur. Ce n'est pas nouveau en informatique mais très étonnant si l'on considère la consultation des pages d'un site web comme s'il s'agissait de lire des documents publiés. Le document est édité juste après que le visiteur ait signalé son intention de le consulter ! Les éditeurs en avaient rêvé !.. Le code Javascript quant à lui est exécuté côté utilisateur, sur son PC. Ça permet de petites fonctions sympa comme les liens qui changent de couleur à l'approche de la souris. Cela permet aussi de rendre les demandes un peu plus paramétrables. L'ensemble est très performant mais difficile à maîtriser. Il faut beaucoup de rigueur pour construire une application du type de phpMyAdmin qui dispose de beaucoup de fonctions d'accès à la base de données. J'ai beaucoup appris ces derniers jours, aussi bien côté hml (rien de mieux que d'écrire le code "à la main") que de PHP et SQL. En déformant ce programme phpMyAdmin, j'ai pu voir comment m'y prendre et réfléchir aux bonnes pratiques : Comment organiser son programme avec des fichiers "inc" pour les données communes. Comment gérer plusieurs langues en stockant tous les messages dans un fichier particulier. C'est facile en fait. L'inconvénient ensuite est que le code est encore plus difficile à lire car même les messages d'information n'apparaissent plus en clair : echo $msgInvit, par exemple, correspond à l'affichage d'un message d'accueil...

 

20/07/2003

Je tiens toujours à distance mes projets artistiques pour continuer la prise en main de EasyPHP. J'ai poursuivi la réalisation d'un outil permettant l'affichage du résultat d'une requête sous forme d'un tableau paramétrable (couleurs, mise en page, possibilité de tri des lignes à la consultation). Cela fonctionne bien. J'ai encore appris quelques détails sur le paramétrage des tableaux en html (j'en avais pourtant déjà souvent réalisé)... ainsi que sur l'utilisation des styles css. J'avais toujours repoussé l'apprentissage de cette norme jusqu'ici.

Je pense que la compatibilité avec Netscape 3 que je maintiens sur mon site depuis le début ne se justifie plus. maintenant. Je peux donc utiliser les possibilités du html 4.0 comme les styles. Avec PHP on pourrait s'en passer cependant, mais cela apporte quelques avantages comme celui de modifier l'aspect des liens hypertexte... Le couplage des pages avec la base de données donne de bons résultats. Il est possible de réaliser des requêtes complexes très facilement. L'application que je réalise consiste à exploiter des statistiques que je traitais jusqu'ici avec excel et pas mal de difficultés. J'ai aussi testé les techniques de contrôle des comptes utilisateurs avec des droits différents en utilisant des "cookies" ! Cela semble intéressant.

 

23/07/2003

J'ai poursuivi sur le même sujet. Je peux maintenant produire des tableaux avec des styles différents (en changeant les polices et les couleurs des cellules ou des en têtes). Il me reste à prévoir la possibilité d'avoir des colonnes de couleur différente et de pouvoir enchaîner plusieurs tableaux dans une même page... J'ai un autre projet mais de plus grande ampleur dont je me demande si je vais l'entamer, avec le risque d'y passer une partie non négligeable de mes vacances...

J'ai aussi envie d'écrire mais ne sais pas trop où je vais mettre les pieds. Il faut que je consacre un ou deux jours pour préciser mes idées et esquisser un plan avant de me décider d'y aller ou non.

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Hier, je suis allé à Lyon accompagner mon beau frère qui avait une visite médicale. J'en ai profité pour emmener mon neveu au musée St Pierre. Toujours aussi formidable. Chaque fois que j'y vais, je trouve les œuvres présentées encore plus exceptionnelles. Depuis qu'il a été réaménagé, l'accrochage est très bien réalisé avec différents niveaux de parcours, selon qu'on est pressé ou pas, selon le type de visiteur... Je regrette seulement qu'on n'ait plus accès à cette salle extraordinaire en sous sol où se trouve ce splendide décor de sculptures romantiques ou baroques (il faudrait que je les revois).

J'ai voulu conduire F au musée Guimet. Là j'ai appris que ce musée est désormais fermé. Il présente encore des expositions temporaires jusqu'en 2007 mais les collections d'animaux ont été retirées. Elles ont été stockées pour être restaurées m'a t'on dit. Il sera remplacé par le "musée des confluences" à l'autre bout de la ville.

Je vais regretter ce musée dont j'appréciais particulièrement l'atmosphère vieillot. Il se passe quelque chose de spécial avec les musées et - j'imagine - tous les espaces publics. On se les approprie jusqu'à s'en croire d'une certaine manière, propriétaire. Puis quelque responsable décide de changer cela et nous renvoie brutalement à notre état de spectateur...

Au musée St Pierre, j'ai remarqué le mobilier (chaises et bancs réservés au public ou aux gardiens) apparemment conçus spécialement pour cet endroit. Ils sont réalisés en bois et en métal. Style post moderne je dirais. La surface des bois est particulièrement lisse à tel point que je me demande comment ils ont pu les polir. De quelle essence de bois s'agit-il ? Un banc fixé au mur sous une fenêtre utilisait deux planches juxtaposées. Celle où l'on devait s'asseoir était en total porte à faux.. Ça m'a bluffé. Je ne pense pas que la plaque de métal en dessous pouvait suffire pour la soutenir. J'imagine plutôt que des tiges de métal renforçaient l'ensemble à l'intérieur du bois. Il s'agit par conséquent probablement d'un bois exotique, sans fibre, qui risque moins de se fendre. A moins que ce ne soit pas vraiment du bois mais plutôt un matériaux synthétique ! J'ai remarqué aussi une pièce exposée (c'est tout de même un musée d'art) racontant la vie d'un Saint, composé d'une quinzaine de scènes en ivoire montées sur un support en bois sculpté. J'aimerais beaucoup l'avoir chez moi ! Je pense qu'il y a matière à réaliser de nombreuses reproductions de ce genre dans ce musée. Les moulages du Louvre sont trop limités et probablement trop chers aussi... Mais peut-être qu'il n'y a pas de marché malheureusement, pour ce type d'objet... et puis démocratiser à l'excès certaines œuvres rares reviendrait à les détruire en même temps que les mettre à disposition du plus grand nombre...

 

24/07/2003

Le temps fait son office et je vais bientôt devoir me remettre à l'écriture ! J'ai pensé utiliser le traitement de texte de manière intensive : Chaque projet significatif s'accompagne de l'utilisation d'outils nouveaux, celui-ci n'y échappera pas. J'ai quelques idées pour permettre de gérer plusieurs versions de texte dans le fichier, des idées non utilisées, etc. L'ennui c'est que cela va me coller d'avantage encore devant mon écran où je suis déjà la majeure partie du temps. Il faut sérieusement que j'envisage l'achat d'un PC portable pour gagner un peu d'autonomie !

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J'entendais mardi Baudrillard qui était invité pour commenter son article provocateur sur la grève des intermittents du spectacle. Il parle de "suicide" du milieu artistique..; Je n'ai pas lu son texte. Il faudrait que je cherche s'il est sur internet. Il y a eu aussi des réactions dans les pages Rebonds de Libération ..

Je n'ai pas tout compris sur ce mouvement pour la sauvegarde du statut particulier des artistes. Je ne conteste pas les raisons. Je connais mal le sujet et d'ailleurs j'ai un sentiment assez désagréable qu'ils voudraient que je m'intéresse à leur problème comme si je pouvais m'occuper de tout ! Parmi les noms que j'ai entendu autour de cette affaire, Régine Chopinot qui semble être à l'origine de la "grève des festivals", Bartabas et Patice Chéraud dont je ne sais pas trop quelle est l'opinion respectif au delà des déclarations simplifiées reproduites dans les médias. Baudrillard déplace à juste titre (mais avec un peu de dédain), le problème sur le rôle de l'Art dans la Société. Pour les compagnies de danse, c'est évidemment beaucoup plus prosaïque : vont-elles continuer à toucher leur chômage et avoir de quoi à la fin du mois ? Il n'en demeure pas moins qu'il y a quelque chose de malsain et d'inabouti dans ce statut des intermittents, très favorable et semble t'il spécifique à la France (les autres pays ayant certainement d'autres systèmes qui reviennent au même). Est-on prêt à financer - plus ou moins sponsoriser - des artistes et dans quelles conditions ? L'art est-il un projet national ? Un projet économique comme je l'ai entendu ? Ça mériterait d'être plus clair en terme d'objectif ! On pourrait aussi se demander si au bout du compte ce système est tellement efficace, s'il s'agit bien d'art, s'il ne sert pas plutôt à donner une alternative à une population qui, sans ça, tomberait dans des comportements "d'inadapté" ? Baudrillard dit "tout le monde est artiste aujourd'hui". Comment je me situe par rapport à ça ? Ce qui est sûr , c'est que je ne m'envisage pas dans la situation de vivre sur des aides publiques pour me consacrer à mon art. Ça implique peut-être que je ne suis pas un vrai artiste, pas prêt à mettre le paquet pour aboutir. Cela m'est bien égal et je pense aussi que cette vision de l'artiste absolu ne correspond plus à rien, en tout cas de mon point de vue.

 

27/07/2003

Une semaine de vacances s'est passée et je n'ai pas décollé. Je m'interroge sur la suite à donner au site et si j'aurais le temps de m'en occuper. Il faudrait que j'y consacre le minimum pour au moins le mettre "en attente". Il faudrait que je finalise les quelques trucs que j'ai sous la main (mes animations gif, mes herbes folles) et enlèver ou déplacer la page "ma.reconciliation". qui n'a plus sa raison d'être à présent. Il faudrait aussi que je fasse le nécessaire pour la vente de mes images en ligne.

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Polémique du Monde (qui n'en loupe pas une) à propos de la libération avortée d'Ingrid Bettencourt toujours prisonnière des FARC en Colombie. Le gouvernement français avait envoyé un avion à Manaus pour la récupérer mais ça n'a pas abouti. Il reste pas mal de mystère autour de cet épisode. On dit que le ministre Villepin aurait agit seul. On parle aussi du paiement d'une rançon. Avait'on dépêché aussi des militaires ? Mystère. Quel destin tout de même cette femme, peu a peu absorbée par le Spectacle.

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Noté au cours de mes lectures : Paul Ricoeur commentant Eric Weil 'logique de la philosophie', 1950) : "tout est gagné quand on a choisi le discours, l'argumentation, la discussion plutôt que la violence. Qu'est-ce qui fait entrer dans le discours plutôt que demeurer dans la violence ? Est-ce que la science suffit ?".

 

30/07/2003

Un changement s'est produit après une semaine de réclusion et je sens qu'une première phase va se terminer. Les jours derniers, je les ai consacrés à l'étude de PHP et je pense que je sature. Il faut passer à autre chose. Ce matin mon site internet me préoccupe de nouveau et j'essaie de trouver comment le faire évoluer. L'ennui, c'est que cette activité ne va pas m'éloigner de mon écran même si la finalité est très différente. Je me sens un peu piégé. Quoi que je fasse, j'ai besoin de mes ordinateurs. Ce n'est pas que je ne peux pas m'en passer mais plutôt que c'est le lieu où tout se joue. J'ai été vivre en ville lorsque j'avais le sentiment que c'était là que ça se passait. Maintenant, c'est devant mon computer. C'est la même démarche.

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Je suis à la campagne. Seul depuis trois jours et cela ne me pose aucun problème. Ça pourrait durer des semaines on dirait. Je dois m'occuper des animaux (un chat, des poules et des lapins). Comment peut-on préférer la compagnie des bêtes à celles des humains ? Il faut avoir un grain !.. Je pensais préférer les chats aux chiens mais là je me demande. Il passe son temps à miauler pour avoir à manger depuis qu'il a compris que c'est moi qui le nourrit. Je dois me mettre dans une disposition spéciale dans laquelle je n'entends plus ses miaulements. Il panique complètement lorsque je ne lui donne pas son assiette au même endroit que d'habitude. Il ne la voit même pas, même si je l'appelle et lui montre. Les poules ne sont pas mieux ! Elles se sont remises à picorer après que je sois simplement venu vérifier qu'elles avaient encore des graines dans leur mangeoire. Les lapins sont à la peine. On n'a plus trop d'herbe à leur donner. Ils n'aiment pas ce qu'on leur propose (du pain sec, du maïs) et il me font de la peine derrière les portes grillagées de leur clapier.

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Il y a la radio. Ils diffusent sur France Culture une série qui relate un procès qui a eu lieu en Belgique concernant le génocide du Rwanda (commencé le 7 avril 1994, un million de morts en un mois). Les Tootsies étaient accusés par les Houtous de la mort du Président . C'est ce qu'on a d'abord raconté mais il ressort que ce n'était pas une réaction de folie populaire comme on a voulu le faire croire mais un massacre organisé s'appuyant sur trois piliers : l'armée, les entrepreneurs qui ont financé les opérations et des intellectuels pour le support idéologique. Ils citent des noms. Ils parlent même de religieuses qui ont téléphoné à la police pour qu'on vienne "terminer le travail" car il restait des Tootsies qui erraient autour de leur monastère... C'est écœurant.

Les émissions ont continué les jours suivants. On a pu entendre les dépositions des différents accusés qui avaient été présentés le premier jour. Ils étaient venus se réfugier en Belgique où ils ont été arrêtés suite aux plaintes d'autres Rwandais, des victimes, qui ne supportaient pas de les croiser dans les rues. Des gens parfaits en apparence ! Polis à l'excès. La déposition des psychologues experts qui ont examiné ces accusés était extrêmement impressionnante. Ils concluaient à la normalité du professeur d'université, de l'ancien ministre et des deux religieuses - peut-être un peu fragiles mais responsables de leurs actes. C'est aussi un exemple pédagogique de la manière dont la Justice tente à débusquer la Vérité en l'extrayant des faits qui lui sont livrés, ce qui laisse souvent les gens avec une dose importante d'incompréhension et de rancœur (voir les nombreuses réactions rapportées par la télévision à la sortie des procès).

 

02/08/2003

Ce que j'écrivais à propos du "procès du Rwanda" était aussi inspiré par cette émission sur Christine Malèvre, l'autre soir. Pendant l'été, la télévision diffuse une série sur les grandes affaires judiciaires. Christine Malèvre est cette infirmière qu'on accuse da l'assassinat de ses malades - jusqu'à une trentaine de cas dont sept ont été retenus pour le procès. Elle prétend que c'était de l'euthanasie et qu'elle agissait à la demande des malades. Elle a été condamnée mais un nouveau procès doit avoir lieu cet automne.

Je regarde volontiers ce genre d'émission. C'est quand même intéressant d'en apprendre plus sur la psychologie de ces personnes "hors norme". En même temps, le fait que la télévision les transforme en vedettes me gêne beaucoup. On enquête sur eux. On s'intéresse à ce qu'ils pensent. On écrit des livres et des articles à leur sujet. A la limite, on pourrait dire que le "crime paie", puisqu'il permet d'entrer dans la Scène...

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Un autre reportage a retenu mon attention dans une émission consacrée à la sécurité routière. Ils montraient un programme de sensibilisation mis en œuvre en Californie. Quelque chose d'assez Hollywoodien, il faut dire, qu'il serait difficile, me semble t'il, de reproduire en France. Ça commençait dans le stade du lycée. Les élèves venaient s'installer dans les tribunes. Le long de la piste, deux voitures accidentées avaient été amenées, recouvertes par des bâches. Le show pouvait commencer. On retirait les bâches. Les flics arrivaient comme s'il s'agissait d'un vrai accident. De vrais flics à moto. Plusieurs élèves jouaient le rôle des victimes de l'accident. Il y avait beaucoup de sang. Les flics interrogeaient le jeune conducteur et lui passaient les menottes. Ils l'emmenaient au commissariat en garde à vue. L'ambulance arrivait pour secourir la passagère. On lui mettait une minerve et on lui donnait de l'oxygène. Une autre fille blessée était emmenée en hélicoptère. La troisième qui gisait sur le capot était morte. On la mettait dans un sac en plastique et le véhicule de la morgue l'emmenait. Le jeu se poursuivait jusqu'au lendemain. Le jeune garçon passait réellement la nuit au poste et les filles à l'hôpital. Le lendemain, la directrice annonçait le décès d'une seconde victime à tous les élèves et finalement le scénario se terminait après quelques leçons de morale. Le prisonnier était libéré de ses fers, la jeune fille en fauteuil pouvait se relever. Tout rentrait dans l'ordre.

Je suis très réservé sur ce genre de méthode. Au delà du côté pédagogique, je vois plutôt le spectacle et au bout du compte, je ne suis pas sûr que le résultat aille dans le sens recherché. Ceci dit, je pense que ce genre de méthode souligne surtout ce qui nous éloigne de la psychologie des Californiens. Je n'imagine pas une directrice de lycée, ici, venir mimer l'annonce de la mort d'un élève "pour de faux". Cela me semble inconcevable, pourtant, eux le font pour de vrai.

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Je me suis remis à la production d'images. J'ai réalisé trois tableaux à partir d'un motif de flèches. Cela me prend plus de temps désormais. Peut-être que je suis plus exigeant ? J'en doute. En tout cas, c'est plus long.

Lorsque je fais le tour de toutes les pistes ouvertes depuis le début du site, je pense qu'il y a un problème. Je commence les choses sans jamais les finir. Je me disperse... Il y a l'écriture. En peinture, je peux citer le projet LBM qui est resté en ébauche. Plusieurs idées d'applets cybernétiques pourtant prometteuses, etc. Ces derniers temps, j'ai ajouté la musique électronique. J'ai téléchargé et installé un certain nombre de logiciels et je n'en n'ai rien fait. Pas le temps. Je ne parle pas de tous les documents que j'ai téléchargé sur mon disque dur et de la pile de livres que je dois lire qui grandit de manière inquiétante !

Je fais le constat de l'immobilité. Immobilité réelle d'ailleurs. Je reste des jours devant mon ordinateur. Je ne sors pas. Ne voyage pas. Et surtout ne parviens plus à évoluer. Je continue à lire, à m'intéresser mais c'est avec une étonnante stabilité. Je suis toujours occupé mais pour aboutir à quoi ?

Concernant le site, je me suis, d'une certaine manière, engagé à avoir une production régulière qui me gêne maintenant car je trouve que mes dernières productions ne sont pas à la hauteur de mes exigences. Cela fait plusieurs mois que je n'ai rien publié. J'ai pourtant diverses choses en attente mais je suis beaucoup moins concentré. J'ai le sentiment que le temps m'échappe, que j'ai mille choses à faire et n'y parviens pas. Finalement, ce site me crée des obligations là où j'envisageais une splendide liberté. Il faut que je revois cela sous un autre angle.

 

03/08/2003

J'ai retrouvé sous la pile un "Que sais je" sur le structuralisme écrit par Jean Piaget que j'avais acheté d'occasion, il y a un certain temps, pour dix francs chez Gibert. Je l'ai lu d'une traite mais ne suis pas sûr d'avoir tout compris. C'était assez ardu et je crains d'avoir loupé des concepts importants. J'ai l'impression d'atteindre mes limites. Il n'y a qu'à la fin lorsque Piaget s'en prend à Foucault auquel il reproche son manque de rigueur. Cette partie tranche avec le reste du livre et donne à l'inverse une impression de quasi puérilité. Déroutant !

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J'ai oublié de mentionner, je crois, cette revue music.run que j'ai trouvée à la gare de Lille Europe où j'étais de passage. C'est le numéro 1 et ça parle de musique assistée par ordinateur (MAO). Je l'ai lu et j'ai retrouvé pas mal des logiciels auxquels je m'étais intéressé au mois de juin. J'ai lu que l'arrivée de nombreux synthétiseurs virtuels sur PC est finalement assez récente; j'en conclus que je ne suis pas trop largué. Plusieurs articles traitent des claviers midi qu'on peut connecter à l'ordinateur ainsi que des boites à boutons et potentiomètres. C'est une évolution assez étrange. Il y avait les synthétiseurs. Des programmes simulant ces systèmes sont apparus mais devant la difficulté de les jouer sortent maintenant des dispositifs externes pour les contrôler. C'est toute la question des interfaces qui est posée. Pour piloter correctement un logiciel, il faut bien pouvoir agir sur des touches et des boutons... mais comment "désigner" un PC pour qu'il puisse servir à tout comme on le voudrait ?

Le logiciel qui avait retenu mon attention (psyclé) n'est mentionné nulle part. Il est vrai qu'il est un peu austère mais je me demande aussi s'il est encore techniquement dans la course. Ce que j'ai lu sur les effets d'écho m'en fait douter : Il existe maintenant des logiciels qui permettent de simuler un espace dans lequel la musique est interprétée. On peut donner les dimensions de la pièce, le matériau des murs, etc. Concernant la synthèse sonore, c'est la simulation des systèmes analogiques qui est le plus en vogue. On tente de reproduire les imperfections en faisant varier les paramètres, par exemple la fréquence, pour reproduire le timbre des instruments "anciens". Ce qui est paradoxal, c'est tout de même que les synthés des années soixante dix apparaissent aujourd'hui comme des systèmes imparfaits et attachants dont on essaie de reproduire les défauts alors qu'à l'époque on leur reprochait leur timbre tellement artificiel et trop "parfait".

 

04/08/2003

Il faut de nouveau chaud à l'excès. Je vais m'occuper les prochains jours à mettre au propre les images que j'ai sous le coude (trois séries au moins), de manière à avoir quelque chose à publier sur le site et ainsi, peut-être me libérer.

Je pense à ce projet de livre mais ne le sens pas très bien. Est-ce le bon sujet ? C'est un thème risqué, proche de mon quotidien, ce qui est à la fois une force et une faiblesse. Je manque de confiance et me demande si au fond j'ai vraiment envie de produire un livre qui "risque" d'avoir du succès. Que deviendrait ma "tranquillité" que je regrette et cherche en même temps. J'ai aussi l'idée qu'une vie plus concrète et réelle me conviendrait mieux désormais et ne voudrait pas rater l'occasion lorsqu'elle se présentera.

 

05/08/2003

Je suis allé recherché les travaux que j'avais laissés en souffrance depuis plusieurs mois dans mes répertoires pour les réunir sur une page internet. Créer une nouvelle page est comme préparer une exposition. Je dois sélectionner les images que je souhaite conserver, les retoucher si nécessaire. C'est comme rechercher dans sa réserve parmi les toiles qu'on a peinte, celles que je pourrais céder à un galeriste. J'imagine. Certaines images ne sont pas tout à fait terminées. Ce sont les couleurs qu'ils faut retoucher en général. Parfois, c'est même un aspect que j'avais complètement laissé de côté. J'étais parti du thème de l'herbe à l'aide d'une macro prévue pour cet usage dans Pov. Je l'avais triturée dans tous les sens, je me souviens. C'était début mai. Il me reste surtout à revoir les matières (surface, couleur). Je ne crois pas que ces aspects sont très importants mais ils me permettent de bien différencier les images. Peut-être que le résultat est un peu trop joli. Enfin, je reste sur mon idée que cette peinture ne conduit à rien. Même si ces images ont quelque chose de jamais vu, elles sont trop proches de ce qui a été fait précédemment. Il manque un effet de rupture...

Au bout du compte, j'ai pas mal de matière à publier pour peu que je termine la mise en page. J'aurais au moins quatre séries avec quelques nouveautés techniques, des gifs animés notamment. C'est assez diversifié aussi. Donc ce n'est pas si mal ! J'aurais aussi une production suffisante finalement pour cette année même si pour moi elle me donne un sentiment de répétition. Je pourrais donc éventuellement me pencher de nouveau sur l'écriture. Je n'y vais pas de front mais il semble quand même que je vais y arriver.

 

06/08/2003

J'ai déjà passé deux jours à cette mise en forme et ce n'est pas terminé. Loin de là. La série des "brins d'herbes' fournit déjà une quarantaine d'images. J'en ai éliminé quelques unes mais pas beaucoup en fait. Et j'ai d'autres séries à voir. Ça va me bouffer la semaine, j'ai bien peur.

Je ne sais pas comment je vais m'organiser à l'avenir. Il est clair que je dois réduire mes ambitions par rapport à ce site qui me prend trop de temps. Je ne peux assumer. Je pourrais le laisser en l'état éventuellement, au moins pour quelque temps. Ou alors être plus sélectif. Ceci dit, produire des images sans les publier n'aurait plus beaucoup de sens et probablement que cela se traduirait par ne plus en produire du tout.

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Dans la série "brins d'herbes" (je vais la renommer abstract), j'ai beaucoup retravaillé les premières images au niveau des couleurs. Pour la suite, au contraire, j'étais parvenu à une sorte d'abstraction qui fait que les couleurs n'avaient plus aucun rôle et pouvaient, par conséquent, rester les mêmes, d'une image à l'autre. C'est un résultat intéressant.

J'ai noté aussi que ce travail a quelque chose d'intermédiaire entre la peinture et la photographie. De la photo, il reprend le côté "prise de vue", les éléments aléatoires et l'importance du choix de cadrage. Il suffit d'un rien parfois pour transformer une image. Mais cela reste de la peinture dans la mesure où je peux agir sur tous les éléments, éliminer ou modifier le détail qui ne me convient pas et puis, du départ, quand même, c'est moi qui "créé l'univers", il ne m'est pas donné comme en photographie. (Ceci constitue un débat à part entière d'autant plus que la photographie, avec le numérique, est elle aussi en train de changer de nature).

Mon travail a également à voir avec la musique ! La musique techno, je veux dire. En effet, il y a une grande similitude dans la manipulation des paramètres au quart de poil dans Pov et ce qu'on peut être amené à faire sur le keyboard d'une "music-machine". Je ne sais pas si ce rapprochement est tellement signifiant. Je le constate simplement. On peut vraiment parler de composition et pourquoi pas même d'orchestration. Le côté négatif est qu'en face de la facilité de produire des images apparaît la difficulté de plus en plus grande de se démarquer. C'est ce à quoi je devrais réfléchir les jours prochains.

Autre point à noter, pour certaines images, j'ai dû avoir recours à la retouche avec PhotoMagic pour enlever des détails déplaisants. Avec le tirage aléatoire des brins d'herbes entrecroisés, il se produit de temps en temps des intersections peu heureuses que je gomme avec l'outil de "copier et peindre" (une périphrase pour décrire cet outil qui permet de peindre en utilisant les couleurs d'une zone déjà existante de l'image. L'aide de PhotMagic l'appelle "l'outil clone"...).

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Je lis dans le journal qu'il existe 10 000 sites web sur le personnage Terminator. Je ne sais pas à quoi cela correspond exactement mais cela souligne le problème d'être reconnu sur le web. Problème auquel je suis confronté depuis le début mais auquel je n'ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante. C'est l'ensemble de ma "stratégie d'artiste" que je dois repenser.

 

09/08/2003

J'ai fait des tests un peu approfondi sur mon site avec différents navigateurs. J'avais détecté le problème en testant Mozilla et constatant qu'il n'arrivait pas à afficher des applets. C'était un peu surprenant car je sais que les gens de Netscape participent au projet Mozilla et ce sont quand même eux qui ont introduit Java au départ... Le problème est grave car il se traduit par des anomalies d'affichage ainsi que des plantages ou des blocages du navigateur... Obligé de rebooter : Une vraie catastrophe !

J'ai réalisé de nombreux essais avec plusieurs navigateurs (IE5.5, Nescape 3, 4.7, 6, Mozilla 1.0 et Opera 5). J'en suis arrivé à la conclusion que le problème vient de mes applets parce qu'ils utilisent quelques procédures "deprecated" mais il se manifeste différemment selon le navigateur utilisé même en utilisant la même machine virtuelle ! C'est pour le moins curieux. J'ai commencé mes tests avec la machine virtuelle 1.3 de Sun (la référence) mais j'avais du mal à tout maîtriser. En fait, elle n'est pas prise en compte automatiquement par le navigateur. Avec la machine virtuelle 1.4, c'est plus clair. On peut indiquer si c'est la machine virtuelle par défaut pour Internet Explorer et Netscape 6 (mais pas pour Mozilla et Opera, malheureusement). J'ai également recompilé quelques applets avec le compilateur Java version 1.3.0 (le plus récent que je possède) au lieu du 1.0.2 que j'employais jusqu'ici. J'ai constaté que cela améliorait le fonctionnement avec Netscape 6 et Mozilla même sans modification. avec quelques évolutions des applets, il semble que je réussisse à résoudre les dysfonctionnement mais c'est du boulot !

Ces manipulations compliquées impliquent plusieurs choses. D'abord qu'il est très difficile de maîtriser tout, d'être au courant de tous les problèmes, pour une personne seule, même en restant très basique. D'autre part, il est clair que si je ne fais rien, peu à peu, le site deviendra inutilisable et ce problème avec Netscape en est un signe. Est-ce normal ? pas vraiment mais peut-être inévitable... Dans l'immédiat, je ne suis pas encore très bien ce que je dois faire. Recompiler les applets en enlevant les fonctions indiquées comme dépréciées me semble nécessaire mais c'est déjà un travail non négligeable car ces applets sont nombreux. D'autant plus délicat que je ne sais pas très bien quelles corrections faire. Je suis allé regarder sur le site de Sun pour avoir une information sur les régressions au passage d'une version à l'autre de la machine virtuelle mais je suis resté sur ma fin... Il faut dire aussi que lors de mes tests, l'apparition d'un défaut met parfois le système dans un état incohérent qui perturbe le fonctionnement par la suite jusqu'à un nouveau redémarrage complet (avec tous ces logiciels, on ne sait pas trop ce qu'il se passe dans la machine).

Plus précisément, mes observations sont les suivantes (écrit puis complété à plusieurs reprises) :
Tout les essais ont été réalisés en local.

Avec IE 5.5, aucun problème. Si on lui indique d'utiliser la machine 1.4, il le fait semble t'il (ce n'est pas si évident) et sinon il utilise la machine virtuelle Microsoft (dont la compatibilité n'est pas indiquée explicitement).

Avec la VM Microsoft, IE5.5 affiche mes applets recompilés en version 1.3 (mais pas ceux de la démo de Sun qui provoquent une erreur d'exception).

Avec la machine 1.4, je constate quand même des pertes du navigateur au bout de quelques manipulations sur les anciens applets. IE disparaît et met sur le bureau un fichier qui précise le lieu de l'erreur mais je ne comprends pas trop le contenu des messages sauf que l'erreur se produit en dehors de la machine virtuelle.

Avec NS6, si on ne donne pas l'accès à la VM 1.4, il n'affiche pas les applets mais propose le téléchargement du plug in sur le site de Sun. Curieusement, la machine virtuelle 1.3 livrée avec le logiciel n'est pas prise en compte immédiatement. Si j'essaie d'afficher les applets compilés en Java 102, j'ai des plantages et des blocages qui obligent à rebooter.

Avec NS 4.7, il y a une machine virtuelle intégrée qui fonctionne correctement. Elle affiche aussi bien les anciens applets que les applets recompilés. Par contre, une erreur apparaît avec les applets de la démo Java 1.3 de Sun (même chose qu'avec IE5.5 et la machine virtuelle de Microsoft). Il n'y pas de possibilité d'activer la machine virtuelle 1.4 sur cette version de NS.

avec NS3.0 qui est une très vieille version, j'arrive à lire les applets anciens mais pas tous ceux recompilés en 1.3. L'applet Bouton modifié provoque une erreur (mais pas le message déroulant de la page Exposition 2002).

Mozilla détecte automatiquement le plug in Sun et affiche correctement les applets recompilés et modifiés mais il se plante avec les anciens (comme NS6). Si la machine 1.4 n'est pas détectée, il affiche un logo qui invite à télécharger le plus in de Sun. Ce navigateur est plus ou moins identique à NS 6 mais il y quand même des différences, par exemple, si un lien est manquant, Mozilla affiche un message d'erreur (fenêtre pop up) tandis que NS6 affiche une page blanche.

Opera est "vendu" comme étant ultra rapide. C'est vrai. La contrepartie est l'affichage d'un énorme logo en haut de la page (on peut ne plus l'avoir en s'enregistrant). Les pages pop-up que j'utilise pour afficher le détail des images s'affichent dans la fenêtre courante et non dans une nouvelle fenêtre, ce qui fait qu'on ne la voit pas en entier sur un écran 800x600. C'est chiant, d'autant que je les avais prévues pour justement pour les voir en entier à l'écran. Là, on ne voit pas le bas de l'écran et on n'a pas d'ascenseur. Le côté positif est qu'il affiche les applets correctement avec la machine virtuelle 1.4. La page d'aide indique explicitement la version de Java utilisée. (en insistant un peu, j'ai quand même observé un blocage).

Tous ces faits donnent l'impression d'un "joyeux bordel", un peu décourageant. Sans doute le résultat d'un évident manque de normalisation dont on peut penser qu'il est en partie cause de l'écroulement de la nouvelle économie. Au début, tout semblait simple mais très vite, c'est devenu ingérable. Je peux dire cela de mon site. Je l'ai conçu comme étant compatible avec IE et Netscape (avec déjà un peu de mal). Aujourd'hui, les visiteurs peuvent venir avec peut-être dix navigateurs différents dont chacun a ses propres réactions et certains "plantent". Heureusement que IE a le quasi monopole !... J'ai une idée très imparfaite de ce qu'obtiennent les visiteurs. A l'évidence, c'est probablement moins bien que ce que j'ai prévu (mise en page altérée, polices différentes, etc...), ce qui pose un problème douloureux pour un site qui se prétend artistique.

Ces observations, je dois dire, me découragent un peu. Je n'avais pas besoin de cela ! et cela me suggère l'idée qu'il faudrait fuir le "bateau internet" qui est en train de couler (et puisque par nature, il n'y a pas de pilote...).

 

11/08/2003

Terminé de lire l'ouvrage de Durkheim sur le suicide. Une étude brillante qui m'a appris beaucoup de choses. Il m'a convaincu de l'intérêt d'une approche sociologique et de ce qu'on peut retirer des chiffres lorsqu'on les utilise intelligemment ! Ce livre est étonnamment actuel. Pourtant publié en 1930. Ce n'est que lorsqu'il décrit sa vision d'une société basée sur une découpe fonctionnelle à partir des corporations de préférence à la découpe géographique en départements que je ne le suis plus... Et puis bien sûr les bêtises sur les capacités prétendument moindres des femmes. Je comprends son désir de vouloir proposer des solutions concrètes mais l'idée de s'appuyer sur les métiers ne me semble pas une bonne idée. Elle a sa logique mais je craindrais trop qu'une profession devienne trop puissante. Je pense aux exemples des camionneurs ou celui des coup de force de mineurs dans les pays communistes. Sans parler du patronat ! De plus, je pense que c'est un vision trop statique de la société. Ne peut-on pas avoir plusieurs professions ?

Ce livre pose aussi le problème de l'usage du savoir. Si les informations qu'il donne sont disponibles depuis 1930, comment s'explique qu'il soit si soit si peu connues ? On ne m'avait jamais parlé de ce livre. Même pas sûr qu'on m'ait présenté Durkheim au lycée. Je ne me souviens pas. Pourtant ce qui est dit sur la psychologie sociale mérite d'être connu. Il explique très simplement l'apparente contradiction entre la psychologie individuelle et la psychologie collective. Une collectivité n'est pas et ne peut pas être une simple somme des actions des individus qui la compose et à ce titre, mérite une analyse spécifique. A la limite, le thème du suicide est secondaire dans ce livre même si, finalement il donne un certain nombre d'arguments contre. Dans l'étude ce n'est finalement qu'un phénomène pathogène dont il faut comprendre pourquoi il augmente régulièrement (où en est-on ? est-ce toujours vrai ?).

 

13/08/2003

J'ai préparé une mise à jour significative du site. Il y aura trois nouvelles séries (les marteaux, les abstractions et les porte chiffre). Elles seront rattachées à l'exposition 2002.

Concernant les applets, je ne sais pas comment résoudre le problème rencontré. Faut-il renoncer aux anciens navigateurs ? Faut-il écrire du code dépendant du type de navigateur ? Sans recours à des scripts php, cela me semble difficile... et puis, sur le principe, ça m'agace !

***

Depuis plusieurs jours j'essaie de coucher la difficulté que j'ai par rapport à ces notes sans y parvenir. Je parviens de moins en moins à être sincère. Je l'étais beaucoup plus au départ et j'avais un certain plaisir à rédiger ces notes. L'espace de ce que je ne souhaite pas laisser ressortir dans ce texte s'est élargi. Il y a aussi la question de la répétition que j'essaie d'éviter... Ces réserves se sentent dans le style je trouve. Si bien que j'ai l'impression d'écrire de plus en plus mal.

En fait je crois que cela signifie que je dois trancher. Peut-être arrêter le site mais, si je le fais, je voudrais que ce soit proprement (arrêt définitif ou temporaire ? ça mérite aussi d'être approfondi). Ecrire m'est peut-être redevenu nécessaire.

 

16/08/2003

J'ai noté au cours d'une émission ces chiffres qui me paraissent intéressants. Il s'agit de coûts de fabrication. Une cassette VHS est produite pour 1,30€ tandis qu'un DVD revient à 80 centimes d'Euros. Sur le budget d'un film, la diffusion en salle ne correspond aujourd'hui qu'à 20% environ, 30% pour la télé et le reste, soit la moitié, est obtenu par la vente des vidéos. Ça veut juste dire que discrètement le cinéma s'est transformé en autre chose, que ce n'est plus ce que c'était.

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J'ai fait une dernière modification avant de mettre en ligne, pour atténuer les effets négatifs des applets qui ne fonctionnent plus avec certains navigateurs. En clair, j'ai réalisé un test qui oriente vers deux pages d'accueil différentes, avec ou sans applet. Le problème n'est pas complètement résolu mais au moins on peut lire la page d'accueil. J'ai remplacé l'applet par un simple image monochrome dans la page sans applet. Il n'empêche qu'ensuite, si le visiteur navigue dans les autres pages, il risque d'avoir les blocages redoutés. Cela me laisse seulement un peu de temps pour enquêter sur la bonne manière de résoudre le problème proprement.

 

18/08/2003

Je termine ces vacances pendant lesquelles j'ai battu mon record d'immobilité. J'étais reclus à la campagne et ne suis pratiquement pas sorti de la maison. Canicule éreintante cette année et sentiment d'un monde arrêté que je n'avais plus connu depuis l'enfance. Rien n'a changé pendant un mois. Absolument rien

J'ai pourtant passé de longues heures à parfaire les pages à publier sur mon site mais ma production est la fois faible et d'assez peu d'intérêt de mon point de vue. L'idée de casser les barrières qui m'avait effleuré au printemps n'a pas porté ses fruits. Je peux produire des centaines d'images de cette veine. J'aurais une maîtrise de plus en plus grande mais il n'en ressortira rien de ce que j'espérais atteindre. Ce n'est donc pas très nécessaire. Là dessus, le constat que le site se dégrade, qu'il n'est plus visible avec certains navigateurs; c'est un méchant coup pour moi. Je voulais écrire un texte de révolte face à cette situation mais je n'ai rien fait. Ce que je vais publier est minimal.

Tout se passe comme si quelque chose s'était bloqué dans mon esprit. Je peux faire d'autres images, tenir des conversations, mais quant à aller chercher quelque chose de créateur au fond de moi, je trouve porte close. La ressource n'est pas disponible ! Je ne sais pas si cela reviendra ou si j'ai passé le créneau mais c'est ce que je ressens. Je sais bien que pour ces régions de l'esprit, les choses qu'on dit sont autant symboliques que réelles mais je n'ai pas encore trouvé le moyen de contourner cette "parabole" qui traduit peut-être, au fond, un réel problème de fonctionnement.

L'une des causes de ce blocage est mon souhait de revenir à une écriture "sérieuse" (ces notes ne sont que des notes, sans but ni style, pas de l' écriture). Mais je m'approche de cette échéance à reculons. Je ressens l'écriture à présent plus comme un danger qu'e comme une libération. C'est très curieux. Et puis je ne suis pas encore tout à fait prêt, ce qui est dommage, car écrire en parallèle avec des journées de travail est plus difficile que pendant les vacances. J'ai fait une tentative. J'ai rédigé plusieurs pages l'autre matin et j'en étais assez content. J'avais l'impression de pouvoir aisément me mettre dans les rails pour ce que j'avais projeté. Pourtant, le lendemain quand j'ai voulu m'y remettre, je me suis trouvé d'humeur si massacrante que je n'ai rien pu écrire de plus. Ça me résistait trop. Je n'en connais pas là raison d'autant que ce que j'avais à rédiger n'avais que peu d'enjeu en apparence.

Pour écrire, il n'est pas seulement question de me mettre à table avec discipline comme l'indiquent d'autres, parfois. C'est peut-être que je n'ai pas encore résolu le "pourquoi écrivez vous ?". Cette réponse qui consiste à prétendre qu'on ne peut faire autrement ne convient pas pour moi... Et comment que je peux m'en passer ! comme je m'en suis passé cette dernière année. Sauf que toutes les questions, les grandes questions autour de l'écriture se sont recombinées insidieusement dans ma tête si bien que j'ai l'idée que si j'écris de nouveau, ce sera pour fracasser. C'est le rêve d'être un fracasseur ! celui qui casse les codes, les conventions, mais je me sens trop faible pour cela, malgré tous les lavements purificateurs que j'ai fait subir à ma pensée - mon auto-analyse en quelque sorte. J'ai encore d'énormes fragilités qui risquent de me faire chuter là où je devrais tenir tête. Parce que je ne sais pas très bien où pourrait s'arrêter cette voie mégalomane. Une chose est de dire que ce n'est pas comme ça qu'il faut écrire. Une autre que ce n'est pas comme ça qu'il faut penser ou ce n'est pas comme ça qu'il faut vivre... Je n'en suis d'ailleurs pas là. Mon message serait plutôt une sorte d'arrêter de vous mentir mais même ça, il faut des épaules solides. Donc intérêt de se placer dans un domaine qu'on connaît bien, qu'on maîtrise.

Je parle pas énigme, je sais. C'est difficile de parler de cette zone mouvante de sa pensée lorsqu'elle est en pleine recomposition. Aussi bien, je peux tout interrompre soudainement. Dans ces moments là, des ruptures peuvent se produire et il est clair que j'aspire à une rupture de mon existence. Je pousse sur mes muscles mais rien ne s'est produit encore. Ce ne sera guère que l'ambition de concilier les contraires et d'établir une sorte de continuité qui me retient de disparaître.

 

21/08/2003

Terminé la mise à jour du complément de l'expo2002. les marteaux, etudes052003, les porte-chiffre. Les nouvelles pages comportent un certain nombre d'animations gif, ce qui en terme de poids de fichier est un peu limite. Jusqu'à 450ko pour les marteaux. Avec les porte-chiffre, c'est beaucoup moins car ces images sont très monochromes (surtout du gris)... En fait, en plus du type de navigateur, il faudrait tenir compte aussi du type de liaison (ADSL ou non) et de la définition de l'écran. Cela complique singulièrement la conception des pages web et les tests...

 

31/08/2003

Le temps passe avec une certaine lenteur et de l'amertume. Mon site est comme les arbres qui souffrent de la sécheresse, il se dessèche. Je ne sais pas si mon concept a encore un intérêt. Est-ce que l'internet n'est pas "fini" d'une certaine manière ? Je ne fais pas bien la part entre mes sentiments personnels et mes observations. Internet régresse cependant. J'en ai eu une autre preuve cette semaine. Au travail, depuis deux ou trois ans nous devions saisir nos prévisions de budget sur un site intranet, cette année cela se fait par un simple fichier Excel...

Je sais cependant que le trafic internet augmente inexorablement ainsi que le nombre de raccordés. Est-ce cela la démocratisation et la douleur que je ressens à chaque fois qu'une chose "d'avant garde" devient plus répandue ? Internet s'est transformé en gigantesque machine à pirater les disques et les films. Peut-être qu'à mon niveau j'ai contribué à cette évolution en mettant mon livre puis mes peintures en ligne gratuitement. Pourquoi dans ces conditions faudrait-il payer pour avoir des chansons ou des films. Évidemment, on peut se le demander mais je me dirais que sur ce point "ma responsabilité est limitée" et que je ne suis qu'un élément d'un mouvement plus global.

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Je regardais distraitement une émission de société sur la "jeunesse". On interrogeais un jeune homme qui avait créé sa start-up. Il n'en reste plus rien aujourd'hui et malgré son parler haut, il doit aller négocier des boulots d'ingénieur débutant à 12000 francs par mois (soit ce reportage datait un peu, soit personne, pas même les cybers ne parle encore en euro...). La naïveté de ce jeune homme m'est apparue béante. Ça m'a fichu un coup de voir autant de rêves si simplistes où se mélangeaient à la fois le désir d'être chef d'entreprise et celui d'être pop star. Il veut maintenant enregistrer un disque et n'a aucune chance. Enfin tout est mélangé et ce qui me pose le plus de question, c'est certainement le cynisme ou l'irresponsabilité des gens qui à une certaine époque ont poussé le phénomène des start-up. En fait, il investissaient de l'argent virtuel gagné à la bourse pour financer ces entreprises en espérant qu'un sur cent ou une sur mille dégage quelque chose d'intéressant. Une sorte de grand brain-storming à l'échelle mondiale. Gros échec, il me semble. Les "petits cons" se retrouvent le bec dans l'eau en très peu de temps. Seront-ils plus malléables pour le capitalisme que leurs aînés ? Cela reste à voir.. sûr que ce sont des proies toutes trouvées pour une idéologie de remplacement (la religion musulmane pour certains, ATTAC pour d'autres)... Certains ont dû travailler très dur, espérant, de bonne fois, inventer la nouvelle économie et ce jusqu'à ce que la bulle n'éclate (l'image est très juste, jusque dans sa référence aux bulles de savon et à l'enfance

Je me souviens de ce forum de technologies auquel j'avais assisté, organisé par mon entreprise sur le parking d'EuroDisney. C'était il n'y a pas si longtemps et avec le recul, quel symbole carton pâte c'était ! Je me souviens du foisonnement de solutions techniques opposé à l'indigence des scénarios d'écrivant l'usage de ces technologies. J'avais ressenti dans le stand du CNET ou lors de la conférence des représentants du "palm pilot" et de Microsoft. Ils décrivaient la vie de familles de débiles mentaux utilisant leurs machines hi tec pour se laisser des messages sur leur frigos. Faudrait juste se demander ce que les gens veulent vraiment.

 

28/09/2003

J'ai perdu la maîtrise sur ma vie et par voie de conséquence celle des évolutions du site. Rien à raconter vraiment. La seule chose que j'ai faite ces derniers temps a été de poster un message sur le forum traitant du langage Java pour savoir quoi faire avec mes applets. J'ai eu quelques réponses qui m'ont confirmé dans mes idées et aidé à trouver la version 1.1 du compilateur java que je ne voyais plus sur le site de sun microsystems (il fallait chercher dans les archives). Il me reste à prendre en compte ces informations pour modifier mes applets. J'ai continué aussi à faire évoluer mes pages php mais ça n'a pas de rapport avec le site, du moins pour l'instant.

***

J'avais recopié les chiffres de ce petit tableau au cours d'une émission sur le comportement amoureux des humains. Cela montrait à la fois que les hommes et les femmes ont des stratégies amoureuses très différentes et d'autre part, que nous sommes définitivement des animaux évoluant dans le contexte de l'évolution des espèces, ce qui est une évidence mais que notre civilisation a longtemps cherché à nier.

Le tableau donne les pourcentages de réponses positives apportées par des femmes ou des hommes lors d'une première rencontre :

Voulez vous ... Réponse positive des femmes Réponse positive des hommes
prendre un café

56%

50%

venir chez moi

6%

60%

coucher avec moi

0%

75%

Les scientifiques commentaient ces chiffres en expliquant que les femmes ont naturellement intérêt de sélectionner leur partenaires tandis qu'à l'inverse les hommes doivent multiplier les occasions d'avoir des rapports sexuels pour se reproduire. C'est peut-être une vision trop naturaliste, n'empêche que leur conclusion tombait sur cette constatation "ce sont les femmes qui décident".

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Julie Delpy était invitée chez Ardisson. Elle citait les noms des américains avec qui elle travaille en Californie mais, comme elle le faisait avec l'accent, Baffie, le clown de service, l'a reprise. C'était supposé être drôle mais les images signifiaient en fait "tu te la pètes avec ton accent d'amerloque". Cette émission est décidément "populaire". Elle est, au fond, tout à fait complémentaire de Star Académie pour laisser croupir le peuple dans sa médiocrité. D'un côté on lui montre que n'importe qui peut être une star, de l'autre, on fait descendre les actrices de leur piédestal en montrant qu'elles sont des personnes comme les autres (l'insistance à montrer la quinte de toux de Julie dans une émission enregistrée..). Elle est moche cette télé. Elle rend les gens moches. Je préfère entendre Paula Jacques à la radio dire que "la publicité ça fait grossir" parce que "à chaque spot on va vers le frigo pour grignoter et y en marre de la surcharge pondérale !"...

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J'ai noté aussi cette semaine l'invitation de José Bové dans l'émission "cent minutes pour convaincre". Ce qui m'a le plus frappé et intéressé dans cette émission c'était l'insistance avec laquelle les journalistes et les politiques demandaient à Bové mais "pourquoi vous ne vous engagez pas en politique" ? Ils lui reprochaient d'être dans une posture confortable de critique radicale. Lui répondait qu'il était engagé au travers de son syndicat. Peut-être qu'il n'osait pas dire que la vie de politicien, il n'en voulait pas parce que c'est une vie nulle. La sienne, près de la Terre, dans le Larzac, est bien meilleure. Je me suis demandé ce qui poussait Doustos-Blazzi à sous entendre qu'il voudrait avoir Bové comme adversaire. En fait les politiciens et les journalistes se sentent faire partie d'un même monde. Même de l'autre camp, un politicien est moins étranger qu'une personne réfractaire au monde du pouvoir. Ça donne à réfléchir. Cela montre à quel point "nos élites" ne comprennent pas grand chose au monde comment il fonctionne.

 

notes octobre 2003

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mise à jour le 02/01/2004