notes d'artiste (octobre 2003)

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et de mes autres trucs.

 

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13/10/2003

Je suis tombé sur un nouveau logiciel (nouveau pour moi). Il s'appelle SPIP et permet de réaliser rapidement un site de publication d'articles avec plusieurs contributeurs, la possibilité d'avoir des réactions des lecteurs et une mise en page complètement configurable. Ce logiciel a été développé pour le site uZine; de nombreux autres l'utilisent comme le Monde Diplomatique ou la Poste. Il utilise le langage PHP avec une base Mysql et un système de cache qui améliore les performances (les pages ne sont pas calculées à chaque visite). A étudier... A la libraire, j'ai vu un présentoir qui propose en cartes postales, les images de Gilles Tran.. La persévérance paie ! Visité une partie de la Biennale d'Art Contemporain. Des trucs intéressants L'expo a lieu à la Sucrière, un ancien entrepôt sur les quais du Confluent. Il est amusant de voir que certaines salles ont été conservées volontairement avec leur aspect de friche industrielle, à la demande des artistes, d'après le catalogue. J'en doute un peu. Je vois plutôt le mouvement qui conduit les musées à singer les lieux en marge. Quand on sait qu'un musée d'art contemporain à été construit à grand frais, à l'autre bout de la ville, ça a quelque chose d'un peu irritant. Trop petit, sans doute, mais... En même temps, présenter des oeuvres d'art dans des entrepôts désaffectés a quelque chose de convenu, je trouve... Un bateau part du quai Antonin Poncet, dans le centre de Lyon, pour nous conduire jusqu'à la Sucrière. Ça c'est fun !

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J'ai appris à la radio que le peintre Ben avait un site internet. Il se fait appeler maintenant Ben Vautier. Probablement qu'il en a marre d'être surnommé Ben Laden. Tout une vie consacrée à valider la signature Ben et se retrouver marginalisé en une seule journée, c'est un sale coup du sort ! Le site se trouve à http://www.ben-vautier.com . En le visitant, j'ai gagné le droit de lui payer une bière dans le bistrot de mon choix. J'ai répondu par email, en lui disant de passer à la maison et lui donnant aussi l'adresse de mon site puisque je parle de lui. Pas de réponse (comme d'habitude).

 

17/10/2003

Lu un article intéressant de Thierry Raspail, le directeur artistique de la biennale de Lyon depuis l'origine en 1991. Il constate - se lamente ? - de la multiplication de manifestations de ce type de par le monde et des conséquences de cet excès qui vise à multiplier les propositions rendues aussitôt obsolètes par de nouvelles. Tout se noie dans un flot ininterrompu d'images renouvelées. Comme quoi "l'avant garde" n'échappe pas à la règle d'étouffement de notre époque de communication .

Concernant le titre de cette biennale "c'est arrivé demain", par référence à un film de René Clair, je reste un peu sur ma faim. Ce sont les gens du Consortium de Dijon co-commissaires de cette manifestation qui l'ont choisi. Il fallait bien un titre, et vite, semble t'il. Les fonctionnaires les pressaient d'en donner un au plus tôt pour pouvoir imprimer les affiches ! Mais leurs explications sont fuyantes. Comme s'ils pensaient s'être plantés. Et, en effet, les œuvres que j'ai vues, même celles que j'ai appréciées, me semblent désespérément passées. On n'en finit pas d'inventer cet improbable "post modernisme". La seule chose qui progresse est bien le sentiment de confusion et avec les maigres moyens d'introspection que je peux avoir, je n'imagine pas d'autre moyen d'en sortir qu'en inventant, pour un temps, un nouvel académisme, ce dont personne ne veut assurément.

 

18/10/2003

Vu le film Ken Park de Larry Clark. Je ne sais pas dire si ce film m'a plu mais je crois que je vais continuer d'y penser les jours prochains; c'est plutôt bon signe ! A la biennale, plusieurs salles étaient consacrées à Larry Clark, c'est là que je l'ai découvert. J'ai préféré ses photos aux autres œuvres à base d'articles de journaux (mais sans traduction, c'est un peu rebutant) et je le préfère comme cinéaste. Il filme incroyablement bien les sentiments.

 

26/10/2003

J'ai découvert un nouveau logiciel, DotClear, qui fait à peu près la même chose que SPIP et je trouve de nombreux sites qui utilisent SPIP ou des logiciels du même genre. Parmi ceux là, le site Framasoft est un site de téléchargement de logiciels libres. J'y ai trouvé plusieurs programmes à tester.

Cygwin qui permet de faire fonctionner une environnement Linux sous Windows. Je ne sais pas si cela me servira mais j'ai essayé et cela fonctionne ! Pas du premier coup, cependant. Avec l'installation par défaut, il manquait des DLL que je suis allé cherché sur le site de Red Hat (ils diffusent un package Linux complet utilisant Cygwin). Après c'était le man qui ne marchait pas. Il manquait l'utilitaire less puis troff. Après quelques essais, ça s'est arrangé. J'ai encore ajouté ed et vi pour compléter l'environnement; Maintenant c'est OK. Il est écrit qu'on peut même faire fonctionner l'environnement graphique KDE avec Cygwin mais il faudrait auparavant que j'installe les bibliothèques de gestion de fenêtres Xfree86. L'ennui c'est que cela oblige à télécharger d'abord de nombreux et volumineux fichiers.

J'ai aussi découvert le logiciel Blender. J'en avais déjà entendu parler mais je pensais que c'était un logiciel commercial. La nouveauté (depuis quand ?) est qu'il est devenu gratuit, diffusé en open source. La société qui le commercialisait a eu des problèmes financiers et a proposé de le céder à la communauté des internautes moyennant 100 000 euros. Il y a eu une souscription pour réunir la somme. Je n'ai pas très bien compris . Apparemment c'est l'auteur du logiciel qui l'a racheté à son entreprise. C'est une situation curieuse. Je ne sais pas si la somme a réellement été réunie. En tout cas, ce logiciel est vraiment bien. Il permet de faire des images 3D. Moins jolies qu'avec POV, semble t'il, mais il possède une interface graphique qui permet de faire des choses étonnantes (visages, etc..). Blender permet aussi de déformer les objets... Je pense d'ailleurs qu'il est possible de terminer les images avec POV lorsqu'on les a peaufinées avec Blender [en utilisant povanim].

Blender utilise un langage interprété que je ne connaissais pas : Python, qui prétend être plus simple que Java.. Cela ne finira donc jamais ! J'ai téléchargé aussi la machine virtuelle pour Python. Je verrais si j'étudie ce langage de plus près. Pour Blender, j'y serai probablement obligé... En un week-end, je me suis donné des semaines d'études à faire ! C'est à la fois excitant et décourageant. Il reste toujours de nouveaux logiciels indispensables à découvrir; Il existe par exemple ce logiciel GIMP, concurrent de PaintShop dont j'entends dire beaucoup de bien mais que je n'ai pas pris le temps d'étudier. Comme Blender, la prise en main n'est pas immédiate.

Cette histoire de "communauté libre" donne tout de même des résultats convaincants (tous les logiciels dont je viens de parler sont des logiciels libres accessibles gratuitement). Le nombre de programmeurs près à travailler pour quelque chose qui ressemble, plus ou moins, au "bienfait de l'Humanité" n'est pas négligeable et le projet final d'imposer Linux en lieu et place de Windows n'est pas complètement illusoire. Avoir les deux dans le même environnement, comme le permet Cygwin, est peut-être la solution, finalement. Je vais pousser mon étude de Cygwin. Le concept proposé par cet environnement est intéressant. On peut imaginer qu'il peut conduire à un passage en douceur à Linux.

Deux conceptions s'affrontent. Celle de Microsoft qui envisage un monde hiérarchisé, les programmeurs qui ont le savoir et les utilisateurs passifs qui paient pour utiliser ces produits. Celle de Linux, plus égalitaire, qui propose de partager le savoir sans trop s'occuper des questions d'argent. Sauf à dire que ce "deuxième monde" est utopique, on est obligé de le préférer vu qu'il met en avant les idées de partage, ce que l'humain a de meilleur. C'est d'ailleurs un paradoxe de dire que ce sont des individualistes enfermés devant leurs ordinateurs qui finalement sont le plus avancés dans l'idée de partage et de constater qu'ils constituent une communauté agissante à l'échelle de la Planète.

 

2910/2003

J'ai poursuivi mes investigations avec Cygwin. J'ai installé l'environnement graphique Xfree86 avec lequel je peux avoir un bureau Linux à l'intérieur de Windows. Au premier lancement de xinit, j'ai pu avoir une fenêtre xterm dans laquelle je pouvais exécuter des commandes du système. Ensuite j'ai amélioré la configuration dans le fichier .xinitrc comme l'indique la documentation (man) et alors, mes fenêtres ont pu avoir une barre de contrôle. Je pouvais les redimensionner et les déplacer. J'ai lancé plusieurs programmes : xclock affiche une pendule. xcalc une calculatrice (en notation scientifique ou polonaise) et xfig, un programme de dessin dans lequel je peux avoir une aide au format html ou pdf et, chose surprenante, cette aide est affichée par un programme de Windows (Internet Explorer ou Acrobat Reader), ce qui montre bien que les deux systèmes cohabitent et se complètent (CQFD).

Ces dernières notes n'ont plus de rapport avec le projet initial de mon site mais je les fais pour répondre à mon propre besoin d'enregistrement. Cela fait aussi partie de ma compréhension du monde et j'espère qu'on bout du compte cela nourrira "mon œuvre en souffrance".

 

02/11/2003

Je ne parviens pas à dire les sentiments que j'ai par rapport à mon site et par rapport à la vie (c'est la même chose, presque). J'ai encore besoin de silence. Encore et toujours. C'est comme un stress. La sensation du temps qui passe et moi qui le regarde passer sans agir. Par envie d'agir. Mon site est devenu muet. Je n'ai rien à mettre dessus. Je fais le contraire de ce qu'il faudrait. Je devrai l'alimenter pour faire avancer mon œuvre et fidéliser mes visiteurs. Mais je fais l'inverse; c'est plus fort que moi. Envie de rien, de dire que ça n'a plus d'importance.

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Parmi mes téléchargements, j'avais vu qu'il fallait que je mette en service la dernière version de Pov (la version 3.5) ou Megapov pour avoir la compatibilité avec Blender. Megapov est une version améliorée de Pov 3.5. Je l'ai installée et j'ai lancé les démos pour étudier les nouvelles fonctionnalités. Parmi celles là, celles qui permettent de provoquer la déformation des objets et d'autres pour réaliser des plis comme avec des pièces de tissu... Tout ça est très intéressant mais cela me ramène aussi vers des temps de calculs astronomiques. La démo appelée "drape" a tourné toute la nuit et elle n'est pas terminée. Le résultat vaut la peine d'une certaine manière mais il se laisse désirer ! De nouveau, il me faut une machine plus puissante, voir même en avoir plusieurs en réseau (le programme smpov permet de répartir le calcul d'une image entre plusieurs machines).

 

tutoriel 5 de megapov 1.0

 

Les images numériques restent une technique d'avant garde en évolution constante. Les algorithmes qui permettent de déformer les objets sont vraiment balèzes et réalistes. L'animation du cube qui tombe en se déformant est stupéfiante, celle du drapé sur un cube, plus encore. Il me paraît clair qu'on a besoin encore que les ordinateurs deviennent plus puissants L'évolution technologique se poursuivra pendant de nombreuses années encore, c'est obligatoire. Pas de limitation de vitesse de ce côté ci ! Au contraire, il faudrait pouvoir calculer les images pov en temps réel et si l'on veut simuler un environnement dans lequel les objets interagissent entre eux, la puissance disponible est "dramatiquement" insuffisante. Un truc aussi simple qu'un arbre agité par le vent est hors de portée actuellement. Quid d'une forêt, d'un paysage en automne ?

 











drape.pov - image demo de megapov 1.0

L'étude des drapés m'intéresse énormément. C'est drôle ce retour au drapé qui a tellement occupé l'histoire de l'Art. Un vrai retour au classicisme ! Cela me tente de tenter de réaliser quelques images à base de drapés sophistiqués mais je ne sais pas si c'est possible à cause de ces questions de temps de calcul. Une image risque de prendre plusieurs jours de calcul !

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Etonnante l'idée de comparer l'art africain à base d'objets récupérés et l'attitude de récupération qui prévaut à la fabrication de musiques de samples (idée entendue sur la radio culturelle nationale). Cette idée m'interpelle. Je la trouve électrique. On pourrait dire que toute notre pensée actuelle est à base de concepts récupérés et de collages. Dans ma démarche artistique sur internet aussi je pratique de cette manière avec des logiciels emboîtés les uns aux autres même si, il est vrai, je n'ai pas poussé cette logique au bout. Mon problème est d'être devant une table couverte de soft et de hard et de ne plus savoir choisir. Prendre au hasard reste la solution évidente mais elle n'est pas du tout satisfaisante. Il faut se donner une direction. Choisir. Se tromper donc.

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De l'autre côté de la rue j'observe un chat qui était assis sur le mur et vient vers la grille, pose sa patte délicatement entre les piques pour descendre et disparaître dans le jardin épais. Je me demande quelle idée il se fait du quartier dans lequel il peut naviguer librement d'une propriété à l'autre, surtout le dimanche, lorsque la circulation est minimale dans la rue. Tous ces espaces cloisonnés, ces murets, ces arbustes et ces maisons ne m'appartiennent pas. Je ne pourrais y pénétrer que dans certaines conditions, à l'inverse du chat qui semble plus libre que moi. Sans doute que ma liberté est ailleurs (mais elle m'est devenue incertaine).

 

10/11/2003

Pris connaissance du débat entre Alain Finkielkraut et Tariq Ramadan.
Ce n'est d'ailleurs pas vraiment un débat, c'est autre chose : Tariq Ramadan a écrit un article où il fait la liste des intellectuels Juifs qui, selon lui, ne s'engagent pas assez ouvertement contre la politique israélienne. Faire des listes de Juifs, ce n'est vraiment pas une chose à faire. Alain Finkielkraut est venu en parler à la télévision. Il était très affecté. Il était comme un enfant à qui on dirait de ressortir son étoile jaune. Il avait peur. Il parlait de quitter la France. J'ai cherché Tariq Ramadan sur internet pour savoir qui il était. Je ne le connaissais pas. J'ai trouvé une page qui reproduisait l'article en question qui a été refusé par Le Monde et Libération, ainsi que la réponse de Finkielkraut parue dans le Figaro. La page parlait aussi d'un autre personnage, Rami Ramadan, à l'évidence beaucoup plus radical. Quels liens entre les deux homonymes ? sont-ils parents ? En tout cas, Rami Ramadan est professeur à Genève (il a été mis à pied après ses prises de positions extrémistes), tandis que Tariq Ramadan est lui né à Genève. J'ai appris aussi que Tariq Ramadan prenait langue avec le mouvement alter mondialiste dans le cadre du forum social européen. On peut souhaiter que les musulmans s'associent à ce mouvement, si jamais il a un avenir. Mais je note qu'il y a une sorte de triangle malsain entre Alain Finkielkraut - Tariq Ramadan et José Bové sur fond de conflit israélo-palestinien qui me fait douter de la sérénité leurs échanges. [23/11/2003 : en quelques jours, Tariq Ramada, est devenu une star. On l'a entendu au forum social où il a été pris à partie par les féministes à cause de ses positions sur l'avortement, on l'a vu face à Sarkozy... il se confirme que Rami Ramadan est son frère. Tariq Ramadan dit "moi c'est moi, mon frère c'est mon frère"].

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.J'ai repris mes manips pour tenter de résoudre le problème avec mes applets. Problème qui traîne depuis plusieurs mois. J'ai modifié quelques lignes de programme suivant les conseils glanés sur le forum internet. J'ai éliminé la fonction Thread.stop() suspecte et j'ai pu voir que le problème ne dépendait pas de la version du compilateur Java (j'utilise 1.0.2). En ajoutant quelques tests pour éviter que les fonctions du Thread ne se lancent plusieurs fois (run, update), j'ai pu améliorer sensiblement le fonctionnement mais ce n'est pas encore tout à fait correct. Il arrive encore que je perde le navigateur et aussi, le plus spectaculaire, que les applets ne s'affichent pas au bon endroit, parfois sur la barre de menu, parfois sur la barre de tâches. Cela se produit lorsqu'on joue avec l'ascenseur. Je ne sais pas comment résoudre ce problème. Il se produit lorsque le navigateur utilise la machine virtuelle Java 1.4 (sous IE aussi bien qu'avec Mozilla) mais pas avec la machine interne de IE. C'est curieux. Je n'ai pas encore de solution mais j'ai repris espoir de trouver. Je pense que je peux agir au niveau de mes applets, ce à quoi je m'étais mis à douter.

11/11/2003

J'ai lu le méchant livre d'un auteur musulman trouvé sur le web (L‘Islam en ligne de Mire ? de Mohammad Amine Alibhaye). Je n'aime pas du tout la manière dont il présente les difficultés d'intégration des musulmans en occident. Je vois dans les thèses développées dans ce livre tout ce que je déteste dans les religions : l'ordre moral face à la perversion du progrès, symbolisé en particulier par les images de femmes nues sur les affiches publicitaires. Comme si ce n'était que ça, la modernité.

Je n'ai pas lu tout le livre (faut être honnête !) seulement parcouru. J'ai noté une confusion profonde entre ce qui ressort de l'argumentation et les préceptes de la religion. Les deux sont étroitement liés dans ce texte ; cela rend toute discussion compliquée. Il nous appelle "les chrétiens" mais les méthodes de prosélytisme qu'il dénonce sont celles des témoins de Jéhovah. C'est ainsi que j'ai appris que cette secte essaie de convertir des musulmans. Je l'ignorais. Mais c'est la première fois que je suis mis dans le même sac que les témoins de Jéhovah. Ça fait drôle.

J'ai conservé quelques notations du livre :

La première annonce clairement la couleur. Je ne suis évidemment pas du tout d'accord vu que je m'arrange très bien pour ne pas vivre dans la débauche bien que je n'ai pas la foi.

"Car seule une foi forte et fière peut nous protéger contre les blasphèmes et autres doux égarements auxquels nous invitent chaque jour notre milieu, en proie à la débauche des sens, de l’oisiveté, du dieu-plaisir, de l’alcool et de la drogue, en proie à la servitude de l’argent et du rendement, bref en proie au..."progrès".

Celle ci montre les limites de la tolérance. Des phrases comme celles ci se retournent obligatoirement contre leurs auteurs. C'est pourtant une citation du Coran ! De plus, je me dis, comment pourrais je accepter une religion qui trimballe cet arrière fond de menace de punition divine ?

"Ni les juifs, ni les chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur forme de religion. Dis: "Certes, c’est la direction d’Allah (l’Islam) qui est la vraie direction". Mais si tu suis leur passion après ce que tu as reçu de science, tu n’auras contre Allâh ni protecteur ni secoureur."
Coran S2V120

Ce point sur le vol, par contre, mérite l'attention... mais bonjour les dérives s'il suffit d'être pauvre pour pouvoir voler en toute impunité !... et d'ailleurs, je demande à voir ou et quand (dans quel pays) ce précepte est appliqué.

"Sachez, par exemple, que dans un état islamique, si un homme vole parce qu’il a faim, non seulement on ne lui coupe pas la main - le seul moyen pour lui de réintégrer la société par le travail - mais en plus la collectivité doit lui verser une pension pour l’aider à avoir des conditions de vie décentes ! "

Enfin, une vision historique de l'Islam que je trouve personnellement un peu ridicule. J'imagine l'effet que font ce genre de théories fumeuses sur des jeunes en recherche d'identité. Il s'agit juste d'un discours sectaire. Au fond, je comprend que cet auteur réagisse d'abord aux témoins de Jéhovah dont il comprend peut-être mieux la logique que celle des "modernes".

"Car, à tout observateur attentif, un fait s’impose: l’Occident n’a pu progresser scientifiquement, matériellement, intellectuellement, qu’en s’éloignant de l’Église, que lorsque faiblissaient ses pouvoirs et son diktat. Concernant l’Islam, c’est tout à fait l’inverse: quand les musulmans se sont éloignés des vrais préceptes de la foi islamique, alors ils ont perdu leur rôle de moteur de la civilisation. Cela démontre au moins un fait d’une importance capitale: la qualité des enseignements qu’ils ont délaissés devait être réellement exceptionnelle! Cela nous éclaire, s’il en fallait, sur la valeur des préceptes coraniques.".

Cette phrase ne démontre rien, n'éclaire sur rien. Elle est évidemment érronée. On pourrait citer l'Irak comme contre exemple où le rapprochement de Saddham avec l'Islam coincide avec la décadence de son régime. Idem pour l'Iran florissant avant l'arrivée des intégristes. L'arrabie Saoudite, très riche, incapable de tirer parti de ses richesses "malgré" la puissance de la religion.

Ce livre est daté de 1995. Cette date déjà ancienne montre que les éléments du conflit sont connus depuis longtemps et que l'on avance pas beaucoup.

 

13/11/2003

Après de nombreux essais, je pense avoir enfin réussi à créer une applet qui fonctionne quel que soit la version du navigateur. Je suis encore prudent car j'ai déjà cru à plusieurs reprises atteindre ce but pour déchanter ensuite. Cela m'a pris beaucoup de temps vu que le problème se traduit souvent par un reboot du micro. J'en suis même arrivé à neutraliser l'antivirus pour grignoter quelques secondes à chaque démarrage.

Le problème venait effectivement de la gestion des Threads. C'est lorsque je faisais un arrêt-relance (stop-start) des threads pour les réinitialiser que les problèmes apparaissaient. Parfois aussi parce que certaines fonctions s'exécutaient à plusieurs exemplaires, "paint" notamment. J'ai donc modifié le code pour ne plus faire cet arrêt relance, en neutralisant le thread qui restaure l'écran. Un autre test évite les exécutions multiples. Ce sont des modifications très pointues. Elles semblent marcher mais je vais encore faire des essais pour être sûr car prendre en compte ces modifs pour toutes les applets que j'ai écrites est un gros travail (il y en a plus de cinquante).

 

15/11/2003

Je n'ai plus d'espace de parole. Que ce site soit moribond est une évidence mais de toutes façons, ces notes ne correspondent plus à ce que j'ai à dire. C'est devenu top compliqué, trop intime, trop inutile. Je ne sais même pas si j'ai toujours tellement envie de vivre. A certaines heures, je rêve du grand amour, qu'il se dévoile, à d'autres, je veux seulement dormir.

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Ce que je pensais, que je redoutais, mes applets continuent à ne pas marcher. Je ne trouve pas la solution. J'ai peut-être l'esprit trop brumeux. Je n'y comprends rien. J'ai l'impression que mon projet internet est en train de se décomposer. Je crois que j'avais rêvé, en choisissant de créer avec des programmes informatiques sur le net, pouvoir transcender toutes ces idées de mort et de pourriture qui m'habitent en général. L'ambition que mes programmes, "pur langage", fonctionneraient encore au delà des années a fait long feu.. En deux ans, ils ne valent plus un clou. Ils se meurent et moi je suis comme un malade ivre dont plus personne ne peut comprendre les écrits (ni s'y intéresser).

 

16/11/2003

Je finis par me demander si je n'ai pas une influence (négative) sur mon impossibilité à résoudre mon problème d'applet. L'hypothèse semble fumeuse mais c'est bien celle utilisée par les scientifiques lorsqu'ils parlent de mécanique quantique (comme ça, je me donne une caution scientifique). Quoi qu'il en soit, je constate que je n'aurais sans doute jamais un fonctionnement optimal de mes applets. Il y avait plusieurs problèmes. Mes modifs améliorent les choses mais il se produit encore des "bavures" d'affichage lorsque je veux mettre en œuvre la double bufferisation. Sans cette technique , on obtient un effet de clignotement désagréable. Mais lorsque je l'applique, il arrive que l'applet ne s'affiche pas au bon endroit, en dehors de la fenêtre lorsque l'on utilise l'ascenseur. Egalement, avec le navigateur Opera, j'ai des plantages de la machine virtuelle et du navigateur. Là je pense que le navigateur est en cause mais qu'est ce que ça change ? Les internautes qui viendront sur mon site en utilisant ce navigateur risquent d'avoir ce problème et n'iront pas chercher plus loin : ce site est bugué. Point.

D'autant que je ne sais pas ce qui se passe avec d'autres navigateurs ou d'autres systèmes d'exploitation (Mac, Linux) que je n'ai pas testés. Ni ce qu'il se passera avec les futures versions. En d'autres termes, je n'ai plus confiance dans ce langage Java finalement assez peu utilisé sur internet, qui donc crée un risque pour mon site, de ne pas être visible pour un simple problème de compatibilité.

Autre difficulté liée à Java, le temps de chargement de la machine virtuelle. Peut-être que mon PC est trop vieux mais le temps de chargement de ce logiciel me semble devenir un problème. Il faudrait au moins que j'élimine les applets de la page d'accueil en programmant mes boutons animés en javascript. Ça paraît faisable.

 

18/11/2003

On raconte qu'à l'enterrement de Beckett, il n'y avait qu'une dizaine de personnes. Même ça, n'est donc pas un critère permettant de mesurer une vie réussie ! Cela me laisse de l'espoir car je vois distinctement que je m'oriente à ne pas avoir plus de monde derrière mon corbillard.

 

23/11/2003

Il reste une chose dont je me dois de rendre compte correctement dans ces notes : celle de mon découragement grandissant. Bien que ce texte soit supposé être pour mon usage personnel, je garde l'espoir qu'il puisse être lisible par d'autres et les intéresser. Or je me suis évidemment aperçu depuis l'été de la baisse de qualité de ces notes faisant l'écho à une baisse de qualité de ma vie ou si l'on veut de mon goût de vivre. Décrire les bas dans des notes d'artiste est probablement aussi important que d'écrire les hauts. Et pour le moment, je suis dans un bas, c'est évident.

J'ai recommencé à parler de mon corps comme d'une autre personne. Ce n'est pas très bon signe, mais pas tellement pire, au fond, que de diviser le monde entre bien et mal. Depuis toujours mon esprit s'en sort plutôt mieux que mon enveloppe corporelle. Mon corps ne sait pas trouver sa place. Il se pose là, oublie de réclamer son dû puis soudain se met en colère lorsqu'il s'aperçoit qu'on ne le remarque plus dans son coin. Mon corps est très en rage ces temps ci. Il revendique son territoire, sa reconnaissance, son plaisir. Il est une gêne, je dirais, pour mon esprit qui a le penchant pour un monde plus calme et réfléchi. Il dit à mon corps, "bien sûr ! tu devrais sortir, prendre du bon temps". Mon corps répond "mais pour aller où ? pour faire quoi ?". Il est peut-être malade. Malade des nerfs. Depuis la fin de l'été, en effet, j'ai cette affection dans la main gauche, des picotements presque permanents. Parfois ma main se bloque, ne répond plus aux demandes du système central. J'ai l'impression d'être un robot usagé. J'ai vu un médecin et suivi un traitement qui n'a rien changé. Je ne sais même pas si c'est viral ou simplement psychologique. L'idée de me considérer comme malade et de plus, malade des nerfs me fait horreur, mais il n'est pas exclu que tout mes problèmes récents viennent de là. Que la Maladie soit en train de m'envahir. Sauf que je ne suis pas d'accord. Pas d'accord avec mon corps pour emprunter cette voie là. Que mon esprit dise j'en ai assez vu, assez lu, assez pensé, je pourrais comprendre mais mon corps ? de quel droit ? Il ne connaît rien au monde. Je n'arrête pas de lui dire.

Cette affection - infection lente ou trouble psychologique, je ne sais pas exactement - agit comme une carapace j'ai l'impression. Est-ce que je ne suis pas en train de perdre l'usage de mes sens ? J'ai l'idée que ma peau n'est plus qu'une enveloppe de caoutchouc insensible. Est-ce imaginaire ou bien mon système nerveux complet en train de se désensibiliser ? La maladie est peut-être plus avancée que je ne veux l'admettre. J'imagine que vivre un monde sans nerf est très compliqué, je ne suis pas certain d'en être capable mais en même temps, je suspecte aussi mon esprit de jouer avec cette petite infection pour en faire une montagne de littérature.

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Autre fait inquiétant que j'ai remarqué. J'ai décrit à plusieurs reprises mes tentatives infructueuses pour trouver une correction pour les applets java de mon site. Je ne suis pas sûr de bien chercher. C'est comme si quelque chose résistait pour m'empêcher de résoudre le problème et lorsque je pense avoir la solution, je vais chercher un dernier essai, faire une dernière vérification, qui casse tout. Il y a toujours autant de raisons de ne pas avancer dans la vie, et pour l'heure, je me sens piloté par une partie de moi même qui ne veut pas résoudre ce problème comme pour justifier le fait qu'il n'y a rien à faire de plus avec internet. Si j'utilisais le temps libéré à autre chose, cela ne me gênerait pas vraiment, mais il n'en n'est rien. Je perds mon temps. Je ne fais rien. Est-ce que je peux encore prétendre être un artiste, fût-il méconnu ? Même pas. Je ne suis plus rien. Plus qu'un pâle employé de bureau sans perspective. Ça ne va pas du tout, c'est clair. Ça va encore moins lorsque je me réveille avec cette idée absurde que toute la marche du monde dépend de ma capacité à résoudre ce problème de bug dans mes applets. C'est stupide, et pourtant c'est ce que je pense lorsque je n'y prend pas garde.

 

03/11/2003

Le débat se poursuit sur l'interdiction du voile islamique à l'école. On parle beaucoup. De jeunes taulards beurs parlent de leurs rapports avec les femmes (catastrophiques). L'un d'eux explique qu'il existe aussi le "viol à la parole". Tu forces la fille à coucher en la menaçant sinon avec tes copains vous aller la coincer dans une cave pour une tournante. Parfois, disait-il, tu es tellement amoureux que tu veux la fille même si elle ne veut pas... Pauvres types !

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J'ai été à la FNAC pour acheter le bouquin de Chloé Delaume (Corpus Simsi) mais ils ne l'avaient pas encore ! Je me suis senti très branché face au libraire. Je me suis étonné en imaginant une manoeuvre de marketing sophistiqué pour créer la demande comme pour la PlayStation2. Il m'a répondu que c'était juste qu'il s'agit d'un petit éditeur dont le représentant ne passe pas très souvent. Il l'aurait dans dix jours. J'ai acheté un autre bouquin de Chloé Delaume. A première vue je n'aime pas trop son écriture surchargée. Je ne comprends pas bien ce qu'elle raconte. J'espère que dans Corpus Simsi, elle aura épuré son style car le sujet est intéressant : Elle raconte son immersion dans l'univers des Sims (le jeu vidéo). J'ai envie de savoir ce qu'elle en dit. Cela me rappelle un peu mon voyage dans Champs de Billes que je n'ai jamais terminé d'écrire (Mais qu'est-ce que tu fous, merde ! Tu vois, tu te laisses griller par des gamines).

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Je suis à l'écoute du monde mais les réponses qu'il donne sont rarement plaisantes. Je ne compte plus ses vexations et méchancetés. Hier comme j'étais aux chiottes, je me suis aperçu que de l'eau tombait du plafond. Ça m'a foutu en rogne. Il faut dire que lorsque je suis venu dans cet appartement, il y a deux ans, c'est que je fuyais une fuite du même genre qui avait ruiné mon logement précédent. Ça n'en finira jamais j'ai pensé. Je suis monté le signaler à la voisine du dessus qui ne m'a pas très bien reçu malgré son sourire. Chacun sa merde semblait-elle dire.

 

07/12/2003

Le chanteur Renaud était invité dans un talk show. A la question "comment se fait-il que vous ayez vendu plus d'exemplaires de votre dernier album que des autres alors que, comme vous le dites, ce n'est pas le meilleur ?", il ne répondait pas. Ou ne voulait pas répondre. Pour ma part, je pense que c'est le signe que le "niveau baisse". Vendre cent mille albums est plus fréquent aujourd'hui qu'à l'époque de laisse béton. Les lecteurs de CD sont beaucoup plus nombreux et le marketing est passé par là. La qualité n'a plus grand chose à voir avec le nombre d'exemplaires vendus.

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J'ai visionné le film Matrix Reloaded mais autant le premier film m'avait bien plu, autant celui ci me semble indigent. La différence, je suppose, entre une œuvre artistique et l'entertainment. Le premier Matrix avait un contenu, un minimum de psychologie des personnages, dans le second, il ne reste qu'une débauche d'effets spéciaux sans intérêt artistique. Le plus insupportable est peut-être tous ces bonus dans lesquels les acteurs racontent comment ce film est plus intense que le premier. C'est absolument faux. Le second est inutile. L'un des producteurs explique que le public en demande toujours plus. Sans doute, mais ce n'est pas là où il le pense. Les combats , par exemple, dont il semble si fier, qu'est ce que c'est chiant ! Cela doit bien polluer la moitié du film. De même, prétendre qu'il y a de la philosophie dans ce film n'est pas très honnête... [27/12/03 : En me relisant, j'éprouve un malaise d'avoir perdu mon temps pour écrire quelque chose d'aussi inutile. Je me sens tiré vers la populace]

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Autre petite information : Laurent Fabius (l'ex premier ministre socialiste) n'aurait vendu que sept exemplaires de son livre malgré ses nombreux passages à la télé. Je ne sais pas exactement ce que mesure ce chiffre mais cela prouve quand même que l'équation "tu passes à la télé, tu vends à mort" n'est pas certaine et c'est tant mieux.

 

13/12/2003

Explications par l'auteur de "Valstar Barbie" lui même, l'une des œuvres exposées cet automne à la Biennale de Lyon. Il explique qu'il faut voir un rapport entre la couleur rose de ses éclairages et la couleur du sucre (l'œuvre est exposée à la Sucrière). Et puis aussi entre la poupée Barbie et Klaus Barbie puisque l'œuvre est présentée à Lyon. Ce commentaire ne me convient pas. On ne peut pas voir cela lorsqu'on visite cette œuvre. Le seul truc sur lequel je peux le suivre est le côté inquiétant de cette grande chaussure de femme qu'il présente dans le bureau du chef au coin de l'atelier. Le lien avec le fascisme, franchement, il n'existe que dans son imagination, pas dans ce qui est présenté. Je crois qu'il s'accroche à un inconscient collectif qui n'existe plus (si d'aventure, il a un jour existé). [ Valstar Barbie - Claude Lévêque - Biennale de Lyon 2003 ]

Ceci dit, rien n'oblige de considérer cette œuvre comme réussie...

 

20/12/2003

Hier en fin d'après midi (je rentrais du travail), j'entendais à la radio un exposé d'un type qui démontrait que contrairement à ce que l'on dit d'habitude, notre époque n'est pas individualiste mais plutôt sous le signe de l'imitation et de la conformité. Rien de très original, aucune idée qui ne m'avait déjà effleuré, mais il les développait de manière forte et cohérente. Il faisait un lien entre le vote pour les partis d'extrême droite et le sentiment de honte de soi qu'inspirent les programmes modernes de télévision. Il attachait également ce phénomène aux exigences du capitalisme dont les nécessités du marketing conduisent à rendre les consciences captives de manière à ce qu'on puisse leur vendre des produits identiques de part et d'autre de la planète. Il considérait que le but unique de la télévision était d'accrocher l'attention des téléspectateurs pour qu'ils puissent recevoir les programmes publicitaires. Ils utilisent pour cela des ficelles grossières bien connues (sexe, violence, etc...). son calcul simple entre le coût d'un programme et le nombre de spectateurs conduisait à montrer qu'acheter l'attention d'un individu ne coûte que quelques centimes de l'heure. Le Système est très efficace !

La contradiction de ce discours est qu'il me vient par la radio - un média parmi les autres. Son auteur aussi le nuançait en disant que pour les gens les plus cultivés, cette pression avait moins de poids tandis que pour les couches les plus populaires, la télévision est le seul univers.

Ma soirée télé qui a suivi a confirmé ces observations à un niveau difficilement supportable. Comme j'en avais un peu assez de Thalassa qui ronronnait, j'ai zappé entre les chaînes. Arthur sur la une, la pin-up belge de la 6, ensuite Fogiel sur la 3... que des accroches affligeantes. Sur M6, c'était des séquences à n'en plus finir qui montraient des japonais s'humilier en direct : tomber dans l'eau en traversant sur des pierres flottantes, se jeter soi-même des tartes à la crème à la figure avec une catapulte conçue exprès pour ça, être aspergé de merde liquide. En même temps, Arthur présentait les "casseroles" de ses invités qui jouaient les offusqués ( non pitié, pas ça !). Dans la même soirée j'ai vu sur deux chaînes différentes, Jack Lang faire le lapsus "Georges Moustaku" au lieu de Moustaki lors d'une remise de récompense. On en est là ! C'est vrai que cette télévision me fait honte et nourrit la mauvaise opinion que j'ai de moi même.

 

21/12/2003

J'ai dévoré le livre de Chloé Delaume, Corpus Simsi. Je n'aime pas tout dans ce bouquin mais ne peut nier que c'est un œuvre littéraire d'une grande modernité. Elle a fait le choix d'entrer dans le monde des Sims et de s'y installer durablement. Il s'agit d'un jeu mais difficile de dire où il s'arrête pour l'auteur. Je suis près de penser qu'elle se dissoudrait complètement dans ce jeu vidéo si elle le pouvait.

Je n'ai jamais joué ce jeu mais le connais de réputation... Le livre est une sorte de compte rendu ethnologique sur le monde des Sims; Ce sont finalement les imperfections, les limites du jeu qui nous apprennent le plus de choses sur nous mêmes. C'est assez décapant. Chloé s'est servie d'un cheat-code pour disposer de revenus illimités. Elle put agir à sa guise. Le livre contient de nombreuses copies d'écran. On voit nettement la démarche qui la pousse à s'entourer de plus en plus de très beaux objets, des sculptures, des fontaines, des meubles de valeur,... qu'elle va chiner sur internet. Cette accumulation qu'autorisent les micro-ordinateurs en dématérialisant les objets; cela résout d'une certaine manière certains problèmes de production et de ressource. A quoi bon fabriquer des tables et des fauteuils si au travers d'un jeu, leur simulation peut produire le même effet de satisfaction (sentiment de possession).

Le monde des Sims a quelque chose d'effrayant, d'autant plus qu'il est une caricature de notre mode de vie occidental. La manière dont sont programmés les rapports humains - la manière dont Chloé les décrit - nous interroge par son excès : Peu importe ce qui est dit. La seule chose qui compte, c'est de faire correspondre ses thèmes de préoccupation avec ceux de son interlocuteur afin de remonter ses jauges dans le jeu, un adulte peut avoir 15 centres d'intérêt. Dans la vie, je ne sais pas mais cela n'est pas forcément plus.

A la page 100, le livre bascule dans quelque chose d'extraordinaire. Ce que Chloé appelle utiliser le jeu comme un générateur de fiction (elle n'avait pourtant pas besoin de justifier sa démarche) :

"Hier, je n'ai pas pu me connecter, des voisins sont passés chez moi, ça s'est éternisé, j'ai parlé de Météo avec Sylvie Marie. Je ne sais pas si c'était intéressant mais mes jauges s'en sont bien portées. Mes rapports avec elle s'élèvent à 89%. Elle est d'un tarte pourtant [...] Et dit du mal de Temesta (le chat) dès que j'ai le dos tourné. Cette gourde s'est pas doutée que ses pictogrammes dépassaient des buissons qui entourent la terrasse. De la piscine je voyais tout. Je n'ai rien dit [...] Je lui en collerait une. Pour l'instant je n'ai que quatre amis, j'en ai besoin pour le travail, alors c'et pas le moment".

En lisant Chloé Delaume, je comprends qu'elle n'est plus très sûre de préférer la réalité à la fiction d'un jeu comme les Sims. Ces logiciels mettent-ils en péril notre civilisation ? Je n'en sais rien mais la question se pose clairement. Le bon côté serait que le plaisir qu'on trouve dans ces jeux peut nous rendre plus supportable l'insatisfaction de la vie ordinaire mais c'est quand même toujours un plaisir un peu honteux. C'est aussi source de grande confusion car il se peut très bien qu'être riche et célèbre dans le monde des Sims, ce soit la même chose que l'être dans la vie réelle... du moins tant que l'illusion demeure.

On peut comparer cela à une drogue avec le risque de la descente après coup. Il suffit cependant qu'il arrive toujours des nouveautés, de nouvelles situations. Cela semble fonctionner. De nouvelles versions du jeu sortent régulièrement. Grâce à internet des modifications sont possibles, y compris, semble t'il, des sortes de virus très spéciaux comme ce cochon d'inde qui mord ceux qui vont le chercher sur internet et provoque des maladies mortelles..

Ce phénomène Sims reste difficile à analyser dans son ensemble. On peut dire que le capitalisme garde ses droits puisque ce jeu est aussi une affaire commerciale très rentable. Il a été vendu a des millions d'exemplaires dans le monde. C'est aussi - et c'est sans doute le plus paradoxal - un très fort instrument de propagande pour le mode de vie occidental - l'américan way of life des peintures de David Hockney . Chacun peut avoir sa maison avec piscine, sa belle voiture garée dans une allée rectiligne et propre, avoir un bon boulot et un accès rapide à internet. Ce jeu a aussi la même fonction normative que la télévision comme j'en parlais hier. Pourtant je pense que les auteurs de ce jeu sont plutôt des gens délurés. C'est aussi l'idée de la Matrice qui se referme sur elle même, dont on ne peut plus s'échapper. (le créateur du jeu les Sims s'appelle Will Wright, un nom d'une banalité confondante... ceci explique peut-être cela).

Site de Chloe Delaume : www.chloedelaume.net avec plein de vignettes amusantes comme dans le livre :

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Notes brutes d'écoute radiophonique: "Finalement, la compagnie Microsoft est moins gênée qu'elle ne le dit par le piratage. C'est une question de segmentation de marché. Certains en Afrique ou dans les pays de l'Est, par exemple, ne pourront pas se payer ses produits. Elle préfère encore que ces utilisateurs insolvables utilisent ses programmes piratés plutôt que les concurrents (c'est à dire les logiciels libres)."

De leur côté, les logiciels libres s'imposent de plus en plus. Pas sur PC, où Microsoft occupe encore 90% du marché mais sur les serveurs pour lesquels les logiciels libres tiennent maintenant 30% du parc. Ils sont jugés plus fiables. Leur implantation est la plus forte dans le domaine d'internet. Ils équipent 60% des serveurs.

 

26/12/2003

J'entends ce matin dans un émission sur Frank Zappa, l'animateur dire - ce n'est pas ce qu'on lui demande - qu'au fond les alter-mondialistes ont toujours existé (et Zappa serait l'un d'eux si je comprends bien). "Aujourd'hui l'alter-mondialisme devient du marketing. Il est repéré et repérable". Je sais pas. Je me dis juste que voilà bien la gangrène qui ronge mon "beau pays". J'explique : IL FAUT que les opposants au système - ceux qui veulent changer le monde - soient repérables. Il le faut, s'ils veulent un jour aboutir à quelque chose...

 

27/12/2003

Image touchante dans Métropolis, l'émission de Arte : un vieux monsieur chante la vie en rose avec lenteur et délicatesse. C'est le prince Sianouk dit la voix off en le remerciant d'avoir autorisé la diffusion de ces images. Moi aussi je le remercie pour l'humanité de son interprétation.

 

28/12/2003

Ce qui me frappe dans mes notes des dernières semaines - qui ne peut échapper à personne - c'est l'envahissement des médias dans mon esprit. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Il est certain que c'est la conséquence directe de ma baisse de régime : si je produis moins, je consomme plus ! Je regarde la télé, écoute la radio avec d'avantage d'attention et d'attente. Visionne des cassettes et des DVD. Lis assez peu, je me le reproche, mais je ne parviens pas à garder mon attention. Difficile de zapper dans un livre.

Si je me repasse l'image de ce chanteur fragile, hier soir, comme si la mort allait l'écraser d'un instant à l'autre, je dirais que ça vaut le coup de regarder la télé finalement. Savoir de plus que c'était un personnage important, un prince, ajoutait encore à cette infinie fragilité. Chanter en français semblait le fragiliser plus encore. Rencontrer des gens fragiles - consciemment fragiles - ne m'est pas si souvent donné ! C'est pourtant comme ça que les humains valent la peine et la télé me permet parfois de les rencontrer (il y a quand même énormément de déchet).

La question est de savoir si c'est parce que je suis dans une impasse temporaire que je regarde trop la télé ou l'inverse, que je m'enchaîne à trop me laisser fasciner par ses images. Peu importe la réponse d'ailleurs, puisque ce n'est qu'un phénomène temporaire !!

 

29/12/2003

J'ai passé la journée d'hier sur Photo Magic, un logiciel d'images... Il n'est pas très récent; je l'utilise déjà depuis plusieurs années même s'il est évidemment moins perfectionné que Paint Shop ou Gimp. J'ai voulu prendre ce logiciel pour ce qu'il est, c'est à dire un outil de graphisme et réaliser des tableaux sans passer par le détour sophistiqué des images 3D.

C'est très impressionnant. J'avais bien sûr déjà créé des images avec ce logiciel ou d'autre du même genre mais c'était sans tellement les prendre au sérieux. Pour voir ou pour m'amuser. Là, j'ai été intimidé. D'abord par le nombre d'outils et de fonctions disponibles : toutes les brosses et pinceaux imaginables, rondes ou plates, toutes les largeurs, les bombes aérosol, différentes pointes et craies. Plus une palette de couleurs quasi infinie dans laquelle il est parfois difficile de choisir. Comme dit la légende à propos de Picasso : "Pourquoi avoir mis du bleu sur cette toile ? - c'est que je n'avais plus de rouge". Ici, il y a le bleu et le rouge en quantité, tous les bleus et tous les rouges. Qu'aurait fait le maître dans ces conditions là ? C'est l'art de la surabondance par opposition de celui de l'économie !... Oui, la couleur est elle arbitraire ? A l'angoisse de la page blanche s'ajoute celle du choix entre les multiples possibilités de l'outil (et des voies multiples ouvertes par les prédécesseurs).

Je ne sais pas si je montrerai le résultat que j'ai. Il ne brille pas par son originalité. Il faut, je suppose, pas mal de travail avant qu'une touche personnelle n'apparaisse. Avec les logiciels 3d, il est plus facile de faire illusion, me semble t'il. Cette fois j'essaie d'aller au plus proche de l'action de peindre plutôt que de m'attacher au résultat "optique". J'ai commencé par une composition simple des cercles à main levée sur l'écran 800-600. La souris introduit une maladresse que n'aurait pas le dessin au crayon. Peu importe. Mais chaque trait comporte son lot de décision. C'est là que je peux exprimer ce que je recherche. Avec les images Pov, le processus est beaucoup plus intellectualisé. Il correspond plus ou moins à la recherche d'une image prédéfinie (même si le hasard joue son rôle). Cette fois, je n'ai pas de but. Je ne sais pas où je vais; je crée - si j'ose dire. Sans arrière pensée. Spontanément... Je dois dire que le logiciel permet un grand nombre de choses. L'usage de l'ordinateur garde sa pertinence par rapport à un dessin au trait. Avec la baguette magique, je peux utiliser un des nombreux effets spéciaux sur une partie de l'image, une trame par exemple. C'est super ! Et rapide. En un après midi j'ai pu tester des techniques nouvelles de collage-superposition que je ne m'étais pas imaginé auparavant. Au bout du compte mon simple réseau de cercles grossiers m'a permis de réaliser trois ou quatre images qui me paraissent avoir quelque intérêt. J'ai aussi utilisé un détail agrandi pour le retravailler façon peinture à l'huile. Pas mal. Après j'ai voulu faire quelque chose de plus figuratif à partir d'un dessin [hyper conventionnel comme sujet ] d'une jeune femme à la terrasse d'un café. Je ne dessine pas très bien et à la souris, c'est pas évident non plus. Le résultat n'est pas trop maîtrisé. J'ai essayé ensuite d'améliorer les détails avec la gomme et la loupe. Ça peut marcher mais c'est laborieux. Il vaut mieux s'entraîner à avoir l'intelligence du trait et faire juste du premier coup.

Ces résultats encourageants n'enlèvent rien à la question essentielle du sujet. Quoi peindre ? Faut-il ne travailler que sur commande ou décider d'un sujet par tirage aléatoire. Je ne sais vraiment pas. Peut-être ne doit-il même pas y avoir de sujet, juste des lignes et des à plats de couleurs. Pour l'instant, ce qui m'apparaît de mes productions, c'est surtout l'impression que ça part dans tous les sens (comme d'habitude chez moi !).

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Je suis retourné dans mon atelier virtuel après le petit déjeuner (c'est les vacances de noël, je ne vais pas au travail). J'ai regardé les images d'hier comme je l'aurais fait avec des toiles entassées dans un hangar. Un PC, c'est quand même commode et économique ! Les toiles je pourrais pas les financer actuellement... J'ai retouché l'une des versions de cercles irréguliers pour laquelle les traitements successifs avaient redue certaines parties assez ternes. Toujours avec la baguette magique j'ai pu éclaircir les parties qui l'exigeaient en gardant en l'état le reste de la composition. Cette fonction est décidément révolutionnaire et incontournable ! J'ai amélioré aussi l'image de la jeune femme en terrasse et puis en grossissant l 'une des parties, je me suis aperçu que son visage qui me semblait raté vu de loin prenait une expression formidable lorsqu'il était agrandi. J'ai donc copié cette partie dans une nouvelle image et l'ai redimensionnée. Il a fallu trouver un truc pour rendre les contours plus nets car avec la mise à l'échelle, l'image était devenue floue (sais pas pourquoi). si je continue dans cette voie, je vais produire, j'imagine, des centaines d'images hétéroclites; Je ne vois pas de limite. Ni tellement d'utilité. Encore que, une image produite est plus utile qu'une image révée. Il faudrait probablement me donner un but, une direction. Ça reste encore très abstrait comme objectif. Ces images restent des sortes d'études. Je fais ça sans trop me poser de question. C'est peut-être la bonne manière finalement.

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Possible que c'est la première fois que j'ai le sentiment de faire un travail de peinture. J'ai simplement divisée la toile (l'écran) en quatre et j'ai commencé à remplir à l'aide de l'outil aérographe. D'abord du rouge en haut à gauche, etc. aucun sujet, juste l'acte purificateur de peindre. La série s'appellera je pense "surcharge". C'est l'idée. Il s'agit de remplir le tableau et lorsqu'il est plein de le remplir encore. Je garde les images intermédiaires. Ça peut diverger à partir de cette base commune mais l'idée reste de repartir de l'image de départ pour repeindre par dessus de manière à ne pas commencer sur rien. Matisse faisait ça, j'ai lu. Il photographiait son tableau et recommençait par dessus, toujours et encore. Pareil. Je veux voir jusqu'où ces surimpressions peuvent conduire. Entre deux étapes, il peut y avoir une déconstruction , par exemple en appliquant un effet qui égalise les tons. Dans les couches supérieures j'utiliserai sans doute des couleurs plus transparentes pour laisser transparaître le substrat.

Ce travail a quelque chose de très stimulant pour l'esprit. Mille questions me viennent à chaque trait [ j'exagère un peu ! mais ce sont de nombreuses questions quand même.. ]. Peindre laisse l'esprit libre de se libérer et lui pose en même temps de multiples problèmes sur la forme et sur le fond. Où va le prochain trait ? Est-il acceptable ? Faut-il l'effacer (on peut faire édition annuler). Changer de couleur. Changer de brosse. En même temps, j'ai l'impression de revivre l'expérience d'autres peintres et de faire partie d'une chaîne de découverte. Je convie des souvenirs, de lecture ou autres, sur le sujet de la peinture et de l'Existence. C'est peut-être pour cette raison que j'apprécie finalement la peinture d'avantage que l'écriture. Parce qu'elle laisse l'esprit libre. Ecrire demande plus de concentration et de self-control.

Ceci dit, ça ce rejoint. a la deuxième version de mon tableau, déjà, j'ai vu apparaître des éléments qui ressemblaient à des lettres ou des signes intelligibles. OK. Un petit bonhomme s'impose. Il a cinq doigts aux mains et cinq doigts aux pieds, etc. Le résultat n'est pas nécessairement joli mais il me semble avoir du sens. C'est bien. Ça vient ! on dirait. Je ne dirais pas que j'ai inventé quelque chose de neuf, certes non, mais peu importe. Je touche à quelque chose de notable. Le geste est tout à ce niveau. Le geste de peindre et l'ordinateur s'y prête parfaitement, autant que les pinceaux ou les éponges.

 

31/12/2003

Je suis revenu sur Blender, ce logiciel 3d dont je parle depuis quelque temps. Comme je n'arrivais à rien avec le tutoriel en français que j'avais commencé à étudier, je me suis plongé dans la documentation en anglais et je ne suis pas déçu. Le chapitre de prise en main est très bien fait. Il promet de réaliser une animation en 30 minutes. C'est un peu plus mais j'ai pu reproduire assez rapidement le petit bonhomme en pain d'épice proposé. Dans une deuxième étape, l'initiation montra comment on peut animer les objets créés. J'ai ainsi pu définir des articultaions pour permettre à ce petit bonhomme, surnommé Gus, de marcher. Du coup, de larges perspectives s'ouvrent de nouveau à moi. Pov est largement dépassé par Blender Et ce que je pensais si compliqué à réaliser pour animer mon personnage LBM devient tout à coup à portée. Sans calcul compliqué ! Bien sûr, il ne s'agit que d'une démo. Elle cache certainement les difficultés mais globalement, je pense pouvoir tirer des choses intéressantes de ce logiciel. Je commençais à en douter.

Ecran Blender

Dans un chapitre d'introduction, j'ai pu confirmer certains aspects de la légende de ce logiciel. son inventeur s'appelle Tom Roosendal. Il avait une société d'infographie en Hollande qui développait ses propres outils informatiques. Dans un premier temps, il a créé une seconde société spécialisée pour développer Blender et ouvert son capital. Ça ne s'est pas trop bien passé. Les investisseurs se sont retirés et le logiciel allait disparaître sans cette solution d'en faire un logiciel libre. Alors est venue l'idée d'une souscription pour réunir les 100kE nécessaire pour racheter le logiciel. La documentation indique que cela n'a pris que sept semaines. C'est surprenant mais quelque part rassurant.

Cette histoire peut donner à réfléchir. Même si personne ne croit plus à la "nouvelle économie", on peut observer comme se bâtit l'innovation technique. Je suppose que c'était la même chose pour les pionniers de l'aviation ou de l'automobile. On constate que c'est la passion des inventeurs qui fait tout. Cette sorte de happy end que constitue la diffusion de Blender dans le monde du logiciel libre est assez émouvante. Est-ce une fin ? Peut-être pas mais ce qui est épatant, c'est que le logiciel continue à évoluer. Plusieurs mise à jour ont été publiées depuis que je m'y intéresse. On voit bien que c'est le besoin qui pousse des programmeurs volontaires à investir leur temps dans ce genre de projet. Permettre d'animer un personnage sur son écran est passionnant. Le sujet est très large et il est évident qu'on n'en est encore qu'au début. La doc. de Blender indique que cinquante programmeurs travaillaient sur ce projet. Ça donne un idée de ce que signifie produire un logiciel !

Pov prend un coup de vieux face à Blender. Je ne sais pas si une partie du code public de Pov a été repris par Blender. c'est possible. On peut regretter pour l'instant que le rendu d'images avec Blander ne soit pas au niveau de ce que permet Pov. D'où l'intérêt - pour le moment - de passer de l'un à l'autre (j'ai un script pour cela, à tester). Pov a atteint ses limites, semble t'il, à cause de choix restrictifs de ses concepteurs. Celui en particulier de ne pas avoir intégré le modeleur. Il faut recourir à un programme externe. Dans Blender, le programme fait tout. C'est plus pratique et ça permet aussi d'aller plus loin aussi, dans la mesure où à un certain niveau de complexité des scènes, il n'est plus possible de travailler en mode texte.

La deuxième "faiblesse" de Pov est historique. Il privilégie les formes élémentaires (sphères, cylindres, cubes,..) alors que Blender utilise des réseaux de triangles ou de carrés (meshes). Pov dispose de ce type d'objet mais sans modeleur, ce n'est pas trop utilisable... Les meshes supposent des machines plus puissantes, c'est pour cette raison que je dis que c'est historique. Ces structures ont l'intérêt de permettre des formes très complexes et surtout de permettre des déformations. La réalisation du personnage Gus utilise ces possibilités. Quand l'outil est là, un basculement se produit. Les solutions techniques de Pov n'apparaissent plus pertinentes. Tous les objets d'une scène vont devenir déformables et vont se plier à la volonté du graphiste. J'avais déjà cette intuition, ce besoin, depuis quelque temps mais Pov n'y répondait pas bien. J'avais essayé quelques macros permettant de déformer les objets mais le résultat ne m'avait pas convaincu. Il fallait changer de technique, changer d'époque. Vie et mort d'un logiciel brillant : Pov (je le regretterai).

Blender a un fonctionnement assez déroutant. Peut-être est-ce parce qu'il vient du monde Linux. Il est compliqué de mémoriser les nombreuses touches de fonctions. Ça se justifie pour ce type de programme mais il faut s'habituer. Il arrive qu'on fasse un truc et on ne sait plus comment rétablir. supprimer la barre de menu par exemple, et être obligé de quitter le programme pour rétablir (mais, pour être honnête, le même genre d'ennui m'est arrivé avec word ou excel).

Un truc que je n'ai pas compris : On peut quitter Blender sans sauvegarder le travail en cours. On risque de perdre des trucs. Je ne trouve pas que ce soit logique. C'est cependant le choix des concepteurs comme l'indique le manuel. J'aurais trouve plus consensuel que ce soit une option de configuration. Pour ma part je préfèrerais que le programme alerte avant de quitter. On ne sait jamais. On peut cliquer sur la croix involontairement. Ce doit être ce genre de choix structurant qui fait la personnalité et les limites d'un programme informatique. Il est difficile de faire la part du "génie" des programmeurs et ce qui ressort des caprices qui annoncent la mort du produit... Comparer Pov et Blender est, à ce titre, très enrichissant.

Je me demande si les gens de Blender n'ont pas quelques problèmes avec ceux qui soutiennent Pov.. La documentation Blender évite de manière curieuse de citer Pov.. Je crois que Pov n'est pas cité une seule fois dans le document. On e fait que des allusions aux "autres programmes"...

Je n'ai pas parlé non plus du fait que Blender est prévu pour s'intégrer comme moteur graphique pour des jeux vidéo. C'est assez visionnaire de vouloir unifier les programmes 3d et les jeux temps réel puisque forcément, tôt ou tard, les deux techniques vont se confondre lorsque les ordinateurs auront atteint la puissance suffisante. Il faut penser aussi que les jeux deviendront aussi petit à petit, autre chose que ce qu'ils sont actuellement. On comprends bien qu'il faut pouvoir agir sur les images en temps réel pour qu'ensuite on puisse envisager une sorte de nouveau cinéma interactif.

 

notes janvier 2004

 

 

 

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mise à jour le 23/05/2004