notes d'artiste (avril 2002)  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et de mes autres trucs.

 

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01/04/2002

En fin de soirée, hier, j'ai commencé la réalisation de cette applet de texte déroulant qui me manque pour la page d'accueil de l'expo 2002. C'est un travail rébarbatif car il faut coder chaque caractère sous forme d'une matrice de 8 points sur 8. Je prévois de faire la même chose avec des afficheurs bâton. Plus tard, j'ai envisagé de programmer toutes sortes de mouvements possibles, y compris des irrégularités. Je veux aussi faire quelque chose sur les afficheurs qu'on trouve dans les gares ou les aéroports qui "cherchent" chaque lettre en faisant défiler tout l'alphabet. J'adore. Ce ne doit pas être très compliqué à reproduire sauf si je veux réaliser précisément l'effet de basculage des lettres vers l'avant, ce qui supposerait d'utiliser un objet image pour chaque lettre ou demi lettre. En dehors de mon besoin immédiat pour la page d'accueil de l'expo2002, je ferai peut-être quelques pages avec ces applets mais il me faudra trouver l'angle pour présenter cela, car ce n'est pas artistique en soi. Peut-être en faire une sorte de catalogue pour la "vente" par correspondance de ces afficheurs virtuels ? (ce que fait déjà ora-ito). Je peux aussi jouer sur les textes affichés et utiliser les nombreuses possibilités de l'animation du texte. Il serait peut être nécessaire que j'introduise une protection dans ces applets pour éviter de les retrouver sur d'autres sites sans mon accord. Il suffirait de prévoir un système vérifiant l'adresse de la page de l'applet sur internet mais cela risque d'être agaçant pour moi, lorsque je déplace les fichiers sur mon PC d'un répertoire à l'autre (à la réflexion, il suffit de "coder en dur" le texte affichable plutôt que de permettre son paramétrage dans la page html).

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Je ne me détache pas de ce sentiment de ne pas aller assez loin dans ma recherche et de faire illusion. Produire des applets et des pages web, tout comme des tableaux, a quelque chose de rassurant et assommant que je n'ai guère retrouvé dans la pratique de la littérature. Ecrire est beaucoup plus effrayant. Les problèmes techniques sont au second plan et on se remet sans arrêt en question sur "l'essentiel". C'est du moins l'expérience que j'en ai. Avec les applets, le temps de l'idée est très bref. Après ce n'est que de l'écriture de code informatique et des considérations esthétiques concernant le résultat à l'écran.

D'un autre côté, ce site est une sorte d'investissement qui me permet de tracer ce que je fais et de le montrer (toujours cette idée d'occuper le terrain). La question semble être de savoir quand viendra le moment de revenir à l'écriture, de m'y consacrer à cent pour cent.

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Samedi, Ardisson a parlé pour la troisième fois dans son émission, de cette invraisemblable histoire du "complot du 11 septembre". Il a expliqué qu'on lui avait beaucoup reproché de n'avoir pas pris d'avantage de "précautions oratoires" et c'est tant mieux. Ceci dit, il exprime autour de cette affaire des idées assez "fragiles" et cela me surprend venant de lui que je considérais jusqu'ici comme quelqu'un de sensé...

Mais vouloir faire croire qu'il y a eu un complot de l'armée américaine le 11 septembre parce qu'il y a eu l'affaire Kennedy et que Mitterrand a caché avoir reçu la francisque, je trouve cela malhonnête d'un point de vue intellectuel. Dans mon langage habituel, je dirais qu'Ardisson est un peu con pour sortir des arguments aussi populistes et peu rigoureux .

L'échelle de valeurs qu'il exprime dans ses commentaires m'a également surpris. En particulier, comment il voit l'équilibre entre presse et télévision. Il a dit texto au journaliste qui se trouvait là - Laurent Joffin , du nouvel obs, je crois - "je vous demande d'enquêter". D'après lui, puisque c'est passé à la télévision, les journaux doivent étudier la question et l'approfondir. Ils n'ont pas le choix... Je trouve cette manière de voir très étrange. La presse n'a pas à "obéir" à la télévision et surtout, les gens de télévision ne peuvent raconter n'importe quoi en laissant à la presse le soin, ensuite, de faire le nettoyage.

Je considère que T. Ardisson a pété les plombs et je me pose la question d'une sorte de boycott de cette émission. Seul dans mon coin, ça n'aurait pas beaucoup de poids et puis ce serait aussi un peu dommage parce que, malgré tout, c'est l'une des émissions les mieux actuellement. C'est là que cela se passe, comme l'on dit ! Je suppose que c'est la nature même du média qui conduit à ce genre d'accident. Ce média n'est pas à l'échelle humaine et je prédis que dans quelques années les présentateurs seront virtuels, animés par une équipe complète, et non plus par une seule personne. Difficile d'y échapper . Les humains ne sont pas assez fiables !

Dans la même émission, on a vu Juliette Binoche pleurer en s'exprimant sur les événements en Palestine. Je ne sais pas jusqu'à quel point ces effets sont provoqués. Il y a sans doute des trucs que connaissent les gens comme Thierry Ardisson. Cela me met très mal à l'aise. Ce sont les images que l'on retient et on se sent pris dans un piège qui veut faire de nous des êtres abjects et veules... qui n'ont rien à reprocher aux méchants animateurs et autres gens de pouvoir.

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Ailleurs on interrogeait Philippe Djian sur son dernier livre qui parle de pornographie. Il faisait une distinction entre érotisme et pornographie qui ne m'a pas convaincu, mais surtout il expliquait qu'il ne faut pas laisser la pornographie aux mains de ceux qui vendent des cassettes dans les sex-shop. Ils sont trop nuls. J'ai trouvé cette idée intéressante malgré que je ne sois pas en phase avec la vogue actuelle du sexe en littérature. L'émission a rapproché Djian et Houellebecq. On montrait Michel Houellebecq assis dans un café, expliquer en mimant le type qui réfléchit profondément qu'il n'est pas plus choquant d'acheter du sexe avec son argent lorsqu'on est vieux et gros, que de le faire avec un corps d'athlète ou de pin-up lorsqu'on est jeune. Certes... Enfin ceci ne nous conduit pas très loin ! Et ce sont pourtant les "plus grands" écrivains français du moment !

 

07/04/2002

J'ai rapproché deux choses. D'une part ce petit événement lors d'une réunion de département pendant laquelle notre responsable nous a présenté un graphique illustrant le niveau de nos salaires par rapport à un maximum et dont il n'avait "pas le droit" de nous fournir la photocopie, et cette émission à la radio en hommage à Pierre Bourdieu où il disait, entre autres choses, que l'un des moyens utilisé par le "système capitaliste" est justement de ne pas fournir tous les chiffres nécessaires à l'analyse alors que justement la situation l'exigerait. C'est assez désagréable de se sentir ainsi humilié et victime.

Je parcours aussi dans le journal un article à propos du surréalisme faisant écho à l'exposition que prépare le Centre Beaubourg et je souligne quelques idées intéressantes d'un certain Vincent Friot (jeune artiste de 41 ans formé aux Beaux Arts de Lyon ! ) :

"Le surréalisme et sa provocation se sont dilués dans la société de l'image"

... des idées de renoncement aussi :

"nous ne faisons pas de la peinture, ne produisons pas des images mais des tableaux objets abstraits. (...) Nous ne parlons pas d'œuvre, de sensibilité ou d'inconscient. Ce sont de purs produits qui ne représentent rien, ne racontent rien, mais qui par là donnent à penser".

"Créer un marque c'est s'installer dans le champ économique sauf qu'on ne vend pas des brosses à dent mais des objets à penser".

"Les véritables artistes sont maintenant l'Etat et les commissaires d'exposition... Et là, ça devient surréaliste !".

Il y a aussi une adresse internet : www.depressionnisme-abstrait.com (qui ne m'a pas emballé)

Le constat est relativement clair ! La lecture de "la misère du monde" (le pavé de P. Bourdieu) m'apporterait probablement de nombreuses précisions mais c'est surtout angoissant : le monde de l'argent est si puissant. Il semble si indestructible !

Devant autant de monstruosité, on comprend que certains reconnaissent l'argent comme leur Dieu !

 

08/04/2002

S., mon neveu, m'a montré l'herbier qu'il a commencé de constituer avec son école de paysagistes. Je suis attiré par les herbiers. J'en avais même commencé un, il y a trois ou quatre ans; mais n'ai pas persévéré. Assez toutefois pour mesurer la difficulté. Il faut savoir faire sécher les plantes sans qu'elles ne se déforment, ne pourrissent, ni ne perdent leurs couleurs d'origine. S. utilise une technique que je ne connaissais pas. Il immobilise les spécimens entre deux feuilles autocollantes de plastique transparent. C'est une bonne idée. Les branches et les feuilles sont immobilisées et on peut manipuler les échantillons sans risque de les casser. L'inconvénient est que l'on perd le contact direct avec la plante, sans parler des questions sans réponse sur les réactions chimiques entre la colle et la plante dont on ne sait pas le résultat dans quelque temps...

Sa technique n'est pas encore au point. Il m'a raconté les ennuis qu'il avait eu pour aplatir certaines tiges trop épaisses ou certaines feuilles qui sont naturellement bombées et non pas planes comme on le croit si on n'y prête pas attention. Pour les tiges un peu grosses, je sais qu'il faut utiliser un cutter et les trancher sur la longueur pour n'en garder que la moitié. Certaines des plantes qu'il m'a montré avaient noirci et, en fait d'échantillons à la gloire de la Nature, ce que j'avais sous les yeux était d'avantage une image de mort et de putréfaction.

 

10/04/2002

Arte diffusait un reportage sur les travailleurs de chez Microsoft. (ils sont 30 000 à Seattle). J'étais curieux de faire la comparaison avec ce que je peux observer en France. Donner un visage aux programmeurs de Word ou Windows est assez édifiant. Celui là avait travaillé sur Windows 1.0 ! C'était un barbu d'environ cinquante ans comme j'en ai connu un certain nombre ici. On expliquait aussi comment cela fonctionnait. Il avait travaillé dans une équipe chargée "d'afficher des choses à l'écran ou sur imprimante". Ils étaient donc organisés par fonction plutôt que par produit.

Les conditions de travail sont manifestement très dures. Ils travaillent soixante dix heures par semaine ce qui est inconcevable en France, mais ils ont les mêmes problèmes avec les délais. L'un d'eux disait que "lorsqu'on arrive à deux mois de la date de livraison d'un produit, on s'aperçoit qu'il reste encore six mois de travail". Classique ! Alors ils simplifient le produit et surtout, redoublent leurs efforts. Certains reviennent au travail après une sortie entre collègues au cinéma ! "Le pire a été Windows NT, cela à duré pendant un an !". En France, on simplifie aussi, mais surtout on rallonge les délais car "on ne nous la fait pas !". Sans doute faut-il voir dans cette différence d'attitude, une part des raisons de la domination économique américaine...

La contrepartie est bien entendu l'argent. Les livres d'histoires racontent que c'était déjà le cas chez Ford ! Ce reportage montrait bien qu'il n'y a pas de nouvelle économie, il n'y en a jamais eu. Ce concept n'était qu'une savante embrouille... Mais grâce aux stock-options, certains se sont fait une place au soleil. L'un d'eux racontait qu'il avait gagné 27 millions de dollars. Après la crise du Nasdacq, et peut-être aussi de mauvais investissements, il ne lui restait plus que deux millions (pas si mal, au fond). Un autre qui avait tout juste trente ans s'était retiré lorsqu'il avait atteint, et même dépassé, son objectif d'un demi million de dollars.

Le barbu, lui aussi, avait arrêté de bosser. On le voyait dans sa maison de quatre chambres qu'il habitait seul, occupé à poser un parquet avec une machine à clouer automatique. Il avait craqué et Microsoft avait été contraint de le renvoyer car il ne fichait plus rien. Ce qu'il disait était étrange. Il expliquait qu'il n'était plus capable d'écrire une seule ligne de programme comme "l'écrivain devant la page blanche". Cette idée qu'écrire des programmes se compare à la littérature n'existe pas en France. Moi même qui produit des applets à prétention artistique, je ne fais pas la comparaison.

Une scène méchante du reportage montrait Bill Gates - très empoté - et ses lieutenants dansant sur une scène à l'occasion d'un show interne de l'entreprise. La musique était celle des Rolling Stones (Start me up). La caméra taillait un costard au second de Micrososft (je ne connais pas son nom), un chauve qui semble sortir d'un album de Tintin (il me rappelle le second des méchants dans vol 747 pour Sydney, Mr Allan ! ). D'autres analyses expliquaient l'importance des jeunes célibataires dans cette entreprise. Un employé racontait qu'il s'était aperçu lorsqu'il avait atteint 35 ans, que l'age moyen de Microsoft n'était, dans le même temps, passé que de 22 à 24 ans. Cela s'explique par la très forte croissance. Ils employaient surtout des jeunes diplômés (malléables). On peut seulement noter que cette période est probablement terminée et que le secteur de l'informatique doit disposer désormais des employés dont il a besoin pour un certain temps.

 

13/04/2002

Début de Loft Story 2 ce jeudi. Je le note puisque cette émission m'avait pas mal captivé l'an dernier. Cela me semble si loin ! J'en étais encore à parfaire mon opinion sur la "Société du Spectacle" !... J'ai essayé de regarder pour voir mais après une dizaine de minutes ça m'a gonflé et j'ai changé de canal. Les participants me donnaient l'impression de "jouer à loft story" alors que c'était surtout le côté spontané que je recherchais. Je ne pense pas m'y intéresser d'avantage. Je ne vois d'ailleurs pas ce que ce programme pourrait m'apporter de plus maintenant que j'en connais les mécanismes (la structure). Confirmer que les situations seront à peu près les mêmes avec d'autres participants sera même plutôt déprimant. Et puis mon temps est trop précieux pour que je ne me laisse enfermer dans cette répétition où les producteurs de cette chaîne voudraient m'entraîner.

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Je me suis réintéressé au logiciel POV (Persistence of Vision) qui permet de réaliser des images en 3D. Je connais ce logiciel depuis déjà une dizaine d'années mais je ne l'ai jamais très bien exploité parce qu'il demandait des puissances de calcul trop importantes. C'était au dessus des capacités des PC de l'époque. Je me souviens d'un repas de famille pendant lequel chaque invité venait, tour à tour, voir sur l'écran de mon portable la progression du calcul de l'image que j'avais lancée. Cela avait duré tout l'après midi. C'était pourtant une image très simple. Elle n'était composée que de trois cylindres lumineux. C'était cet effet de luminosité qui prenait beaucoup de temps de calcul, ce qu'un non initié n'aurait jamais pu imaginer.

Pov est un logiciel libre gratuit. Il continue d'évoluer. Il existe une version 3.5 beta. Je ne possède actuellement que la version 3.1 sous Windows mais c'est amplement suffisant vu le nombre de notions que cela suppose déjà de pouvoir dominer. L'inconvénient majeur de ce logiciel est son manque d'ergonomie. Les scènes sont décrites dans des fichiers texte et il faut du courage pour entrer dedans ! C'est l'une des principales choses qui m'avaient arrêté. Pour s'en sortir,on peut utiliser un "modeleur" qui permet de préparer les scènes graphiquement comme on le fait en dessin industriel. Dommage que cet outil indispensable n'ai jamais été intégré dans le projet POV lui même.

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J'ai recherché sur internet ce qu'on trouve sur POV. J'ai retrouvé les noms de Sebastien Marty et Denis Olivier que je connais depuis longtemps et sont les plus connus de la "scène Pov française". S. Marty voulait réaliser son propre logiciel de Ray Tracing, un concurrent de POV, ce qui ne m'a jamais semblé très raisonnable (ce logiciel existe cependant) . Denis Olivier a produit pas mal d'images 3D. Je ne les apprécie pas toutes mais certaines sont très bien. Il avait également conçu un logiciel modeleur qui a été commercialisé et qu'il diffuse maintenant gratuitement sur internet. Je l'ai essayé. Il fonctionne sous DOS et semble t'il seulement en 800x600. A voir. Il existe plusieurs modeleurs sur le marché. Il me paraît indispensable d'en maîtriser correctement au moins un pour produire des images POV. Malheureusement cela demande un investissement en temps.

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Les images produites avec POV qu'on trouve sur internet sont d'intérêt très inégal. On passe sans prévenir de la demonstration technique à des préoccupations nettement plus artistiques. De plus, ce sont souvent de "grosses images" qui mettent du temps pour s'afficher.

J'ai visité plusieurs sites. L'un d'entre eux à retenu mon attention : le site www.oyonale.com de Gilles Tran. Très bien. Je retournerai l'étudier de plus près car il y a, en plus des images, beaucoup de texte que j'ai passé pour une première visite. J'ai remarqué plusieurs images dont celle d'une salle de classe dans une facture hyperréaliste avec pratiquement l'odeur de la poussière de craie et une autre dans le genre surréaliste avec des vaches flottant sur des boules d'herbe dans le ciel... Pour cette dernière, le rendu de lherbe est d'un point de vue technique tout à fait remarquable.

Ce site a également une partie pédagogique avec une section "making of" et aussi un espace où l'on peut télécharger des objets prêts à l'emploi. J'en ai récupéré quelques uns; je vais voir ce que je peux en faire.... Cela m'inspire déjà une idée nouvelle qui consiste à aborder la création d'images un peu différemment de la peinture classique, plutôt à la manière des collages... Ici, on utilise des éléments créés par d'autres, une chaise, une bouteille, etc... et on joue avec. On peut déjà trouver des centaines d'objets de ce type et cela me semble un bon départ de me constituer une bibliothèque... quoique ça risque aussi d'être un frein à l'inspiration.

 

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classroom - Gilles Tran - www.oyonale.com

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migrant - Gilles Tran - www.oyonale.com

Mon "marché" a été rapide et il serait sans doute enrichissant d'étudier ces images de beaucoup plus près et de manière plus critique. La salle de classe dont j'ai parlé plus haut aurait sa place dans une galerie (d'ailleurs, on peut se procurer le poster par l'intermédiaire du site www.zazzle.com ). Ce qui est étrange chez les "artistes pov," c'est cette sorte d'hésitation entre plusieurs réponses artistiques. Jen ai noté trois. Le courant hyperréaliste qui souvent tente de mettre en avant les qualités exceptionnelles des logiciels (lumières, reflets, etc...). Un courant surréaliste qui joue sur des rapprochements inattendus comme des mini-vaches dans un frigo (une autre image de G. Tran). Enfin, un courant fantastique dans lequel, à mon avis, c'est souvent un peu n'importe quoi, avec toute la mythologie de l'héroic fantasy, les cimetières, les dragons, etc... Avant de juger, il ne faut pas ignorer les difficultés pour maîtriser ce genre de logiciel. Il est probable que les auteurs sont rarement satisfaits à 100% du résultat. Il faut aussi tenir compte du temps passé. La puissance de calcul est déterminante pour ce genre de recherche. Quand je vois que certaines images datent de 96 ou même plus...

Ce qui m'intéressait en premier lieu était la réalisation d'arbres et de plantes. J'ai retrouvé un logiciel, très ancien lui aussi, qui est supposé permettre de générer des structures végétales. Il s'appelle L-system. J'ai depuis longtemps en tête l'envie de réaliser des plantes et des fleurs imaginaires. C'est mon côté "savant fou" !

Sur ce thème également, j'ai trouvé diverses choses qui doivent permettre de fabriquer des arbres. Il faut essayer. Plus curieux, j'ai trouvé un programme permettant de générer des fenêtres de différents styles , un autres de fabriquer des décors de villes.

 

14/04/2002

J'ai travaillé un peu avec Pov ce week-end. J'ai testé plusieurs modeleurs. Je n'ai pas réussi à faire fonctioner celui de Denis Olivier avec Pov 3.1, ça limite l'intérêt ! J'ai essayé aussi Breeze Designer et Moray. Moray semble le plus performant (mais il est sensé être payant). Breeze, plus rustique est cependant agréable à utiliser. J'ai produit quelques images. Je ne sais pas encore si je les publierai. Elles sont très simples et je risque dans quelque temps d''en avoir un peu honte. Malgré que mes logiciels ne sont pas parfaitement configurés (ce qui se traduit par de nombreuses manipulations supplémentaires), je réussi à produire des choses. Avec les PC actuels, une image de 640x480 sort en quelques secondes. C'est exploitable. Il est probable que même le rendu d'une image très complexe ne dépasse pas une heure.

Je me suis passionné pour le travail avec la lumière que permet Pov. Comme décor, j'ai utilisé de simples cônes. Cette figure me convient parce qu'elle produit des ombres en forme de triangles très gracieuses. Cela permet des effets intéressants lorsque l'on croise les ombres. Contrairement à la réalité, les sources lumineuses peuvent être immatérielles. C'est même mieux qu'avec la photographie car on n'est pas géné par les projecteurs.

Je voulais (et je le veux toujours), construire des séquences avec des images gif animées mais il me manque l'outil pour réaliser ce genre de fichiers. Les programmes de dessin que j'ai ne le permettent apparamment pas. Il me faudra que je cherche. L'idéal serait d'avoir en plus la possibilité d'ajouter un son. L'une des méthodes possibles est d'utiliser Flash mais il y en a certainement d'autres.

J'ai encore beaucoup à voir concernant les possibilités des modeleurs : comment on manipule les objets composés de plusieurs formes, l'utilisation des fonctions de découpe et d'extrusion, etc. Je n'ai pas bien vu non plus comment faire pour réimporter des fichiers pov contenant des objets prédéfinis dans le modeleur pour les intégrer dans une scène. Je crains qu'on n'aboutisse à un certain niveau à abandonner ce programme pour terminer "à la main".

Voir aussi, si je trouve une documentation en français. Ce n'est pas par paresse mais comme le sujet est très technique, cela me permettrait de gagner un peu de temps...

 

20/04/2002

C'est la première fois que j'entends cette "proposition" pour justifier la consommation de viande par opposition au choix des végétariens. Le plus drôle est qu'elle s'appuie sur une manière de voir venant du bouddhisme ! L'idée est de remarquer que puisque l'homme est plus élevé en conscience que les animaux, en les mangeant, il leur rend service car il leur permet de se réincarner en chair humaine... c'est un peu de la mauvaise foi tout de même !

Autre idée. Sur le clonage cette fois. Un chercheur montrait plusieurs génisses dans un enclos. Elles sont issues d'une même cellule, des clones donc... Il fait remarquer que leurs taches noires ont des dessins différents ce qui prouve que la forme de ces taches n'est pas un caractère génétique. Cela montre dans le même temps que des clones ne sont pas identiques contrairement à l'idée qu'on s'en fait. Un clone n'est pas une photocopie.

C'est un peu rassurant en un sens et cela rend l'idée de clone plus acceptable. Tout se passe comme si la Nature proposait un compromis : d'accord pour renoncer à la photocopie trop effrayante pour les humains mais qu'on accepte quand même les manipulations génétiques qui permettront d'accélérer la sélection naturelle...

Dans le grand dessein de la Nature, je me demande si le clonage et les manipulations génétiques ne seraient pas une sorte de mission pour l'homme. Du point de vue de la Nature, qu'une espèce manipule elle même son patrimoine génétique semble être une nouvelle étape de l'évolution. Cela pourrait justifier l'invention préalable du cerveau dont on ne voit pas à quoi il sert sinon. (plus précisément, un minuscule cerveau d'insecte est aussi efficace qu'un cerveau humain pour assurer le maintien de l'espèce..). La génétique permet aussi de réduire l'effet du hasard dont tout montre que c'est un moyen sûr d'arriver à ses fins mais extrêmement lent et coûteux.

La question que cette réflexion amène serait pourquoi la Nature désirerait-elle accélérer les processus de l'évolution ?

Comme je parlais de cette question des taches avec des collègues, nous en sommes venus à nous demander si les empreintes digitales de jumeaux sont identiques. Je pense qu'elles ne le sont pas, mais si un de mes lecteurs pouvait me le confirmer...

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J'ai de nouveau travaillé sur mes images Pov et dans cette deuxième passe j'ai pu les améliorer sensiblement. Au cours de la semaine, j'ai également imprimé l'ensemble de mes notes et mon dossier Echelon pour tout relire, faire quelques corrections et établir une "boucle rétroactive" sur le travail accompli... Parallèlement, j'ai plusieurs chantiers d'applets en cours.

J'ai trouvé aussi un logiciel permettant d'assembler plusieurs images dans un seul fichier gif animé. L'inconvénient est que ce logiciel va se bloquer au bout de quinze jours. Il me paraît aussi bien complexe pour ce que je veux en faire. A tel point que je me suis demandé si je n'aurais pas intérêt de réaliser moi même un utilitaire permettant l'assemblage des images. J'ai cherché sur internet les spécifications des fichiers gif, curieusement, je n'ai rien trouvé. C'est bizarre *.

J'ai quand même trouvé un petit utilitaire qui permet de transformer une image du format gif87 au gif 89 avec des plages de couleurs transparentes. C'est déjà ça !

 

* Qu'on ne trouve pas ces spécifications s'explique en fait par des questions de propriété industrielle. L'usage des fichiers gif est soumis à certaines licences. De mon point de vue, le format des fichiers ne devrait pas être l'objet de brevets. Il devrait être public. Ce n'est en fait que du protectionnisme mais il frêne le développement des logiciels (ceci dit, peut-être que cela va déjà trop vite !).

 

21/04/2002

En réaffichant cet après midi, la dernière image réalisée hier soir avec Pov, je m'aperçois qu'elle est très sombre, si sombre qu'avec le contre-jour, on ne perçois pas les détails. Je n'étais pas conscient de cette différence de perception sur l'affichage à l'écran entre le jour et la nuit. Et je me demande si je dois apporter des corrections pour en tenir compte (et comment ?).

J'avais aussi remarqué que la qualité de mes images n'était pas optimale à cause des effets de crénelage qui font apparaître des escaliers sur les arêtes des objets. En regardant de plus près dans les fichiers de démonstration livrés avec le logiciel, j'ai trouvé des paramètres qui améliorent le rendu. Il ne me reste plus qu'à recalculer toutes mes images avec ces nouveaux paramètres. Peut-être aussi qu'il est préférable de réaliser ces images directement format 480x360 plutôt que 640x480 si je dois ensuite les réduire pour l'affichage dans le navigateur.

 

22/04/2002

J'ai finalement mis ces images en ligne après les avoir recalculées et ajouté une signature. Je ne trouve pas le résultat génial mais suffisamment original pour le revendiquer. Vu ce que je connais du logiciel, de ses possibilités multiples, ce n'est déjà pas si mal. Disons que cette publication est de l'ordre de l'étude. Elle correspond bien à ce que je voulais faire avec mon atelier virtuel.

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Samedi, j'ai enfin trouvé un CD de Ray Charles. Il était classé dans le bac des "variétés internationales" alors que je l'avais cherché au rayon jazz. Même chose pour l'album "Cerrone by Sinclar" rangé à Cerrone quand je considérais que c'était un album de Bob Sinclar que je trouverais au rayon de musique techno.

J'ai écouté ce remix de Cerrone et j'aime bien. Du coup, je vais me procurer l'original de Cerrone pour comparer et savoir si enfin, la contribution la plus importante est celle de Cerrone ou celle de Sinclar. Un vrai problème philosophique ! L'autre étant de m'entendre dire que je vais acheter un disque de Cerrone ! Il fait partie des choses que je connais depuis toujours mais à l'époque nous ne nous intéressions qu'au punk et écouter de la musique disco aurait été dégradant. C'était inimaginable, complètement tabou. Evidemment le disco ne supporte toujours pas la comparaison en terme d'énergie mais c'est pas si mal. En tout cas lorsque c'est revisité, épuré par Sinclar.

C'est un peu pareil avec Ray Charles. Ce genre m'a assez largement échappé et c'était une erreur. J'aime particulièrement lorsqu'il fait chanter son cœur de gonzesses en contrepoint. Rien qu'en les entendant, on les imagine moulées dans des robes fuseau. J'aime moins lorsqu'il devient trop mielleux à la manière de Frank Sinatra.

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Un débat comparait deux notions proches : le probable et le possible. L'intervenant expliquait que d'après lui, certains événements comme le 11 septembre rendent "possible" des choses qui ne l'étaient pas auparavant. Avant cette date, la chute d'un avion sur le WDT était une éventualité que les experts de défense avaient envisagée mais ils n'y croyaient pas. Cela semblait impossible. Désormais personne n'oserait prétendre qu'un événement de même nature ne peut pas se produire de nouveau ; c'est donc devenu possible.

Il poursuivait son raisonnement en disant qu'on a profondément tort de ne pas croire à la catastrophe avant qu'elle n'arrive alors qu'elle est certaine et que le seul moyen de s'en protéger et de se préparer à ses conséquences avant qu'elle ne survienne (réchauffement du climat, guerre atomique, surpopulation, etc...).

 

24/04/2002

L'événement le plus important du week-end était évidemment cette catastrophe que constitue la présence de le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle. Je suis allé en ville en fin d'après midi. Une manifestation se préparait sur la place des Terreaux. De jeunes filles portaient sur la poitrine une feuille de papier avec écrit au feutre les mots "solidarité" ou "fraternité". C'était assez touchant.

Je n'ai pas envie de m'étendre sur cet événement sauf pour dire que j'ai honte de ces couches populaires dont je suis pourtant issu et qui votent stupidement. Je ne partage pas cette sollicitude des cadres (bourgeois) des partis politiques qui essaient de leur trouver des circonstances atténuantes. Ils n'ont pas d'autre excuse que la bêtise. Comment peut-on faire un vote de protestation de cette nature ? C'est avoir une bien curieuse idée de l'enjeu d'une élection et cela souligne autant ce fameux "sentiment d'impunité" que celui qu'on prête aux jeunes délinquants des banlieues. Certains volent et pensent qu'ils ne font rien de mal, d'autres votent en pensant que ce sera sans conséquence.

Ce qui est pourri dans ce pays, comme dans d'autres, a probablement quelque chose à voir avec la prégnance de la télévision ou même des difficultés que nous avons pu rencontrer D et moi pour éditer nos livres. C'est un ensemble. Si je dois regretter quelque chose, ce serait mon enthousiasme, l'an dernier, pour le programme Loft Story. Certes, je regardais cette "expérience" comme une démonstration par l'absurde de cette calamiteuse Société du Spectacle. A la réflexion, ce programme est d'inspiration fondamentalement fasciste.(du pain et des jeux !) et le fait qu'il soit suivi par d'autres du même genre et tente de devenir un rendrez-vous régulier le confirme (même si c'était, dès le départ, parfaitement "prévisible"). A aucune autre époque la propagande n'a été plus efficace. On l'a vu. En quelques jours on est capable de faire d'une ritournelle baclée, un tube vendu à des milliers d'exemplaires. Ce genre de télévision commerciale et la publicité qui la finance ont, par nature, besoin de s'adresser à une population qui réagit sur le mode réflexe. Il y a une convergence naturelle avec ce dont rêvent les fascistes, et ce n'est sans doute pas un hasard si les démagogues les plus caractéristiques utilisent autant la télévision... Berlusconi parmi d'autres.

 

28/04/2002

J'entends beaucoup de prises de position qui appellent à voter pour Jacques Chirac malgré ce que cela implique. J'ai entendu aussi un membre du FN dire que s'il n'y avait plus de sondage publié, c'est parce que son parti gagnait encore des voix. Il parlait de quarante pour cent. Je ne veux le croire mais cela m'a profondément inquiété. Le Pen a renchéri en expliquant que nombre de ses électeurs n'avait pas encore voté et que ceux de gauche s'abstiendront. Cela m'a un peu rassuré car je pense qu'il bluffe. J'ai entendu tellement de gens dire qu'ils n'ont pas voté ou se sont trompés... Même des communistes disent qu'ils voteront pour Chirac en précisant que jamais auparavant ils n'ont voté à droite de toute leur vie. Il serait anormal que cela ne se traduise pas dans le résultat.

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J'ai recopié dans le journal, les chiffres du canton de Perreux où je suis inscrit comme électeur. Le Pen obtient le plus grand nombre de voix partout sauf dans la partie la plus urbaine de la petite ville du Coteau. Même chose dans les cantons voisins. Vu le genre de région rurale et bucolique dont il s'agit, on ne peut pas dire que ce soit l'insécurité réelle qui est la cause de ce vote. La connerie compte certainement pour beaucoup plus. Difficile de mettre un visage sur les 144 personnes sur 773 qui votent pour le FN dans mon village (Montagny). Près d'une sur cinq. En comparaison, seulement 43 votent pour Saint Josse et son discours traditionaliste. Je crois réellement que ceux qui votent Le Pen, le font en connaissance de cause et veulent le voir devenir président.

 

Elections présidentielles 2002 - résultat du premier tour, canton de Perreux

  inscrits votans exprimés abstentions J. Chirac (RPR) JM Le Pen (FN) L. Jospin (PS) F. Bayrou (UDF) A Laguiller (LO) J. Saint-Josse (CPNT) N. Manère (Les Verts) J.P Chevènement (MDC) O. Besancenot (LCR) A. Madelin (DL) R Hue (PCF) B. Mégret (NMR) C. Lepage (CAP 21) C. Taubira (PRG) C. Boutin (diss UDF) D. Gluckstein (PDT)
Combre 216 181 167 35 13 47 14 20 9 8 14 6 11 7 4 6 4 1 2 1
Commelle Vernay 2120 1674 1604 446 270 314 210 120 93 52 77 86 104 94 55 43 36 27 11 12
Le Coteau 4477 3409 3269 1068 658 602 498 273 173 81 131 190 150 136 111 93 57 59 43 14
Courtouvre 741 607 573 134 101 105 58 73 33 38 14 19 31 42 12 18 7 7 12 3
Montagny 773 632 607 141 125 144 63 50 37 46 16 23 24 20 16 11 8 6 16 3
Notre-Dame de Boisset 347 274 258 73 48 44 27 15 14 11 16 9 19 18 9 6 10 4 7 1
Parigny 366 287 279 79 45 45 45 22 15 12 15 12 15 20 7 6 7 7 2 4
Perreux 1430 1149 1104 281 187 251 135 81 58 53 52 51 57 66 30 28 14 19 16 6
St Vincent de Boisset 697 555 534 142 100 88 52 52 18 18 21 37 19 62 6 11 21 18 10 1
Total 11167 8768 8395 2399 1547 1640 1102 706 450 319 355 433 430 465 250 222 164 148 119 45
%   78,52 95,75 21,48 18,43 19,54 13,13 8,41 5,36 3,80 4,23 5,16 5,12 5,54 2,98 2,64 1,95 1,76 1,42 0,54
national * 28 263 546 20 896 525 20 121 220 26,07 19,58 17,49 15,47 6,72 6,07 5,67 4,84 4,78 4,52 3,75 3,32 2,45 1,82 1,74 1,20 0,50

* % des suffrages exprimés dimanche à 22h20

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On indique aussi à quel point les sondages se sont trompés. Dimanche à 18 heures, le sondage sorti des urnes annonçait Chirac 18%, Jospin 17% et Le Pen 13,5%. Les chiffres étaient complètement à côté. Cela montre aussi la limite de cette technique qui ne sait plus rendre compte de la réalité des opinions (j'ai entendu cette information sur la 5, on me dit qu'ailleurs, on a dit exactement l'inverse; qui croire ?).

Je voudrais en dire d'avantage mais ce résultat honteux me fait douter de la démocratie et à côté l'objectif de mon site me paraît assez dérisoire.

 

01/05/2002

Depuis le résultat du premier tout de cette élection présidentielle, je n'arrive pas à me concentrer. Je suis comme mentalement tétanisé. Il me vient aussi l'idée que, peut-être, au moment de voter, une force maléfique, va faire que je vais mettre le mauvais bulletin dans l'enveloppe et je trouve ça assez effrayant.

La question la plus douloureuse est celle de la remise en cause de la démocratie que cela suppose. Je suis tenté de ne pas reconnaître la même valeur au vote des électeurs du FN qu'au mien. La démocratie n'a de sens que si les électeurs votent avec raison. Il n'est pas acceptable que le racisme soit la source essentielle d'un vote... C'est pourtant ce qu'il se passe. Dans toute l'Europe, on a pu constater la progression des idées d'extrême droite ce qui montre en un sens l'existence réelle de cette Europe... mais ce n'est pas celle là que l'on souhaite !

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J'en avais assez des aller-retour de disquettes ou de CD entre mes deux ordinateurs. Pour résoudre cet inconvénient, je me suis acheté un disque dur externe que je peux relier à l'une ou l'autre de mes machines et dans lequel j'ai copié toutes mes données importantes. Il est de la taille d'un livre mais il contient une quantité phénoménale d'informations : des programmes, des documentations, des images, etc... Un super bloc-notes qui va me changer la vie !

 

03/05/2002

J'ai consacré une journée entière à l'étude des différents aspects de l'environnement Pov. D'abord la mise à jour des logiciels Breeze et Moray pour avoir les dernières versions que j'ai récupérées en début de la semaine sur internet puis le réglage de ces logiciels pour qu'ils fonctionnent "proprement' en relation avec Pov. J'ai notamment généré toutes les textures sous forme de "thumbnails" (de petites images) ce qui rend leur recherche plus facile.

Côté Pov proprement dit, j'ai "calculé" de nombreux fichiers exemples fournis avec le logiciel. Cela donne une idée plus précise de ce qui est possible de faire. Ça confirme aussi la différence de puissance de calcul dont on dispose avec les PC actuels. Lorsque je m'étais intéressé à Pov, en 1995, j'avais passé plusieurs semaines pour réaliser ces images de démonstration. Je me souviens, je lançais le programme la nuit pour avoir le résultat le lendemain matin. Souvent je devais attendre mon retour du travail en fin d'après midi pour que ce soit terminé. Hier j'ai obtenu la plupart des images proposées en quelques heures ! Une cinquantaine peut-être... C'est réellement beaucoup plus rapide et ce n'est pas sans conséquence !

On ne peut exclure que dans quelques années un programme de raytracing comme pov pourra produire des images en temps réel et sera intégré à d'autres logiciels, voire même au système d'exploitation lui même (une première approximation des progrès possibles étant le domaine des jeux d'arcade). On pourra avoir des interfaces 3D et on rangera les fichiers dans des pièces différentes plutôt que dans une arborescence plane comme actuellement... mais surtout, cela implique que les images produites par ce genre de logiciels vont se banaliser. Garder cela en tête ! Déjà aujourd'hui on peut facilement reconnaître les images produites par Pov il y a quelques années. Elles paraissent plus grossières, limite mauvais goût parfois ! Ce n'est dû qu'aux contraintes des logiciels et à la puissance des machines de l'époque. En temps que peintre, c'est une situation relativement nouvelle me semble t'il.: Picasso et Braque, lorsqu'ils lançaient les bases du cubisme étaient à la pointe de l'avant garde. Ils ne pouvaient imaginer que ce qu'ils faisaient serait dépassé. C'était une peinture ultime (et d'ailleurs, ils sont revenus à des représentations plus conventionnelles par la suite). En utilisant Pov aujourd'hui, je sais que j'utilise un outil qui continue d'évoluer. Les idées que j'ai ne peuvent pas toutes êtres réalisées. Certaines le deviendront probablement avec une version future !

C'est aussi une idée étrange, celle qui veut que l'on se sache contraint par l'outil jusque dans son imagination. Avec un autre genre de logiciel (par exemple java), on produit des choses différentes. Cet art graphique est donc plus proche de la musique que de la peinture 'classique", si l'on veut. On change d'instrument ! Toujours à propos de Picasso et Braque, on ne peut dire qu'ils remettaient en cause l'outil. Ils travaillaient toujours avec de la peinture qu'ils étalaient sur une toile. Seul l'objet de la peinture était discuté mais pas le moyen de la produire (c'est venu plus tard !). L'ordinateur, je m'en aperçois, multiplie les choix. On pourrait objecter qu'il ne permet pas de sortir facilement du cadre, moins encore que la peinture-peinture, mais cela ne me semble pas complètement vrai. Les images sont certes des représentations mais aussi le moyen d'accès vers des mondes virtuels ou imaginaires, ce sont des langages, etc... Ce sont de multiples choses en fait. Et le fait de pouvoir en produire facilement un grand nombre peut permettre de débusquer leur réalité profonde.

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Je me suis lancé également dans l'étude de la documentation et des leçons du tutorial de Pov. Beaucoup de possibilités nouvelles depuis ma première étude des années 90. Au delà des nouvelles fonctions, c'est aussi l'usage qui a évolué. L'utilisation des formes élémentaires (cubes, sphères, etc.) apparaît moins courant au profit des possibilités plus élaborées qui n'étaient alors qu'embryonnaires. Le savoir faire progresse ! J'ai fait quelques essais avec les courbes de Béziers qui permettent de créer des surfaces complexes. C'est pas mal ! Cela me donne envie d'aller plus loin pour réaliser des drapés comme dans la sculpture grecque ou romaine (il existe une femme peintre qui s'est spécialisée dans la peinture des drapés. Elle le fait avec de la peinture acrylique "réelle" et obtient des résultats assez splendides). Il existe d'autres types d'objets que je n'ai pas encore étudié.

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J'ai examiné aussi les exemples d'outils de dessin d'arbres que j'avais trouvés sur internet. Il en existe plusieurs dont le résultat est plus ou moins satisfaisant. Le meilleur résultat est obtenu par la macro "maketree" de ... Gilles Tran ! Celle de Sonya Roberts est bien aussi mais les branches semblent plus "rigides" et donc moins réalistes. Ces macros sont paramétrables et peuvent produire différents modèles. Il me reste à les étudier en détail. Le calcul d'un arbre prend un certain temps car il faut calculer chaque feuille ! Combien en fabrique-il ? Plusieurs centaines probablement. Ceci n'aurait pas été possible avec Pov 1.0 qui ne disposait pas de la possibilité d'utiliser des variables et des boucles pour répéter un grand nombre de fois la même opération (en changeant un peu à chaque fois).

 

image produite avec maketree (Gilles Tran)

 

image produite par trees_3a (Sonya Roberts)

 

Au delà des images d'arbres qu'ils permettent d'obtenir, ces programmes posent des questions existentielles. On le sait depuis l'invention des fractales, mais la forme des arbres répond à un petit nombre de lois et la nature brode autour du thème pour produire la diversité. En fait, cela veut peut-être dire que nous serons capables de reproduire cette diversité lorsque nous aurons détruit notre planète !

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J'ai commencé à noter quelques idées de projets à réaliser avec Pov comme je l'avais fait avec java. Cette excès d'imagination me gêne un peu car il signifie le manque de contrôle que j'ai sur ma création. J'ai plus d'idée que je ne peux en réaliser et mes productions se font un peu au hasard ou, ce qui est pire, par ordre de facilité de réalisation. L'idéal serait d'éliminer les projets les moins prometteurs mais je trouve que c'est difficile :j'ai envie de tout produire même lorsque je sais que le résultat n'apporte rien de nouveau.

A l'heure présente, je souhaite réaliser des images avec Pov mais sans pour autant annuler ma production java pour laquelle j'ai encore de nombreuses idées à mener à bout. Les deux techniques ne vont pas exactement dans le même sens. Elles sont complémentaires, un peu comme la sculpture et la peinture.

J'ai aussi quelques idées de réalisations hybrides qui utiliseront à la fois des images produites par Pov, -intéressantes pour leur réalisme - et java pour créer des animations complexes. Par exemple avec Pov, je peux créer des voyants lumineux à l'état allumé ou éteint et utiliser java pour les faire clignoter...

 

05/05/2002

Je n'ai pas eu la patience de lire la documentation (de Pov) jusqu'au bout avant de commencer à réaliser quelques images. J'ai bien progressé en deux jours. J'ai produit plusieurs œuvres à partir de height-fields (Je ne sais pas traduire height-fields. Ils consistent à utiliser une image pour créer des hauteurs. Cela permet de donner des effets de relief et aussi d'insérer de l'irrégularité dans l'univers trop clean des images de synthèse). Mes réalisations hésitent entre peinture, sculpture et photographie mais je les crois intéressantes. Je dois les améliorer encore un peu avant de les publier.

Quand je dis qu'elles hésitent, je pourrais tout aussi bien dire que je joue sur tous les tableaux à la fois... J'ai quelques difficultés à sortir du plan pour réellement créer en 3D et cela se voit dans le résultat, je trouve. C'est aussi un peu à cause des heigjt fields, dont le principe est de déformer un plan. Mais je ne fais pas la fine bouche. Je suis particulièrement satisfait des résultats obtenus en si peu de temps. Du coup, ma première série d'images va me sembler très maladroite. Je n'avais utilisé aucune texture et bidouillait péniblement avec la lumière. Je pense que je reprendrai ces images pour les améliorer. Je ne les rejette pourtant pas, l'idée y était, mais je pense que je peux en améliorer le fini (bien que je ne souhaite pas les rendre "réalistes"). Il serait assez "pédagogique" de garder plusieurs versions sur le site.

Concernant les nouvelles productions, plusieurs sont basées sur l'idée de déchirure d'un plan qu'on est tenté de croire constitué d'une matière résistante comme du métal. Cela donne un sentiment de contraste très fort... En fait, ce sont des sentiments que j'essaie de peindre et les images ou les objets qu'elles mettent en scène ne sont qu'un moyen. J'essaie d'être le moins réaliste possible, juste d'assembler des masses, des lumières, des contrastes. Ce qui est reconnaissable ne sert qu'à évoquer.

Les "tôles" que j'ai réalisées hier paraissent presque réelles. Je m'attends à ce que certains visiteurs pensent que mes images sont des photographies de sculptures réalisées en acier. Ça me plait d'être à la limite du faux. Cela pose des problèmes d'interprétation et c'est ce qu'il faut. Ça fait partie de l'œuvre ! Si on y regarde de près, il se passe des choses surprenantes dans ces images dont il faudra que je tire partie d'avantage encore. "On ne sait pas comment ça tient". Réaliser la même chose "en vrai" serait tout à fait impossible. Il faudrait des matériaux redoutables et des outils super-puissants et maniables. Grâce à Pov, je peux me détacher d'une certaine lourdeur de la matière et la réinventer dans le monde de l'esprit. C'est une idée extrêmement importante. Plutôt que de rester dans une parole qui réinvente sans arrêt la technologie, le logiciel permet de franchir une étape et de montrer directement les choses que l'on "rêve".

A un certain point, il faut bien s'en rendre compte, le réel ne pourra plus suivre et l'univers virtuel deviendra celui où se produit la pensée des hommes. Il faut penser cette situation nouvelle. Si j'ai quelque chose à faire en temps que plasticien, c'est bien là que cela se situe.

La dernière image que j'ai réalisée hier est composée de lignes croisées irrégulières qui forment une structure dans une matière translucide comme de l'ambre. Ce réseau ensère un cube qui semble prisonnier et établit une opposition entre régulier, dur, sombre et végétal, transparent et clair. J'ai hésité avant de donner au cube cette texture qui ressemble à du marbre. Déjà ça, cela me paraît trop réaliste. Comme je ne maîtrise pas encore les textures, j'utilise les textures standard et le marbre a beaucoup inspiré les concepteurs ! Je crois qu'il faut vite s'en détacher.

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J'ai noirci plusieurs pages de crosbars pour des projets futurs. Il va falloir manager si je ne veux pas laisser tomber aussi les aspects java. Je suis toujours confronté à ce problème de temps. Pourtant je n'en perd pas beaucoup et n'ai plus beaucoup de marge de temps libre ! Et pourtant grâce aux computers ma productivité est bien meilleure à celle de mes "illustres prédécesseurs". Les images que j'ai produites hier, si elles avaient été réalisées en tôle d'acier (à supposer que se soit possible) correspondraient à plusieurs semaines de travail. Et pour un coût non négligeable que je n'aurais peut-être pas engagé sans avoir une chance de vendre mes œuvres (je me serais dit que la sculpture sur acier, ça s'est déjà fait dans les années soixante dix). En dépit de cette rapidité, je pense que mes images sont tout à fait originales et fortes. Je suis arrivé à des choses que je n'ai jamais vues auparavant même si elles l'étaient déjà implicitement dans des expositions que j'ai visitées.

Il y a en particulier cette image de spirale dont je me demande en écrivant ces notés si elle ne serait pas une simple réminiscence de quelque chose que j'ai déjà vu. Ce n'est pas très grave mais néanmoins troublant... Ce n'est pas grave dans la mesure où il est parfaitement légal en art de recombiner ses propres influences. Combien de piétas ou de Christ en croix dans l'histoire de l'art ?

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Je n'ai pas terminé la documentation de Pov mais j'ai lue entièrement celle de Moray. J'ai pu voir notamment comment on peut faire pour organiser les objets en couche, pour les masquer ou les geler, ce qui m'avait manqué lors de mes premières manipulations. Ce logiciel me semble vraiment bien fichu. Il peut accueillir des extensions sous forme de plug-ins (Breeze et Povlab ont aussi cette caractéristique). C'est une possibilité très pratique et ceux qui en ont eu l'idée avaient du génie. Il est ainsi possible d'ajouter des extensions spécialisées comme par exemple celle permettant de créer un cube à bords arrondis (ce n'est qu'un exemple, on peut imaginer des choses beaucoup plus sophistiquées). Ces plugins changent aussi la nature des logiciels qui deviennent alors des œuvres collectives. On ne peut plus dire que Moray est l'œuvre de ses deux auteurs munichois (Lutz et Kretzschmar). Il intègre des fonctions crées par d'autres qui apportent leur pierre à l'édifice. Un logiciel n'est plus un produit, c'est une histoire collective. L'objectif est d'avoir un outil de modélisation performant et tout le monde s'y met. On retrouve une démarche analogue en sciences (en physique en particulier).

Si jamais je deviens célèbre grâce aux images produites avec Pov et Moray, je n'oublierai pas de souligner ce point. Ce qu'on raconte sur le piratage des logiciels est un tissu d'inexactitudes et d'ignorance. Je pense que l'inventeur du "logiciel libre" devrait avoir le Prix Nobel de la Paix (mais s'ait-on qui est-ce ?). Sans ce mouvement, l'informatique n'aurait pas pu se développer et le réseau d'entraide et de coopération qui en découle ne pourrait pas fonctionner... Il faut bien comprendre que les programmes les plus novateurs et fondamentaux ne se développent pas dans les laboratoires des multinationales. Elles n'interviennent que pour les industrialiser et seulement après toute une phase de recherche et d'innovation réalisée par des allumés disséminés de par le monde. Pov est un exemple de ce phénomène. Ce n'est pas le moindre !

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Un point à ajouter à propos de cette image de structure ambrée que j'ai produite hier. Pour la première fois, le calcul a pris plus de trois quarts d'heure pour une résolution de 640 x 480 (pendant le repas). C'est beaucoup mais en modifiant une seule texture - celle du "sol" qui était en "verre bleu" - pour la remplacer par un simple bleu opaque sans nuire au résultat, le temps de calcul est tombé à vingt minutes environ. Il apparaît qu'un monde de transparence demande des calculs plus longs qu'un monde opaque !...

 

10/05/2002

J'ai poursuivi la lecture du tutoriel de Pov et j'ai progressé sur les textures. J'ai réalisé plusieurs images d'étude, notamment un cube de verre dans lequel flottent des points d'exclamation de différentes couleurs. J'y ai passé pas mal de temps et pourtant le résultat ne me satisfait pas encore. C'est un sujet particulièrement difficile car les reflets et transparences entraînent une quantité de paramètres différents. Au début j'ai essayé de créer mes propres textures pour le verre et l'eau mais je n'arrivais à aucun résultat. Je me suis donc servi de celles livrées avec le logiciel que j'ai un peu retouchées. J'ai appris aussi à mieux maîtriser les éclairages en créant des sources de lumière non ponctuelles et des spots. Comme en photo, on peut transfigurer une scène en jouant sur les éclairages.

L'une des difficultés que j'ai rencontrées vient des reflets des points d'exclamation sur les parties de verre qui apparaissent plus lumineux que l'original ! Je ne sais pas pourquoi mais c'est probablement un paramètre mal ajusté. C'est assez déroutant. On finit par oublier que ce n'est que du calcul mathématique et pour que ce soit réaliste, il faut que les paramètres soient ajustés dans les bonnes plages. Vu leur nombre, il ne faut pas faire n'importe quoi et la qualité ne peut venir qu'avec un peu d'expérience. Je ne suis même pas convaincu que Pov permet de réaliser une image tellement plus vite qu'avec des pinceaux. Ce sont les possibilités qui se multiplient On joue sur les formes, les couleurs, les matières, l'éclairage et la position de la caméra. On est tenté de faire différents essais et c'est ça qui prend le plus de temps. D'autant plus qu'à un certain niveau, on ne sait plus qu'elle image choisir. Plusieurs points de vue ou variantes apparaissent équivalents et c'est un déchirement de devoir décider lequel est le meilleur pour la "postérité".

J'ai appris aussi des trucs sur le langage Pov, en particulier la possibilité d'intégrer des variables et des conditions. Ça n'existait pas dans Pov 1.0... Je me suis attaqué à la réalisation d'un petit personnage (LittleBigMan) constitué de tiges chromées et de boules de plastique. Je devais avoir les idées claires sur ce que je voulais faire car j'ai été assez vite et j'ai même commencé à lui donner la possibilité de s'animer. Je peux changer la position de ses bras et tourner sa tête. De multiples expériences s'offrent à moi. Je pourrais lui donner différentes formes et pense créer une bibliothèque de "styles" pour ce personnage. Il me reste à trouver le moyen d'avoir plusieurs de ces personnages dans une même image et que chacun dispose de ses propres caractéristiques et mouvements... Actuellement mon personnage est très simplifié. J'ai ignoré certaines articulations comme les genoux et les coudes mais dispose néanmoins de six points de contrôle. Pour chaque point, on peut modifier l'angle des parties reliées ce qui permet de déplacer une partie du corps. Ainsi le point D correspond à l'épaule du personnage. En activant la rotation autour de l'axe x ou de z, on peut déplacer le bras.

images/littleman-2b.jpg

images/littleman-3b.jpg

LittleBigMan au repos

LittleBigMan avec le bras levé d'un angle de 90°

La réalisation de personnages plus complets me semble à portée. C'est la manière de gérer les mouvements que je ne vois pas encore très bien. Et "peindre" avec des mouvements est encore une autre paire de manches ! Je pense à de courtes animations gif (mais est-ce raisonnable en taille de fichier sur internet ?) et aussi à des images fixes avec des poses sophistiquées.

En début de semaine, j'ai trouvé sur le net des images très impressionnantes de visages réalisée avec Pov ou avec un autre raytracer. De nombreux détails réalistes y compris la barbe. Des sortes d'éphèbes hommes et femmes. Je suis plus tenté par les monstres ! Déjà pour mon LittleBigMan, on peut modifier les cheveux pour qu'ils forment une crête d'iroquois.

Je ne pense pas que le réalisme soit le but. Mon personnage tel qu'il se présente aujourd'hui permet déjà de créer un certain nombre de scènes qui veulent dire quelque chose ! Probablement qu'avec des personnages d'apparence humaine, les sujets seraient différents mais les deux approches ont leur raison d'être... Il existe plusieurs types de courbes qui doivent permettre de réaliser des formes humanoïdes, les "blobs", les courbes de Bézier... Je n'ai pas encore regardé.

Ces deux jours, j'ai travaillé directement avec les fichiers ".pov" du logiciel sans passer par le modeleur. C'est une autre manière de faire. Elle permet de contrôler l'ensemble du langage mais parfois on s'embête pour positionner un élément. J'ai eu une mauvaise expérience avec un torus (tore). Je voulais l'utiliser pour faire la bouche de mon personnage mais j'ai dû tâtonner car je ne connaissais pas les paramètres. Dans le monde virtuel, la taille des objets est une donnée secondaire. J'ai commencé à tracer un tore autour de mon personnage. Il était énorme. En voulant l'affiner, je me suis trompé, à tel point que j'ai failli étouffer mon LittleBigMan âgé seulement de quelques heures ! Ça m'a refroidi. J'ai reporté la réalisation de cette bouche à plus tard. Pour l'instant LBM (LittleBigMan) n'en n'a pas.

images/littleman-4b.jpg

images/littleman-4c.jpg

LittleBigMan attaqué par un tore (reconstitution)

 

12/05/2002

Je n'ai pas décroché de l'écran (le temps pluvieux s'y prêtait et puis cette étude de raytracing est passionnante). J'ai commencé à étudier l'effet des nombres aléatoires dans les scènes et le résultat est superbe. J'ai commencé par un simple champ de billes dont j'ai modifié la taille et la position de manière aléatoire (dans des limites, que je fixe moi même). Pour une "étude", le résultat est impressionnant. Les "sous-produits" sont autant d'œuvres montrables (peut-être même commercialisables).

Seulement il y a aussi des effets secondaires sur le "designer" ! Le problème n'est pas de produire des images mais lesquelles produire. Elles réagissent entre elles et ont une durée de vie très courte : Tu fais un truc, tu trouves ça génial, du jamais vu... Une heure plus tard tu le modifies pour faire autre chose. Tu change une couleur, un élément, n'importe quoi, et c'est une image complètement différente, qui fait - si j'ose dire - de l'ombre aux précédentes. Je ne vois pas pourquoi ce processus devrait s'arrêter et c'est bien clair qu'il y a, d'un côté la recherche (mon problème) et de l'autre les images produites qui ne sont en fait que des produits secondaires, des traces. Les images ne sont plus le résultat de la recherche mais seulement des notes de travail. Si les clients savaient ça ! Vu sous cet angle, je comprend mieux certaines remarques de Matisse et Picasso sur la nécessité de produire et le peu d'importance du résultat. La démarche est la même. Ce sont les outils qui ont changé. En fait, je ne sais pas très bien dessiner et pas du tout peindre mais je ne vois pas à quoi cela me servirait d'apprendre. Il me faudrait des années pour réaliser des dégradés de lumière aussi fins. Là, cela ne me prend que quelques dizaines de minutes. Bien sûr, le geste du peintre, celui qui permet de réaliser un beau portrait à la craie, j'aimerais pouvoir le faire, mais il existe un autre geste de programmeur tout aussi gracieux qui consiste à savoir jongler avec du code... Comme la photographie en son temps, les programmes de dessin remettent profondément en cause l'acte de peindre en retirant une bonne partie de la nécessite du "savoir faire". Produire des "tableaux" réalistes ne suppose plus d'avoir étudié pendant des mois dans une académie. Il est possible d'utiliser le travail d'autres, leurs programmes ou leurs objets et cela change pas mal de choses.

Enfin je ne vois pas encore quelles sont les conséquences... mais je sens déjà que la frontière entre peinture et bande dessinée ne tient absolument pas. LBM a un aspect BD mais il serait trompeur de le considérer comme tel... Il est sympa aussi. Et drôle. C'est une composante qui ne s'exprime pas facilement dans l'art officiel des musées (ce qui tente à prouver que, quoiqu'on dise, peindre est une activité longue et chiante!).

***

Il s'est passé un truc avec l'une des dernières images que j'ai produites hier. J'ai voulu jouer avec ma signature (jean-claude.devaux - 2002) que je fais apparaître dans la mesure du possible dans chaque image. Dans une image 3D, la ligne de caractères composant une signature évoque une barre de métal ou de plastique - comme une règle par exemple - très rigide. En partant toujours de mon champ de billes, dans une première image j'ai posé une signature sur les billes... Ensuite j'ai eu envie de mettre plusieurs signatures dans des positions et des orientations différentes. J'ai ensuite redressé ces signatures pour quelles partent dans différentes directions et projettent des ombres sur l'ensemble de la scène.

Dans la dernière scène, j'avais beaucoup augmenté le nombre de signatures; Elles étaient toutes dressées mais dans toutes les directions et recouvrent l'ensemble du champ de billes. L'effet graphique est intéressant et forme une sorte de broussaille au dessus des billes. Je décide de déplacer la "caméra" pour voir la scène sous d'autres angles. Je produit plusieurs images de ma visite. C'est la que se produit le gap. Je m'aperçois que je visite mon tableau, comme on explore une forêt ! Incroyable. Je visite ma propre création. J'ai l'impression d'être à Manaus dans la forêt vierge, mais ce n'est qu'une approximation car les lianes et branches enchevêtrées sont des lettres et en fait ce sont les lettres de mon nom ! Un univers joliment onirique et égocentrique. Je garde plusieurs photos de ma visite. Je pourrais en produire des centaines d'autres. Toutes sont à l'intérieur de mon tableau. Mais est-ce encore mon tableau ? non, mais il s'agit bien pourtant de l'objet que j'ai produit et d'aucun autre. C'est lui que je visite et si je peux le visiter, c'est qu'il s'agit d'un espace autonome... Une sculpture peut-être mais aussi un "monde parallèle". Des mondes comme celui ci je peux en créer des centaines, en changeant les lettres, en rajoutant des objets divers, en changeant les lumières et les couleurs, etc. Chacun d'eux aurait sa propre personnalité. Ma foret de lettres ressemble par certains côtés à une foret réelle. Elle a ses lieux plaisants et d'autres sans intérêt, comme n'importe qu'elle foret réelle. Elle est différente en ce sens qu'elle ne contient pas des arbres ou des fauves. seulement des lettres.

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C regardait la finale de football à la télévision (Bastia-Lorient), c'est pourquoi je me suis retrouvé devant cet épisode pendant lequel les supporters ont sifflé la Marseillaise et le Président de la Ligue faisant des excuses à la France à la demande de Chirac. Cette scène était particulièrement inquiétante. En voyant Chirac entouré de ses ministres tous vêtus de leurs manteaux noirs, j'ai eu comme un flash : nous étions déjà dans une dictature et pas besoin de Le Pen pour cela. Tout y est. La politique vient se faire dans l'arène des stades de football. C'est l'occasion de faire un coup pour gagner quelques points pour les prochaines législatives. Je n'aime pas le foot et quand je vois cela, je sais pourquoi.

... ceci dit, cet événement se connecte aussi à la question de la Corse où la raison n'a plus droit de citer depuis longtemps.

 

19/05/2002

Petit point après la journée de production d'hier (encore une journée de pluie).

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Mes derniers échanges de mail avec D ont remis au premier plan la question du "modèle américain" que je pensais pourtant claire et sans rapport direct avec le résultat des élections en France... Pourtant, hier par deux fois, j'ai de nouveau entendu parler de ce sujet. Dans une première émission, c'était Régis Debré qui se posait le problème sous l'angle "faut-il prendre la nationalité américaine ?" (il vient d'écrire un livre sur ce thème) pour finalement répondre que non. C'était bien évident, mais si cette conclusion s'impose, il faut en tirer les conséquences : puisqu'on ne peut adhérer à cent pour cent au modèle américain, il faut (re)construire le notre. Le second débat répondait sous l'angle économique, mais allait sans doute un peu vite en besogne. On constatait suite à la faillite d'Enron, l'échec du modèle américain qui, avec les stock-options destinées au départ à dynamiser les entreprises en motivant les managers, aboutit à des prises de risque déraisonnables, au gain à court terme voire, à la tricherie. La solution serait dans l'Europe du dix neuvième dans laquelle les capitalistes étaient propriétaires de leurs entreprises et avaient donc intérêt de faire valoir ce patrimoine pour le long terme. Un retour à la tradition et à la raison donc ? Je doute que la solution pour construire le "modèle acceptable" soit dans les organisations du passé mais on sent qu'on est là dans le nœud du problème. La question de la prise en compte ou non de l'expérience du monde... et par qui.

Cette discussion souligne à mon avis l'un des mécanismes essentiel de la domination américaine. Dans tous les domaines, les "yankees" remettent en cause les traditions, parfois avec dédain. Peut-être parce qu'ils n'en n'ont pas ou, plus probablement, pour se démarquer de l'Europe. Ce qui est logique car, comment pourraient-ils espérer faire mieux s'ils faisaient pareil ? Donc ils font le contraire : quand nous sommes étatistes, ils sont libéraux (en général, c'est plutôt dans ce sens).. Parallèlement, l'Europe a ce sentiment d'usure de son modèle qui la pousse à regarder ce qui se fait ailleurs, et après beaucoup d'hésitations, finit par se dire que puisque ça marche aux USA, pourquoi ne ferait-elle pas la même chose. Dans l'émission dont je parlais plus haut, l'intervenant expliquait qu'au moment de la faillite d'Enron, l'Europe venait juste d'adopter des mesures allant dans le même sens que ce que les américains vont devoir abandonner ! On a adopté leur politique de privatisation des services publics, leur modèle économique "libéral", maintenant la "tolérance zéro". Tout n'est probablement pas à rejeter mais le fait est que, de cette manière, le décalage ne pourra jamais se réduire. Ce n'est que lorsque les systèmes sont usés aux USA que l"Europe les adopte et sitôt adoptés, sitôt CNN nous envoie l'information qui nous indique qu'on s'est encore trompés... C'est beaucoup plus confortable d'être le leader que le second et à l'évidence les Européens ne sont pas faits pour être des seconds (c'est leur problème).

Pour ma part, j'ai compris cela. J'ai compris notamment qu'en informatique on a toujours les logiciels et les technologies avec plusieurs années de retard et qu'on passe son temps à réinventer la roue. Ma démarche internet est nourrie de cette réflexion, c'est pourquoi je n'essaie pas d'être le premier mais plutôt "de cultiver mon jardin".

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J'ai repris les fichiers du projet LBM (LittleBigMan !) que j'ai nettoyés. J'ai corrigé plusieurs inexactitudes du programme (ah, les rotations dans l'espace, ce n'est pas facile !) et amélioré sa "réutilisabilité" C'était souhaitable car j'envisage de produire une série d'œuvres à partir de ce petit personnage... Le compte n'y est pas encore. J'ai noté encore quelques problèmes mais je sais désormais maîtriser tous les mouvements et positionner le personnage sur différents points d'appui. : le pied, la main, et même sur la tête !

Le langage Pov offre pas mal de possibilités mais je dois aussi trouver la bonne manière d'écrire le code. Ce n'est pas évident. Je vais étudier celui des exemples récupérés sur internet pour voir comment les auteurs s'y prennent. Il s'agit du fichier P4 supposé permettre, lui aussi, de créer des personnages et ceux permettant de produire des arbres dont j'ai déjà parlé).

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J'ai pensé que je pourrais renommer ma page "exposition 2002" en "atelier 2002". En effet, mon travail ressemble de plus en plus à une production d'atelier de peintre et mes réalisations récentes sont la plupart des études. Il me faut refaire le tour de mes répertoires et produire les pages web permettant de montrer les choses qui le méritent. Peut-être parfois quelques améliorations seront à faire au préalable. J'ai déjà plusieurs séries : celles des heightfields (certaines améliorations sont nécessaires), celle du champ de billes et mes dernières choses avec LBM qui devraient beaucoup se développer à l'avenir.

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Pour le moment, je suis trop pris dans la création pour analyser ce que je fais avec ces images 3D. Je n'en suis qu'aux prémisses concernant la mise en œuvre des mouvements (et je n'ai pas oublié les infinies recherches de Vinci, Géricault ou Delacroix sur le "dessin juste" d'un cheval !). Cela devrait me conduire à réaliser de petites animations. Il y a aussi la possibilité de mixer tout cela pour produire une œuvre multimédia pour internet (j'avais pensé à une histoire de mon village vue par moi mais ce serait beaucoup de travail).

 

22/05/2002

Le magazine d'Arte sur le court métrage faisait cette semaine un aparté sur le logiciel flash à l'occasion du "flash festival" organisé par le Centre Beaubourg. Ils parlaient d'un nouvel art et remarquaient qu'il se limitait pour l'instant à des séquences très courtes à cause des limitations de "bande passante" d'internet, comme le cinéma à ses débuts.

Ils remarquaient aussi que ce logiciel n'est pas cher, ce qui est très relatif (pas cher par rapport à une animation avec des techniques classiques de cinéma mais chère pour un logiciel grand public - 599 € quand même)... Et que son point fort est de ne transmettre que les commandes permettant la réalisation des dessins (le mode vectoriel) plutôt que des images bitmaps (mes applets utilisent la même technique).

Je suis très réservé, personnellement, pour voir dans flash un art nouveau. Comment un art pourrait-il être attaché à un seul produit commercial ? Je pense que le format des fichiers flash est protégé et c'est un obstacle. Ensuite la question de la bande passante d'internet n'est qu'un problème transitoire. Les réseaux vont devenir de plus en plus rapides. Et la référence au cinéma ne me plait guère. Qu'as t'on besoin de réinventer le cinéma ? Ne l'as t'on pas déjà ?

Mais pourquoi pas un art nouveau. Ils ont cité plusieurs artistes qui exposent des animations flash sur internet (Tim Burton le cinéaste, Joe Cartoon le designer de tee-shirts, Michiel Hoving, un français qui s'est fait remarquer).

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Je suis allé voir ces sites (timbuton.com, joecartoon.com et flashfestival.com). Ce n'était pas à la hauteur de la promesse. J'ai trouvé une seule référence à Michiel Hoving mais le lien n'était pas bon. Sur le site de Tim Burton, il n'y a qu'une page. Peut-on dire qu'il réalise des choses en flash ? Non, le site flash festival m'a donné l'impression qu'il ne s'agissait que d'une affaire commerciale bien menée et si le centre Beaubourg y est mêlé, ce n'est pas tellement en temps que musée d'art, mais plutôt dans sa fonction de conservatoire du design industriel. L'ambiguïté est bien entretenue.

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Les derniers mails de D. m'ont fait une triste impression. D'un côté, il veut clore la discussion à propos des dernières élections en France mais cela se présente plutôt comme un renoncement face à la politique, ce que je pense être une posture intenable pour un bel esprit qui se respecte. D'un autre côté, c'est le rejet de l'écriture au profit des plaisirs de la vie qui apparaît être une "démission heureuse". Je me suis souvent demandé pourquoi il consacrait autant d'énergie à l'écriture et je ne suis pas moins étonné de la voir s'en éloigner autant aujourd'hui. Ce soir, il me laisse un court message qui m'indique qu'il vient de rompre son contrat avec son éditeur.

Je suis seul dans cette affaire désormais.

 

26/05/2002

Rencontre avec D venu passer quelques jours en France. nous parlons de choses et d'autres, de l'actualité. Il est plus nuancé en parole que dans ses mails. Il me dit qu'il est peiné de constater que ce que je fais sur internet ne soit pas reconnu. Je ne peux qu'être d'accord bien que pour le moment cela ne me préoccupe pas (je fais ce que j'ai à faire.).

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J'ai retravaillé sur deux des images de heightfield pour les préparer à une mise en ligne. Je les ai retouchées pour leur donner un meilleur fini. Cela prend vite beaucoup de temps car, comme je l'ai déjà dit, on est tenté de faire de nombreux essais. J'ai de nouveau été confronté aux interférences des images entre elles qui rend obsolète ce qu'on vient juste de terminer.

D'une manière générale je ne parviens pas à être satisfait de ces images. Je les trouve intéressantes mais pense que je peux aller encore plus loin. Ce travail se situe à plusieurs carrefours, de la peinture, la sculpture ou la photographie. C'est un peu de tout à la fois. Et je suis impatient d'aller encore plus de l'avant, en mettant en œuvre les fonctions d'animation. Mais il faut me calmer ! Les paramètres sont nombreux depuis les formes, les matières, les reflets, les couleurs, les éclairages. Je ne sais plus où donner de la tête. Cette multiplication de moyens d'intervention est un problème et oblige à des choix arbitraires. C'est un sujet de réflexion que je dois aussi approfondir dans ces notes (la "puissance" est elle en mesure de tuer l'art ?).

 

29/05/2002

Au cours de mes multiples tentatives d'amélioration, l'image constituée de deux déchirures ne me satisfaisait jamais. Plus je modifiais cette image moins j'étais convaincu du résultat, à tel point que j'ai fini par repartir de zéro. Plutôt que deux déchirures en forme de bouche, il en a maintenant trois évoquant un "coup de patte".

J'ai créé aussi une nouvelle image à partir de lignes irrégulières entrecroisées et bardées de fils. L'effet obtenu est assez puissant. Les lignes verticales évoquent vaguement des personnages et avec les ficelles qui les entravent, l'image devient forte et belle. J'ai travaillé aussi sur la position du tableau que j'ai légèrement incliné sur l'avant. Il est vu en contre plongé ce qui renforce son côté inquiétant. Il y a au moins trois niveaux de lecture. Le dessin des lignes proprement dit. Le niveau sculpture qui évoque une plaque de métal découpé de lignes rouges avec les ficelles soudées en travers des lignes. Le niveau objet étonnement réel avec un éclairage et un point de vue choisi et unique.

Je me suis aperçu que le côté sexuel de mes images est de plus en plus apparent. Après les corrections c'est encore plus visible, et c'est en écho avec mon état d'esprit actuel. C'est un changement par rapport au côté impersonnel de mes applets précédents. Sans doute que le dessin; fût-il réalisé avec des logiciels, se prête d'avantage à l'expressionnisme qu'une animation programmée. La démarche est inverse. Avec les applets, la plupart du temps, je définissais un cadre et laissais une marge de hasard dans le logiciel de manière à varier le résultat. Avec Pov, c'est le contraire, je dois m'engager sur une voie et une seule parmi les millions possibles. Par exemple, l'image constituée de deux déchirures bleues dans une matière noire est le résultat de nombreuses approches. A l'origine, les déchirures étaient presque verticales, elles n'allaient pas jusqu'au bord du tableau et le liquide était rouge. J'ai noirci la matière constituant le corps de la sculpture pour évoquer de la fonte et les éclairages sont positionnés très précisément. Mon œuvre, c'est cette image et pas une autre qui pourrait lui ressembler. Il s'y exprime un savoir faire et j'espère du talent.

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Lorsqu'on crée, on est nécessairement confronté à la notion de l'utilité des choses. Maintenant que je les ai produites, mes images me paraissent aussi utiles que la "Joconde" ou "le Déjeuner sur l'herbe" même si je doute que leur notoriété puisse atteindre une telle unanimité. Il est normal qu'elles me paraissent nécessaires puisqu'elles viennent de moi et répondent donc à mes propres préoccupations. Mais j'ai envie de les montrer, de faire partager ces sensations. Ce que je vais pouvoir faire aisément avec Internet. Il faudrait peut-être élargir par une exposition plus traditionnelle mais cela supposerait des reproductions de qualité sur un beau papier pour pouvoir les vendre à la manière de photographies. Il faudrait que je m'occupe de cela mais c'est encore un peu tôt; je n'en n'ai pas assez.

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Mes images me paraissent utiles dans la mesure où elles viennent habiter et enrichir mon imaginaire. Chaque jour je vois des quantités d'images mais peu retiennent mon attention. Chacune de mes images Pov est entrée dans ma mémoire mais j'éprouve le besoin de les voir de nouveau. Je les recherche par l'explorateur et les affiche sur mon écran. Je passe de longues minutes à les contempler et les interroger comme si je ne parvenais pas à les percer suffisamment. Je contemple l'effet de la lumière et la profondeur des reliefs... et tout à coup, je me souviens que ça n'existe pas. Ce n'est que le résultat d'un calcul mathématique et jamais je ne pourrais me mettre devant ces sculptures, ni les toucher. Je n'en suis pas triste, au contraire. Je me dis que désormais je n'ai plus besoin qu'une chose existe, ou ait existé, pour que je la considère comme réelle. Cela donne plus d'importance à ce que mon esprit peut inventer. Ça le tonifie.

 

01/06/2002

Pas de production ce week-end et un sentiment de cafard que je sens renaître en moi. Ceci à cause de petits agacements de la vie comme ce retour de Paris en wagon fumeur (deux heures sans respirer) ou ce serveur informatique qui refuse de redémarrer depuis huit jours et l'incurie du service de soutien de l'entreprise incapable de localiser le spécialiste dont j'ai besoin.

Je vois arriver l'été et s'envoler toute réalité à mon projet Internet. J'aurais tenté pas mal de choses sans beaucoup de résultat social. Ça ne veut pas dire que je ne vais pas poursuivre mes recherches mais avec le sentiment que rien ne peut arriver. Je peux abandonner d'un jour à l'autre - la vie je veux dire.

 

02/06/2002

Je lis dans la presse les annonces du "retour" de David Bowie et de Renaud qui sortent de nouveaux CD. Je comprends qu'ils veulent reprendre une gorgée de célébrité, je ne cherche même pas à nier qu'ils peuvent avoir encore quelque chose à dire, mais cela me donne un sentiment de trop plein. Tant d'autres ont investi la scène depuis ! Ils sont tout aussi légitimes et voudront eux aussi faire leur come-back dans quelque temps. Comme une colonie de rats qui se dévorent pour être dans la lumière.

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Nous allons voter de nouveau pour élire les députés et en finir avec cette période pesante de transition. Il serait surprenant que la gauche obtienne la majorité. En tout cas, le RPR aura fait tout ce qu'il fallait pour s'assurer le pouvoir. Il est quand même infiniment triste que la gauche soit battue sur la question de la sécurité. On ne sortira donc jamais des lieux communs : à droite la police, à gauche le social. Tout se passe comme si la droite revenait mettre de l'ordre après une trop longue fête,... sauf que cette fête, je ne l'ai jamais vue passer !... Et s'il est dit que chaque camp a sa spécialité immuable, il est temps de changer de système politique de manière à ce que les différentes sensibilités cohabitent dans le même gouvernement, chacune à sa place de choix !

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La mise en ligne d'images produites avec Pov me pose de nouveaux problèmes. Je ne sais trop quel format adopter. J'ai choisi un affichage en deux temps. D'abord un format 370x273 (un format très personnel) qui permet de montrer une image avec un peu de texte d'accompagnement. Comme c'est un peu petit, je propose aussi un lien pour afficher la même image en 640x480 ce qui permet de la voir en entier sur un écran 800x600 en remplissant le maximum de l'écran. Cette solution est moyennement satisfaisante. Pour les visiteurs qui utilisent du 1024x768, cela fera "riquiqui". Je pourrais aussi avoir un affichage qui tienne compte du mode activé sur l'écran du visiteur mais ce serait une complication supplémentaire...

Pour ce qui concerne le volume des fichiers image, pour l'instant, en 640x480, les fichiers ne dépassent pas 50 ko. C'est très acceptable. Mais la faible résolution se traduit parfois par une netteté insuffisante. Cela vient peut-être de mon écran et des conditions d'éclairage (les images paraissent beaucoup plus sombres le jour). Si je dois un jour exposer ces images dans une galerie, il faudra voir s'il faut d'abord les générer en très grand format, par exemple avec 5000 pixels de large. La même question se pose avec les appareils photo numériques, il faudrait que je me renseigne. à ce sujet

 

06/06/2002

Par deux fois en une semaine, j'ai vu Bjork à la télévision (sur Arte, pas sur TF1 ! il ne faut quand même rien exagérer ). La première fois elle se produisait en concert pour music2nite et présentait aussi un artiste qui se fait appeler Radio Boy et qui fait une musique incroyable avec des samplers, en utilisant les bruits d'un paquet de céréales ou d'un hamburger... Une seconde fois il était question de Bjork à Berlin où un artiste présentait ses œuvres très brillantes. J'ai recherché dans le programme et sur internet mais je n'ai pas retrouvé trace de ce garçon dont le nom m'a -comme d'habitude - échappé. Bjork était là parce que, selon l'expression du journaliste, elle "attend un enfant de lui".

Si on peut dire que l'Islande est en Europe (et je pense qu'on peut), il se précise que Bjork est en voie de devenir la "papesse" de l'art européen. Radio Boy, disait-elle, est un ami, je l'ai rencontré la première fois en Espagne. Son mari est, si j'ai bien compris, Allemand . Etc.. Et c'est plutôt bien s'il apparaît un art européen digne de ce nom. Ces gens peuvent prétendre à une ambition de ce niveau (et j'aimerais les rencontrer).

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La semaine dernière, me semble t-il, c'étai Paul Auster qui rencontrait Bernard Pivot en mission spéciale à New York. Auster parle très bien le français; il est toujours aussi intéressant. Il faisait jute une allusion au fait que la vie déborde obstinément des cadres rigides dans lesquels on veut l'enfermer. Il racontait à ce propos l'histoire d'un livre qu'il avait traduit, l'auteur était mort, l'éditeur avait fait faillite, le manuscrit était perdu et il n'avait pas de double... Ce n'est que récemment lors d'une conférence en Californie qu'un spectateur lui a rapporté les "premières épreuves" du livre, retrouvées chez un bouquiniste. Ainsi le texte a pu être publié vingt ans après. Une belle histoire.

 

08/06/2002

Je ne suis pas d'accord avec Picasso ! quand il dit que rouge ou bleu, ça n'a pas beaucoup d'importance; J'ai retravaillé cette image heightfielf14 composée d'une structure en forme de tourbillon. J'ai fait de nombreux essais avec différentes valeurs de rouge et l'effet global de l'image était complètement changé. Finalement je suis pratiquement revenu à la couleur de départ, à peine plus claire. Deux conclusions. D'abord que le rapport des couleurs dans une image est une notion extrêmement précise. On ne peut pas prévoir, il faut expérimenter. Ensuite, il y a une sorte de grâce à atteindre qui permet d'aller directement au bon résultat, à la bonne couleur. Je l'ai eu dès le premier jet et tout le temps dépensé pour trouver le "meilleur rouge" n'a pas été très productif. Je serais resté à la couleur de départ, je n'aurais pas été très loin de la "vérité".

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Au cours d'une conversation, D faisait allusion à Warhol en parlant de mes nouvelles images que je lui avait montrées quelques jours auparavant. Au delà du compliment toujours agréable à entendre, je me suis demandé pourquoi Warhol ? Mon travail actuel est tout de même loin du sien. On n'y retrouve pas de critique si apparente de la société de consommation. Je n'utilise pas d'images évidentes, d'icônes, comme Marilyne ou les boîtes de soupe Campbell. Ce qui m'apparente à Warhol cependant, c'est la technique. Il utilisait la sérigraphie et le même motif était fréquemment réutilisé, reproduit avec différentes couleurs, assemblé de diverses manières dans des compositions.nouvelles. Je procède de la même manière en explorant un thème et le déformant de plusieurs manières. Les outils dont je dispose sont beaucoup plus souples que ceux de Andy. Je peux utiliser en plus des palettes de couleurs, les changements de matière, déplacer facilement les objets dans le cadre et les redimensionner...

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J'ai poursuivi, pendant plusieurs soirées de cette semaine, la "mise au propre" de mes images. La série des déchirures est bientôt prête pour une mise en ligne...

J'ai l'impression de me retrouver au niveau zéro de la peinture, non par ignorance de l'Histoire de l'Art ou par rejet de mes prédécesseurs mais je doute que même les impressionnistes ont pu aller au bout de leur projet de recherche avec la couleur. Certes, ils ont consacré leur vie à cette étude, ce n'est pas rien, mais il me paraît clair qu'ils avaient certaines limites liées aux "outils" utilisés. Avec Pov, je peux reproduire deux fois exactement la même image, ça veut dire que je peux aussi modifier un seul élément (une couleur, la position d'un objet,...). C'est assez rapide (bien que, avec l'image heightfield15 sur laquelle j'ai travaillé aujourd'hui, ce n'était pas si rapide que ça). Sur un tableau classique, lorsqu'on en est à la moitié ou aux trois quarts, on est bien obligé d'aller jusqu'au bout. On ne peut plus revenir en arrière. Les choix faits au début de la composition conditionnent l'ensemble. Cela reste sans doute vrai pour moi, mais beaucoup moins. Je peux tout remettre en cause à chaque étape, y compris et surtout lorsque c'est terminé. La boucle est bien plus ample. Et rien que sur cette affaire de couleur, lorsque Van Gogh ou Cézanne se réjouissait que tel bleu s'accordait bien à ce jaune, j'en suis à me demander pourquoi ce bleu et ce jaune avec une grande variété de choix possibles (16 millions de couleurs). Cette situation nouvelle ne peut pas être neutre. Je me contente pour l'instant de la noter car je ne sais pas où cela conduit. Ce n'est peut être qu'une tentation destructrice qu'il vaut mieux ne pas suivre, c'est peut-être aussi la graine qui permettra de rebâtir la peinture sur ses cendres après l'implosion qu'elle a subit au vingtième siècle.

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Demain, c'est le premier tour des législatives. Quelques commentaires annoncent une nouvelle percée du FN. J'espère qu'ils se trompent mais je suis inquiet. Jospin n'a pourtant été éliminé que de quelques dixièmes pour-cent mais c'est comme si l'ensemble de la gauche s'écroulait suite à cette défaite. Ils ne semblent plus croire à leur propre discours et laissent la vague facho-populiste prendre de l'ampleur sans réagir.

Les médias sont très versatiles. Ils vont dans le sens du vent. Prendre le pouvoir c'est aussi prendre la main sur les médias, ce n'est que trop évident. On explique la politique du nouveau gouvernement comme s'il était là pour l'éternité alors que, tant que les députés n'ont pas été choisis, on ne peut pas dire quelle politique sera conduite. Je crains ce discours policier qu'on entend désormais à longueur de journée. Tout à l'heure dans la rue, un homme disait "mais il faut les stériliser les bonnes femmes". Je suppose qu'il parlait des femmes arabes et des noires qui pondent des chiées de mômes ! Je n'avais plus entendu cela depuis des années. Je pensais qu'on en avait fini avec ces bêtises. Faut-il que ça les démangeait. Et faut-il laisser à ce point la parole à la connerie ? J'ai tout lu et entendu depuis l'élection de Chirac. Que les socialistes sont "congénitalement" incapables de punir les délinquants ! Toutes sortes d'affirmations de ce genre qu'on croirait venir de quasi débiles mentaux (c'était pourtant un candidat pour les législatives). Je ne sais pas si je peux changer quelque chose à cela. Je n'ai pas accès à la parole publique, ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé !

Je me sens définitivement éloigné de ces gens. Je n'ai jamais eu besoin d'un changement politique pour savoir ce que je pensais et l'exprimer. Et je n'ai pas besoin de détester les étrangers pour trouver une cohérence au monde dans lequel je vis. Je déteste les étrangers lorsqu'ils sont d'extrême droite, comme ceux d'Al Qaida ou comme Sharon en Israël. Je déteste aussi les français quand ils sont d'extrême droite, peut être même un peu plus, parce que je ne leur trouve pas d'excuse et qu'ils sont mesquins. Comme cet homme dans la rue tout à l'heure, bien que, celui là ne devait pas être très dangereux car je le soupçonne d'être lâche et si je l'avais apostrophé, il se serait vite écrasé (mais ce n'est pas mon genre d'engueuler les gens dans la rue).

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Je me suis d'une certaine manière éloigné de moi même ces derniers temps dans ces notes, en privilégiant les aspects techniques de mon travail d'artiste; C'est cohérent puisque cela reste leur objet premier et que j'avais beaucoup à dire. Quant à noter ce qui me frappe, ce qui est important, je n'y suis plus parvenu efficacement car tout est brouillé par ce changement politique en cours. La politique n'est en principe pas importante pour moi car j'en attends le minimum. Ce ne sont pas les politiciens qui peuvent donner les réponses aux questions essentielles. C'est peut-être la première chose à dire. Mais la politique me concerne lorsqu'elle vient "m'emmerder" comme c'est le cas actuellement. Jospin l'ancien trotskiste est devenu au fil du temps désespérément trop raisonnable. En ce sens, il est emblématique d'un profond échec du courant socialiste qui à force de vouloir devenir scientifique, est devenu invisible. Je n'aime pas l'idée que des socialistes fatigués doivent être remplacés par des gens que je soupçonne d'être peu honnêtes et dont je suis sûr que je ne partage pas les idées. De plus, ils seront poussés au crime par d'autres (l'extrême droite) qui sont certes humains dans le sens anthropologique du terme, mais pas dans le sens du devenir philosophique auquel j'aspire pour moi et mes semblables.

 

09/06/2002

Je ne connais pas mon age. Celui du calendrier n'a guère de sens et je pense correct de dire que mon age réel oscille entre vingt et quatre vingt ans. Je ne me sens pas plus âgé que mon neveu de vingt ans, ni plus jeune que les vieillards qu'il m'arrive de côtoyer. Je me faisais cette réflexion en ouvrant le vieil album "oxygène" de Jean Michel Jarre dans lequel il est photographié entouré de ses multiples keyboards débordants de connecteurs, de jacks et de potentiomètres. Il était jeune à l'époque, c'était en soixante seize, pourtant, autant que je me souvienne, je n'ai jamais cherché à lui donner un age. Sa musique m'a toujours paru être intemporelle. Ce n'est pourtant pas tout à fait vrai et cette photographie le souligne : elle est un peu datée (l'album aussi, en dehors des "tubes"). C'en est presque comique. On ne sait pas dire si ce mur d'instruments électroniques doit être vu comme une vitrine de la technologie ou plutôt comme un rempart ou un puits dans lequel JMJ pouvait se sentir protégé d'un monde hostile.

Poussant plus loin ma réflexion, je me suis demandé s'il était grave que je sois encore un artiste débutant à l'age que j'ai.. Sous d'autres latitudes, à d'autres époques, je serais déjà un vieillard. C'est loin d'être mon cas, et je remarque que contrairement à pas mal d'autres, je me situe toujours dans un processus d'apprentissage. Je suis en un sens encore adolescent à la découverte du monde. Peut-être pas en ce qui concerne la vie de tous les jours mais en art, cela ne fait aucun doute. Je n'ai jamais choisi ma spécialité (littérature, peinture, que sais-je ?...) , toujours pas, et c'est peut-être aussi une conséquence de cette diversité de mes pôles d'intérêt qui a fait que je ne pouvais pas me déployer complètement plus tôt.

C'est aussi une rencontre avec une technique d'expression. Je me suis intéressé aux ordinateurs personnels dès l'origine. Je voulais m'en servir pour faire de la musique mais j'ai dû déchanter et attendre. Ce n'est que maintenant que ces machines sont parvenues à une maturité suffisante pour que je puisse les utiliser pour faire ce que je veux. Il y a aussi l'aspect internet qui n'est venu que récemment et permet au moins de s'illusionner sans trop de complication qu'on est lu et visité.

D'un autre point de vue, je peux dire que je suis mort il y a trois ou quatre ans (la date de mon suicide qui n'a finalement pas eu lieu est difficile à préciser). et je suis donc un nouveau né précoce ! J'aime bien aussi l'idée puisée dans le bouddhisme, qu'on a plusieurs vies. Même si je n'y crois absolument pas, je peux en accepter l'idée, dire qu'en aucune manière on ne doit s'accrocher à son individualité, ou à son age, comme on s'accrocherait à un pieu au milieu de l'océan alors qu'on sait très bien nager et qu'on peut parfaitement atteindre toutes les côtes quelque soit leur distance ! [jolie image, n'est-ce pas ?]

Je peux dire encore que lorsqu'on a une espérance de vie de quatre vingt ans, il n'est pas pire de commencer à quarante ans que de commencer à trente pour finir à trente trois lorsqu'on est Jésus Christ ! C'est aussi l'une des conséquences de l'allongement de la vie. Si tout doit se passer entre dix huit et vingt cinq ans comme on le voit trop souvent, cela nous promet d'interminables soirées de télévision pendant lesquelles on se repassera des vidéos usagées. Ce n'est pas acceptable, et avec la mauvaise fois qui me caractérise parfois, je dirais que c'est une stratégie qui remonte à toujours en ce qui me concerne, qui veut que quarante ans est le bon age pour moi pour commencer à être un artiste avec des perspectives raisonnables d'être lavé du superflu et de tous les parasitages électromagnétiques.

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J'ai revu le film Baxter au cours de la semaine. J'avais le souvenir de ce chien un peu informe avec ses yeux en triangle mais j'avais oublié le garçon, sa passion pour Eva Braun, et la peinture que faisait ce film de la tentation du nazisme, du mal en général... J'était content de revoir ce film qui prend, ces jours ci, un relief particulier. La description faite selon le point de vue du chien, l'importance des odeurs (...celle du sexe de la jeune femme de la maison voisine), les pensées irrépressibles qui montent des instincts, tout cela est très bien vu. Un film qui mérite l'attention, qui n'a peut-être pas eu l'audience qu'il méritait comme souvent les choses qui fâchent. Ce serait une bonne idée que d'organiser des cinés clubs avec des électeurs du FN dans lesquels on projetterait ce film suivi d'un débat. Ça permettrait de leur mettre le nez dans ce qu'ils sont. Peut-être qu'ainsi , de se voir si petits face à des cameras qui les percent jusqu'au fond de leurs mauvais sentiments qu'ils croyaient être leur personnalité alors qu'ils ne sont que l'expression de notre faiblesse commune, on pourrait les convaincre que ce n'est pas la bonne manière d'être, ni un but honorable à atteindre. Peut-être qu'on pourrait les changer. Peut-être pas.

 

13/06/2002

J'ai fait hier une mise à jour de l'exposition 2002 avec des images Pov. Celles de heightfields. Il me reste celles des champs de billes et le projet LBM à mettre en ligne. J'ai publié aussi les applets d'animation avec les afficheurs que j'avais réalisées même si, je ne pense pas être allé au bout des possibilités dans cette voie.

La publication de ces pages sur lesquelles je travaillais depuis plusieurs jours me laisse un sentiment de vide assez pénible Comme si elles m'échappaient... Je vais peut-être prendre "quelques vacances d'artiste". Ne plus rester ainsi, casanier. sortir un peu pour profiter de l'été... Je devrais aussi réfléchir à la manière de valoriser ces images. L'idéal serait de les exposer dans "le monde réel du marché de l'art".

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J'ai fait une recherche sur internet avec quelques noms de gens que je connaissais (c'est D qui m'en avait donné l'idée) Je n'ai pas trouvé grand chose, parfois des homonymes. Je suis tombé sur un message écrit dans un forum en 2000 par JCP. Cela m'a rappelé que chacun mène sa vie et qu'il n'y aura probablement jamais de rapprochement possible (il est pourtant dans le milieu de l'art, mais cela pourrait aussi bien l'empêcher de comprendre ce que je fais). J'ai trouvé ce message profondément indiscret. Il n'avait pas été écrit pour rester si longtemps en ligne et trahissait plusieurs choses que JC ne souhaitait pas forcément "graver" dans une base de donnée accessible depuis le monde entier.

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J'ai aussi voulu commander des bouquins et n'y suis pas parvenu ! Lors d'une deuxième tentative sur une autre site, j'ai compris le problème. J'étais déjà enregistré suite à un achat précédent et il fallait obligatoirement que je donne le mot de passe correspondant à mon compte. Cela aussi ne me plait pas trop d'apprendre que suite à l'achat d'un bouquin, le numéro de ma carte bleue est mémorisé dans une mémoire accessible par internet... et qu'elle l'est encore un an après ! Il faudrait que je demande d'être rayé. de leur fichier

 

14/06/2002

Comme il faisait très beau et chaud je me suis installé dehors et j'ai repris la lecture pour correction de l'ensemble de mes notes et mon dossier Echelon. J'ai tout relu. Le dossier n'est finalement pas mal. Je n'ai trouvé qu'une seule petite erreur sans conséquence et quelques phrases à retoucher. Même chose pour les notes. Ce style simple est direct me convient bien. Il reste assez stable.

Sur les annexes au dossier Echelon, je reste en accord avec ce que j'ai essayé de faire. C'est probablement la page "exercice pratique de linguistique" qui est la plus indigeste, difficile à lire jusqu'au bout, mais c'est la contrepartie de sa précision. Je n'ai jamais vu ailleurs un document aussi fidèle sur ce qu'est une recherche appliquée utilisant des outils informatiques. Et puis cette page donne aussi des informations concrètes sur l'analyse linguistique automatique (nos machines sont encore très loin du compte, je cois). Je reste convaincu qu'il n'y a qu'internet qui peut permettre de publier ce genre de document. Mais comment faire pour qu'il soit utile à d'autres qu'à moi ? Ce n'est pas encore gagné. Peut-être qu'il faut un peu de patience (l'idéal serait d'avoir un partenaire pour s'occuper de ma communication).

J'ai relu aussi ce que j'avais proposé sur la cryptographie. Ça va. Pourtant je n'ai pas été jusqu'au bout de l'étude. Il serait bien qu'à l'automne je prenne le temps de faire un complément. Que je regarde comment les choses évoluent (ou plutôt n'évoluent pas) après la publication du rapport de "démission" de l'Union Européenne et l'abandon de PGP par NAI fin 2001. Le réseau Echelon est une chose. On a vu que son efficacité n'était pas à la hauteur des ambitions de la NSA et je ne sais pas jusqu'à quel point il est entretenu ou remis en cause... La question de la "privacy" sur internet en est une autre question importante. Sans aucun doute insuffisamment traitée, et il serait dommage que je ne donne pas une suite à mon étude afin de faire avancer cette affaire éminemment politique.

Parmi les bonnes raisons que je donnais de crypter ses mails, je notais l'inefficacité de l'argument "et si les fachos prennent un jour le pouvoir". Cet argument sonne différemment aujourd'hui. Je pense qu'attirer l'attention sur les risques de la "net-oppression" n'est pas inutile, et je pourrais fort bien avancer cet aspect de mon site en parallèle avec mes recherches plus artistiques.

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Concernant plus précisément la peinture, je reste très incertain de l'intérêt de mon travail. C'est une question que j'ai déjà évoquée dans ces notes, à savoir si ce que je fais est de l'ordre de "l'amateur éclairé" ou si c'est réellement novateur. Je n'ai pas la réponse et certainement que je manque de référence dans l'art contemporain. J'allais écrire que "je ne fréquente plus les expos" et pourtant, ces dernières années, j'ai visité, entre autres, plusieurs biennales, à Lyon, mais ce que j'en ai retenu est d'avantage un sentiment de ronron et de répétition. Ce n'est guère autre chose que ce que je pouvais découvrir à Beaubourg, il y a presque vingt ans. Se passe t'il quelque chose ailleurs ? Faut-il vraiment que je m'y intéresse ? Je n'ai pas d'autre moyen de sortir de ce questionnement autrement qu'en cherchant des contacts à l'extérieur. Cela devient nécessaire. Certes, ça se traduira probablement par un "produire moins", il n'y a pas de miracle ni d'élasticité du temps... Du moins, je ne le crois pas.

Cette idée qu'il ne s'invente que peu de choses nouvelles n'est peut-être pas à entendre, venant de ma bouche. C'est plutôt un sentiment général qu'une analyse argumentée. Il est possible que je ne veuille pas voir ce qu'il en est réellement. Plus probablement, c'est l'effet de cette égalisation rapide que provoque le monde dans lequel nous vivons. Une nouveauté est vieille au bout de deux ans alors qu'à l'inverse, paradoxalement, les problèmes banals comme celui de la sécurité s'éternisent indéfiniment...

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J'ai un dentiste qui passe Pink Floyd en fond sonore dans son cabinet. Cela m'a permis de dépasser son aspect austère et vieillissant pour discuter de choses plus personnelles. Il m'a branché sur l'album "ummagumma" qu'en fait, je n'avais jamais écouté (je n'avais que dix ans quand c'est sorti).

L'écoute de ce double album poursuit l'exploration que j'ai entreprise de la pop music. A l'époque, l'ambition artistique des groupes était bien plus grande qu'aujourd'hui. On trouve chez Pink Floyd des choses très proches des recherches de la musique électroacoustique. Et le cri dans ummaguma me semble être sinon une référence, en tout cas aussi impressionnant que celui du tableau de Munch (que j'e suis allé voir à Oslo). Les choses ont bien changé. S'agit-il même encore d'art ? quand les maisons d'édition gèrent des gammes de produits, comme le rap, qui s'adresse au segment "banlieues", etc...

 

19/06/2002

Pour en finir avec les élections, j'entends l'ancien ministre socialiste Claude Allègre expliquer à quel point son parti, le PS, doit se reconstruire après sa défaite. En France, et plus généralement en Europe. La question est de savoir si les sociaux-démocrates doivent être plus à droite, comme Tony Blair, avec le risque de faire monter les extrémismes anti-mondialisation, ou s'il doivent pencher plus à gauche. Il dit le déficit d'idée qu'il voit dans son camp. Comment redéfinir les relations entre l'état et l'économie ou les relations entre les individus et l'état avec des principes de gauche. Il pense que le PS doit susciter le débat à sa périphérie pour élargir son assise. Sinon il ne pourra pas de nouveau gagner d'élection.

Je fais la même analyse mais je suis pessimiste... à moins que ne soit la droite qui perde toute seule en faisant de grosses erreurs, ce qui n'est quand même pas souhaitable... Pour l'instant, "elle" ne s'en sort pas mal. Le choix de Raffarin comme premier ministre était assez habile. Même Alain Juppé m'a surpris par son ton modéré et conciliant. On verra, mais au moins, ont-ils bien assimilé les techniques de communication.

On rapporte aussi les résultats d'une enquête qui dit que désormais, la moitié des professeurs votent à droite. Ça fait bizarre.

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L'autre soir, j'ai regardé une longue émission sur un cinéaste russe, Pavel Klouchantsev. Il faisait des films de science fiction à l'époque du spoutnik. Son film "le chemin des étoiles" est même sorti aux USA. C'est étonnant. L'origine russe du film avait été soigneusement masquée pour cause de guerre froide.

C'était aussi l'époque où les russes pouvaient encore impressionner les américains.

 

23/06/2002

Je suis resté l'essentiel de la journée d'hier à lire au soleil. Ce n'est qu'en fin d'après midi que j'ai allumé l'ordinateur pour continuer les finitions de mes images Pov. Pour plusieurs d'entre elles, il s'agissait de parfaire la "mise en scène" en corrigeant, en particulier, des erreurs de position de certains éléments après une rotation mal maîtrisée (les rotations dans l'espace sont souvent une source de perte de contrôle).

Lorsqu'il s'agit d'erreur et que le résultat à atteindre est clair, je parviens facilement à améliorer l'image. Un phénomène beaucoup plus curieux se produit lorsque je cherche à modifier une image pour laquelle certaines caractéristiques sont le résultat du hasard. Souvent - pour ne pas dire toujours - les tentatives d'amélioration restent infructueuses et je finis par garder la première version. C'est tout de même très étrange et pourrait presque me laisser croire que mes premiers choix sont téléguidés. Et souvent justes comme le montrent les essais réalisés en faisant varier tel ou tel paramètre. Peut-être qu'il y a là, une loi méconnue de la nature; j'appelle cela parfois "la grâce". Et si on pense que cela existe, ça vaut la peine d'essayer d'en tirer le meilleur parti.

Cette série ChampDeBilles aura été extrêmement productive. En corrigeant les premiers jets, j'ai encore pu produire quelques nouvelles variantes.

Considérer ces images comme une série conduit à me poser plusieurs questions. Dès lors qu'on utilise un tirage aléatoire, le nombre d'images possibles devient théoriquement infini. Varier un seul élément crée également une nouvelle image. Mais qu'est-ce qui me permet de décider qu'il s'agit d'une nouvelle image plutôt qu'une variante de l'image précédente ? En d'autres termes qu'est-ce qui différencie une œuvre d'une autre ? Ce n'est absolument pas évident.

D'autant moins que cette notion d'œuvres différentes peut-être ressentie différemment selon la séquence de leur découverte. Si je place deux images dans la même série, ce n'est pas la même chose que de les éloigner dans des séquences séparées. Bref, tout ceci ne me semble pas très rigoureux. Je n'ai pas l'impression que cette question ait été traitée jusqu'ici. Même pas chez Mondrian où elle n'apparaît pas me, semble-t'il. Cela ne m'avait pas non plus posé problème avec mes applets Dripping par exemple. J'avais plutôt l'impression inverse : je laissais encore beaucoup de trous entre deux œuvres en me limitant à suggérer ce qu'il pouvait y avoir entre elles.

Avec des images plus complexes comme celles que je produis avec Pov et pour lesquelles, il faut le préciser, je n'ai pas un contrôle à cent pour cent du résultat, la question se pose différemment parce que deux images distinctes peuvent apparaître comme identiques. Par exemple dans ChampDeBilles, je change la taille d'une bille ou je la déplace légèrement, je modifie la position des sources lumineuses et donc les ombres sur l'ensemble de l'image. L'image est alors objectivement différente mais notre perception corrige ces différences pour les agréger dans une interprétation plus globale : c'est une image avec des billes et des effets de lumière. C'est un vrai problème de Peintre. Il mériterait un approfondissement systématique en réalisant par exemple une série de "petites variations" (ça me rappelle quelque chose !) sur une même image. Quel est l'effet de voir ces images quasi identiques dans une séquence, de les voir simultanément dans un même espace (une salle d'exposition, une même page web) ou dans des instants différents (des pages consécutives). Tester l'effet d'une séquence ordonnée ou aléatoire, la longueur de la séquence, etc. Et que pourrait-on dire ensuite de cette expérience ? à des spécialistes ou des non spécialistes.

La question du choix se pose également à moi. Quelle est la bonne direction pour mes recherches. Là aussi ce n'est pas très rigoureux ! Je suis tenté de dire que jusqu'ici, il n'y a eu que des artistes amateurs ! C'est peut-être aller un peu vite. On n'a pas trop d'information sur la démarche d'invention des artistes. C'est un peu leur secret de fabrication me semble t'il (ce qui n'est pas bon signe). Mondrian ou Vasarely ont peut-être eu une démarche plus systématique (Queneau aussi) mais était-elle réellement rigoureuse ou simplement singeait-elle les méthodes scientifiques ? Les artistes sont des scientifiques raté, c'est bien connu !

A l'opposé de cette exigence de rigueur, je ne suis absolument pas convaincu que l'art doive être rigoureux. Exigeant, oui, mais rigoureux ? Je crains qu'une méthodologie systématique ne soit finalement qu'un moyen de "pervertir l'art par la science" (cf Baudrillard). Si l'art a quelque chose de différent à dire que la science, il serait paradoxal qu'il doive utiliser les mêmes méthodes. L'art serait plutôt le lieu du progrès par rupture quand la science serait celui des petites améliorations patientes. La révolution contre la réforme si l'on veut !... si c'est ça, je ne donne pas cher de l'avenir de l'Art et j'ai le sentiment d'en être l'un des fossoyeurs.

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On peut toujours prétendre que l'art n'est pas un lieu de progrès mais c'est un projet que je ne parviens pas à mettre en perspective. C'est une idée assez effrayante, je trouve, celle qu'il n'y aurait pas de progrès possible...

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Le contrôle. Il est juste de remarquer qu'avec Pov, on n'a pas le contrôle total de l'image produite. Plus encore lorsqu'on utilise des nombres aléatoires. Il faudra que je regarde de plus près ce que cela signifie mais il me semble qu'il est possible de décaler le séquence aléatoire obtenue en modifiant la valeur de début. Ainsi après un rand(1) on initialise à partir du deuxième nombre qu'on aurait obtenu après un rand(0) ce qui revient à une sorte de translation. Cela expliquerait pourquoi, même en changeant la valeur d'origine, j'obtiens finalement des motifs assez semblables.

C'est sur les ombres que le contrôle est le plus lâche. Les ombres dépendent des sources lumineuses et de leur couleur (dans les ChampDeBilles, j'utilise trois sources lumineuses). Elles dépendent aussi de la position des objets dans la scène avec toutes sortes d'ombres portées. Lorsque les billes sont de verre, on obtient aussi des ombres plus ou moins transparentes. Avec les lettres enchevêtrées, la forme des ombres elles mêmes, crée des motifs variés, ce qui, d'un point de vue graphique est intéressant.

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En dehors de ces notes techniques, je ne trouve rien d'important à tracer ces jours ci. Je ne vois ni ne lis rien qui ne me frappe tellement. Hier matin j'ai écouté la radio comme je le fais souvent le samedi matin et j'ai quand même été surpris par le ton d'une émission qui parlait de l'incarcération de José Bové (le symbole de l'anti-mondialisation) juste après les élections législatives. Les participants tenaient un discours extrêmement anti-américain à propos des OGM que les USA veulent imposer au monde et semblaient dire que notre nouveau gouvernement est à leur botte. C'est probablement un peu vrai mais cette vision était tellement négative que je suis obligé d'y voir un peu de déraison.

Par rapport à ces notes, c'est aussi la volonté d'éviter la répétition. Ce qui est écrit est écrit ! C'est bien l'avantage majeur du langage écrit sur le langage palé qui reboucle indéfiniment sur les mêmes banalités (j'en souffre un peu dans mon quotidien).

 

notes juillet 2002

 

 

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mise à jour le 17/07/2002