notes d'artiste (janvier 2002)  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et des applets java.

 

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06/01/2002

Ces derniers jours, j’ai repris l’étude des documents que j’ai récupérés sur internet à propos du cryptage (textes et logiciels). J’ai d’abord tenté de me faire un idée sur les versions à utiliser. J’ai trouvé sur www.geocities.com/openpgp/histoire.htm une histoire de PGP et aussi plusieurs pages expliquant les différences entre les versions (voir plus loin un résumé de cette histoire de PGP).

C’est incroyablement compliqué. On peut comprendre pourquoi on en est arrivé là, à cause de la législation américaine sur l’exportation des programmes de cryptage. Mais si on n’a pas suivi toutes les étapes, il n"est pas simple de reconstituer les étapes. Le cas de PGP est emblématique de la manière dont se créent les logiciels en combinant les versions commerciales et freeware. En soi, c’est déjà assez intéressant à étudier. PGP a eu de nombreux contributeurs en dehors de son inventeur Philip R. Zimmermann. Le MIT a activement participé. Il y a aussi divers participants en Europe (Norvège, Angleterre, Nouvelle Zélande, France). Le résultat est que beaucoup de réflexion intellectuelle a été mise en œuvre sur ce logiciel, avec les meilleurs spécialistes possibles, et finalement, pour la bonne cause. Ce genre de coopération internationale n’est pas si fréquent et internet le permet relativement facilement.

Après toutes ces lectures, la version "idéale" m'a semblé être la 6.5.1fr, version "internationale" en français dont le code source est disponible (c’est une sécurité). Je l’ai installé sur mon PC mais le programme ne fonctionne pas sous Windows ME. Curieusement, le programme reconnaît Windows ME et donne un message qui indique qu’il faut la version 6.5.3 minimum. J’ai donc installé la version 7.0.3 que j’avais aussi mon disque dur, bien que je sache qu’elle comporte un bug mais je n’en connais pas la nature...

Il existe aussi GnuPG version "open source" de PGP mais je ne l'ai pas encore essayé. Il semble moins évolué que PGP.

Il y a les bugs aussi dont parlent les documents que j'ai lus. Il y en a eu plusieurs. Le premier sur une version Linux concernait le calcul des clés aléatoires. Plutôt ennuyeux.

Ensuite un autre bug a été signalé sur toutes les versions 5.5 à 6.5.3. La version 6.5.1fr que je voulais essayer était concernée. Il ne s’agit pas d’un bug à proprement parler mais d’un "défaut de sécurité". Il concerne la fonction ADK mais je ne sais pas ce que c'est. J'ai lu aussi qu'il a fallu trois ans avant que quelqu'un ne détecte ce défaut qui est passé inaperçu après de nombreux tests et analyses de code.

Parallèlement la législation a changé en 99 aux Etats Unis et en France. Les US autorisent l'exportation vers l'Europe, la France, l'utilisation de la cryptographie à titre privé. Cela semble avoir arrêté le développement des versions PGPi (internationales). Les pages que j'ai lues n'ont plus été mises à jour depuis fin 2000, c'est un problème. Tout n'est pourtant pas résolu !

On peut comprendre que l'accès à la cryptographie soit finalement libéralisé car elle est aussi indispensable pour mettre en place le paiement sécurisé sur internet. C'est un cas typique de transfert d'une technologie militaire vers le domaine civil.

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Résumé de l'histoire de PGP :

PGP 1.0 a été écrit en 1991 par "PRZ", Philip R. Zimmermann. Le programme est diffusé sur les BBS (l'ancêtre d'internet) mais la société RSA somme d'interrompre cette diffusion car il utilise l'algorithme RSA sans autorisation. En septembre 92, PGP 2.0 est publié en dehors des Etats Unis. Des contributeurs Européens et Neo Zélandais ont participé au projet. Août 93, La société Viacrypt achète les droits commerciaux sur PGP 2.3a

Septembre 93, Viacrypt et Zimmermann sont accusés d'enfreindre la réglementation sur l'exportation des armes par l'administration des douanes américaine. Novembre 93, version 2.4 de Viacrypt conforme à la législation américaine. Mai 94, nouvelle version freeware PGP 2.5 par le MIT. La version a une licence RSA mais est partiellement incompatible avec les précédentes versions de PGP. Des versions pirates apparaissent qui contournent cette incompatibilité.

Octobre 94, PGP 2.62, version freeware par le MIT incompatible avec les versions avant 2.5. Mai 96, Ståle Schumacher publie en Norvège PGP 2.62i, ("i" pour "internationale").

Janvier 96, abandon des poursuites américaines contre Zimmermann mais son programme reste interdit d'exportation. Ståle Schumacher publie en Norvège la version PGP 2.63i. Elle est développée à partir du code source public de la version 2.62 mais elle est plus performante, compatible avec les versions antérieures à la 2.5 et génére des clés plus longues.

Mars 96, version 4.0 de Viacrypt pour Windows 3.1. Version PGPfone 1.0 bêta pour téléphoner sur internet avec une clé de 4096 bits. Avril 96, P.R Zimmermann crée PGP Inc. pour vendre les versions commerciales de PGP. PGP Inc rachète Viacrypt.

Février 97, PGP Inc publie PGP mail 4.5, mise à jour de la version 4 avec un plug-in pour son intégration dans les programmes de mail. Le 16 juin 97, nouvelle version 5.0 de PGP Inc, interface Windows, gestion de clés plus longues, trois algorithmes de cryptage pour la clé de session. Nouvelle version 5.0 freeware de PGP par le MIT qui devient le nouveau standard mondial après son exportation illégale des USA.

Août 97, version 5.0i par Ståle Schumacher pour Unix basée sur une exportation légale du code sous forme de livre imprimé qui a été scanné ! Le 26 novembre 97, version freeware 5.5.3 de PGP Inc pour Windows et Mac qui n'est plus compatible avec les clés RSA de la version 2.6.

Décembre 97, PGP Inc racheté par Mac Afee Associates et qui devient NAI. Ståle Schumacher et Teun Nijssen publient une version 5.0i internationale pour Windows identique à la version 5.0 américaine et avec un code exporté légalement.

Mars 98, NAI publie "PGP Total Network Security Suite", qui inclue PGPdisk. NAI est accusé de participer à la Key Recovery Alliance (démenti de PRZ). Le 20 mars 98, NAI annonce qu'il va vendre des versions commerciales de PGP hors des Etats Unis par l'intermédiaire d'une société Suisse (export légal du code sous forme de documents imprimés).

Juin 98, Imad R. Faiad publie une version 5.5.3 C-KT modifiée autorisant des clefs DH de 8192 bits, RSA de 16384 bits, et des signatures DSS de 2048 bits (ça ne semble pas très utile).

Juillet 1999, le MIT publie en collaboration avec NAI et RSA Inc, la version 6.5.1 freeware pour Windows, Mac, Linux, Solaris. Première version GUI compatible 2.6.x. Septembre 1999, GnuPG 1.0 pour Linux. C'est une version GNU GPL de PGP 5.x et 6.x. En octobre 1999, Ståle Schumacher publie les codes de la version 6.5.1i pour Windows de PGP.

3 décembre 1999, le SCSSI français autorise la vente de PGP Desktop Security 5.5.5 et 6.0.2 par NAI.

Janvier 2000, NAI se divise en 6 et crée PGP Security Inc. Le 18 janvier 2000, publication de la version PGP 6.5.1fr en Angleterre, basée sur la version PGP 6.5.1i

Mai 2000 annonce de PGP 7 par PGP Security Inc. Le 31 mai, confirmation d'une faille de sécurité dans PGP 5.0 et 5.0i pour Linux concernant la génération des clés aléatoires. Le 25 août, annonce d'une autre faille sur les versions Windows et Mac PGP 5.5, 5.5.3, 5.5.3i, 5.5.5, 6.0.2, 6.0.2i, 6.5.1, 6.5.1i, 6.5.1fr, 6.5.2a, 6.5.3 concernant la fonction ADK (clef de déchiffrement supplémentaire).

Le 26 août 2000 : PGP Security Inc. et le MIT publient PGP 6.5.8 freeware (une fonction ADK est incluse). Le 8 Septembre 2000, PGP Security Inc. publie PGP 7.0 comprenant en plus de la cryptographie, une fonction firewall. Fin janvier 2001, Phil Zimmermann quitte NAI-PGP Security Inc. Le 2 février 2001, PGP Security Inc. publie PGP 7.0.3 freeware pour Windows et Mac.

Ça s'arrête là ! Je ne sais pas ce qu'est la fonction ADK. Je sais qu'il existe une version HotFix de la version 7.0.3 qui indique l'existense d'encore au moins un bug (il y a t-il de plus en plus de bug en informatique ?)

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J'ai reçu le livre "surveillance électronique planétaire" qui est supposé être l'équivalent de ma traduction d'IC2000. Le texte est un peu différent sur certains points mais ma traduction vaut bien celle des éditions Allia. Je pense avoir fait quelques petites erreurs de traduction mais pas plus que la "traductrice professionnelle". Ça me donne de l'assurance.

L'éditeur n'a pas encore répondu à ma lettre où je leur demandais s'ils sont gênés que je publie ma version sur internet. Je crains qu'ils ne veuillent pas répondre. Peut-être que je n'aurais pas dû envoyer mon texte, seulement poser la question ? C'était juste avant noël, la période n'était pas idéale mais s'ils tardent, il faudra que je prenne une décision.

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J'ai aussi eu un mail de Duncan Campbell qui me donne une quantité de liens vers des textes sur Echelon, notamment le rapport final du Parlement Européen qui est un gros dossier de près de 200 pages. Qu'est-ce qu'on écrit par ici avant d'agir ! DC a aussi écrit de nouveaux articles. Dans le bouquin des éditions Allia, j'ai appris qu'il avait eu des problèmes avec la justice lorsqu'il a publié ses premières révélations sur le site de Cheltenham avant 1988. Il avait alors vingt quatre ans. Il est devenu journaliste après des études scientifiques et s'intéresse aux questions d'espionnage électronique depuis plus de vingt ans. Je m'interroge sur ses motivations. A lire ses textes, il ne semble pas sujet au doute. Peut-être que d'être confronté à la justice et de gagner "seul contre tous" donne ces certitudes. J'observe la même chose avec Ph. Zimmermann, l'inventeur de PGP, qui a un parcours assez semblable. Ce sont des gens qui font l'Histoire mais d'une manière relativement discrète et modeste.

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Je deviens peut-être un peu paranoïaque mais en examinant le contenu de mon disque dur, je découvre un sous répertoire caché qui s'appelle APPLOG sous windows et dans lequel on trouve la trace de tous les logiciels qui ont été utilisés. Je ne sais pas "qui" met à jour ces informations mais il est sûr que c'est un bon endroit pour en savoir un maximum ! Même les programmes qui ont été effacés depuis restent visibles. J'ai tout effacé. Cela ne semble pas gêner (j'ai retrouvé ce répertoire sur plusieurs PC utilisant Windows 98 et Windows Millenium, ce répertoire semble être géré par Windows).

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Il me reste un certain nombre d'informations à mettre en forme suite à mes études sur la recherche de mots clés. Je souhaite en faire une page internet mais j'ai quelques difficultés pour en faire quelque chose, à la fois, intéressant et concis. L''analyse de ces données génère des quantités impressionnantes de données brutes.

Sur internet, on trouve d'avantage d'informations en français sur le cryptage que sur Echelon. Le sujet est trop spécialisé pour que je puisse apporter une plus-value dans mon dossier Echelon. Enfin je ne vois pas trop pour l'instant. Sauf peut-être en me recentrant sur mon idée de départ qui était "comment je me dépatouille avec ça ?". Il faut d'abord que je lise le document de 80 pages sur la cryptographie. C'est un fichier pdf, format particulièrement chiant à lire sur l'écran car, en général, on ne peut pas voir la page entière sur l'écran ou sinon, les caractères sont trop petits.

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Au cours de mes recherches, j'ai appris un mot nouveau : la stéganographie. Il s'agit de cacher un message dans un fichier image ou un fichier son. Je connaissais cette technique mais pas le mot ! Et j'ai été surpris de voir que ces programmes se trouvent, semble t'il, facilement sur internet (quoique le lien que j'ai trouvé n'était plus bon). Il existe aussi des programmes qui effacent les traces que laissent les fichiers qu'on a supprimé du disque (une sécurité supplémentaire mais pas sûr que cela suffise).

Pour la "stégano", j'avais envisagé de réaliser moi même un prototype mais je vais plutôt rechercher des exemples sur le web.. J'ai trouvé plusieurs programmes pour casser les mots de passe de word et de zip. Le premier ne marche pas avec word 97, l'autre est trop compliqué à utiliser (pas le temps de l'étudier); j'ai laissé tomber !

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Je n'ai pas terminé cette phase d'étude. J'essaie en même temps de trouver des méthodes pour conserver les données d'internet. Je les sauvegarde avec des noms de fichiers qui correspondent à leur adresse sur le web. Je voudrais créer une archive de ces pages avant quelles ne disparaissent (le risque permanent); Cependant, il faudrait les structurer un minimum et faire les modifications minimales pour qu'elles ne provoquent pas de message d'erreur lorsqu'on les utilisent hors ligne. Encore une tâche qu'il faudrait pouvoir automatiser. Les aspirateurs de site sont faits pour cela, mais ne sont pas toujours faciles à maîtriser. On ne sait pas à l'avance quel volume de données va être transféré. J'ai eu une mauvaise expérience avec un site français sur les "rfc" (les documents de normes sur internet). Il y en avait plus de deux milles; J'ai arrêté le programme avant la fin en me disant que je reviendrais un autre jour. Résultat : quand je veux chercher l'un de ces documents, c'est toujours l'un de ceux qui me manquent ! Et entre temps, le site a disparu, je ne le retrouve pas.

J'ai déjà parlé de cette inconsistance du web mais c'est un vrai problème qui nuit à sa crédibilité, voire à son utilité.

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En ce début d'année, en dehors de ce travail technique, je ne trouve pas le temps de prendre le recul. Cela me donne un certain malaise.

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Le premier janvier, j'ai reçu le mail d'un admirateur ! ce qui est tout de même assez rare. Il me propose de m'envoyer les poèmes qu'il écrit et je ne sais pas quoi répondre. Que suis je capable de dire sur des poèmes ? Il est particulièrement difficile de se faire une idée sur un simple mail. Quel est l'age, par exemple, de cet interlocuteur ? vingt ans ou quatre vingt ? Ce n'est pas que j'attache une importance particulière à l'age mais cela donne quand même des indications sur un "vécu probable".

 

13/01/2002

J'ai été victime d'un virus informatique cette semaine. Un "ver" plus exactement. Celui ci ne cherchait pas à détruire des données (heureusement), mais il est conçu pour envoyer des informations sur internet. Du coup, je me pose des questions. Etait-il dirigé contre moi ou bien m'est-il arrivé par hasard ? Il est étonnant que ce virus m'arrive justement après que je me sois intéressé de près à Echelon et à la cryptographie.

Mais s'il s'agit d'une attaque dirigée, elle vient de gens bien renseignés. J'ai reçu ce virus dans un mail sous forme de pièce jointe et l'expéditeur de ce mail était une collègue qui a changé de service depuis quelques mois. De quoi tromper ma méfiance, d'autant que c'était le début d'année, et que la pièce jointe s'appelait card.DOC . J'ai cru que c'était une carte de vœux. Pourtant ça m'avait paru étrange car cette pièce jointe était vide et plantait le programme de mail. J'ai pensé que ma correspondante avait fait une erreur de manipulation. En fait, le nom exact de ce fichier était card.DOC.pif et il utilise un bug de Outlook Express. Il s'active immédiatement sans qu'on ne fasse rien (d'habitude, pour activer ce genre de virus, il faut au moins cliquer sur la pièce jointe). La seule protection possible semble d'avoir un anti-virus à jour qui contrôle les pièces jointes dès leur arrivée. Le mien ne l'était pas.

Deux indices m'avaient attiré l'attention, mais sans que je sache encore qu'il s'agissait d'un virus. D'abord la touche ^ du clavier ne fonctionnait plus correctement. Je n'arrivais plus à taper ê ou ä. Comme je venais pendant les vacances de noël de réinstaller tous les logiciels, j'ai cherché un problème de configuration mais ne trouvais rien. J'interrogeais mes collègues, aucun ne savait. Ils pensaient plutôt à une défaillance du clavier. L'explication est un bug du virus qui installe un programme pour lire les touches du clavier dans le but de connaître les mots de passe.

Deuxième indice, grâce au pare-feu que j'ai installé, je voyais, lorsque je me connectais à internet, qu'un programme kernel32.exe tentait d'accéder à internet. A plusieurs reprises, il fit des tentatives que je n'autorisais pas. Le nom kernel32 était plutôt bien choisi car il ressemble à celui d'un programme de windows : kernel32.dll (qui apparaît souvent dans les messages d'erreur). Il ne me paraissait qu'à moitié surprenant qu'un des nombreux programmes installés sur mon PC "voulait" mettre à jour une liste d'utilisateurs par l'intermédiaire des ressources du système.

Donc je lui interdisais obstinément l'accès jusqu'à ce que je me décide de faire la mise à jour de mon antivirus (ce que je différais depuis plusieurs semaines). Donc je lance le programme de mise à jour. Immédiatement le pare-feu m'avertit que kernel32.exe veut envoyer des informations. Je dis oui, étant sûr cette fois, que ce programme était activé par l'antivirus. Immédiatement après, j'obtiens un second message qui cette fois m'avertit que l'antivirus veut se connecter ! Trop tard, je me suis fait avoir mais je ne sais pas encore que j'ai à faire à un virus. Je ne l'apprends que lorsque l'antivirus m'avertit que BadTrans.B est présent sur mon PC.

Sur internet, je trouve rapidement des informations sur ce virus apparu en novembre 2002. Ce virus a pour but d'envoyer des informations personnelles sur internet. C'est étonnant : Il y a peine quelques jours j'ai visité plusieurs sites traitant de cryptographie et j'ai appris que ce genre de virus existait et que les services secrets s'y intéressaient en considérant qu'il répondait à leur préoccupation de "voler" des mots de passe.

Alors je m'interroge. Je n'ai pas de réponse. Ce virus est particulièrement bien conçu. Technique ce qu'il faut, sans perfectionnisme excessif. Il tire quand même parti d'un bug d'Outlook Express; il faut être bien renseigné ! Mais aussi concernant les aspects psychologiques : le nom des pièces jointes dans le mail (card.DOC) ou du fichier programme kernel32.exe qui ressemble tellement à l'un de ceux de Windows.

C'est peut-être juste un hasard. Ce virus se propage en cherchant des adresses e-mail sur les PC infectés. Il se peut que ce virus me soit venu par ma collègue. Sinon cela voudrait dire, soit que quelqu'un dispose d'une trace de tous mes mails depuis plusieurs mois , soit que ces informations se trouvent encore sur le serveur de Wanadoo et que quelqu'un peut y accéder.

Quel serait leur but ? Peut être que les "espions" veulent me faire peur en me montrant de quoi ils sont capables. Ou même, ils m'utilisent pour tester leurs attaques en m'employant comme relais puisqu'ils peuvent prévoir que j'en parlerais sur mon site. Si c'est le cas, ils ont réussi !

J'ai imaginé aussi que ce pourrait être le fabriquant de mon nouvel antivirus qui me l'a envoyé pour prouver qu'il faut faire les mises à jours régulièrement. J'ai d'autres idées encore, mais la plus paralysante est bien celle que les gens comme moi sont des laboratoires vivants pour tester les vrais virus, ceux que l'on n'utilise jamais ou qu'on ne voit pas, qui n'ont pas de bug grossier comme BadTrans.B et constituent de vrais armes stratégiques. Microsoft propose un correctif au bug de Outlook Express mais pourquoi n'y aurait-il pas aussi dans son système des portes qui laissent entrer des virus militaires qui font la même chose que BadTrans.B (lire les mots de passe) mais sans se faire repérer.

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J'ai également lu un document d' "Introduction à la cryptographie" dont j'ai trouvé une traduction française sur internet. En fait ce livre accompagne (gratuitement) la version 6.5.1fr de PGP [le programme de cryptographie le plus fameux].

J'ai appris des choses, notamment cette idée que par une chaîne de 6 personnes on peut être relié à n'importe qui dans le monde (c'est le concept des six degrés de séparation)...

La démarche de Philip Zimmermann, l'auteur de PGP, avait des aspects très politiques : une certaine défiance vis à vis de l'Etat (très anglo-saxon). Le livre développe longuement les aspects concernant la validation des clés publiques (être sûr que l'expéditeur d'un message crypté est bien celui qui le dit). C'est encore assez compliqué et je ne suis pas convaincu qu'en l'état, la cryptographie puisse être mise entre toutes les mains (si on veut qu'elle soit efficace, je veux dire).

L'ouvrage détaille également les différentes méthodes de cryptage. La technique RSA de la première version de PGP apparaît aujourd'hui comme dépassée. Il n'est pas sûr pourtant qu'elle ait été crackée mais on sait faire mieux depuis. On peut s'attendre que d'autres algorithmes apparaîtront encore. Cette science évolue régulièrement et puis aussi, les PC étant de plus en plus puissants, on peut utiliser des méthodes qui nécessitent beaucoup de calculs.

 

15/01/2002

N'ayant pas de réponse des éditions Allia, dimanche, j'ai mis en ligne le texte de ma traduction d'IC2000... Mon texte est suffisamment différent de celui qu'ils ont publié pour que je puisse prouver que c'est un texte différent et d'autre part, il y a mes commentaires qui sont personnels.

J'ai ajouté deux liens qui m'ont été donnés par D. Campbell. Celui vers la version finale du rapport de la commission d'enquête du Parlement Européen dont il existe une version en Français, et un autre vers un texte de Duncan Campbell qu'il appelle IC2001, en anglais. Je n'ai pas encore lu tout ça. J'ai parcouru le document du Parlement qui fait presque 200 pages. Il donne des précisions complémentaires mais rien, fondamentalement, qu'on ne savait déjà. En tout cas, l'existence de ce document rend plus ou moins obsolète le texte IC2000. C'est peut être pour cela que les éditions Allia ne se préoccupent pas de mon courrier. J'avais proposé de mettre une référence à leur bouquin sur ma page, c'est ce que j'ai fait. J'imagine que cela leur convient.

Le lien pour l'accès au document du parlement européen mérite qu'on s'y attarde une seconde. On dirait l'entrée d'un coffre fort. Je me répète, mais il est clair qu'ils ne tiennent pas vraiment que les gens soient au courant du problème. Le lien ressemble à ça :

http://www2.europarl.eu.int/omk/OM-Europarl?PROG=REPORT&L=FR&PUBREF=-//EP//TEXT+REPORT+A5-2001-0264+0+NOT+SGML+V0//FR

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Dimanche soir France 2 avait programmé une émission sur Echelon que j'ai évidemment regardée. Cela m'a permis de connaître la tête de Duncan Campbell et celle de Nicky Hager. rien que pour cela, ça valait la peine de regarder. J'ai noté quelques détails comme l'effectif de la NSA (38 000 personnes). J'avais cherché ce chiffre sans le trouver. On a vu aussi James Woolsey, l'ancien directeur de la CIA, dans le rôle du méchant. Franchement pas sympathique cet homme. Au fond Echelon n'est qu'un épisode de la lutte entre les gentils et les méchants.

Le gros de l'émission ne faisait que répéter ce que j'ai lu, déjà, de nombreuses fois. La télévision était dans son rôle de vulgarisation, elle reprenait le dossier et en faisant une illustration télévisuelle. Je suis pour. Je trouve ça bien d'avoir quelques images des différents sites d'écoute et des acteurs... J'ai pu constater que mon dossier tient bien la route et il coûte certainement beaucoup moins cher ! J'avais l'impression que les caméramans qui ont fait les images pour cette émission s'étaient payé un joli tour du monde aux frais de la télé, quand moi, j'ai tout obtenu par internet depuis chez moi. (je suis un peu jaloux, en fait).

Je pense que je n'aurais pas traité le sujet sous le même angle. Il y avait trop de voix off faisant l'apologie de la puissance américaine. C'est représentatif de ce qui se passe réellement mais je trouve décourageant que la télévision française fasse ainsi le jeu de la puissance américaine. Les français sont bizarres à ce sujet. Ils disent depuis quelque temps qu'ils ont eux aussi leur réseau Echelon. L'émission en parlait et j'ai déjà lu des articles là dessus. Certains parlent même de Frenchelon. mais tout indique qu'il n'y a aucune commune mesure avec le réseau des Américains. La thèse du reportage était que c'était l'une des raisons qui font que l'Europe ne réagit pratiquement pas sur ce sujet. On aurait les mêmes intérêts que les Américains alors que, pas du tout. On devrait au contraire réagir vigoureusement en mettant en place toutes les techniques de protection possibles.

Les interviews au Parlement Européen constituaient la partie la plus importante du reportage pour moi. Plusieurs députés ont été interrogés, mais le sentiment d'impuissance qu'ils exprimaient était surprenant, voire même, choquant. D'après ce que j'ai compris, le Parlement recommande l'usage généralisé de la cryptographie mais ne veut pas le dire trop fort, en espérant que les gens comprendront eux mêmes et prendront l'initiative. C'est du n'importe quoi. Les politiques, c'est vraiment n'importe quoi. Il ne faut pas compter sur eux. C'est eux mêmes qui le disent !!

S'il se confirme que le choix de mettre en place une commission d'enquête européenne qui a permis de faire traîner les choses pendant trois ans était volontaire, je n'en comprends pas bien la finalité. Dès l'origine, la solution évidente était la mise en place du cryptage généralisé. La technologie existait (PGP). Elle était disponible gratuitement grâce à des activistes américains et européens. Je ne vois pas d'autre explication qu'une détestable réaction de défiance de l'Etat vis à vis des individus trop efficaces et clairvoyants. Bullshit !

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J'ai eu ma collègue au téléphone qui m'a confirmé que le virus BadTrans.B venait bien de chez elle. Donc il n'y a pas trop à s'inquiéter. Toutes mes hypothèses n'étaient donc pas fondées. La coïncidence est quand même incroyable, ce qui prouve que le hasard est créateur. Tout ce que j'ai écrit l'autre soir sur l'intelligence de mes espions supposés n'est finalement que l'effet de circonstances "anonymes" (à moins que la main du Très Haut...).

Même si je ne m'affolais pas outre mesure, avant cette vérification, je ne pouvais pas trancher. J'étais obligé de faire "comme si" et de me protéger. Cela signifie aussi que lorsqu'on parvient à faire croire qu'on est capable de ceci ou cela, on a le pouvoir. Les Etats Unis le savent bien. Face à Echelon, plutôt que de paniquer sur ce qu'ils sont capables de faire, on devrait probablement dire : prouvez nous que vous êtes capables de nous écouter !

Sans tomber dans l'excès de confiance cependant. Dans le reportage, l'autre soir, Duncan Campbell expliquait que les américains avaient remis en état un sous marin destiné à écouter les câbles sous-marins. Il en concluait que, très probablement, ils ont réussi à maîtriser la technique pour écouter les fibres optiques, problème réputé insoluble. Il a peut-être raison. Il a peut être tort. (je pense qu'il a tort et que ce submersible fera autre chose).

Je me demande aussi quels sont les objectifs des programmeurs de virus. Si ce ne sont pas les services secrets ou les marchands de logiciels, qui sont-ils et pourquoi ? A quoi peut servir à un illustre inconnu d'aller lire mes mots de passe ? D'autant que, si le virus envoie des mails, très vite l'adresse destinataire sera invalidée. Le virus ne peut marcher que très peu de temps. J'ai l'impression, pour l'essentiel, que ce ne sont que des passionnés d'informatique qui font cela pour le fun, par goût de réaliser un truc difficile. Ceci dit, il ne mesurent peut-être pas toutes les conséquences. La première étant de favoriser l'industrie des moyens de protection, la seconde de donner des informations nombreuses sur les points faibles des systèmes informatiques aux gens qu'ils croient combattre (la police, les espions, éventuellement les terroristes).

 

19/01/2002

D. me rapporte que Michel Houellebecq a gagné près de 14 millions de francs avec ces deux derniers livres. Je ne m'étais pas aperçu qu'un succès littéraire pouvait rapporter autant d'argent (à force d'écrire pour rien !). Cela le met à l'abri du besoin et il a de la chance. Mais cela a aussi un côté assez obscène. J'entends déjà les objections qui disent que ce n'est pas une si grosse somme, que les footballeurs et les pop- stars gagent encore plus, mais l'idée qu'on puisse avoir le projet d'écrire pour ramasser la mise a quelque chose de déplaisant. Je ne pense pas que la littérature serve à ça, ou si c'est le cas, il faut vite en finir.

Je peux dire aussi que D. et moi pourrions, sans rougir, exiger la part qui nous revient de cette somme allouée à Michel Houellebecq. Nous la méritons autant que lui, nous avons autant que lui contribué à faire progresser la littérature et la pensée. C'est plutôt injuste et cruel.

Je n'avais jamais fait le calcul que 700 000 exemplaires à 10 F de droits d'auteur pouvaient faire 7MF, tandis que pour gagner cette somme de manière honnête, au rythme actuel, il me faudrait une vie (35 ans au moins). L'effet du nombre a des conséquences assez démesurées. Ce n'est pourtant pas si difficile d'écrire un livre. Ce n'est pas équivalent de 35 ans de travail quelle que soit la manière dont on présente les choses.

Je n'aime pas l'idée que suggèrent ces chiffres, qui sous entend qu'écrire des livres est d'abord un enjeu de tiroir caisse. Une sorte de loterie à laquelle on participe ou pas, on gagne ou on perd. Mais si on gagne, on s'achète une île au soleil et on déblatère sans fin sur la condition humaine en sirotant des alcools, et sur tout ces cons qui rampent dans les villes, qui n'ont pas trouvé les mots pour dire "fuck you".

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On voit souvent Emma de Caunes à la télévision ces derniers jours. Elle est en "promotion"... Il y a quelques semaines, c'était Charlotte Gainsbourg. Toutes les deux ont maintenant quelque chose d'un peu dérangeant pour moi. On les as vu comme des gamines. Elles ont désormais les certitudes que donne la jeunesse. A la fois la beauté au top et le cerveau au meilleur de sa forme. De plus, dans les deux cas, elles profitent d'une assurance que leur a apporté la proximité de leurs parents et des amis de leurs parents, ce qui fait pas mal de gens intéressants et talentueux !

Quand je vois ce genre de jeunes femmes, il n'est pas rare que cela me ramène Alicia en mémoire, et je me demande ce qu'elle est devenue à présent. Je l'ai bien connue lorsqu'elle avait, elle aussi, une vingtaine d'années et n'ai plus aucune nouvelle d'elle depuis dix ans maintenant. Mais elle est toujours présente dans mon esprit, comme un reproche, le sentiment de quelque chose de pitoyablement raté qui peut ressurgir n'importe quand, n'importe où, pour me demander des comptes. Personne ne peut me comprendre sans prendre en compte cet aspect des choses. Et à l'inverse, je peux peut-être mieux que beaucoup, comprendre, ce qui se passe dans la tête d'anciens bourreaux qui vivent reclus, craignant d'être rattrapés par leurs victimes, même si, en l'occurrence, dire qui est la victime, d'Alicia ou de moi, n'est pas si clair que ça. Je me demande comment elle est devenue avec les années. Est-ce que c'est un mère de famille flanquée d'une ribambelle de marmots ? Me plairait-elle encore physiquement ? Est-elle devenue conne et mesquine ? J'imagine toutes sortes de choses dans lesquelles elle est généralement une vilaine bourgeoise et c'est un peu comme si une partie de moi avait la vie dégoûtante que j'ai toujours évitée. Curieux non ?

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J'ai étudié une bonne partie d'un document sur Freenet. Il s'agit au départ du travail de fin d'étude d'un étudiant de l'Université d'Edimbourg en 1999 ( !! La même ville que Duncan Campbell !? ). L'idée est de créer un réseau sans aucune hiérarchie, ni administration. Le principe est de faire en sorte que tous les ordinateurs qui sont connectés à internet servent aussi de serveur. L'information serait enregistrée dans le réseau mais on ne saurait pas dire exactement où, ce qui est censé offrir une grande garantie contre toute censure.

Ce système trouve son origine dans certaines idées anarchistes et néo-darwiniennes : liberté absolue et autorégulation complète pour le bien de la majorité. Pour que cela marche, il suffit qu'un certain nombre de personnes mettent à la disposition de la communauté un peu d'espace sur leur disque dur (1 Go par exemple) et qu'elles restent connectées 24h/24. Tant qu'on accède à internet par ligne téléphonique, ce n'est guère possible mais pour ceux qui ont un raccordement ADSL, c'est réaliste... Les programmes nécessaires ont été développés (ils continuent d'évoluer) et ils sont disponibles gratuitement sur internet. Un réseau freenet existe déjà semble t-il. J'ai essayé d'y accéder mais je n'ai pas réussi. Probablement qu'il faut choisir entre le programme freenet et le pare-feu qui interdit toute intrusion sur mon PC. Ça n'a pas marché. Peut-être aussi un problème de paramétrage.

Il faut dire que la documentation est plutôt succincte !

Donc dans un réseau Freenet, tous les ordinateurs sont des nœuds d'un réseau et il peuvent garder de l'information. Il existe très peu de fonctions à implémenter : demander une information, envoyer une information, réponse d'erreur et ajouter une information dans le réseau. D'après le document que j'ai étudié, il semble qu'il soit même possible que les nœuds disposent de logiciels différents, dont les règles de gestion de l'information seraient différentes. C'est quand même très fort !

Le fonctionnement de ce système est assez curieux. Lorsqu'une information est très "populaire", elle a tendance à se multiplier et à migrer vers les lieux où elle intéresse d'avantage d'utilisateurs. Ainsi une page web qui serait introduite dans le réseau en Afrique, si elle concerne beaucoup de lecteurs aux Etats Unis, irait se loger sur les serveurs installés aux Etats Unis, en de multiples points. Chaque utilisateur y accèdera de la même manière mais au point le plus proche de chez lui. Un des premiers avantages est de diminuer le trafic sur le réseau.

Mais un autre aspect de ce système est qu'il devient nécessaire que certaines données soient effacées. Le principe est que, dans chaque nœud du réseau, lorsqu'il est nécessaire d'inscrire une nouvelle information, on efface celle qui n'a pas été lue depuis le plus longtemps. Il est donc probable que des informations seront éliminées du réseau parce qu'elles n'intéressent plus personne. C'est le point délicat. L'auteur donne quelques arguments. D'abord, si peu de personnes sont intéressées par un sujet, l'information se concentrera sur un petit nombre de points et donc deviendra pour les nœuds concernés une information plus fréquemment accédée et ne sera pas effacée. Ensuite, plus le réseau grandira, plus la place mémoire disponible sera grande, et l'auteur prétend que la taille des mémoires augmentera plus vite que la capacité de production d'information. Je dois dire que je ne suis pas complètement convaincu. Je pense que ce type de réseau doit perdre de l'information et je trouve cela assez angoissant dans le principe. Qui peut juger qu'une information n'intéresse plus personne ? Certains documents datant du moyen age ne sont consultés que très rarement par seulement quelques universitaires. Cela signifie t-il qu'on a le droit de les oublier ? Et laisser le hasard agir lorsqu'on ne sait pas décider me gêne un peu.

Ce réseau doit déjà héberger une grande quantité d'images de cul et de copies illicites de fichiers MP3. L'inventeur (il s'appelle Ian Clarke) trouve cela, sinon normal, du moins démocratique ! Je crains que malheureusement cette belle idée ne se limite à un amusement d'étudiants. Peut-être il y aura t'il des évolutions fonctionnelles... Comment les informations sont elles mises à jour par leur auteur ? ça non plus je n'ai pas vu. J'ai bien l'impression que cette possibilité n'existe pas. C'est quand même très gênant si on a diffusé un texte avec des erreurs qu'on souhaite corriger. J'ai lu aussi quelque part qu'une copie d'un site web avait été "gravée" sur Freenet. Cela veut-il dire qu'il existe maintenant un moyen de rendre une information indélébile ?

J'ai aimé cette idée d'informations inscrites dans un réseau plutôt que sur des serveurs reliées par un réseau. C'est dans l'ordre des choses et c'est aussi une idée qui m'avait effleurée il y a quelques temps quand je me demandais ce qu'il restera de mon site internet dans mille ans.

Naturellement, comme on ne sait pas, à priori, où se trouvent les information dans freenet, on ne peut désigner le serveur comme on le fait sur li'nternet "classique". A la place, les informations sont identifiées par une clé. Ce n'est pas très parlant non plus ! Voici un exemple de clé Freenet, je ne sais pas ce qu'il y a derrière :

freenet:CHK@uOvGcGCX-621hkCEDdbCg1XIKWwQAwE,tGPfR-G7gTedSKJmMHLa5Q

Pour télécharger les programmes d'accès à Freenet, c'est là : http://freenetproject.org/cgi-bin/twiki/view/Main/WhatIs

A la page Philosophie de ce site, on trouve un texte de Ian Clarke emprunt de naïveté. Il prétend qu'il vaut mieux la liberté totale que les droits d'auteurs (et Dieu reconnaîtra les siens !). Si le web permettait une vrai liberté, il faudrait qu'il soit possible de coller des liens sur les pages existantes écrites par d'autres. Ainsi je pourrais annoter le texte de Ian Clarke en disant en quoi le paiement volontaire est un concept illusoire. Depuis un an que mon roman est en ligne, jamais personne ne m'a envoyé un chèque et je crois que ce n'est pas demain la veille !

 

24/01/2002

J'avais aujourd'hui un avis du facteur pour un colis que je suis allé cherché à la poste. Aucune surprise à cela car j'avais fait moi même la commande sur internet. Pourtant, je me suis senti fier et heureux d'être destinataire d'autant d'intelligence et d'humanité. Tout était bien rangé dans le carton. Il contenait le libelle "le complot de l'art" de Jean Baudrillard, "l'assassinat considéré comme un des beaux arts" de Thomas de Quincey, "le livre de l'intranquillité" de Pesoa et la cassette "Buena Vista Social Club" de Wim Wenders que je veux revoir. Du bon temps en perspective !

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J'ai finalement réussi à me connecter au réseau freenet. C'était bien un problème de paramétrage. Il est obligatoire d'autoriser le logiciel à se comporter comme un serveur pour que cela fonctionne (mais mon pare-feu est OK, il sait le gérer). Il fallait aussi quelques adresses d'autres nœuds du réseau pour pouvoir dialoguer (une, au moins). Il suffisait de clicker une option d'installation pour cela (déconseillée dans les pays totalitaires car elle permet de repérer immédiatement les nouveaux utilisateurs du réseau).

C'est pas mal fichu comme système. Chaque machine reliée au réseau est un nœud qui stocke des données pour son usage propre ou pour les retransmettre à d'autres nœuds. Pour interroger ce réseau, le programme interroge les nœuds qu'il connaît comme nous interrogerions nos proches lorsque nous voulons savoir quelque chose. Si l'un de ces nœuds connaît la réponse, il la donne, sinon il demande à son tour à d'autres nœuds, et ainsi , de proche en proche dans tout le réseau. Lorsque la réponse revient, elle arrive forcément d'un des nœuds interrogés au départ qui, lui aussi, conservera l'information pendant un certain temps, pour répondre à une autre demande éventuelle. Ce principe permet de disséminer l'information sur l'ensemble du réseau freenet.

Ceci dit, j'ai dû attendre après minuit pour avoir une réponse. A chaque requête, tous les nœuds étaient indisponibles. Il est difficile de dire si c'est un problème d'accès (le délai de réponse de freenet est supposé s'améliorer à mesure qu'on l'utilise). Je n'ai pas assez d'information. Il se peut aussi que le résultat ne correspond pas à ce qu'en attendait l'auteur et que ce rêve libertaire ait du plomb dans l'aile. Dommage.

Ailleurs, j'ai lu que le système permet de gérer des clés publiques et privées pour autoriser la modification des données seulement par l'auteur, ceci dans un anonymat complet. Les mises à jour sont donc, hereusement, possibles.

Je me demande simplement à qui peut servir un réseau de ce type quand on peut quand même dire pas mal de choses sans se cacher. D'autant que l'anonymat fait perdre beaucoup de crédibilité à une information qu'on trouverait sur internet ou freenet (cela dépend des sujets, mais je pense aux révélations à caractère politique).

 

26/01/2002

Mort de Pierre Bourdieu cette semaine. Satisfaction au moins pour moi, de l'avoir lu avant sa mort (il y a moins d'un an !). Je ne l'imaginais pas si âgé. France Culture va lui consacrer plusieurs émissions. J'ai été surpris du ton de l'une d'elles : les journalistes (Adler et Colombani) prétendaient que ce qu'il avait dit sur la télévision n'était pas très intelligent. Beaucoup de poncifs, disaient-ils. J'ai lu ce livre, et l'ai trouvé pas mal. Peut-être pas génial, mais juste. Et d'entendre des réactions si vives de journalistes continue de m'étonner; je les trouve de plus en plus suspects dans cette démocratie ! Il ont vraiment un problème avec la critique. C'est pourtant salutaire. Mais pour qui nous prennent-ils ? Comme si nous ne savions pas qu'ils doivent faire face à de très fortes contradictions !

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Pas reçu de réponse des éditions Allia. Ils n'écriront plus maintenant, je pense, et je considère leur silence comme un accord. Enfin je l'espère, et qu'ils ne me feront pas un coup tordu un peu plus tard en réagissant de manière frileuse.

C'est par rapport à D. Campbell que je ne sais pas comment réagir. Dois-je lui écrire de nouveau pour le mettre au courant ? Il m'avait dit de m'entendre avec les éditions Allia, je peux considérer que c'est fait, mais j'aurais préféré quelque chose de plus net.

 

27/01/2002

Discussion sur la page "format de fichiers" que j'ai réalisée.

Ce samedi j'ai terminé la page sur les formats des fichiers qui fait partie de mon dossier Echelon. J'avais hâte de terminer. C'était long ! Le document qui résulte de cette étude me donne quelques états d'âme. A t-il sa place sur le site, et sur internet en général ? C'est limite. Mais c'est aussi un type de document qui restait jusqu'ici, en général, non publié. La gratuité du support internet permet ce genre de document. C'est une découverte pour moi; un fait probablement encore peu connu. Je n'imagine pas qu'un tel document soit publié autrement. Même une thèse d'université aurait écarté ce type d'annexe pour ne conserver que les conclusions. Pourtant ce document a un intérêt en l'état. Je l'ai repositionné comme étant un travail d'archéologie pour expliquer l'approche. C'est bien cela : la recherche de sens sur des documents alors que certaines règles et intentions initiales nous sont inconnues. J'aurais pu aller beaucoup plus loin, sans doute, dans mon analyse en recherchant des documents qui décrivent les formats des fichiers. Il y a au moins la RFC qui parle de MIME que j'ai récupérée et que je dois lire.

Je crois que j'ai franchi une limite et ne suis plus dans le domaine de l'art. C'est probablement ce qui m'agace le plus car je voudrais aussi terminer ce que j'ai commencé, pour que mon dossier Echelon soit complet. Je m'aperçois que créer une page web peut demander vraiment beaucoup de travail. Celle sur les formats de fichiers, rien que pour la mise en page, m'a absorbé plus de deux jours de mon précieux temps libre. Pourtant, elle véhicule relativement peu d'idées. Tout est dans le titre du thème "une complexité croissante" et je me contente de le décliner avec des exemples. Je décris la complexité mais n'apporte rien de plus. C'est que je n'ai pas choisi mon camp. Soit je suis du côté des espions et j'explique comment on peut faire pour traiter les fichiers de tout type en partant du principe que les personnes ciblées sont en général naïves et peu méfiantes (sauf quelques unes mais celles là, il faut les marquer à la culotte et mettre les moyens nécessaires), soit je suis du côté des "agitateurs" et dans ce cas, je connais un tas de techniques qui pourraient embêter l'autre bord, en utilisant des formats multiples, en les mélangeant, en faisant croire aux ordinateurs que le fichier est d'un autre type que celui qu'il a réellement, en multipliant les combinaisons. En bref, en utilisant la complexité comme une arme. L'autre approche est celle du cryptage. Elle protège la confidentialité des messages mais les ordinateurs détectent immédiatement qu'il s'agit de messages cryptés. Il ne doivent, en général, même pas tenter de les décrypter. Si on souhaite rendre les services d'écoute inefficaces, il vaut mieux les inonder de données plutôt que de faire le tri pour eux. C'est pourtant ce à quoi aboutissent les programmes de cryptage. Ils séparent les messages en deux catégories. Celle des informations secrètes mais inaccessibles et les informations en clair qui peuvent aussi fournir des quantités de renseignements.

Il n'est pas impossible aussi que l'analyse de mot clés contenus dans les messages puisse donner des informations sociologiques qui permettent de connaître l'état de l'opinion. Depuis le 11 septembre 2001, par exemple, le nom de Ben Laden doit avoir une notoriété beaucoup plus grande qu'auparavant, même si, comme je l'entends sans cesse, tout le monde le connaissait avant (sauf moi).

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Je m'appesantis sur cette page web et sur les progrès de mon dossier car je dois décider de la suite à donner. Poursuivre ou abréger. Le constat que je fais est que je suis sorti du domaine de l'art (mon objectif principal pour le site) et cela me pose un problème de fond. Qu'est-ce que l'art d'abord ? Puis-je être aussi certain que cela n'en n'est pas ? Et puis l'art, on s'en fout ! S'il devait être dépassé par quelque chose qui aurait un champ d'action plus large, il n'y aurait pas à hésiter. Ce serait plus important. D'un autre côté, l'art ne peut évoluer qu'en allant picorer autour de lui vers des domaines qui ne sont "pas encore" de l'art.

Ça pose aussi la question des lecteurs. Cette page n'est elle pas inaccessible à un si grand nombre ? Est-elle utile pour vulgariser des informations actuellement réservées aux techniciens. J'imagine que beaucoup de gens ignorent ce qui se passe dans les laboratoires. Cette idée me fait paniquer. Je sens que j'atteins mes limites, les limites de mes certitudes et de mon conditionnement (de mon éducation). Je crois que les scientifiques ont un réel problème avec la compréhension des autres. A tous les niveaux. Ils partent du principe qu'il n'y a qu'eux qui peuvent comprendre les aspects mathématiques et techniques d'un sujet et que pour les autres, les non techniques, il faut traduire et surtout simplifier. Je suis personnellement très imbibé de cette manière de penser mais force est de constater ses limites. Tout mon dossier Echelon ramène à ce problème. Le rapport Campbell explique t'il correctement de quoi il s'agit ? De mon point de vue, oui. Il est extrêmement précis mais j'ai été surpris lorsque R m'a exprimé qu'il voulait en savoir encore plus. Il a comme moi la formation technique qui convient mais comprend t'il la même chose que moi ? Peut-être que le fait d'avoir beaucoup lu de littérature et d'avoir écrit, me donne des outils supplémentaires de compréhension d'un tel texte dans ses non-dits, ses implications politiques, etc. En face, lorsque je fais le compte autour de moi de tous les gens qui ne peuvent, en aucun cas, comprendre ce texte (même après traduction), je suis un peu affolé. J'ai toujours cette difficulté pour me situer sur l'échelle de l'intelligence pris comme une mesure de "valeur" des humains. Je sais bien que je suis dans la moitié supérieure de cette classification mais à quarante ans passés je ne sais toujours pas si ma place est dans le gotha de ceux qui pèsent sur le cheminement de l'humanité. Mon trouble est profond sur ce point. D'autant que l'idée d'un petit cercle, même s'il semble difficile de le nier, pose des questions par rapport à toute la foule des "non élus". Que font-ils sur terre et quel est le sens de leur vie ? Les éternelles questions, mais pour lesquelles il faudrait trouver deux réponses au lieu d'une ! (une pour moi et une pour les cons).

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J'ai lu une partie du livre de Baudrillard et n'y ai pas compris grand chose. C'est souvent le cas avec les gens formés au structuralisme. Je ne comprends peut-être pas tout, mais j'ai surtout l'impression qu'ils s'expriment comme des vaches et ne se comprennent qu'entre eux. Je ne remets pas en cause l'intérêt de ce qu'ils racontent mais s'il n'est pas possible de les comprendre, à quoi bon ?

Le livre de Thomas de Quincey est étrange d'aspect. Les pages sont jaunies. Et en y regardant de plus près je me suis aperçu qu'il a été, semble t'il, imprimé en 1975. Ça fait une paie ! Cela semble dire que ce livre ne se vend pas beaucoup. Il y aurait longtemps que n'importe quel libraire s'en serait défait. Les achats sur internet permettent donc de ressortir les fonds de tiroirs, et ce qui me fait plaisir, fait du bien aussi aux éditeurs qui peuvent ainsi passer leurs vieux stocks. Si je compare avec la vidéo, la différence est grande. Je voulais me procurer celle du film "west side story" qui est sortie il y a deux ou trois ans mais devenue aujourd'hui introuvable ! Un film connu, pourtant. On voit bien que la solution d'avenir est celle d'une fabrication sur mesure. Pour les fouineurs comme moi, il faut la possibilité de produire les livres ou les cassettes à l'unité. Même si c'est un peu plus cher. C'était le concept de "publibook" et "manuscrit.com" avec leur machines à imprimer les livres (où en sont-ils, au fait ?). Mais pour que cela marche il faudrait qu'ils proposent aussi des textes rares dont le marché trop limité ne justifierait pas la réimpression (Le voyage du Beagle de Darwin en édition française par exemple ! ).

J'ai été surpris aussi d'apprendre que de Quincey, ce n'est pas d'hier ! J'ai acheté ce livre parce que j'en avais entendu parler, mais je croyais que c'était un truc, peut-être, des années 1960. Enfin, je ne savais pas trop. Du coup, ce n'est pas exactement ce que j'attendais... Je vais le lire néanmoins. Beaucoup d'humour et de perversité semble t'il. Anglais quoi !

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Je ne me souviens pas avoir noté cela. C'était à propos du chanteur Serge Lama qui n'est pas ma tasse de thé mais qui expliquait qu'il écrit tout le temps, une chanson par jour. Il en a des centaines en réserve. Tout ça pour ne produire que quelques disques, même pas un par an. Pas très efficace comme processus. Je souligne cela parce que, dans mes notes justement, je trace au fil de l'eau sans pratiquement aucune censure. Je trouve qu'il y a des idées (bien autant que dans les chansons de L mais ce n'est pas tellement la question). Ceci pour dire que ce flot de paroles auquel je m'adonne depuis un an, il est aussi pratiqué par des milliers d'auteurs comme moi. Ça s'empile dans les armoires et sur les disques durs : on a transformé les kilogrammes de papier en kilo-octets d'enregistrements mais le problème n'est pas résolu pour autant. C'est un appel au silence. Comme me l'écrivait D l'autre jour, faire le compte de ceux qui n'écrivent pas ! Le silence ne me paraît pas être la solution non plus. Je l'ai beaucoup pratiqué et je suis convaincu qu'écrire ou parler aide à (se) construire. Mais nous sommes menacés par l'insignifiance. Je dirais même que nous sommes insignifiants et ce, d'autant plus que nous écrivons (enfin, oui et non, ça se discute !! ).

 

03/02/2002

Dans un entretien rediffusé après son décès, Pierre Bourdieu décrivait sa vision de la sélection à laquelle il avait été confronté. Il racontait qu'il était d'origine modeste et comment, par la force des choses, il était devenu "bizarre". Il décrivait aussi l'épreuve que constitue la première leçon au Collège de France où il était professeur. L'usage veut que cette leçon soit lue devant ses pairs à partir d'un texte publié à l'avance. Il est vrai qu'il y a de quoi s'étonner que ce soit au plus haut niveau, que des contraintes aussi injustifiables s'appliquent efficacement. Ce n'est pas une idée nouvelle pour moi, plutôt une nouvelle incitation à rompre les ponts, tant il est vrai que le Système - mais n'importe quel Système - ne peut que mettre en avant les plus dociles.

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Les ouvriers sont venus cette semaine pour restaurer la toiture et comme le vent était très fort cette nuit, je me suis aperçu que les bruits de la maison ont changé et qu'il faut les redécouvrir. La lumière de la pleine lune projetait l'ombre des branches agitées du sapin sur les murs de la chambre. Cela donnait l'impression qu'une créature menaçante tentait d'entrer par la fenêtre.

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La page sur la stéganographie que j'ai réalisée pendant la semaine aboutit à une forme assez nouvelle. J'en ai fait un jeu en me disant que finalement le mieux était de mettre les lecteurs "à l'épreuve". Il devront trouver le message caché dans l'image que je présente. Ce n'est pas très facile, car il faut d'abord trouver le logiciel qui le permet et je ne donne pas trop d'indication. On trouve plusieurs logiciels de ce type sur le net et je me demande s'il se présentera un individu suffisamment piqué au vif pour essayer de sélectionner celui qui détectera la présence de mon message dans l'image. Ensuite je demande de dire qui est l'auteur de ce texte. Si on a un peu de culture, ce n'est pas sorcier et je trouvais amusant de faire basculer l'enquête d'un univers technique vers quelque chose de plus romanesque !

J'avais l'idée de mettre un lien vers cette page depuis la page d'accueil du site. Je vais y réflechir. Pour l'ensemble de ces dernières pages, le problème se pose, car elles risquent d'être noyées dans le dossier Echelon alors qu'elles s'en démarquent nettement.

 

04/02/2002

J'ai poursuivi la lecture du livre de Jean Baudrillard, "le complot de l'art". Le livre continue avec des entretiens de l'auteur à propos de ce texte paru à l'origine dans Libération et ses commentaires sont finalements plus clairs que le texte de départ. C'est Baudrillard lui même, qui pointe l'une de ses faiblesses. Il s'étonne qu'on ne lui ait pas reproché. Le fait qu'il emploie le mot "nul" dans des sens différents et contradictoires. L'art est nul parce que sans intérêt ou, l'art est nul dans le sens d'une mise en avant du rien qu'il voit en particulier chez Warhol.

Etrange ce qu'il fait de Warhol. Il en parle beaucoup et ne parle pratiquement que de lui. C'est une méthode à l'évidence mais je ne comprends pas très bien où il veut en venir. Baudrillard est déjà dans un discours artistique semble-t'il et c'est plutôt paradoxal.

L'un de ses interlocuteurs (une interlocutrice, en fait), lui fait remarquer que prétendre que la majorité des œuvres actuelles sont nulles n'est pas acceptable en soi car, s'il y a effectivement de l'art, il est par nature dans la minorité restante. Je pense qu'elle a raison.

Baudrillard évoque aussi Duchamp (comme le font tous les commentateurs de l'art moderne). Il prétend qu'après Duchamp, le monde entier est devenu un ready-made. Cette idée m'interpelle mais je ne suis pas tellement d'accord. Si l'urinoir de Duchamp est incontestablement une œuvre d'art, peut-on le dire pour autant, de tous les urinoirs ? Je ne le pense pas et je trouve que Baudrillard se trompe en généralisant trop vite. D'ailleurs ce n'est même pas l'urinoir en question, qui est une œuvre d'art mais le projet de Duchamp à son propos. Tout ce que dit Baudrillard concernant les objets sacralisés, je le ressens d'avantage pour ma part, comme une perte des objets. L'art s'en serait (définitivement) détaché et ce malgré le fait que les œuvres suscitent d'incroyables spéculations. J'ai parfois l'impression que c'est le discours sur l'art qui est nul, plus que l'art lui même. Et en ce sens, Baudrillard ne se démarque pas fondamentalement des autres. Le discours sur l'art n'est jamais qu'une analyse historique qui tente de mettre en avant quelques périodes clés, toujours à peu près les mêmes (mais pas toujours, snobisme oblige ! ). On cite Cezanne, Kandinsky, Warhol, Duchamp. On peut déjà remarquer que ces "instants" sont associés à des noms propres comme si, pour chacun de ces peintres, il n'y avait qu'un instant de grâce, qu'une seule œuvre, ce qui est déjà une mise aux normes un peu forcée.

J'ai noté quelques autres phrases que je rapporte sans commentaire :

"l'abstraction a pour finalité (comme toute la modernité d'ailleurs) d'avancer vers une exploration analytique de l'objet; c'est à dire d'écarter le masque de la figuration pour trouver derrière les apparences, une vérité analytique de l'objet et du monde".

"... et je me demande s'il n'y a pas déjà là une corruption de l'art par la science".

"Warhol réintroduit le néant au cœur de l'image."

"Personnellement, je trouve l'art de plus en plus prétentieux. Il a voulu devenir la vie."

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Aux infos du soir, un "sujet" qui pourrait bien donner raison à Baudrillard. Ils étaient allés voir le ministère des finances pour faire le point sur la mise en place de l'Euro. Ils montraient les billets en franc qu'on trouillote lorsqu'ils arrivent à la banque (oui, on dit bien trouilloter, enfin si on est dans la course !), puis on les passe dans des broyeuses à documents pour enfin les compacter sous forme de briques ! Un monsieur très bien qui devait certainement avoir des responsabilités significatives, précisait en les montrant sur son bureau, que ces briques étaient faites d'un grand nombre de billets. Un seul type de billet pour chacune d'elles, par goût d'une certaine pureté, j'imagine, Celle à la droite de l'homme, était constituée d'anciens billets de cinq cent francs et il y en avait, disait-il, pour cinq cent mille francs. Je le crois sur parole. Difficile de ne pas penser aux compressions d'Arman. Le reportage le suggerait sans le dire explicitement comme une sorte de complicité entre les journalistes et ceux "qui peuvent comprendre". En conclusion la voix off rapportait que les gens de la monnaie "réfléchissaient" à la possibilité de ne plus brûler ces briques mais de les vendre comme des souvenirs du franc disparu. Il n'osaient pas dire "comme des œuvres d'art" mais ils le pensaient très fort et c'était assez pathétique comme dans la fable de la grenouille et du bœuf.

C'était pathétique aussi parce qu'ils essayaient de se convaincre que ces billets obsolètes n'avaient pas perdu toute valeur, j'allais dire, toute signification ! Et dans leur mode de pensée, le seul moyen de redonner de la valeur à des détritus, c'est d'en faire, comme Arman avec ses compressions, des œuvres d'art. On voit jusqu'à quel point notre mental est perverti par des trucs.

 

09/02/2002

J'ai trouvé le temps de mettre mes dernières pages en ligne pendant la semaine. Celles concernant les formats de fichiers et celle sur la stéganographie. En me relisant tout à l'heure j'ai corrigé de nombreuses fautes . Il faudra donc que je "relivre" les fichiers sur le serveur.

J'ai modifié la page d'accueil du site pour annoncer le jeu sur la stéganographie. On verra si cela obtient un écho. Je vais sans doute reprendre bientôt cette page d'accueil pour mettre mes notes d'artistes en valeur, vue l'importance quelles ont prises. Concernant Echelon j'ai encore des choses à terminer. Une dernière page autour de l'analyse de messages et le chapitre sur le cryptage. Après j'arrête !

Je souhaite revenir sur des réalisations plus classiquement artistiques. Produire les nombreux applets que j'ai en tête et aussi mettre à jour la page sur "ce qui change", qui elle, ne change pas beaucoup ! Je veux trouver aussi une autre manière de présenter mes applets. Je ne pense pas possible de simplement mettre les nouveaux dans le tableau à la suite des anciens. Il faudrait mettre des choses en avant. Montrer les nouveautés. D'un autre côté si je complète les séries commencées l'an dernier, je ne sais pas comment je vais m'arranger pour que cela se voit.

Il est toujours question de "remplir". Pas de raison de changer cet aspect du projet pour l'instant.

Mon projet reste valide, de mon point de vue, et je pense continuer d'y consacrer du temps. Pourtant son influence n'est pas très importante ! On me dit parfois que c'est bien, mais pas une fois encore on m'a dit "ça m'a donné l'idée" de faire ceci ou cela. En tout cas je n'en n'ai rien su, et je ne connais aucun site sur le web qui s'inspire du mien. Mais peut être que je suis inimitable !

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La radio parlait d'un médicament, la stabuline, utilisé pour soigner le Sida. Un article est paru dans le monde diplomatique et la radio s'en faisait l'écho. On disait que cette molécule a été inventée par un professeur de l'université de Yale à qui cela rapporte maintenant 6 milliards de dollars de royalties par an. Il s'agissait d'une recherche en majorité publique (70% au moins) mais l'université a vendu la licence à une entreprise pharmaceutique qui commercialise le médicament très cher. C'est ce qui est choquant quand on sait que ceux qui en ont le plus besoin - les africains - ne peuvent se le payer. L'industrie pharmaceutique est celle qui génère les plus gros profits, 30% par an (je croyais que c'était le trafic de drogue ??).

Parmi les deux journalistes auteurs de cette enquête, l'un était Philippe Rivière que je connais pour avoir lu ses articles sur Echelon. Cela me le rend sympathique. C'est sans aucun doute un fouteur de merde et j'apprécie ce genre de personnage qui sont finalement ceux qui pèsent le plus sur le cours des choses. Mes lectures sur Echelon m'en on fait découvrir un certain nombre et je me sens désormais plus proche d'eux.

P. Rivière s'intéresse à présent aux questions sur les médicaments et probablement à la biologie. C'est bien naturel car les enjeux sont là, maintenantt. Cela ne m'a pas échappé. C'est aussi le signe une reprise de contrôle par les "institutions" face au joyeux bordel de l'informatique. La biologie est affaire de laboratoires et je ne pense pas qu'il soit possible de bricoler des clones dans son garage comme cela a pu se passer avec l'informatique. Enfin jusqu'à preuve du contraire. Je sais aussi que la biologie me dépasse complètement. Ce ne sont pas les trois mois que j'ai fréquenté l'université de la Doua qui pourraient suffire. Je sais très peu de choses sur ces sciences et sur l'état de l'art en matière de génie génétique. Je sais qu'on a décodé de longues séquences d'ADN, ces dernières années, mais quelles en sont les conséquences ? je n'en sais trop rien. J'ai d'ailleurs trouvé des documents sur ce sujet sur le site du parlement européen mais je n'ai pas encore prise le temps de les lire.

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Je me suis trouvé entraîné dans une conversation animée sur Echelon à la fin d'un repas au restaurant d'entreprise. Comme c'est un sujet que je maîtrise bien désormais, cela me conduit parfois à bousculer les certitudes de mes interlocuteurs. Chacun réagit à sa façon. Avec P., le ton s'est animé conformément à ses origines italiennes ! D'autres restent plus sur la réserve et reçoivent les coups par des "oui" et des "ah"... Je ne vais pas tarder de reparler de "surhumain", à la manière de Nietzsche, car c'est bien ce vers quoi je tend ! Au départ, je voulais simplement être artiste ou écrivain mais peu à peu, à mesure que j'élimine les ambitions naïves et contestables, ce qui reste est cette volonté de me démarquer, de ne pas simplement suivre l'opinion général pour parvenir à un niveau d'analyse - plus exactement de compréhension - supérieure.

 

12/02/2002

Nous avons eu l'annonce de la candidature de Jacques Chirac aux élections présidentielles. On a pu observer ses talents d'acteur lorsqu'il a fait mine d'être surpris par la question de la maire d'Avignon lui demandant à la tribune, s'il serait candidat, alors que cette question avait été préparée à l'avance. Les méchants socialistes ont souligné le choix symbolique de cette ville, capitale du théâtre ! On a vu aussi l'émotion de Chirac qui se traduisait dans sa voix et les signes d'excitation. On prétend toujours que les politiciens sont des êtres froids et calculateurs. Je n'en n'ai jamais été totalement convaincu. Comment d'ailleurs pourraient ils avoir envie d'être président de la république si ce n'était pas poussé par un irrépressible désir de jouir de la puissance et d'être regardé.

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A l'occasion du début du procès du tueur en série Patrice Alègre, un spécialiste explique qu'il ne faudra surtout jamais le relâcher : parmi les 298 cas qu'il a étudié de par le monde et qui ont été remis en liberté, 298 ont récidivé. Tous ! C'est troublant. On peut bien entendu douter de cette étude mais cet expert semblait sérieux. Il n'a d'ailleurs pas caché la limite des chiffres qu'il donnait. Les serial-killers sont des êtres difficiles à cerner. Patrice Alègre n'a pas la tête d'un tueur, il a même un visage plutôt sympathique, pourtant le récit de ses crimes traduit une sauvagerie extrême. Pour illustrer les commentaires sur ce procès, le compte des serial-killers français a été rappelé. Landru et Petiot d'abord, puis Thierry Paulin qui assassinait des vieilles dames dans l'est de Paris et qui est mort du Sida en prison. Les autres sont Guy George, Francis Holmes et Patrice Alègre. Ce catalogue donne l'impression embarrassante que ce genre de personnage est de plus en plus fréquent ce qui serait plutôt le signe d'une décadence.

 

15/02/2002

Je pense terminer aujourd'hui la lecture de "l'inceste" de Christine Angot. Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, je n'en n'apprécie pas le style, mais il m'a intéressé. Je l'ai acheté après avoir vu son auteur plusieurs fois à la télévision et observé son incroyable mauvais caractère. Pour savoir, en fait. En la lisant, j'ai l'impression de rester extérieur à ce qu'elle raconte. C'est une histoire de lesbienne et je ne parviens pas à faire la part de la fiction et de l'autobiographie... Elle aime beaucoup le téléphone, semble t-il, et possède tous les services et les gadgets (sans fil, répondeur, signal d'appel) alors que moi qui vend des téléphones je les utilisie si peu ! Bref, ce livre me semble tracer un échec de la littérature tant il est vrai que si je ne peux comprendre cette lesbienne sadomaso au travers d'un livre, il y a de l'universel qui vacille. Et si l'espoir de comprendre est perdu, il n'y a plus rien à espérer.

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Plusieurs philosophes étaient réunis par la radio pour parler du sentiment de haine devenu sujet de réflexion après les attentats du 11 septembre. Glucksman y participait. Il a eu une répartie brillante lorsque quelqu'un mettait en avant le projet moral de Spinoza "aime ton prochain comme toi même" en répondant "je suis tout à fait d'accord, mais peut-on dire qu'on s'aime soi même ?". Je n'ai pas tout retenu de ces échanges qui sont entrés en moi pour être digérés et recombinés à ma manière dans quelque temps, comme d'habitude. L'importance de faire la différence entre le désordre des banlieues et le cas du milliardaire Ben Laden vivant en seigneur dans le désert. La signification de la cible choisie, New York, ville la plus internationale que l'on peut imaginer et l'idée fausse que les victimes sont des Blancs. Et surtout, les entendre faire le constat de l'incapacité pour la philosophie à penser le mal et la supériorité du roman qui comprend mieux la réalité humaine. Glucksman va chercher dans Dostoïevski pour "cerner" Ben Laden.

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A propos de Ben Laden encore, j'ai entendu qu'il serait peut-être toujours vivant, retranché dans les montagnes entre l'Afghanisthan et le Pakistan. Les américains ont récupéré de l'ADN des membres de sa famille pour pouvoir l'identifier, à coup sûr. Mort ou vif.

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Autre sujet. On dit que l'émission Star Academy sur TF1 a obtenu d'avantage d'audience que Loft Story. On en a pourtant moins parlé vu que l'effet de nouveauté était fortement atténué et pour ma part, je n'ai jamais regardé Star Academy, pratiquement. C'est la question de la nouveauté et de sa diffusion dans les masses. Et, plus personnellement, une inadaptation que j'avais déjà constatée auparavant. Ce n'est pas la première fois que je me sens décallé du mouvement. Il y avait eu par exemple, le groupe Genesis dont j'étais fan jusqu'au moment où ce groupe était devenu réellement populaire. Il ne m'interessait déjà plus (Mais il est vrai que cela faisait suite au départ du groupe de Brian Eno). Idem sur le plan politique. L''union de la gauche, je n'y croyais déjà plus en 81 lorsque Mitterrand a été élu et j'avais déjà cessé de voter (j'y suis retourné depuis mais pas de manière systématique). C'est la lenteur des choses. Les idées et usages mettent du temps à se déployer et lorsqu'on les prend à leur début, on a toutes les chances d'en être lassé avant qu'elles ne deviennent l'opinion, ou le goût, d'une majorité.

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J'ai noté ce matin quelques nouvelles idées d'applets qui me sont venues au petit déjeuner. Sans chercher vraiment car j'en ai un certain nombre d'avance et je voudrais d'abord terminer définitivement mon dossier sur Echelon. Qui s'éternise ! J'ai travaillé cette semaine sur la page concernant l'analyse syntaxique, ce serait dommage de laisser tomber maintenant. Enfin je ne sais pas. Je vais peut-être revoir mes priorités.

 

16/02/2002

J'ai un peu changé d'avis à propos de Christine Angot. Peut-être qu'il faut l'avoir lue pour la comprendre et ce serait plutôt une qualité. D'une certaine manière, je dirais qu'elle écrit pour de mauvaises raisons. Elle raconte qu'elle a suivi une longue psychanalyse et que maintenant elle écrit et que "ça la tient". C'est bien dit, mais c'est ce que j'appelle de mauvaises raisons. Je peux en parler parce que, justement, c'est à peu près les mêmes mauvaises raisons qui m'ont fait écrire jusqu'ici. Pourtant nos biographies respectives n'ont pas grand chose à voir.

Je me fiche des problèmes de cette fille avec son père et des histoires pitoyables avec ses amoureuses. En même temps, ce n'est pas que ça, et elle dit des choses justes. La vraie question qu'elle pose est celle de la différence. Question embarrassante. Elle cite Freud pour dire que l'homosexualité n'est pas un avantage mais simplement la traduction d'un élément de variété. Ça voudrait dire quelle et moi "on ne peut pas se comprendre". Je suis trop universaliste pour l'admettre et il me semblait que le pari de la littérature était justement de dépasser toutes ces différences pour dire le "bien commun". Elle m'énerve, c'est sûr !

 

21/02/2002

Janvier 2002 a été le meilleur mois en terme de nombre de visites sur mon site mais je ne suis absolument pas sûr que ce sont toutes de vraies visites. Peut-être simplement les hits faits par des logiciels de navigation qu'on a programmé pour charger des pages de manière automatique.

Cette augmentation traduit cependant le résultat positif de ma page Echelon. Pourtant, en regardant le détail des pages visitées, j'observe des changements, et c'est maintenant l'ensemble du site qui est visité, parfois même sans aucune visite de la page Echelon. Pas facile à interpréter.

Je remarque aussi un certain nombre de visites sur les pages de mes notes d'artiste. Cela m'étonne un peu. En tout cas les commentaires des visiteurs sont rares ! Je n'ai pas une vision complète des pages visitées. J'ai quand même l'impression que les plus anciennes sont moins demandées. Peut-être faut-il recharger tout le site de temps à autre pour mettre à jour les dates des fichiers et créer ainsi de la nouveauté artificielle !

J'ai lu aussi une petite étude de Estat, la société qui propose les compteurs. Ils semblent dire que les internautes ont en majorité plus de deux ans d'expérience sur le web. Cela semble signifier qu' Internet ne concerne qu'une petite partie de la population et surtout, que l'usage ne se développe pas. Décevant et Inquiétant. J'apprends aussi qu'Internet Explorer est le navigateur utilisé par 95% des Internautes. Inquiétant et décevant. (moi aussi j'ai laissé tombé Netscape au profit d'Internet Explorer).

 

22/02/2002

Je voudrais nuancer quelque peu ce que j'ai écrit hier sur l'utilisation d'Internet.

D'abord, dans mes réflexions j'oubliais que je n'ai pas de compteur sur toutes mes pages. En particulier sur les pages de notes les plus anciennes et sur les applets, il n'y en a pas. Il faudrait que j'améliore cet aspect comptage... (comme quoi, je n'échappe pas à la "tentation" classique de changer les instruments de mesure pour améliorer les résultats ! mais on se retrouve coincé. Sinon il faudrait que tout soit impeccable au départ, ce qui est évidemment impossible).

Les analyse de Estat ne sont pas meilleures que les miennes. Ils remarquent que la plupart des visites qu'ils mesurent sur Internet se limitent à une seule page. Il faudrait voir s'il s'agit bien de visites et pas plutôt d'un phénomène lié à l'enregistrement des favoris dans le navigateurs des internautes. On peut cocher une option qui précise de vérifier périodiquement si la page a été changée. N'est ce pas là que vient ce trafic ? Cela semble se confirmer lorsqu'il remarque que ces demandes viennent en majorité des "vieux internautes" et que ceux ci restent en apparence fidèles aux mêmes sites.

Autre contestation : remarquer que les sites qui utilisent les services payants de Estat ont plus de visites que ceux qui utilisent leur service gratuit est tendancieux dans la mesure où le service gratuit limite le nombre de pages qui peuvent avoir un compteur!

 

25/02/2002

Je lis un texte de Ph. Zimmermann (l'inventeur de PGP), écrit en 2001, à l'occasion du dixième anniversaire de la publication de son logiciel sur Internet (www.pgpi.org/files/anniversary.txt). Il raconte qu'une semaine avant de publier son programme, il a découvert l'existence d'un concurrent (PEM Privacy Enhanced Mail) utilisant les mêmes techniques de codage RSA. PGP lui paraissait mieux conçu mais PRZ avoue que s'il avait découvert l'existence de PEM plus tôt, il n'aurait pas réalisé PGP et se demande comment il avait pu rester si longtemps sans avoir cette information fondamentale pour lui. Cela me rappelle mon "aventure" avec la traduction d'IC2000 pour laquelle j'ai appris très tard l'existence d'une autre version française déjà publiée. La question posée par PRZ est celle de la connaissance du milieu qui n'est pas chose facile. Savoir ce qu'il se passe n'est évident pour personne, encore moins aujourd'hui où il faut avoir l'œil sur la planète entière. Internet en mettant à portée toute cette somme d'informations brutes rend la tâche plus déroutante. PRZ se veut toujours 100% rationnel. Pourtant il n'est pas rare qu'on observe la découverte de choses identiques en plusieurs endroits, pratiquement au même moment. Cela prouve que la conscience ne s'éclaire pas seulement avec des critères rationnels mais que cela fait aussi appel à des émotions que l'on prend en compte ou pas, à un moment donné.

 

02/03/2002

Cette semaine, partout dans Lyon, on pouvait voir des affiches réalisées par le peintre Ben qui disaient "enfin"... Il s'agissait d'une publicité pour une banque espagnole qui tente de s'installer en France.

Personne n'a relevé cette chose incroyable : un peintre qui fait de la publicité pour une banque. Certes, Ben a toujours été provocateur et n'a jamais clairement séparé l'art et le commerce : le centre Beaubourg expose depuis des années l'une de ses premières œuvres qui est en fait, la vitrine du magasin de disques qu'il tenait à Nice.

Cette affiche en dit long sur l'état d'absorption de l'art par la publicité et sur le renoncement des artistes. Sans doute que Ben est bien payé pour mettre sa signature sur ces affiches, mais ce mot, "enfin", signe en quelque sorte la fin de l'art. C''est une publicité qui nous l'annonce. Victoire totale du commerce ! Rien n'est pourtant plus loin de l'art que la banque... Jusqu'ici, la publicité imitait les artistes. Elle les copiait. Désormais elle se les paie et se paie leur tête.

S'il fallait faire le procès de l'art contemporain - celui des années soixante - je dirais que Ben est l'un de coupables qui ont beaucoup travaillé pour rendre la publicité toute puissante. Qu'il s'en aperçoive aujourd'hui est plutôt une bonne chose. Il fera un publicitaire "honnête" (un peu trop vieux, peut-être). La question que je me pose est juste de savoir s'il reste encore quelqie chose à sauver en Art.

D'autres diront que Ben est un précurseur. Il est l'un des premiers taggers et son oeuvre se résume à dire "j'existe".Mais cette fois, avec ces affiches, on voit bien qu'il n'existe plus. Il est déjà mort.

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Puisque Ben ne respecte plus sa propre signature, j'ai décidé de me l'approprier. J'ai réalisé ce matin une serie de toiles virtuelles qui iront sur la partie 2002 de mon exposition on line. Ce n'est pas "génial". Il s'agit seulement de poursuivre le débroussaillage entrepris en 2001. Faire du Ben, rien de plus facile. Je me suis même permis quelques diversions en essayent de trouver d'autres polices que celle qu'il utilise d'habitude (une écriture minuscrite bien ronde dont on trouve des choses très ressemblantes en standard sur les PC).

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J'ai "enfin" terminé la rédaction de mon dossier sur Echelon. Je pense que c'est terminé et que je vais pouvoir mettre en ligne dans la semaine après une dernière relecture de ce texte abondant. Je vais pouvoir passer à autre chose. Il faudrait aussi que je termine ma nouvelle affiche et réalise un nouveau flyer dans le même esprit. Il s'agit de retoucher cette image d'antenne satellite dont une première version ne m'a pas complètement satisfait.

 

15/03/2002

Impossible de mettre à jour mon site. Le serveur rejète mes tentatives de connexion FTP par une erreur "connexion denied". Je pense que le service est arrêté pour maintenance mais cela depuis hier ! Ce n'est pas très normal ! Je ne peux donc pas faire la mise à jour de mon dossier Echelon.

J'ai travaillé sur une nouvelle affiche et un flyer en partant sur une image d'antenne satellite que j'ai retouchée à plusieurs reprises avant d'obtenir ce que je voulais. J'ai supprimé toutes les explications du premier flyer pour ne garder que l'adresse du site en grosse lettre bien visibles. Ça donne ceci :

flyer_antenne1.gif 

L'image de l'antenne un peu floue que j'ai obtenue me convient. La masse noire en bas qui la rattache au sol ainsi que la ligne noire sur la parabole sont très importantes pour donner ce caractère un peu inquiétant. A droite le traitement d'image produit un truc qui ressemble à une signature illisible, une signature "cryptée" en quelque sorte. J'ai choisi cette nouvelle image pour le site parce qu'elle fait une allusion au dossier Echelon, mais elle exprime aussi une certaine ambiguïté : moi aussi je suis connecté sur les réseaux électroniques à l'écoute du monde.

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Reçu un mail d'une personne qui s'intéresse à ma page sur la stéganographie et recherche le message caché dans l'image de St Exupery. Elle n'arrive pas à sauvegarder l'image gif et pense que cela provient de l'environnement fourni par son provider. Est-ce une mesure de protection ? par exemple une procédure qui modifierait les images pour y ajouter l'adresse du site d'où elles proviennent. Ça pourrait permettre de localiser les sites pédophiles... Mais c'est juste une idée à moi, je n'en n'ai jamais entendu parler. Cela pourrait aussi être une protection contre la stéganographie car un changement de format est imparable. Le message est perdu. C'est une des limites à l'utilisation de cette technique, qui montre que les états ne sont pas complètement désarmés contre les terroristes et les mafias !

Toujours étrange de recevoir des mails de personnes qu'on ne connaît pas. A la différence d'une rencontre dans la rue, on ne peut les voir : on ne sait absolument rien, ni sur leur age, ni de leurs vêtements, de leurs expressions... Je ne sais même pas la nationalité de mon interlocutrice. Son prénom est rare en France, ce qui me fait penser qu'elle est peut-être québécoise (Parmi mes visiteurs, il semble, j'en ai autant à l'étranger qu'en France).

En tout cas, je suis content de savoir qu'on s'intéresse à mon "jeu de l'espion" et me demande combien de temps cette énigme va rester secrète.

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J'ai installé le logiciel GnuPG et tenté quelques manipulations avec ce logiciel de cryptage. Par rapport à ce que j'ai entrevu de PGP, l'écart est grand et GnuPG semble effectivement plus basique. Les algorithmes de cryptage ne sont pas les mêmes. Je pensais le contraire ou bien quelque chose m'a échappé. Si c'est vrai, cela pose un problème de compatibilité. Quoique, j'ai repéré une case à cocher qui propose cette compatibilité. A voir.

Il me faudrait aussi un plug-in pour l'intégration dans le mail. Actuellement, il faut passer par le presse papier pour crypter les mails, ce n'est pas très pratique.

J'ai pu voir à cette occasion, l'intérêt de la fonction de signature, même si on ne souhaite par crypter les messages. Cela permet de garantir qu'on a bien écrit le message et qu'il n'a pas été modifié.

 

08/03/2002

C'est bon, j'ai réussi à publier les dernières pages de mon dossier Echelon. Tout est maintenant en ordre ! Après la mise en ligne, j'ai du faire quelques corrections de liens qui ne marchaient pas et éliminer quelques fautes d'orthographe . C'est un soucis pour moi ces fautes. Je sais bien que les lecteurs ne s'en formalisent pas mais personnellement, ça me gêne. La qualité de ce que je veux faire en est amoindrie. L'idéal serait d'avoir quelqu'un pour me relire.

Concernant le cryptage, ma page ne va pas au bout des choses, je pense. Elle donne des informations concrètes, mais se limite au fait que je ne maîtrise pas ce genre de logiciels. J'ai lu hier la documentation de GnuPG. La question de la compatibilité avec PGP n'est toujours pas claire. Sinon cette documentation a une section intéressante qui explique le rôle militant des utilisateurs de la cryptographie. Ils proposent aussi de participer ou d'organiser des keys-parties pour échanger sa clé publique avec des gens sortant de son cercle de connaissance. C'est nécessaire, d'après les auteurs, pour améliorer le niveau de confiance dans les certificats pour l'ensemble des clés utilisées. J'ai pas tout compris mais cette nécessité ouvre des perspectives étonnantes quant au rôle attribué à ce logiciel.

Je vais devoir réfléchir au bilan que je fais du long travail réalisé sur Echelon. Je ne peux simplement noter que j'ai terminé, reste à dire ce que cela m'a apporté et pourquoi j'y ai consacré autant de temps. Si cela valait la peine. Ma vision du monde s'est, je crois, un peu modifiée au cours de cette étude, et je reste avec des questions qu'il serait utile de noter.

Je n'ai pas une idée claire du volume de documents produits. Ils sont restés sous forme informatique car je ne les ai pas imprimé, ce qui fait que je ne sais pas combien de pages cela ferait. Si je considère que la traduction du document de D. Campbell constitue déjà un livre, l'ensemble doit faire un joli pavé. Surtout les documents d'annexe qui constituent une recherche réelle de ma part.

J'ai de nouvelles préoccupations par rapport à la sincérité que je peux avoir ou non dans ces notes et sur l'ensemble du site. L'idée que des espions ou des policiers peuvent m'observer, est embarrassante. Jusqu'ici, en temps qu'écrivain, j'ai cherché à atteindre une vérité qui n'était pas forcément facile à exprimer. Maintenant, je me demande si je dois nécessairement tout dire. Cela conduira inévitablement à des plans, des stratégies, etc. Cela ne me semble pas, en soi, être une très bonne chose. En art, il faut rester absolument sincère.

 

11/03/2002

Nouveau mail de "Jozette" qui me donne cette fois la réponse à l'énigme cachée dans l'image de St Exupéry. La recherche du programme de stéganographie était plus aisée que je ne l'avais imaginé. J'avais utilisé le premier programme qui m'était tombé sous la main car il était d'un usage simple. Mais ce choix donnait un indice à cause du type de fichiers utilisé. (J. m'a confirmé que c'est ce qui l'avait mise sur la voie). Ceci montre la difficulté de mettre en œuvre des mesures de sécurité efficaces. Tout peut devenir un indice contre vous, surtout les choses auxquelles vous ne prêtez pas d'attention.

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Autre mail suite à la "plainte" adressée à mon provider lorsque je n'arrivais pas à faire la mise à jour de mon site par FTP. La réponse est étonnante (et commercialement dangereuse) : suite à un changement d'architecture, ils ont partiellement perdu le contrôle de leur réseau de machines. Les flux ne se répartissaient plus comme prévu... Contrairement aux apparences, Internet est encore du domaine du bricolage et même les spécialistes n'en maîtrisent pas toujours le paramétrage.

 

13/03/2002

Ce week-end j'ai eu un conversation avec C, professeur de collège, qui me disait être déçu par internet. D'autres me disent la même chose. La première critique porte sur le manque de fiabilité. On ne peut être que d'accord : Hier, j'ai été obligé de mettre mon PC hors tension suite à une erreur système en consultant une simple page web. L'erreur s'est reproduite à l'identique lors d'une deuxième tentative. Après; j'ai renoncé... L'autre critique vient du contenu et là, il s'agit de la confrontation salutaire avec une "certaine" réalité. Ils s'aperçoivent qu'internet n'est pas exactement ce qu'ils ont cru ou que la publicité en a dit, qu'il n'est pas facile d'en extraire des informations utiles, que certains fournisseurs bluffent sur le contenu réel de leurs sites, qu'il faut apprendre à utiliser cette gigantesque base d'information. Il n'empêche, c'est un outil extraordinaire. Probablement élitiste (comme les livres) mais qui fait travailler la tête et ça c'est utile, je trouve.

 

17/03/2002

Hier j'ai regardé "Ardisson". Je regarde assez souvent cette émission, pas que je l'adore - il y a à prendre et à laisser - mais elle arrive au bon moment, le samedi soir, quand il n'y a rien à faire. Comme je n'ai pas de petite amie, je regarde son émission !

Il avait invité un type que je ne connaissais pas, présenté comme l'un des membre du réseau Voltaire, une association qui a pour objet de sortir des informations méconnues, contre l'extrême droite notamment. Le type avait l'air sérieux. Il présentait un livre sur le 11 septembre. Je n'ai pas cru à son discours mais néanmoins j'en ai été très troublé : un exemple puissant de la désinformation en marche devant lequel on (je) se sent désarmé.

Plus tôt dans l'après midi, j'avais écouté à la radio, un débat sur "l'Italie de Berlusconi" qui parlait de "fascisme soft" qui, grâce à la main mise sur les moyens d'information - la télévision en premier lieu - permet à Berlusconi de faire voter des lois incroyables, clairement à son propre profit, comme celle l'autorisant de diriger ses entreprises en même temps que l'état italien ou cette autre, dépénalisant la fraude fiscale des sociétés ! Ces deux informations à priori sans rapport (le complot du 11 septembre et Berlusconi) se rapprochent et s'entrechoquent dans ma tête et ça fait mal.

La thèse développée à propos du 11 septembre serait qu'il ne s'agissait pas d'un attentat de Al Qaïda mais d'un coup d'Etat. Il n'y aurait eu aucun avion tombé sur le Pentagone, seulement une explosion. Ceux dirigés contre les tours de World Trade Center auraient été guidés par des balises installées auparavant dans les tours et qu'on aurait mises en marche deux heures avant le crash (des perturbations des émetteurs auraient été constatées ). Des bombes auraient été placées dans les fondations des immeubles pour provoquer l'effondrement. Même chose pour le building voisin de la CIA où se trouvait le principal service d'espionnage économique Américain. Le but de cette "mise en scène" serait d'obliger Bush à redonner la priorité aux affaires militaires pour constituer la quatrième arme (l'arme spatiale) qui permettra à l'Amérique de dominer le monde pour mille ans, etc... et de permettre la construction d'un oléoduc en Afghanistan !?

L'homme à la télévision assénait des dizaines de preuves. Pour prouver son sérieux il indiquait en préalable que toutes les informations sur lesquelles il s'appuyait avaient été publiées, quelles étaient donc vérifiables. Ce n'est pas très honnête ! Comme s'il suffisait que quelque chose soit publié pour être vrai ! Et comme s'il n'est pas certain que parmi les informations publiées sur ce sujet certaines n'étaient pas bidonnées sciemment dans le but de nous orienter ou de nous rassurer...

Ainsi disait-il, pourquoi les terroristes avaient-ils des cutters plutôt que des pistolets indétectables en matière plastique ? Selon lui cela prouverait que c'étaient, non pas des arabes, mais des gens qui voulaient se faire passer pour des arabes (le mythe de l'arabe qui égorge). Toute son argumentation était construite sur ce principe et aboutissait à dire qu'une organisation secrète composée de militaires américains avait monté cette opération pour faire un "coup de palais" et que désormais Bush était à leur botte.

... pourquoi donc les terroristes n'auraient-ils pas eu de pistolet en plastique ? Et pourquoi pas ? Peut-être simplement qu'ils n'en voulaient pas, soit qu'ils préféraient les couteaux, soit que ces pistolets coûtent trop cher, soit qu'ils considéraient que l'achat de telles armes les feraient repérer, soit même que ces armes n'existent pas vraiment (j'en ai déjà entendu parler mais, personnellement je n'en n'ai jamais vu). Ou encore, peut-être que les terroristes disposaient de pistolets de ce type contrairement à ce qui a été dit. Je n'en sais rien; comment pourrais je savoir ?

D'autres arguments invérifiables étaient encore avancés. Au moment des attentats Bush aurait reçu un message prouvant que les terroristes disposaient du "code secret du président", celui permettant l'accès à la force nucléaire, indiquant par la même qu'il n'était plus maître de la situation. Ce code ne serait connu que par une dizaine de personne, les plus hauts responsables de l'armée qui étaient donc derrière ces attentats (entre nous, comment un code secret de ce niveau serait-il connu par dix personnes, c'est ridicule ! quand moi j'ai plusieurs codes secrets connus de moi seul). Peu avant l'attentat de New York, une société Israélienne (?) spécialisée dans les télécommunications aurait été avertie et aurait envoyé un message d'alerte sur tous les pagers situés dans la zone des tours. Cela expliquerait le si faible nombre de victimes et quand on demande pourquoi les rescapés n'en parlent pas, on répond que tout est désormais secret défense, bien sûr !

Tout paraissait cohérent dans la bouche de l'interviewé. Il avait réponse à tout et il était assez amusant de voir comment les autres invités hésitaient entre accepter cette vérité incroyable et se rebeller en disant à ce mec, devant les caméras, que c'est un mythomane. Je n'ai pas compris pourquoi Ardisson avait invité ce type plus que douteux. Juste pour l'audience ? En est-on déjà arrivé là ?

Ce que je crois personnellement c'est que la thèse de l'attentat d'Al Qaïda reste celle qu'il faut retenir mais sans oublier que les américains ont été tentés de rajouter des éléments aux maigres preuves qu'ils avaient, pour justifier leur objectif de guerre en Afghanistan. Le thème d'un complot d'extrême droite est récurrent aux Etats-Unis et il est curieux de constater qu'à chaque fois qu'un événement est insupportable (mort d'Elvis ou de Marilyn, attentat contre Kennedy, etc.). il se trouve des gens pour réinventer d'autres explications faisant appel à des "forces occultes". Les attentats du 11 septembre sont déjà assez incroyables : trouver des kamikazes assez remontés contre les USA pour se sacrifier n'était déjà pas si évident (même si on peut voir en Palestine, qu'il ne manque pas de kamikazes), mais prétendre aujourd'hui, qu'en fait, c'étaient des Américains qui voulaient changer la politique de leur pays déjà tout puissant, ce n'est pas très crédible. Il faudrait aussi que les commanditaires de cette opération soient en quelque sorte des surhommes pour faire cette démarche d'envoyer des avions sur New York afin de permettre la construction d'un pipeline en Afghanistan. Ces hommes là n'existent pas. Ils viennent forcément d'une autre planète ! (On voit ça dans de nombreux épisodes de X Files).

C'est comme si pour certains, il n'était pas possible d'accepter que la Toute Puissante Amérique puisse être ébranlée par des terroristes et donc, qu'il n'y aurait que les Américains eux mêmes (le peuple élu) capables de concevoir une opération aussi efficace. Qu'on le dise aux Etats-Unis, passe encore, mais en France dans une émission de télévision, là je ne comprends plus !

On n'est pas très loin de mon dossier sur Echelon pour lequel, il faut bien l'avouer je n'ai eu pratiquement aucune information complètement vérifiable. J'ai confiance en Duncan Campbell mais jusqu'à un certain point seulement. J'espère que mes annexes qui sont des expériences réelles sur ce que peut être l'espionnage électronique permet d'approcher la vérité. Il y a un vrai problème avec ça (la notion de vérité). Je trouve l'émission d'hier absolument effrayante. Il faut une bonne dose de certitudes pour ne pas pêter les plombs quand on voit ça. Quand on voit un mec comme Thierry Ardisson qui écoute de telles énormités et donne l'impression d'y croire, on se demande où l'on est. Ardisson est-il un agent de l'armée secrète des ombres ou simplement un romantique pervers qui ne sait pas ce qu'il fait ?

Mais que diable fait-il dans cette galère ?

Et cela repose pour moi cette question lancinante du rôle de l'écrivain dans la société. Les plus brillants ont fini par s'en sortir en disant que c'est fichu, qu'il n'y a plus rien à sauver. Si nous arrivions à la Fin du Monde, si nous en étions sûrs, je pourrais être d'accord, mais si comme je l'observe, le monde perdure tout en empirant, c'est insupportable.

 

18/03/2002

J'ai réalisé une maintenance sur les applets déjà publiés pour introduire quelques améliorations. C'était nécessaire car certains ne réagissaient pas de la même manière avec un PC très rapide (fréquence d'un GigaHertz ou plus). Certaines animations se déroulaient beaucoup plus vite et pour d'autres, il devenait difficile de "reprendre la main", pour réactualiser ou fermer la fenêtre, par exemple.

Les problèmes viennent lorsque la période de l'animation est inférieure à 5 ms. Pour clarifier, j'ai modifié la manière de paramétrer ces animations en programmant leur période en millisecondes plutôt que leur vitesse comme auparavant car je ne voyais pas concrètement à quoi cela correspondait (Il est plus facile de vérifier qu'on arrive vers la limite de la période lorsque sa valeur s'approche de zéro milliseconde)

J'ai introduit la possibilité d'actualiser par un simple clic sur plusieurs applets qui ne disposaient pas encore de cette possibilité et réalisé un système de régulation au niveau de l'animation du "thread". Ce n'est peut-être pas très utile sauf pour les applets les plus complexes comme BouleRouge pour lesquels le temps pour remettre à jour l'écran n'est pas négligeable par rapport au temps du cycle. Dans ce cas, la temporisation d'attente du cycle suivant en tient compte.

J'ai eu quelques déboires avec cette régulation car elle régularisait trop ! Il se produisait des phénomènes d'oscillation qui faisaient varier la vitesse autour de la valeur moyenne recherchée au lieu de se fixer dessus. J'avais déjà entendu parler de ce phénomène par des spécialistes de climatisation qui l'observent sur les régulations de température. J'ai tenté de maîtriser ces oscillations en introduisant un amortissement des variations sur plusieurs cycles. Cela ne fonctionnait pas très bien à cause des arrondis sur certains calculs réalisés avec des nombres entiers. Il se produit aussi un phénomène bizarre sur la durée des cycles qui varient beaucoup d'un cycle à l'autre (50 ms). Je pense que cela vient du système d'exploitation lui même. En attendant de comprendre, j'ai simplifié cette régulation en ne cherchant plus à atteindre une moyenne sur les applets qui réagissaient mal (ceux pour lesquels l'animation devenait saccadée ).

 

20/03/2002

Depuis que je travaille sur ce projet internet, il s'est produit un changement dans ma manière de vivre. Je n'ose pas dire un changement profond car je crois que je reviens à ce que j'ai toujours été : un être solitaire et casanier. Je l'étais déjà dans l'adolescence et c'est finalement à cause de mes lectures si j'ai quitté ma maison pour voir le monde. Aujourd'hui voyager ne m'intéresse plus beaucoup. Cela m'apparaît parfois nécessaire (et urgent, avant que tout ne disparaisse) mais c'est comme si le temps du voyage était pris sur le temps qui m'appartient pendant lequel j'ai d'autres choses plus importantes à faire.

Mes sorties sont devenues rares voire exceptionnelles. Cela ne va pas sans poser des problèmes sociaux (on me dit parfois bourru) ou même physiques à cause du manque d'exercice mais je n'ai pas le temps. Lorsque ma journée de travail s'achève, j'en commence une autre consacrée à "mon art". Voyager me prendrait sur ce temps précieux déjà insuffisant. Voyager est avant tout affaire de consommation et je ne me sens que très peu consommateur. Je suis bien d'avantage producteur, créateur. En voyage je me sens affaibli car je n'ai pas les moyens de créer dans de bonnes conditions. C'est trop compliqué, et je n'ai généralement pas mon background sous la main (des livres, des fichiers, etc...).

Je me sens fondamentalement "producteur" et je me demande qu'elle implication politique peut avoir ce constat lorsqu'on vit dans une civilisation dite "société de consommation". Il y a un malentendu me semble t-il sur la consommation. Consommer c'est ennuyeux, c'est triste. Ça ne peut pas être un but acceptable, du moins pour moi.

Partager les humains en deux catégories que sont les consommateurs et les producteurs est peut-être plus pertinent encore qu'entre riches et pauvres. Je ne me sens pas faire partie des riches, mais des producteurs certainement. D'autres ne le sont pas, soit qu'ils ne le souhaitent pas, soit qu'ils n'en n'ont parfois ni les moyens ni l'éducation. Pouvoir produire est un privilège qui recoupe celui plus classique des riches et pauvres mais éclaire aussi d'autres antagonismes peut-être plus vrais encore que le fric.

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Je suis allé marcher en forêt pour me faire violence et remettre mon corps en mouvement. Je crois que je ne sais toujours pas respirer malgré les conseils avisés qu'on m'a donné à plusieurs reprises. On m'a dit qu'il faut faire rentrer la respiration dans la marche. Compter. Un deux trois quatre. Expirer. Mais dès que je tente ce genre de régulation, je m'essouffle plus vite encore. Tout est très brouillon dans ma tête. Peut-être que je ne sais pas vraiment ce que font mes jambes et qu'elles ne sont pas où je crois qu'elles sont.

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Dans son dernier mail D. m'écrivait que mes dernières notes publiées (celles du 3/2/2002) lui plaisaient moins. Comme c'est mon lecteur le plus attentif, j'écoute ce qu'il me dit. Enfin jusqu'à un certain point car, comme chez tous les humains, il faut faire la part des choses entre ce qui est de l'observation et ce qui provient des couches basses de l'émotion. Chez un écrivain idéal, il ne devrait rien rester de ces couches basses, il ne garderait d'émotion que celles issues de ses méditations ou de son analyse. On voit bien qu'il n'est pas possible d'être tout le temps comme ça. Au moins doit-on s'attacher à l'être lorsqu'on passe à l'acte !

Je me suis relu et ai corrigé cette note sur le peintre Ben dont le style était effectivement malhabile. Un premier jet ! C'est la règle de l'exercice que constituent ces notes écrites dans une certaine urgence. C'est une discipline, une sorte de yoga mental qui pousse à faire bien du premier coup ! Je n'aime guère les critiques, mais j'essaie d'en prendre de la graine (ne suis je d'ailleurs pas mon plus sévère juge).

Pourtant je ne trouve pas que ces dernières étaient si visiblement d'un intérêt moindre. Elle trahissent une certaine fatigue de ma part au sortir de l'hiver et de cet interminable travail de recherche sur Echelon. Mais elle contiennent des idées non dénuées de finesse comme ce que j'ai écrit sur Catherine Angot. Ce qui ne plait pas à D., je sais, c'est la politique. Il pense qu'il n'en faut pas. !

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Il ne m'a pas échappé le triangle qui s'est constitué entre D, moi et les lecteurs de ces notes sur le web. Depuis que j'ai commencé le site, ces notes ont pris la place d'une partie de la correspondance que j'échangeais auparavant avec D. J'y ai trouvé encore plus de liberté et ai pu exprimer des choses qui restaient en dehors des mails. Il faut croire que j'éprouvais la nécessité d'élargir mon auditoire (même si c'est encore très illusoire).

Il ne m'a pas échappé non plus que ces "infidélités" coïncident à peu près avec le moment où D. m'a annoncé son désir de cesser d'écrire. Plus que deux amis s'intéressant également à l'écriture, nous formons ce que j'appellerais un couple d'écrivains. L'un ne peut aller sans l'autre. Je n'ai pas fait de recherche à ce propos mais je suis pratiquement convaincu qu'il n'y a d'écrivain que par paire. Parfois ce couple est composé de l'auteur et son lecteur privilégié, les exemples sont nombreux, d'autre fois, c'est l'éditeur qui a un rôle de conseil privilégié et d'aiguillon, ce qui constitue un lien pour le moins ambigu. Le cas le plus exigeant mais certainement le plus productif serait celui constitué par deux écrivains (plus généralement deux artistes), telle est la complicité que nous avons D. et moi.

D. n'a jamais très bien compris ou admis la concurrence qui découle de cette complicité. Il s'est plusieurs fois formalisé de ce que je disais en en évoquant les conséquences. Concurrence est un mot à forte connotation négative mais c'est aussi ce qui nous pousse à nous surpasser. La littérature se heurte toujours à cette idée de concurrence. Il y a des centaines (de milliers ?) d'écrivains mais il n'y a qu'un seul Hugo, qu'un seul Sartre, et peut-être qu'un seul Houellebecq. Le fait que D et moi venions du même village a en soi quelque chose de prémonitoire. Il n'y a pas la place pour deux, en quelque sorte, dans un si petit espace.

Dans un couple d'écrivain, il est assez probable qu'il y ait un "perdant". Ce sera l'éditeur qui aurait tant voulu, le lecteur effacé, etc. Je veux dire par là que l'un se retrouve à soutenir l'œuvre de l'autre. Mais on peut aussi être plus intelligent que ses forces naturelles et faire en sorte que là où les évidences voudraient qu'il n'y en ai qu'un, on trouve de la place pour deux.

Savoir D. si troublé, découragé, depuis quelque temps n'est pas une idée qui me plait. Je connais son travail et ses qualités mais j'en perçois aussi certaines limites que je n'ai pas forcément toutes dites avec des mots jusqu'ici. Après nos découvertes sur la dureté du monde de l'édition de nouvelles expériences étaient probablement nécessaires. Prendre le temps de la réflexion. On ne sait jamais avec un écrivain. Lorsqu'il n'écrit pas, c'est peut être là qu'il écrit le plus ! De mon côté, ce projet de site internet a pris beaucoup d'ampleur. Au départ, je voulais seulement le faire "en attendant" : publier mon livre et élargir avec quelques créations auxquelles j'avais pensé. Depuis, j'ai conscience que cela devient une "œuvre" à part entière. Mais une œuvre très fragile, à la merci d'une coupure d'électricité ! Une œuvre de pionnier aussi, ce qui est souvent une tare congénitale.

Pour fournir une piste sur les progrès de mes réflexions, je ferais le seul constat, qu'à aucune époque, on n'a de vision claire de ce qui restera plus tard. On peut juste se dire que reproduire ce qui a déjà été fait n'est certainement pas le bon moyen pour faire progresser les choses. Je ne sais d'ailleurs s'il s'agit d'un réel progrès. Plutôt du "remplissage". En art, lorsqu'une forme a été utilisée, elle est définitivement perdue pour tous les artistes sérieux qui suivent. Le terrain est occupé. On est condamné à découvrir, à chercher ailleurs, le contre-pied. Hemingway, c'est fini, Céline, Queneau, tout cela est terminé, hélas.

 

22/03/2002

J'ai entamé une nouvelle recherche avec mes applets en reprenant un projet commencé tantôt qui s'appuie sur l'idée des boussoles virtuelles.

Les boussoles sont des objets qui pointent dans une direction donnée. Je matérialise cette direction par une boule rouge tournant autour d'un axe. A chaque période, l'aiguille de chaque boussole s'oriente vers ce point magnétique. Il s'en suit toutes sortes d'effets graphiques que je compte décliner largement

J'ai produit plus d'une dizaine d'applets autour de ce thème. Je ne publierai probablement pas tout mais j'ai besoin de conserver les étapes. Cela fonctionne exactement comme des dessins d'étude. Pour la première série utilisant ce principe de boussoles, j'ai créé un environnement de laboratoire et chaque applet constitue une manipulation expérimentale. Le graphisme est très "ligne claire" par allusion au monde de la bande dessinée.

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Ces expériences virtuelles n'ont aucune valeur scientifique. Il ne faudrait pas confondre avec de vraies boussoles et d'ailleurs mes programmes comportent certaines approximations qui font que ce n'est pas exactement le monde réel. On est bien dans le domaine de la représentation. Ce qu'apporte, entre autres, l'ordinateur est assez surprenant. Il permet de lier très simplement des notions à priori indépendantes, pour les rendre plus visibles et compréhensibles.

J'ai commencé par une boule magnétique tournant autour d'un axe, ce qui pourrait être réalisé en laboratoire. Faire en sorte que la longueur de l'axe puisse varier instantanément serait déjà plus compliqué. J'ai également inventé une caractéristique permettant d'interrompre à la demande le magnétisme et qui se traduit par le changement de couleur de la boule comme si elle s'éteignait.

Ensuite, j'ai eu besoin de visualiser des informations propres à chaque boussole. Je l'ai réalisé en créant sur chacune d'elles un afficheur numérique qu'une variable permet de mettre en place ou retirer instantanément. Cet afficheur est très puissant puisqu'il permet notamment d'indiquer, en temps réel, l'angle que fait l'aiguille de la boussole au degré près !

Un des objectifs majeurs de ces applets est de développer les programmes à utiliser dans d'autres contextes car cette notion de magnétisme me semble très prometteuse. Un point faible de mon logiciel est, pour le moment, le calcul de l'angle résultant de plusieurs sources magnétiques. Je n'en n'accepte pour l'instant que deux, en ne retenant que la plus proche. Il faudrait calculer le barycentre de n sources dont chacune pourrait avoir sa propre "force". Mes souvenirs de cours de physique me font défaut ! Il faut pratiquement réinventer ces notions pourtant élémentaires. Cela en dit long sur ce qu'on assimile à l'école. Surtout pour les sciences ! On nous donne les formules avec leur contexte d'expérience mais dès qu'on s'en écarte un peu, ça devient la panique.

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J'ai pris beaucoup de soin à créer un effet d'amortissement pour faire en sorte que les aiguilles ne s'orientent vers les sources magnétiques qu'avec un certain retard. Cela marche bien, mais il reste un petit bug à corriger : parfois l'aiguille s'oriente par le mauvais côté c'est à dire en faisant pratiquement un tour complet, alors qu'en tournant dans l'autre sens il suffirait d'une variation de quelques degrés.

Cette caractéristique d'amortissement se traduit par une variable que j'appelle naturellement "viscosité". Elle peut varier de zéro à cent. A zéro, l'orientation de l'aiguille est immédiate. A cent l'aiguille devient immobile. Graphiquement, le taux de viscosité est rendu par une couleur différente du liquide virtuel remplissant les boites où se trouvent les boussoles... Changer la valeur de viscosité d'un objet revient à prendre la boite, vider le liquide qu'elle contient, le remplacer par la même quantité de liquide d'indice différent et remettre cette boite en place ! Il faudrait encore préparer le liquide visqueux avec un indice à un pour cent près, en s'arrangeant pour que sa couleur reflète cet indice de viscosité (un très joli bleu).

 

CopiesEcran/EcranMagnet05.gif

copie d'écran de l'applet Magnet05

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Avec ces expériences je touche du doigt la puissance de l'ordinateur qui est un outil d'exploration très puissant. Je le sais depuis longtemps mais n'avais pas eu l'occasion de l'illustrer de manière aussi nette. On peut parler d'augmentation de la productivité des phases d'apprentissage et d'expérimentation. Les conséquences ne sont pas très faciles à mesurer, mais on peut être certain qu'elles sont énormes. On en voit déjà les conséquences dans les laboratoires. Je me souviens de cet universitaire de Lille qui me disait que depuis les ordinateurs, on ne cherche plus à résoudre les équations complexes. On trace les courbes correspondantes pour les analyser. On repère directement les valeurs remarquables (les racines) et l'évolution des fonctions aux infinis... Dans le domaine plus artistique qui m'intéresse, le phénomène est identique. C'est un jeu complexe dans lequel à certains moments je tente des choses en modifiant mes programmes et à d'autres, c'est l'ordinateur qui m'apprend ou me permet de multiplier les expériences. Par exemple, avec deux boules magnétiques tournant au dessus des boussoles, j'ai pu tester de nombreux cas avec des longueurs d'axes, des angles, des vitesses différentes. J'ai modifié le programme pour qu'il mémorise les positions tracées. Cela provoque le tracé de sortes de fleurs très intéressantes; une nouvelle piste à explorer !

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Le gros morceau de mes recherches sera de donner à mes boussoles la faculté de se déplacer ! J'en attends beaucoup et pense pouvoir construire de nombreuses œuvres sur ce principe. Il existe déjà des programmes dans cet esprit qui simulent les réactions d'animaux aquatiques. La notion essentielle est la faculté de l'objet de réagir en fonction d'un autre. J'appelle cela du magnétisme virtuel mais ce n'est qu'un isomorphisme. Dans le cas des boussoles, je reste sur des notions d'orientation mais les réactions de l'objet peuvent être multiples. Sa forme ou sa couleur peuvent changer... J'ai introduit la souris dans le processus. L'une des boules quitte son axe et suit le pointeur de souris, ce qui permet d'agir sur le résultat. Plusieurs populations pourraient coexister dans un même espace et avoir des comportements différents. Bref, c'est "l'op-art" réinventé.

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Mes travaux ont aussi des produits secondaires. L'un d'eux était une applet que j'avais réalisé pour tester les fonctions de pointage de la souris en masquant provisoirement l'affichage des boussoles. L'écran affichait deux cercles reliés par une ligne au centre du dessin. A chaque clic l'un des cercles venait se placer à l'endroit marqué par le pointeur de souris, l'autre se plaçait dans une position tirée au hasard. Les anciennes positions n'étaient pas effacées. Cette applet s'est avérée être un outil de dessin à part entière. On ne le contrôle que partiellement en choisissant la position de l'un des cercles... J'ai réalisé plusieurs dessins avec cet outil impromptu. J'en ferai une page web mais c'est aussi une nouvelle piste à explorer ! Celle des "pinceaux-programmes".

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En complément j'ai pensé que je pourrais aussi imprimer ces images pour en faire des dessins pour les exposer dans une galerie ou les vendre d'une manière ou d'une autre. C'est l'idée que je cherche depuis un certain temps mais il y a quelque chose à creuser.(idée que j'ai peut-être perdue de vue depuis que mon imprimante est HS). Je pourrais dans un premier temps reproduire mes dessins sur du bon papier pour les montrer et les distribuer alentour. Que cela sorte du computer ! Ensuite je pourrais réfléchir à des techniques plus sophistiquées, en utilisant par exemple la photographie, pour reproduire le résultat sur toile de manière à pouvoir exposer/commercialiser des "sous-produits".

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Cette idée de "sous-produits" pose diverses questions que je développerai à un autre moment. Que faut-il comprendre d'un art qui ne s'échange que par des produits dérivés ? L'idée ramène aussi, sur un autre plan, au problème du marché et de la surproduction qui se pose autant en peinture qu'en littérature. Les outils disponibles permettent aujourd'hui la multiplication des œuvres à tel point qu'il faut se demander si la notion d'artiste a réellement encore un sens (je sais que mettre un orgue électronique dans toutes les mains, ne fait pas de tous un musicien mais cela multiplie la probabilité...). C'est peut-être ce que F. Cult appelle la "classe moyenne intellectuelle" dont je ne sais pas bien ce qu'elle recouvre mais il y a de cela. La démocratisation des connaissances multiplie le nombre "d'artistes" bien au delà des besoins de la société et crée des phénomènes de compétition très vifs. (D'un autre côté, le goût général du public est peut-être tiré vers le bas mais c'est un autre problème).

Je me demande sincèrement comment se situe mon travail et s'il est œuvre de cette "classe moyenne" anonyme, S'il n'a de sens que dans la masse ou au contraire si par lui, je gagne mon identité Bien sûr que j'opte pour la deuxième idée - comment pourrait-il en être autrement ? - mais je ne parviens pas à m'en convaincre à cent pour cent. De nombreux signes me suggèrent cette large aspiration des artistes dans le "collectif". C'est paradoxal de se dire que nous avons eu une éducation plutôt de gauche, plutôt "communiste", pour en arriver avec les années à ce besoin profond de mettre en avant son identité et que cette identité soit incontestable pour tous, ce qui est le signe distinctif de "l'Artiste".

J'ai entendu quelque part, qu'aujourd'hui il n'y a plus d'artiste pour faire de la peinture-peinture. C'était, me semble t'il, à l'occasion de la FIAC. On n'y expose plus que des "installations". Cela me sème le doute. Si l'on considère les artistes comme des chercheurs (c'est bien l'idée d'avant-garde), il ne serait pas faux de dire que ce que je produis est plus de l'ordre de la répétition que de la nouveauté puisque je reprends les trajectoires qui ont déjà été explorées par les artistes que "j'ai appris". Ce serait tout au plus la production d'un amateur éclairé. On retrouve les classes moyennes ! Les outils comme l'ordinateur permettent de faire illusion. Cela ne résout en aucune manière la question de la portée de l'œuvre. Celle de la plupart des peintres amateurs est pratiquement nulle. C'est juste "pas mal". Mais que signifierait un art conceptuel amateur (et il se pourrait que je sois dans cette catégorie) ? Ce serait ridicule ! On est condamné à l'excellence et au premier plan. Il n'y a plus de place pour les "petits maîtres". C'est le côté suicidaire de l'art contemporain : En même temps qu'il multiplie les artistes potentiels par la technologie et l'éducation, il réduit drastiquement les places possibles. C'est aussi cet effet mécanique qui est source de la crise d'identité actuelle de l'art contemporain. Entre nous, les installations me semblent aussi être des œuvres fades des "classes moyennes"; elles sont parfaitement prévisibles. Crysto a "emballé le Pont Neuf", il y a déjà un paire d'années ! Il a occupé le terrain. après cela, plus aucune installation ne saurait nous emballer, me semble t-il.

 

31/03/2002

J'ai travaillé dans mon atelier virtuel, à la mise au propre des nouveaux applets qui constitueront le début de mon exposition 2002 et composé une page d'accueil pour cette nouvelle partie du site. J'ai "déformé" aussi la page d'accueil du site pour donner l'accès à ces nouvelles pages.

La page expo 2002 est encore provisoire. J'ai prévu une animation dans le style des lettres déroulantes qu'on voit parfois dans les rues mais il me faut réaliser une applet spécifique. En attendant j'ai une page avec un graphisme résolument différent du reste du site. J'en suis arrivé là un peu par hasard en fabriquant un tableau sur fond gris. Cette page a de nombreuses cellules avec des effets de relief format une sorte de carrelage. Je ne la conserverai peut-être pas mais j'apprécie ce qu'elle suggère : une idée de rupture avec la phase précédente. Reste à donner du sens à cette rupture. (je ne conserverai certainement pas cette page vu que l'affichage des tableaux ne donne pas le même résultat avec Netscape).

Pour une première étape, les applets proposés seront les images que j'ai réalisées sur le peintre Ben et les applets de mon "laboratoire de magnétisme virtuel". Peu de rapport entre ces deux recherches qui ont, à la fois, des moyens et des buts différents. BenProject me positionne dans la critique et le débat sur l'art contemporain. La série Magnet est plus novatrice. Elle ne cherche pas à "faire artistique". Pourtant elle pose de nombreuses questions sur qu'est ce que l'art, sur la perception du réel, qu'est ce que la science et l'expérience scientifique. Qu'est on prêt à accepter comme une expérience scientifique ou une preuve scientifique. Mes applets donnent l'impression d'être des expériences scientifiques alors que ce ne sont que des expériences esthétiques. Mes applets Magnet comportent quelques points faibles de programmation, notamment la mesure des angles et surtout la gestion de la viscosité sur lesquels j'ai retravaillé depuis mais sans avoir terminé.

Une des nouveautés techniques de la nouvelle exposition sera l'usage de fiches descriptives à la manière de celles qu'on trouve parfois dans les musées. J'ai trouvé le code javascript qui permet d'ouvrir une fenêtre pop-up de taille définie. Je pourrais encore améliorer ma technique : actuellement cela ne marche bien qu'au premier clic. Mais si la fenêtre est déjà affichée en arrière plan, elle ne revient pas vers l'avant ce qui donne l'impression que le clic ne fonctionne pas.

J'ai cherché également, mais sans trouver la solution, comment je pourrais maîtriser le changement de graphisme du pointeur de souris dans mes applets pour afficher la main lorsque l'on est supposé clicker dessus.

 

notes avril 2002 (expo 2002)

 

 

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mise à jour le 17/06/2002