notes d'artiste (juillet 2001)  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et des applets java.

 

retour

 

08/07/2001

Simplement noter la fin de l'émission Loft Story, jeudi dernier. Vue la place que j'ai donné à cet événement dans ces notes, je me devais d'en signaler le dénouement pour la postérité (!) : Loana et Christophe sont les gagnants. Résultat pas mal arrangé pour que cela semble équitable (ce sont les candidats d'origine la plus modeste qui gagnent), et pour que cela ressemble à un conte de fée - pour Loana en particulier, que le "Prince Télévision" vient tirer du ruisseau... . Tout ceci va se dégonfler mais, si j'ose dire, le mal est fait. L'expression "sortir du loft" va probablement rester dans le langage ainsi que le sentiment de suspicion vis à vis de la télé dont il n'est que trop évident qu'elle peut nous faire gober n'importe quoi. M6 promet de recommencer dans quelques mois. Déjà la concurrence tente de réagir. J'ai noté que TF1 lance un nouveau jeu à coloration sado-maso. Ça ne peut qu'empirer.

... à moins que cela ne serve d'électrochoc. Si j'en crois cet article que j'ai lu aujourd'hui dans lequel l'éditorialiste, au nom de toute la profession des journalistes, s'autoproclamait comme "hypocrite". Le début d'une prise de conscience ? Il n'est jamais trop tard !

***

J'espère avoir le temps de mettre en ligne les deux séries BouleRouge avant mon départ en vacances. Parmi les choses entamées non terminées, il ne restera plus ensuite que les "magnets" mais qui demandent encore du travail de mise en forme avant publication. Pour le reste, ce ne sont que des projets (mais ils sont nombreux).

L'orientation à donner au site devra être un de mes sujets de réflexion de l'été. Les visiteurs qui reviennent de leur plein gré peuvent trouver de nouvelles choses mais assez peu, en fait, en proportion de ce qui reste inchangé. Il faudrait probablement mettre les nouveautés plus en avant, bien que ce n'est pas si évident car elles sont dans la continuité du reste. Il faudrait, avant tout, toucher d'autres publics, mais je n'ai pas lé clé pour y parvenir (et encore moins aujourd'hui qu'au début de l'année). J'envisage de créer l'adresse en ".com" pour l'automne. Cela permettra de me différencier des pages perso. Il serait utile de faire une page bilan sur les premiers mois de fonctionnement.

Thomas Hervé, un journaliste de M6, montrait des pages en "flash" dans son émission parlant d'internet en indiquant qu'une nouvelle forme d'art est en train de naître. La télévision a une manière de montrer les sites à toute vitesse dont je me demande qui elle sert. Elle "signifie" surtout qu'il ne faut pas regarder le contenu du net parce que c'est à la télé que cela se passe. C'est ce qu'on peut comprendre et ce n'est pas très équitable.

 

 15/07/2001

Publié les deux séries d'applets BouleRouge et BouleRougeB. avant de partir en voyage pour plusieurs semaines.

Au cours de la semaine dernière, j'ai passé une soirée entière à étudier les pages sur le réseau Echelon que j'avais récupérées sur internet. J'ai appris des choses et je voudrais écrire un article assez approfondi sur le sujet mais je ne pense pas avoir le temps avant mon départ... et à mon retour, je ne sais absolument pas quel sera mon état d'esprit. Ce que je sais pour l'heure, c'est que, pour moi, la "marmite est en ébullition". J'ai le sentiment que ma vie ne peux pas continuer ainsi mais sans savoir ce que je dois entreprendre.

 

16/07/2001

Aperçu en rentrant du travail, une émission sur TLM qui parlait de la biennale d'art contemporain qui vient d'ouvrir à Lyon. Il semble que la biennale ai désormais lieu tous les ans ! Elle est d'ailleurs sur le point de devenir un événement d'envergure et ses organisateurs commencent à être médiatisés... L'émission ? Les questions récurrentes sur la légitimité de l'art...Il faudra que je prenne un peu de temps pour aller la visiter. Mais ce qui m'a le plus ennuyé fut d'apprendre qu'une part importante de l'exposition est consacrée au multimédia... et bien entendu, que je n'y suis pas. Ce n'est pas surprenant mais cela me pose problème.

Lorsque j'irai visiter, il faudra que je pense à emporter quelques flyers de mon site pour les laisser à disposition des visiteurs...

 

20/07/2001

J'ai passé les deux dernières soirées à surfer sur le net, ce que je fais, en somme, rarement. J'ai fait du ménage dans mes "favoris". Plusieurs dizaines de liens "à visiter plus tard" dont de nombreux n'existent déjà plus. Cette instabilité est un problème de l'internet. C'est comme un grand brouillon mais qui ne peut remplacer la pérennité des livres.

J'ai pu télécharger le fichier du "voyage" de Darwin dont je n'arrive pas à trouver le deuxième tome de l'édition française (épuisé). Bien sûr, le fichier est en anglais et je ne sais pas si je le lirai. Trouvé aussi un site passionnant sur le douanier Rousseau avec une partie consacrée au travail auquel se consacre l'auteur du site : il reproduit l'un des tableaux du douanier (le rêve) sur le mur d'une des pièces de sa maison et fait un compte rendu de chaque étape sur son site, avec des photos ( http://www.multimania.com/lereve/ ). Un autre site, sur Duchamp, qui me paraît bien (http://www.franceweb.fr/zumba/Duchamp/haut.html), une liste étonnante des observatoires qui renvoie à toutes sortes de travaux étranges mais très sérieux (http://admi.net/obs/ ), un autre encore créé par une femme en Argentine dont je crois que je tombe amoureux (http://www.florenciaflorio.com/). Un voyage passionnant en somme.

 

21/07/2001

Je fais un bilan sévère de mon site. Il est vrai que ce bilan est profondément conditionné par le fait que je ne me supporte pas ces temps-ci. Je trouve que tout ce qui se trouve sur le site est "passé de mode". Mes applets sont des "petites choses qui se défendent" mais partout je vois des choses un peu semblables même si elles ne sont pas faites dans un but "artistique". Trop de texte aussi, peut-être un peu de baratin dans mes notes, je ne sais pas, mais surtout le sentiment qu'il faut renoncer au texte quand on est sur internet. Etre concis, simple, etc. J'essaie de me raisonner en considèrent que les autres sites que je visite ne sont pas nécessairement mieux mais c'est aussitôt pour être pris dans cette autre idée décourageante que je suis entraîné dans un grand mouvement dans lequel je ne suis qu'une goutte. Tout se résume donc a un besoin d'exister qui ne trouve pas son chemin.

 

31/07/2001

Autre émission de mon zapping fébrile. Sur l'art cinétique. On parlait de Tinguely, Vasarely, Morellet et je me sentais héritier avec mes applets. J'ai appris que certains artistes des années soixante ne vendent plus rien désormais, ce qui renforce l'idée de cruauté que j'avais déjà. Ce que disait Morellet m'a intéressé. Il remarquait que ses œuvres devenaient rapidement des gadgets pour cadres et disait "pour rester soi même, il faut changer"... d'un autre côté, est-ce la bonne manière de voir, c'est une image très élitiste des artistes et après tout, qu'a t'il contre les cadres ?

***

Une autre émission (décidément tout est là !...) parlait de la mise en place du réseau intranet chez Schneider et des problèmes que cela posait. J'ai été frappé de constater à quel point cela ressemblait à France Télécom, même dans la manière dont les ouvriers et les cadres en parlaient. Les applications sont très semblables et les problèmes de frontière entre vie professionnelle et vie privée se posent de la même manière. Une femme responsable commercial racontait qu'elle terminait son travail à la maison mais que si elle s'en plaignait à son chef, celui-ci lui dirait qu'elle n'est pas obligée. "L'oppression" est devenue extrêmement subtile !

***

Je m'aperçois que dans ces notes j'écris fréquemment des choses qui à l'origine auraient dû se trouver dans la section "ce qui change" du site, qui elle, n'évolue pas. Elle exige des choses plus structurées et surtout plus affirmatives. Mais je ne parviens pas trop à dégager des tendances de ce que j'observe. Peut-être faudrait-il revoir le concept.

***

Je réfléchis aussi à l'avenir de mon site. Faut-il le figer ou le revoir entièrement ? Je trouve que son graphisme vieillit et je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi plus aujourd'hui qu'en janvier dernier ? Je pense que ce sentiment ne s'appuie sur rien d'objectif ou de recevable, mais c'est désagréable.

Depuis son ouverture, il est vrai que j'ai regardé pas mal d'autres sites et que le graphisme d'internet évolue beaucoup Il y a des sortes de modes, comme pour la presse écrite, et surtout des outils qu'on peut se payer ou pas (Flash coûte, je crois, 2500 F !). Un look techno est apparu, inspiré des jeux vidéo, on le voit dans la pub aussi.

... mais je n'ai pas nécessairement à être à la mode. Qu'en est-il de ces mécanismes de normalisation ? L'un des buts de mon site est de revisiter l'Histoire de l'Art récent et de remplir les trous laissés par une exploration trop rapide. C'est la même chose pour le graphisme Internet. On change pour changer !

Une phrase significative du reportage sur l'intranet Schneider que j'ai vu hier à la télévision. Un responsable disait "avec internet, les gens doivent apprendre à faire autrement ce qu'ils faisaient très bien"; C'est assez caractéristique de la fébrilité de notre époque. Il parlait ensuite de Révolution !... Il y a quelques jours, on m'a interrogé pour un sondage d'opinion sur l'impact d'internet dans mon travail. On m'incitait aussi à dire qu'internet est une Révolution et cela m'a un peu dérouté... mais chaque époque à les révolutions qu'elle mérite !

***

Terminé de lire "l'origine des espèces" de Darwin. Après le "voyage du Beagle", je souhaitais approfondir ma connaissance des théories de cet auteur. "L'origine" est moins excitant à lire que le "voyage" car c'est un ouvrage de démonstration. Néanmoins il vaut la peine d'être lu. Il est d'ailleurs très accessible et je m'étonne qu'on le lise si peu. J'ai vu sur internet qu'une association s'occupe de faire éditer l'ensemble de l'œuvre de Darwin en français, ce qui veut dire que cela n'a pas encore été fait !.. Sinon, je voulais voir, mais il ne semble plus qu'il y ait de sérieuse contradiction contre la théorie de la sélection naturelle, quelques évangélistes allumés mis à part.

J'ai été frappé de la modernité de la pensée de Darwin. Sa manière d'avancer ses arguments, de résoudre chaque difficulté, sa pédagogie même, lorsqu'il termine chaque chapitre par un résumé des idées développées précédemment (ce qu'on appelle aujourd'hui une reformulation). Son livre apprend aussi sur l'époque à laquelle il a été écrit. Il montre l'importance d'autres découvertes contemporaines comme celles concernant la géologie et la dérive des continents auxquelles Darwin s'est manifestement beaucoup intéressé. Le livre est également moderne dans sa vision fluide du monde (rien n'est figé, tout change tout le temps, y compris les espèces animales) et aussi, j'ai trouvé, très anglo-saxon avec cette croyance qui veut que même si on n'organise rien, la nature reconnaît les siens et au bout du compte, ce qui en sort est bien ! Darwin nuance toutefois cette idée à plusieurs reprises en montrant que parfois certaines évolutions sont inutiles, de simples héritages des espèces antérieures.

En terminant ma lecture, il me semble que les théories de Darwin peuvent s'appliquer à d'autres domaines que les espèces animales, aux objets manufacturés, par exemple (je pense, par exemple aux automobiles). Ce doit être ce qu'on appelle le néo-darwinisme.

J'ai de l'admiration pour Darwin, surtout pour son sens de l'observation. Les exemples ne manquent pas. Il voit plus de choses que je ne suis capable d'en voir moi même. Il remarque les détails du bec des oiseaux d'une même espèce quand j'en suis encore à tenter de différencier les espèces de mon jardin ! C'est son professionnalisme naturellement, mais je crois que cela va au delà. Quand d'un autre côté, je notais que le voyage du Beagle était particulièrement bien écrit, je suis impressionné. Je crois savoir d'ailleurs, que le capitaine du Beagle, Fitz Roy, qui avait également publié son journal en a été jaloux et fût par la suite un irréductible opposant de la théorie de la sélection naturelle.

***

J'ai aussi regardé sur la cinquième une émission qui retraçait les liens entre Einstein, Bohr, etc. et leurs débats sur la mécanique quantique. Il y aurait beaucoup à dire sur ce genre d'émission de vulgarisation qui n'explique rien au fond, et nous jette notre ignorance à la figure... Les scientifiques s'invitaient les uns les autres pour débattre de leurs théories respectives. C'était comme des parties d'échecs dans lesquelles les notions de fierté personnelle et de désir de (con)vaincre avaient une place essentielle. Soit... mais cela se passait en 1905, il y a presque cent ans ! Savoir qu'il existe des sujets fondamentaux que je ne maîtrise pas me déplait... Je pensais aussi qu'il y a le bienfait du groupe qui donne une force incroyable aussi bien en science qu'en art (le bateau lavoir, les surréalistes, etc...). A rapprocher de mon incroyable isolement (est-ce une question de personne ou d'époque ?).

 

01/08/2001

J'ai encore passé du temps sur le web et finalement je me dis que c'est aussi bien que voyager. J'ai trouvé un site qui parle de robotique, de l'université de Compiègne (http://www.utc.fr/~webva/index.php3) et de proche en proche, cela m'a conduit vers un tas de sites intéressants.

J'ai retenu le nom de Karl Sims qui fait des choses extraordinaires avec des animaux virtuels; J'avais déjà vu ses réalisations à la télévision, il y a peut-être deux ans. Ce sont des assemblages incroyables de cubes qui semblent vivre derrière l'écran. Il s'agit tout simplement de réaliser des programmes qui mettent en œuvre les théories de Darwin ce qui me ramène à mes préoccupations des jours derniers.

Je reproduis ici deux images de Karl Sims; je ne sais pas trop si j'en ai le droit mais c'est pour les avoir sous les yeux et pour le cas où elles disparaitraient du web (images provenant du site Biota, "retrospective Karl Sims", http://www.biota.org/ksims/).

 

Une des créatures de Karl Sims

Une scène de combat entre deux créatures

 

***

J'ai l'esprit très embrouillé, à la fois par mes réactions instinctives qui me poussent contre toute raison à m'enfermer chez moi, et par les multiples choses que j'apprends chaque jour.. Je n'ai pas envie de développer cela ici. C'est trop personnel. Et même en ce qui concerne le futur de mon site internet, je considère qu'il vaut mieux faire que dire ce qu'on va faire, comme j'ai tendance à pratiquer dans ces notes. Il faut que ces notes complètent l'action et non qu'elles la remplacent... enfin je crois.

Mais ce sentiment d'embrouillement je l'éprouve périodiquement... J'ai la vanité de penser qu'il correspond à des paliers nécessaires de ma propre évolution. Avec un peu plus de recul, je ne me vois guère évoluer... ou, pas dans le bon sens !

 

02/08/2001

Suivi hier soir un film de Shirley Clarke sur Arte qui a attiré mon attention. Je ne connaissais pas. Elle est, ou était, amie de Yoko Ono, semble-t'il. Le film se passait en France dans un appartement hippie avec les matelas au sol et les assiettes en guise de cendrier. Toute une époque ! Elle parlait d'un autre film qu'elle avait réalisé pour dénoncer le racisme. J'ai aimé ses commentaires sur le rôle du cinéma et la contradiction de s'adresser à un public déjà conquis pour un film qui se veut politique. A la fin, elle disait, ou faisait dire, que le cinéma était une affaire de filles et que la caméra était son pénis. La bonne blague de baba -cool ! Non, ce qui m'a le plus frappé c'était cet échange selon quoi l'Amérique d'alors était en décadence. "On ne veut plus avoir deux maisons, deux voitures, deux poulets à manger..." disait-elle. La critique de la société de consommation. Ça donne à réfléchir quand on voit ce que c'est devenu, comment le capitalisme a su se régénérer !

J'ai repris mon exploration du web de manière un peu plus systématique en consultant l'annuaire des pages perso de wanadoo, free et liberty-surf. Le nombre de sites est impressionnant. Incroyable le nombre de peintres qui exposent sur le web ! C'est bien je trouve. Certains valent le détour. Mais je me demande quelle est la proportion parmi ceux qui peignent qui sont présent sur là toile : sur wanadoo on donne 1634 sites de peinture, 2032 de littérature !

Je trouve que la qualité des sites français s'est améliorée par rapport à il y a trois ou quatre ans (quand j'étais client chez worldnet pour situer). Je trouve des choses vraiment bien faites sur les sciences, réalisées par des profs souvent. Sur des sujets comme l'électronique, on peut trouver des quantités d'informations, des schémas, des savoir-faire. Sur d'autres comme le tourisme, c'est d'une tristesse à mourir : des photos de leur région, on trouve les mêmes dans n'importe quel guide. Ça peut intéresser, peut-être, mais je trouve surtout que c'est de la facilité.

Sur un site de l'éducation nationale, je trouve plusieurs films éducatifs qu'on peut visionner en ligne. C'est un peu limite avec un modem 56 k mais cela me parait une bonne initiative. Il est sûr que ce genre de film n'a pas d'autre chance d'être diffusé. Peut-être parfois à la télévision, mais certainement pas sous forme de cassette vidéo. C'est un des enjeux de l'internet haut-débit mais il ne faudrait pas que cela conduise a transformer l'internet en télévision alors qu'on a à peine vu ce qu'il permet de faire par voie écrite.

Pas facile de conclure quoi que ce soit sinon l'impossibilité d'avoir une vision globale.

.

04/08/2001

J'a'i continué mon exploration de fourmi du web. Probablement une quarantaine d'heures en tout. Après les sites français, il faudrait que j'aille voir ailleurs pour comparer ! Devant cette avalanche, ma position dans la société se pose avec encore d'avantage d'acuité. Je ne me satisfais pas du partage entre vie professionnelle "sérieuse" et hobby artistique "pour garder la forme". Je pense avoir un autre destin mais c'est d'une prétention insoutenable et il se confirme de plus en plus que c'est un état qu'on me refuse. La concurrence est trop forte, et internet, en donnant la parole à chacun, renforce encore cette concurrence... ou plutôt, elle la déplace sur le simple fait de savoir se vendre ou pas.

Vu sous un autre angle, internet est une gigantesque entreprise d'élimination des élites. Si l'on est encore un peu néo-darwinien, on pourrait observer que les sociétés les plus élaborées du monde animal sont celles qui disposent d'un grand nombre d'individus indifférenciés (fourmis, termites, abeilles). Ce n'est pas une idée très nouvelle mais il est difficile de ne pas se dire qu'internet (après l'automobile, la radio et la télévision... ) en mettant une formidable quantité d'informations en réseau n'a pas un effet d'agrégation qui dépasse les individus... et de se dire qu'on n'aura plus besoin des individus... comme si le fin du fin de l'évolution était d'éliminer l'individualié.

Mon expérience personnelle me donne à penser que nous n'avons jamais eu accès aussi facilement à autant d'informations. Chacun fait son propre tri mais, chacun de nous, isolément, a trop d'informations. C'est bien évident. Pour moi qui m'intéresse aux arts et aux sciences..., c'est un déferlement que j'ai du mal à gérer. C'est le cas depuis que je possède un ordinateur mais cela se multiplie avec internet.

 

09/08/2001

Je me suis aperçu que toutes mes pages d'applets ont un message "mise à jour du site le" alors qu'il faudrait que ce soit "mise à jour le" ou "page mise à jour le". Je ne m'en étais pas encore aperçu depuis le temps ! et cela veut dire que pour corriger, il faudra modifier plus de cinquante pages.
... mais je vais le faire car ce message donne une information incorrecte à mes visiteurs.

Ce matin, je pensais qu'il fallait interrompre la mise à jour du site pendant quelques mois de manière à me consacrer à l'écriture. A cette heure ci (14 heures), c'est moins évident. Il faut que je réfléchisse encore.

Sentiment que ces derniers temps mes notes elles aussi tournent un peu en rond - as my life !

***

Je lis un livre d'une jeune Chinoise qui s'appelle Wei Hui et le livre "shangai baby". Je le lis en anglais, c'est assez gratifiant, mais c'est aussi parce que le vocabulaire est simple. Ce livre est plutôt autobiographique et il montre à quel point la civilisation occidentale exerce un attrait dévastateur là bas : Ils prennent notre décadence à bras le corps si j'ose dire ! A part le fait qu'ils jouent au mah-jong là où nous jouons à la belote ou au tarot (ou même à rien), je ne vois rien qui différencie les Chinois de nous : les mêmes problèmes avec les parents, les mêmes sentiments face aux guerres, à la pollution, à l'atmosphère déprimant des gratte-ciel, internet, les téléphones portables, les jeux vidéos, la drogue, etc. C'est peut-être un effet secondaire de la littérature qui égalise tout ?

On peut aussi se demander comment s'établit la domination des peuples les uns par rapport aux autres. Est-ce qu'au fond cette jeune Chinoise n'est pas le vecteur d'une certaine propagande occidentale ? En gagnant une notoriété en Europe et en Amérique, elle montre aux autres Chinois ce que signifie être moderne (C'est connaître Madonna et Henry Miller). Vis à vis du reste du monde, on pourrait aussi dire "voyez, secouez vous, au travail ! les jeunes Chinois ne demandent qu'à prendre vos places (y compris celles d'écrivain)"... j'ai l'impression de mal m'exprimer mais c'est bien ce que je veux dire : quelle adhésion attend t'on de nous ?

... et en temps qu'auteur quel est mon rôle dans ce binz.

Il n'empêche que le livre de Wei Hui est très bien construit. Elle voulait faire un best seller international. C'est plutôt habilement réussi.

***

Pour compléter sur cette idée de l'adhésion, une info entendue ce midi à la radio : Air France arrête de desservir la Nouvelle Calédonie. Pour les employés, on propose de venir travailler à Paris. N'est-ce pas d'une perversité revancharde de la part des décideurs de cette compagnie ?

***

J'ai visité encore quelques sites de pages personnelles sur wanadoo. Je me suis aperçu que sur le thème peinture, le moteur de recherche ne donne que les vingt premières pages... et la dernière proposée contient encore des sites qui commencent par A. Autant dire que mon site J_quelque chose.. n'apparaîtra jamais. Il faudrait que j'envoie un mail pour leur demander ce qu'ils envisagent de faire.

Il existe aussi de nombreux sites dont on voit qu'ils ont été commencés dans l'enthousiasme et vite abandonnés. Si les moteurs étaient bien conçus, ils devraient disparaître des listes de recherche.

***

Le changement pour moi est que, désormais, quand je fais quelque chose sur le site, si je vois une erreur, je me dis "ça fout, de toute manière personne ne le visite !". Au début, j'avais la réaction exactement inverse, je trouvais insupportable qu'il y ait la moindre chose à reprocher car c'était comme si le monde entier allait me tomber dessus.

C'est un peu du découragement, de l'incompréhension surtout. Comment se fait-il que toute l'énergie que j'ai dépensée soit tombée à l'eau comme ça. Je n'ai pas l'impression que ceux qui ont la parole utilisent des "trucs" différents des miens. Par exemple le livre de Wei Hui, je connais tous les procédés qu'elle utilise. Tous je dis ! Il y en a même un certain nombre dont je ne voudrais pas me servir car c'est, comme on dit, "trop facile", comme celui de se recommander d'auteurs confirmés pour dire qu'on connaît la musique et que par conséquent ce qu'on écrit tient la route. Les combines accrocheuses avec le sexe ou la drogue aussi..

Mon ressentiment vient de ne pas comprendre comment sont distribués les rôles. Est-ce simplement le hasard ?

 

16/08/2001

Comme je suis rentré de voyage plus tôt que prévu - pour des raisons qui ne regardent que moi - j'ai passé un peu de temps à faire évoluer mon site internet. J'ai d'abord rédigé un bilan sur mon expérience depuis le début d'année. Il n'est peut-être pas absolument complet mais j'ai réuni, je pense, pas mal d'idées qui ne courrent pas nécessairement les rues. J'ai modifié le site de ci de là, notamment corrigé les messages de bas de page et il faut maintenant transférrer tout sur le serveur. J'ai fait aussi une page énigmatique et minimaliste que j'appelle projet2001.

J'ai repris l'idée d'écrire à propos d'Echelon et c'est maintenant devenu un projet en soi. J'ai lu énormément de documents qui se trouvent sur internet et commencé à rédiger une étude sur le sujet. J'essaie de prendre de la hauteur et apporter une contribution personnelle au débat. Il ne serait en effet que de peu d'intérêt de seulement répéter ce qui a déjà été dit, même si, la simple traduction des documents de l'anglais au français pourrait rendre service à pas mal de gens qui ne dominent pas l'anglais. Si je rapproche cela de l'émission sur la Guerre Froide qui passait hier soir sur Arte, "dans ce genre de crise, il ne faut pas ajouter la crise à la crise et laisser croire au Peuple que les choses sont bien en main, qu'il n'y a pas à s'inquiéter". On peut comprendre que ce genre de gestion de crise se passe avec Echelon et que c'est pour cela qu'on a si peu de textes traduits en français... Pourtant, il me semble qu'en en disant plus, on ferait avancer les choses plus vite.

Enfin je crois que le texte que j'ai déjà rédigé n'est pas mal et je prévois de l'approfondir sur les aspects techniques et sans doute aussi j'élargirai sur le thème "que faut-il conclure de tout cela" pour lequel je me sens inspiré.

***

Je constate aussi de plus en plus d'anomalies de fonctionnement sur mon PC. Des délais d'attente absolument injustifiés et je me demande s'il n'est pas infecté par un virus. Peut-être une attaque de la NSA à mon égard !! Il serait souhaitable que je nettoie mon disque dur pour tout réinstaller, mais c'est un travail conséquent et il faudrait d'abord que j'enregistre les données essentielles sur un CD-ROM. Il serait temps que je me dote d'un graveur de CD, peut-être même d'un deuxième ordinateur plus récent.

***

Voilà, la chose est en ligne. Je me dis que finalement cette page Echelon est une bonne chose car elle va me permettre d'être référencé sur les moteurs selon d'autres critères qui peut-être attireront plus de curieux. Et une fois là, il n'y a pas de raison que certains visiteurs n'explorent pas les autres pages... enfin peut-être.

Cette affaire de programmes de cryptage qui sont minés par la NSA me tracasse profondément. Se peut-il qu'il en soit de même des programmes "firewall" ? des programmes d'échange comme le "made in Microsoft" Netmeeting ? Il faut que je pose rapidement la question sur ma page si je veux être utile à quelque chose !

***

Parmi les modifications réalisées sur le site, j'ai remplacé le slogan "être sur internet, remplir l'espace" par cet autre "site internet depuis le 02/01/2001". J'avais envie de changer et le nouveau donne l'idée de continuité que je veux mettre en avant, un peu à la manière de ces entreprises familiales créées de 1492, ou à peu près.

 

19/08/2001

J'ai écouté une émission à la radio, une émission débat d'Alain Fienkelkraut sur l'art contemporain. Il avait invité deux artistes : Charles Maton et Ernest Pignon Ernest que je ne connais, pour ainsi dire pas (et ne sais pas orthographier le nom), comme la plupart des artistes actuels. J'ai pris des notes pour comprendre comment se construit le débat d'idées.

Ils essayaient de faire le point sur l'art contemporain qui d'après Maton ne laisse plus qu'un seul discours s'exprimer, celui des "installations" et ceci à cause des fonctionnaires de la Culture qui ne prônent que le suivisme des Etats Unis. Je résume et synthétise. Les deux peintres invités sont un peu en marge de ce mouvement mais peuvent s'exprimer parce que cela va bien pour eux. Ils n'apparaissent donc pas comme des victimes aigries du système.

[ en me relisant, je m'aperçois que D. avait la même préoccupation par rapport au rejet des éditeurs de son dernier manuscrit. Je me demande ! Au fond même les artistes à contre courant et mêmes les "victimes" participent à l'hégémonie du langage dominant. En effet, en quoi être victime et incompris donne t-il moins de valeur à ce qu'on dit ou fait. Cela pose déjà tellement d'autres problèmes ! Comme si le discours dominant avait besoin des ses opposants pour s'imposer ! C'est très étrange et cela mérite qu'on se méfie de ce qu'on dit ]

Ils ont discuté de l'origine de l'impasse actuelle et mis en opposition deux courants, celui comprenant Cezanne, Matisse, Picasso, Bonnard, qui tout en étant modernes restaient dans la dynamique du dix neuvième siècle et ne remettaient pas en cause l'acte même de peindre, opposé à Duchamp et ses ready-made qui s'est placé dans une perspective de critique de l'art lui même et de sa finalité. Cela pour s'en plaindre. Accuser Mallarmé d'avoir semé la première graine de cette herbe folle. Je retrouvais dans cette analyse ce que disait Ben il y a quelques semaines dans une autre interview que j'avais d'ailleurs rapportée dans ces notes. De la même façon ils soulignaient que Duchamp avait été un peu dépassé par ce qu'il avait mis en place et considéraient que depuis on ne fait que refaire du Duchamp après Duchamp. J'ai retenu le nom de Baudrillard qui semble avoir écrit des choses intelligentes sur le sujet et que je vais m'empresser de lire.

J'ai noté une dizaine de noms d'artistes "qu'il faut connaître" et que je ne connaissais pas, au cours de cette émission. Ce n'est pas surprenant car je me suis désintéressé de la peinture pendant plusieurs années et l'impression est la même chaque fois qu'on s'attaque à un nouveau sujet : les gens qui sont dedans paraissent d'abord incroyablement savants. Le masque tombe vite et l'on s'aperçoit que de multiples recoupements sont possibles.

***

Quelques réflexions sur une série d'applets que je projette, traitant de la notion d'érosion. J'ai quelques idées pour commencer en simulant une érosion mécanique. Le résultat pourrait être intéressant, pas "joli" mais ce n'est pas une préoccupation essentielle. Je voudrais fabriquer d'autres images en travaillant sur l'érosion chimique - comme la fusion d'un morceau de sucre par exemple - mais ne sais pas encore comment m'y prendre pour que le logiciel ne soit pas trop compliqué.

***

Je n'ai noté nulle part qu'il me reste un texte de Karl Sims à lire, peut être à traduire, concernant ses créatures virtuelles... J'ai trouvé aussi des applets qui mettent en œuvre des êtres virtuels semblables à des oiseaux ou des poissons. C'est un peu ce que j'avais commencé à explorer avec mes "magnets" (par encore publiés). Il est amusant d'explorer le comportement de ces "animaux" grégaires qui fondent sur l'intrus lorsqu'il entre dans leur territoire... Mais ces applets restent au premier niveau de "reproduire le réel". Ils n'en font rien d'intéressant ce qui fait que de mon côté, je peux très bien en étudier le code pour voir ce que je peux en faire.

***

Autre chose, un reportage qui montre qu'on peut fabriquer des CD en Thaïlande pour quatre francs l'unité. En général ce sont des copies illicites de jeux ou de cd audio mais rien ne l'oblige ! Les mêmes cd sont vendus 120 F en France, voire 350 pour les jeux. L'écart est grand, même s'il faut penser aux droits d'auteur.

 

23/08/2001

J'ai allumé la radio et la télévision, et sur les deux, on parle de Michel Houellebecq au même instant ! C'est la rentrée littéraire et son nouveau livre va sortir. Jérôme Garcin est fan. Il compare Houellebecq à Balzac et veut qu'il obtienne le prix Goncourt. Ce qui m'étonne dans son commentaire, c'est de l'entendre dire que Houellebecq n'a qu'un faible soucis du style alors que je pensais exactement l'inverse de ces autres livres.

Garcin raconte également que cette automne, il sort plus de 500 nouveaux romans dont 300 français, plus de mille titres en tout avec les essais. En 92, il ne sortait que 300 romans par an. Il explique que puisque les livres sont retournés par les libraires au bout de trois mois, il est de l'intérêt des éditeurs d'en publier beaucoup : dans leur comptabilité, tous ces livres sont vendus pendant cette période; cela leur permet de créer un fond de trésorerie.

Houellebecq, lui, dénonce le tourisme sexuel en Thaïlande. Il prend à partie le Guide du Routard et Nouvelles Frontières. Il l'avait déjà fait dans Lanzarote. Ça à l'air de plaire à "l'intelligentsia" et il me semble que derrière l'auteur, il y a une grosse machine promotionnelle. J'ai quelques doutes sur l'intérêt du livre bien que je le lirai certainement.

 

29/08/2001

J'ai repris le travail, et ce que je vois le soir à la télévision n'a rien à voir avec les émissions que je regardais cet été. Je suis peut-être moins réceptif mais je crois surtout que c'est à cause du décalage horaire. Quand je travaille, je suis obligé de me caler sur les horaires du vingt heures et c'est assez affligeant. Ce qui me dégoûte le plus est la manière dont on laisse dire des lieux communs à l'occasion de reportages sur le terrain. On fait parler des parents désavantagés par la "carte scolaire" qui devront envoyer leurs enfants dans un autre lycée que celui qu'ils avaient choisi. Est-ce donc un problème national ?... Où ces autres villageois qui croient de manière irrationnelle que des armes chimiques sont entreposées sous leurs maisons. Tout semble être l'occasion d'ériger l'ignorance et l'égoïsme, voire la bêtise humaine, en norme. Je trouve cela fatiguant. Je préfère tellement entendre l'avis de gens intelligents !

Il fait très chaud. Je suis trop fatigué pour travailler sur mes applets ou mon texte sur Echelon.

***

J'ai acheté un second ordinateur comme je l’envisageais, en profitant des promotions de septembre. Je vais pouvoir relier mes deux machines pour échanger les programmes que je possède Ce nouveau PC dispose d'un graveur de CD qui me permettra de réaliser des sauvegardes et ainsi prendre d'avantage de risques dans les manipulations de programmes que je souhaite tester... D'abord nettoyer mon "vieux PC" et tout réinstaller pour retrouver les performances qu'il a perdu peu à peu. et puis installer le système Linux, "pour voir", sur le nouveau.

La prise en main de ce nouveau PC m'inspire quelques réflexions. J'ai remarqué toute une série de mesures prises par les concepteurs de logiciels pour rendre les anciennes versions obsolètes. Il s'agit sans doute de "pousser à la consommation" et au renouvellement des machines. Il y avait une documentation au format pdf. Elle n'est lisible qu'avec Arcrobat Reader 4. Je ne vois pas pourquoi. Je suis sûr qu'un fichier dans une version antérieure conviendrait parfaitement.

Je change de PC assez souvent - tous les deux ans environ - et à chaque fois, il faut s'adapter à un environnement assez différent. Celui-ci utilise Windows ME, le précédent Windows 98, avant j'étais déjà passé par Windows 3.1 et Windows 95. L'esprit reste le même, mais de nombreux programmes changent et il faut passer du temps pour en explorer les interfaces, noter les différences. Le développement de l'informatique américaine est assez bordélique. La standardisation n'est pas leur point fort et autant de logiciels, autant de fournisseurs différents, autant de logiques particulières. Heureusement que tout cela est orchestré par Microsoft pour limiter un peu les dérives !

J'ai regardé les " tutoriels " livrés avec la machine. Une voix vous débite, assez vite, des informations techniques sur les écrans et aussitôt après, on doit répondre à un QCM obligatoire. Si on a 10 sur 10 on est félicité, sinon on se fait engueuler mais sans savoir quelles sont les erreurs commises. Très rapidement, je me suis mis à répondre n'importe quoi et j'obtenais conformément aux lois de probabilité, 4 ou 6 sur 10. D'un point de vue pédagogique, je me suis posé des questions. Je ne suis pourtant pas le dernier venu en informatique mais malgré cela, je trouvais que tout n'était pas évident à piger à cette vitesse. Que doit-il en être des néophytes ? Certains doivent refaire chaque exercice quatre ou cinq fois !

Il y avait une démo sur Winamp, un programme connu pour jouer les fichiers de musique en MP3. L'utilisation de ce logiciel pour transformer les pistes de CD en fichier son m'avait, je dois dire, échappé mais il faut être initié pour le savoir. Pour cette opération, il faut dérégler le logiciel en changeant les drivers, un peu comme si pour aller en montagne on changeait le moteur de sa voiture ! D'un point de vue de la mise en œuvre, c'est franchement n'importe quoi. Il serait pourtant simple, à partir du même code, de réaliser un programme disposant d'un menu pour cette fonction. Ainsi va l'informatique d'aujourd'hui et sans doute qu’elle manque des critiques efficaces pour améliorer tout cela. Pourquoi les revues ne s'en chargent-elles pas ? Manquent-elles de poids et d'audience ? Je ne sais pas; je ne lis pas ces revues. Sans doute cela pourrait-il se faire aussi sur internet mais il faudrait créer un label de qualité et ce n'est pas immédiat. Peut-être aussi que cela s'explique par le fait qu'on ne sait pas très bien si les logiciels sont des produits industriels ou artistiques.

 

30/08/2001

Je relis la première version de mon texte sur Echelon et le trouve d'un ennui mortel. Problème de style. J'essaie de l'améliorer avec difficulté. Je rédige une nouvelle version qui ne me satisfait pas complètement.

Est-ce parce que j'ai rédigé ce texte directement à l'ordinateur ? En général, j'écris d'abord un brouillon sur papier. J'aurais peut-être dû. Le style de ce texte me déplaît. Je le trouve ampoulé. Certes il faut être précis mais on dirait que cette exigence me paralyse. Difficile de décrire mon insatisfaction. C'est aussi parce que j'écris ce texte de manière expérimentale. Ce n'est ni du journalisme, ni du roman mais quelque chose d'intermédiaire pour lequel je manque de référence.

***

Cet été, je suis allé à Lausanne, j'avais oublié de le rapporter dans ces notes. J'ai visité le musée d'art brut qui m'a fortement impressionné. Les artistes exposés là sont inconnus. Nombre d'entre eux étaient schizophrènes... Je me sentais bien dans ce musée. J'avais l'impression d'être au milieu de ma famille, comme si les fantômes de tous ces êtres d'exception me disaient "fait comme nous, laisse toi emporter dans la folie, tu verras, tu ne le regretteras pas".

Que peut on dire de ces artistes ? Il serait rapide de considérer que ce ne sont que des esprits tourmentés et incultes. Mais pourquoi Picasso et Matisse ont-ils été "reconnus" et pas eux ? Pourquoi Rodin et pourquoi Camille Claudel ? Lui fût célèbre, elle a vécu des dizaines d'années à l'asile psychiatrique. Ils étaient pourtant au départ, aussi brillants l'un que l'autre.

A Lausanne, j'ai écrit sur un feuillet que j'avais au fond de ma poche, l'histoire de H J Darger, un habitant de Chicago qui avait une vie effacée d’employé dans un hôpital de la ville, mais passait tous ses loisirs à rédiger les 19 000 pages (12 volumes) de l'histoire de Vivian Grils où écrivait-il " l'on pourra suivre, dans le royaume de l'irréel, les épouvantables péripéties de la guerre glandeco-angelivienne due à la rébellion des enfants esclaves " . Son texte n'a jamais été publié. Il faisait aussi de grandes fresques de ces Vivian Girls, souvent les dessins de petites filles qu'il décalquait dans des revues. On remarque que souvent ces fillettes ont un sexe de garçon. Cela n'a pas manqué d'interroger des psychologues dont l'un deux, disait un commentaire, a entrepris une étude de ces dessins. Le côté pédophile de ces dessins les rend dans le contexte actuel extrêmement provocateurs.

Le musée de Lausanne est aussi sur internet à l’adresse http://www.artbrut.ch/ , on trouve la liste des artistes exposés avec leur photos, une biographie et la reproduction de quelques œuvres.

 

10/09/2001

L'arrivée d'un nouveau PC est un événement qui change le quotidien ! On m'a prêté une revue vendue avec deux CD de programmes utilitaires que j'ai commencé à tester. J'en connaissais un certain nombre, mais il est pratique de disposer de ces logiciels sur un CR ROM plutôt que d'aller les chercher sur internet. Certains fichiers sont d'ailleurs si gros qu'il n'est pas très raisonnable de tenter de les télécharger par le réseau à moins d’avoir une liaison ADSL.

Beaucoup de ces programmes sont des versions de démonstration mais on trouve sur internet des patchs qui permettent de les rendre complètement opérationnels. C'est une situation très étrange où voisinent des programmes très élaborés entièrement gratuits comme Netscape ou Internet Explorer à côté d'autres vendus plusieurs milliers de francs mais qu'on peut cracker très facilement. Il semble qu'il y ait une certaine tolérance de cette situation. Peut-être que les concepteurs de ces programmes estiment qu'ils gagnent déjà assez d'argent. D'autant que, plus les utilisateurs illégaux sont nombreux, plus ils ont de chance de diffuser des copies payantes. .. En contrepartie, plus personne ne sait vraiment ce qui doit se payer. On dit qu'aujourd'hui, tout se paie. On peut en douter quand on voit sur internet tout ce qu'on peut avoir pour zéro kopeck.

Bien entendu, la sélection se fait entre les gens branchés et les autres. Une sélection sur la "jeunesse d'esprit" en quelque sorte.

***

On a annoncé cette semaine le rachat de la société Compaq par Hewlet Packard, deux gros fabriquants d’ordinateurs américains. Le commentaire précisait que Compaq s’était trop longtemps positionné sur la vente de PC familiaux en oubliant le marché professionnel. Cela m’a un peu surpris et ce d’autant plus, que j’utilise des PC Compaq au travail depuis plusieurs années. En fait, si Compaq est devenue une marque grand public c’est tardivement, car elle s’adressait au départ, plutôt aux professionnels. Le commentaire n’était pas très rigoureux mais cela montre à quel point ces entreprises sont fragiles et résistent mal dans le temps. Je peux citer plusieurs marques d’ordinateurs qui ont disparu totalement après une période de grand succès, comme Oric, Sinclair, Amstrad ou Thomson. On a l’impression que la technologie progresse malgré ces phénomènes de naissance ou de mort d’entreprises champignon. Cela doit pourtant se traduire par des situations humaines douloureuses.

 

11/09/2001

Pendant le week-end, je me suis attelé à l’installation de Linux sur mon nouveau PC. C’est une opération complexe, d’autant plus que la version Red-Hat dont je dispose est déjà ancienne. Elle provient d’un CD qui accompagnait un livre sur Linux que j’avais acheté il y a deux ou trois ans. En fait, il y avait trois CD soit trois versions différentes de Linux.

Première étape, il m’a fallu partitionner mon disque dur après avoir fait une sauvegarde de sécurité. Deux choses que je n’avait jamais faites et pour lesquelles j’ai dû faire appel à de nouveaux programmes shareware. Lorsqu’on partitionne un disque, on risque de perdre ses données. Il vaut mieux savoir ce qu’on fait ! Dans mon cas, c’était plutôt le risque de ne pas pouvoir réinstaller les logiciels présents sur la machine. Je m’étais donc assuré que l'installation complète à partir du CD livré avec l’ordinateur fonctionnait bien.

J’ai dû refaire deux fois l’installation de Linux. A la première tentative plus rien ne fonctionnait, ni Linux, ni Windows ! mais j’ai pu récupérer Windows facilement. Le problème venait de mon choix de réserver un espace à la fin du disque dur pour installer Linux alors que le programme de boot LILO (celui qui permet le choix entreWindows et Linux au démarrage) ne peut voir que des disques de 8Go maximum. J’ai donc partionné mon disque différemment avant de réinstaller.

A la seconde installation, Linux fonctionnait, mais pas le mode graphique SGVA et le clavier était configuré en anglais ("q" à la place de "a", etc.). Je ne pratique pas le système unix couramment, ce qui fait que face à cette situation je me sentais désarmé. Je comprenais bien qu’il fallait modifier des fichiers de configuration mais sans savoir lesquels, ni où ils se trouvaient.

Contraint de remettre l’opération au week-end prochain puisque ce PC est installé dans ma maison de campagne. J’imagine avec un sourire que c’est mon PC tout terrain alors que celui que j’ai à Lyon est un PC de ville que je conduis plus prudemment et avec lequel je ne me permets pas de prendre autant de risques.

***

Je me suis procuré une version de démonstration de flash 5 que j’ai commencé à étudier. La prise en main n’est pas immédiate. Il s’agit d’un logiciel qui reproduit les techniques du dessin animé avec des cellos superposés sur plusieurs couches pour composer une scène animée. On crée ainsi des séquences, des petits clips.

J’ai étudié plusieurs des leçons proposées; celles concernant la partie dessin seulement, et j’ai été agréablement surpris des outils proposés comme celui qui permet de déplacer les angles d’une figure. J’imagine l’effet dont je pourrai en tirer dans une séquence animée.

Je suis séduit par ce logiciel. Il est pratiquement certain que je l’utiliserai pour mon exposition sur internet même si l’esprit est assez différent de ce que j’ai fait jusqu’ici avec java. C'’est complémentaire.

 

12/09/2001

Hier deux avions suicide sont venus s'écraser sur les deux tours du World Trade Center à New York, un autre sur le Pentagone, un autre encore près de Pittsburgh dont on ne sait pas vers quelle cible il se dirigeait. Plusieurs milliers de victimes.

Cette affaire semble incroyable. Cela ressemblait au scénario d'un film de James Bond. Les images de cet avion percutant la tour de Manhattan n'arrangeaient rien à cette impression d'irréalité qui fût mon premier sentiment. Tout aussi incroyable que des gens soient tellement déterminés pour apprendre à conduire des avions dans le seul but de les crasher dans un immeuble en y perdant la vie.

Comme cela ressemble à James Bond, du coup, on entend dire mais à quoi sert la CIA et le réseau Echelon qui n'ont pas su prévoir ?

Après l'émotion de la veille, on tente ce matin de minimiser la portée de cet événement. On disait que cinquante mille personnes travaillent dans ces tours tandis que le nombre de victimes s'élèverait à plusieurs milliers. On dit aussi que l'attaque sur le Pentagone aurait fait 800 victimes et pas d'officier supérieur. La perte humaine, financière et organisationnelle est néanmoins énorme et je ne sais comment l'Amérique va s'en remettre. L'anti- américanisme usuel fait place aujourd'hui à la compassion et la solidarité. Comme le disait quelqu'un à la télévision "on est tous américains".

***

On reparle du réseau Echelon après cet attentat et on souligne son inefficacité. Plusieurs collègues à qui j'avais parlé de ma page internet me l'on fait remarquer. Mais on dit aussi qu'on a réussi à retrouver les conversations téléphoniques en arabe passées par les terroristes depuis l'aéroport de Chicago. Cela semble confirmer que la NSA enregistre bien des convesations de manière automatique et systématique. On dit ce soir que les USA ont poussé trop de l'avant leur dispositif d'écoute électronique, par peur d'être dépassés technologiquement, au point de perdre de vue les techniques traditionnelles du renseignement sur le terrain.

Sur un autre plan, jamais l'utilité de réseaux du type Echelon n'a été autant justifié que par l'attentat de New York. Le besoin de cellules d'observation va être réexaminé dans tous les pays du monde ainsi que les accords internationaux pour lutter contre le terrorisme.

 

16/09/2001

J'ai passé la soirée d'hier avec D. qui est en séjour en France pour quelques semaines. Nous n'étions pas très en forme. Nous avons naturellement reparlé de cet attentat et de la réaction de sa compagne américaine qui est très touchée par cet événement. Au delà des morts et du symbole auquel cela correspond, c'est plus prosaïquement la première fois qu'un gratte ciel s'effondre et cela signifie beaucoup de choses pour les américains qui ont vécu avec depuis toujours. Nous autres français ne pouvons pas très bien le comprendre car nous avons toujours considéré les tours comme des choses dangereuses.

Nous avons parlé aussi de nos échecs "artistiques". Aussi bien pour le dernier livre de D. que mon site internet qui n'ont pas trouvé d'écho. Cela pose des questions. Personnellement, je pense aussi que la littérature est arrivée à une limite et qu'il n'est plus possible de continuer comme avant. Je ne sais pas si c'est une étape avant le renouveau, comme le passage de l'impressionnisme au cubisme en peinture, ou si c'est le début de la fin. D., lui pense ne plus écrire. En tous cas, lui comme moi, ne savons pas ce qu'il faudrait écrire désormais. La question tourne toujours autour du roman ou pas roman mais ce n'est peut-être pas la bonne manière de poser la question.

***

J'ai repris la mise en place du système Linux sur mon "PC de campagne" et cela m'a grignoté une bonne partie de la journée de samedi. Je me suis aidé de documents que j'avais trouvé sur internet pendant la semaine, notamment un "guide de survie". La configuration des touches en français n'a pas pris longtemps mais il fallait modifier le fichier /etc/sysconfig/keyboard avec l'éditeur vi dont les commandes sont tout sauf intuitives lorsqu'on à l'habitude des programmes DOS/Windows.

Ensuite j'ai tenté de trouver le bon paramétrage du serveur X11 en utilisant le programme xf86config. J'ai fait de nombreux essais mais il a été impossible d'obtenir une image en SVGA car je ne dispose pas du driver pour la carte graphique installée sur le PC. Le mieux que j'ai réussi à faire est de disposer d'un écran 640x480 ce qui est pratiquement inexploitable car bon nombre de logiciels débordent en haut ou en bas. Linux permet de gérer un écran virtuel plus grand que l'écran réel mais ce n'est pas très confortable.

Mon expérience de Linux est par conséquent assez décevante car avec une définition aussi faible, les écrans sont moches et grossiers. De plus les programmes que j'ai installés sont déjà anciens et ils me semblent un peu dépassés. Le mieux est probablement de trouver une distribution plus récente. J'essaierai quand même de trouver le driver correspondant à mon matériel sur internet (penser à noter les références de ma carte graphique).

 

 

notes octobre 2001

 

retour ; sommaire


me contacter par e-mail jean-claude.devaux (site officiel)

mise à jour le 17/06/2002