notes d'artiste (avril 2001)  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et des applets java.

 

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06/04/01

Je décide de commencer une nouvelle page de notes pour repartir sur de nouvelles bases. Trop de considérations sur les problèmes de fonctionnement dans mes dernières notes. J'étais obligé mais je considère qu'il est maintenant nécessaire de mettre ces aspects là au second plan. Parallèlement, je publie les applets NothingInterface, MorelletConcept et WaitingEuro.

 

07/04/01

Sentiment agréable du travail accompli après avoir publié mes denières applets sur le web même si, désormais, j'ai moins d'illusions qu'en début d'année quand je pensais "faire un coup". Cette fois, j'ai prévu de ne parler à personne de cette mise à jour. Viendra qui voudra. C'était la règle de cette exposition que d'être évolutive; je reste dans cette logique.

En ajoutant ces nouvelles pages dans le réseau, je me dis que je les ajoute aussi dans le patrimoine de l'Humanité. Chaque jour le nombre de pages du web augmente et on peut supposer que ce sera sans fin. Suivant l'idée de Grande Bibliothèque, peut-être qu'un jour ces pages seront enregistrées et embarquées dans un vaisseau interplanétaire qu'on pourra consulter dans l'univers entier... sinon il faut imaginer le moment où ces pages seront retirées du web et ce n'est pas une perspective plaisante.

Pour aller dans le même sens, je lis ce matin dans une revue qu'il existe des cimetières virtuels dans lesquels on peut avoir une page par personne pour l'éternité. Cette idée me plait, je note les adresses : oparadis.com, www.cimetiere-international.com.

Vu hier dans Métropolis plusieurs artistes allemands qui réalisent des robots dans un but artistique (une idée que j'ai en tête depuis un certain temps, sans l'avoir poussée jusqu'à la réalisation). Les premiers ont fabriqué des machines qui tentaient de blesser les spectateurs mais elles étaient trop efficaces et cela a failli mal tourner (un spectateur qui saute par la fenêtre pour leur échapper). Depuis à l'expo de Hanovre ils en ont fait d'autres, plus cools. Un autre artiste réalise des espèces de gnomes qui font la manche dans la rue. Le dernier a fabriqué un robot musicien doté - je ne sais pas bien ce que c'est - de réseaux neuronaux, et capable d'apprendre tout seul. Maintenant il forme un groupe de robots du même type qui se produisent en concert et doivent sortir un CD... Etonnant.

Glané aussi sur une radio quelqu'un qui parlait d'Andy Warhol et disait qu'il restait "quelque chose" de son œuvre alors que Joseph Beuys célèbre à la même époque est aujourd'hui oublié. Cela m'a surpris. D'autant plus que je me souviens avoir eu, il y a quelques mois, un long échange épistolaire avec D. sur le thème des mérites comparés de Beuys et Warhol. Notre conclusion était qu'en dernière analyse, Beuys avait notre préférence. Je pense qu'il a amené de véritables questionnements tandis que Warhol reste dans les lieux communs. Peut-être que ce n'était pas tout à fait le cas à l'époque mais c'est mon avis. Dire que Beuys est oublié me semble inexact; je dirais plutôt qu'il n'est pas encore compris. En tout cas la découverte de ses œuvres m'avait donné de nombreuses pistes de réflexion : son séjour en Amérique en tête à tête avec un coyote, sa "pompe à miel", et aussi cette expérience qu'il proposait avec des feuilles dont il demandait de quelle plante usuelle elles provenaient ... A l'opposé Warhol est aujourd'hui plus qu'assimilé. Il ne reste rien à en tirer. Tout ce qu'il a dit est archi-connu. Pratiquement, son œuvre se limite à une critique de la société de consommation. Il détourne la production industrielle mais ne propose rien... contrairement à Beuys.

Pour moi, il y a peu à espérer de la production d'œuvres en série et l'art reste du domaine du prototype... Ce qui est super avec le web, c'est que les prototypes peuvent être accessibles directement au plus grand nombre. C'est exactement ma démarche. L'inconvénient est que cela ne rapporte pas un kopeck mais c'est un autre débat.

Pour en finir avec Andy Warhol, j'ai prévu une série de relectures de ses œuvres dans le même esprit que ce que j'ai fait avec celles de Morellet... Bientôt.

 

08/04/01

J'ai oublié de tester mes derniers applets avec Netscape. Je vérifie et trouve plusieurs anomalies que je corrige. J'essaie de télécharger les pages modifiées mais une coupure survient pendant le téléchargement de WaitingEuro00.html. Lorsque je me connecte avec le navigateur, j'ai une page blanche et impossible de me reconnecter par FTP pour télécharger la page de nouveau (message "déjà connecté" à chaque tentative). C'est agaçant. (je n'ai pu rétablir que le lendemain).

 

21/04/01

Continué la série WaitingEuro cette semaine. Les résultats sont encourageants mais comme les applets utilisent de nombreuses images (18), je vais devoir optimiser leur chargement. Le fonctionnement sur mon PC est impeccable. J'essaie en plaçant les fichiers sur le serveur wanadoo mais la durée du chargement devient trop longue. J'essaie une première méthode pour commencer d'afficher le dessin avant d'avoir toutes les images mais il y a un problème. L'applet se bloque avant la fin.

Je vois que je n'ai plus la grâce avec les applets. A chaque nouvelle avancée, de nouveaux problèmes. Les semaines passent et il va être nécessaire que je reprenne ma communication. Hier dans le compte des connexions, j'avais un visiteur de Suisse. Cela m'a étonné parce que je ne me souviens pas avoir encore pris de contact de ce côté là.

Samedi j'ai acheté un petit livre à dix francs à propos de Debord (Debord est mort, le Che aussi. Et alors ? de G. Guegan). Je ne sais pas trop quoi penser de Debord dont j'avais essayé de lire "la société du spectacle" que j'ai trouvé ennuyeux... Je ne suis pas convaincu que toute l'idéologie des années soixante puisse encore servir. Le mythe de la révolution a fait long feu et on ne voit pas ce qui pourrait suivre, de bon, voire même de différent de ce qu'on connaît déjà... Sans avoir de réel reproche à faire à Guegan, je suis étonné de sa manière de développer ses idées et ses arguments. Ses références, ses exemples, les gens dont il parle, tout me semble un autre monde que le mien et je mesure la "fracture" qu'il existe aujourd'hui en France où cohabitent des mondes parfaitement étrangers. Le monde des banlieues n'est pas le mien, celui du parisianisme non plus...

 

25/04/01

Les événements négatifs qui se sont multipliés depuis que j'ai mis mon site en ligne font remonter en moi des choses négatives. J'essaie de ne pas me laisser submerger mais il ne reste pas grand chose de ma motivation et de ma productivité de départ. Je le vois particulièrement avec mes dernières applets qui n'avancent pas, même quand je passe de longues heures à les modifier. Comme si mon esprit avait perdu toute efficacité et sens de réalité.

Avec le mois de mai, arrive une période de congés et je ne pourrai plus m'occuper du site, pratiquement, jusqu'à juin. J'espère que ce ne va pas alimenter mon désintérêt. Gageons plutôt que cela me permettra de réfléchir et me ressourcer.

 

03/05/01

J'ai reçu un mail de D. qui s'étonne de ce que j'ai écrit dans mes notes à propos de Debord et me parle de difficultés pour lire mes applets. J'attends des précisions mais, je vois encore un problème! Malgré cela je regarde mes compteurs qui indiquent toujours quelques visites, rares, mais régulières et dont j'ignore comment ils sont arrivés sur mon site.

J'ai consulté un site promu par wanadoo, "le coin des experts" (perso.wanadoo.fr\coin.des.experts\index.html ) qui fait des analyses assez approfondies de sites internet Je n'ai pas tout lu mais j'ai appris des choses. J'ai jeté un œil aux sites "testés". Il ne semble pas que les bons conseils soient très écoutés ! Je me suis dit que c'était peut-être des copies de ces sites, données à titre d'exemple, mais j'ai pu vérifier que non : les liens renvoient bien vers les "originaux" qui plusieurs mois après l'audit fait par "les experts du coin" restent avec les défauts mis en évidence, comme s'il n'était pas possible de changer... Ces sites se caractérisent par l'utilisation de techniques complexes (DHTML, etc...) à l'opposé du mien qui "milite" pour l'économie de moyens et la sobriété. Cela n'empêche pas les problèmes potentiels ! Par exemple, bien s'assurer qu'on a donné à chaque page une couleur de fond, sans quoi, on utilise la couleur par défaut programmée dans le navigateur de chaque visiteur. Ce peut être du rouge ou n'importe quoi. OK, c'est peut-être un faux problème, du perfectionnisme... Pourquoi en effet, s'occuper des utilisateurs qui configurent leur navigateur de manière aberrante ?...

SAM le référenceur (http://www.sam-mag.com ) continue aussi à m'envoyer sa lettre hebdomadaire avec, à chaque fois, un article intéressant sur le web. Cette semaine, ils se demandaient si le web gratuit allait disparaître, mais au bout de l'analyse ils concluent que non. Sans lui, la toile perdrait de son intérêt et une partie de ses clients. La gratuité est donc, en quelque sorte, un "mal nécessaire".

 

04/05/01

Je relis quelques lignes écrites ce week-end pour ces notes et décide de m'autocensurer. Il faut que je développe mes idées à propos de Debord qui sont un peu iconoclastes mais surtout embrouillées. En contrepoint de la "société du spectacle", je voudrais aussi parler de la nouvelle émission de M6, "loft story" qui m'interpelle.

J'ai comme convention dans ces notes de ne pas parler de mes déprimes mais, vue la place qu'elles prennent ces temps-ci, j'ai du mal. Et comme ces notes sont ce qui avance le plus, je me demande si je ne devrais pas les mettre plus en avant sur le site, à la limite, me limiter à elles.

Mais cela présente-til un intérêt ? A part D. qui est, je le sais, un lecteur régulier, je ne sais pas si ces notes ont été lues et je suis même à peu près sûr que non. La mise en page y contribue. Elle est un peu repoussante et c'est volontaire. Peu à peu, ces notes deviennent un deuxième canal mail que j'entretiens avec D. et c'est assez amusant. Il m'écrit "je n'ai pas reçu de nouvelle mais j'ai lu tes dernières notes"... Il y a là aussi une interrogation sur ce qui relève de l'espace public et du privé. Je me suis vite aperçu qu'une part de ce que nous échangions auparavant par mail, se retrouve maintenant dans ces notes.

***

La semaine dernière, c'était sur M6 la première de l'émission "Loft Story". J'ai regardé avec intérêt. Le principe est connu depuis des années mais c'est une première en France. On enferme de jeunes personnes, garçons et filles dans une maison et on observe ce qui se passe. Les gens bien pensants crient au voyeurisme mais je ne trouve pas. Ce n'est pas pire que le journal télévisé et de plus, ici, les victimes sont consentantes. Ils sont payés pour cela et acceptent les règles comme celle de porter un micro en permanence. C'est plutôt, à mon avis, une sorte de spectacle ou d'expérience. Un jeu un peu compliqué de manipulation, dont les plus grandes victimes sont, me semble-t'il, les gens de télévision pris dans le diktat de l'audimat. Ils sont contraints de faire fort pour avoir de l'audience mais pas trop pour ne pas choquer.

Ce genre de spectacle n'est possible que grâce à la télévision. Après avoir vu la première émission je me suis demandé pourquoi en France nous en avions été privés si longtemps... Ce qui m'a le plus frappé c'est "l'obéissance" des protagonistes. Certes, ils ont été sélectionnés sévèrement mais ce qui serait vraiment drôle serait de faire dégénérer le truc. Cela ne se produira pas car tout doit rester dans les limites du raisonnable. Cette émission en dit plus sur les conventions que sur n'importe quoi d'autre.

Il ne fait aucun doute que cette émission sera marquante en France. Il pourrait être intéressant de comparer par rapport à ce qui a été fait dans d'autres pays. Comment les relations se tissent-elles respectivement dans chaque pays. Est-ce différent ? Faut-il, sinon, dire que ce genre de création a une dimension artistique ? Il y a quelque mois à Santiago, une artiste s'installait quelques jours dans une maison de verre. Est-ce très différent ? et pourquoi dans un cas il y aurait-il un label artistique et pas dans l'autre ? (mais c'est peut-être une bonne idée aujourd'hui de ne pas revendiquer le label "artistique").

En fait, pour l'art du vingt et unième siècle, c'est d'abord un problème de définition qui se pose. Depuis Duchamp on sait que tout est Art mais dans le même temps que l'art est une formidable imposture. Après cette implosion, il faut tout réinventer. soit en inventant de nouvelles formes, par exemple au travers des objets techniques comme la télévision, soit en repartant d'un existant, en le revisitant comme je le pratique avec mes applets.

 

05/05/01

A propos de Debord et du livre "Debord est mort, le Che aussi. Et alors ?" de G. Guégan, je reprends le texte que j'avais commencé pour un mail à D., je le retouche et le publie ici.

L'auteur du livre "Debord est mort, le Che aussi. Et alors ?", Guégan, que je ne situe pas très bien, est dans cette mouvance mao de 68 et toute sa construction mentale s'appuie sur le mythe de la révolution. Il y a les purs et les traites, le prolétariat et ceux qui comme moi ont un peu oublié qu'ils sont des prolétaires aveuglés par l'efficacité des mensonges du capitalisme. Cette lecture me fait très bizarre car si l'idée de faire la révolution pourrait encore m'amuser, histoire -un peu gratuitement- de foutre le bordel, je ne vois pas bien à quoi cela pourrait conduire après.

Autre raison pour laquelle je ne parviens plus à adhérer à ces notions de lutte des classe c'est que je ne perçois pas très bien où passe la ligne de partage entre prolétaires et dominants. J'aurais tendance à ne voir que des "prolétaires", des victimes... Même George W. Bush, par certains côtés, me semble être victime du système !... Sinon, s'il existe une frontière entre riches et pauvres, ce serait probablement la frontière nord-sud et dans ce cas, nous sommes du côté des oppresseurs, ce qui n'est pas une position très confortable d'un point de vue moral.

Tu m'écrivais, il y a quelque temps, que tu avais lu "la société du spectacle" et qu'il n'y a pas grand chose à ajouter. Je pense au contraire qu'il y a à dire... Personnellement, je n'ai pas terminé le livre de Debord que j'ai trouvé ennuyeux. Il n'y a que le titre qui soit très bon. Le livre se résume à son titre et tout le reste n'est qu'un développement plus ou moins indigeste de ce concept unique .

Pour dire vrai, je ne suis pas certain d'avoir bien compris cette notion de "société du spectacle" mais j'ai lu ou entendu des commentaires, écouté plusieurs émissions sur Debord qui m'ont donné quelques indications. D'abord il y a la dénonciation des médias et de leur pouvoir immense : les médias ont le pouvoir, le pouvoir a les médias et comme tout pouvoir, cherche à se maintenir, etc... Mais tous les commentateurs insistent pour dire que la pensée de Debord va au delà. Je suis d'accord, c'est bien ce que j'avais compris en le lisant, mais ce que je ne perçois pas clairement c'est jusqu'où va cet "au delà" dans la bouche de Debord... La lecture du petit livre de Guégan que je viens de terminer me donne à penser que c'était une pensée très radicale mais malgré tout politique, qu'elle était encore dans ce mythe de la révolution, de la rupture et du meilleur après... Pourquoi pas, mais quel serait le meilleur selon Debord ? Là, je ne vois pas. Si c'était clair pour eux à l'époque, pour moi, ça ne l'est absolument pas.

Le titre de "société du spectacle" est un titre qui accroche. On a envie d'y adhérer, de décrire ce que cela signifie concrètement. Seulement cette description n'a guère été faite me semble t'il. Elle en est restée à des généralités et dans un langage qui paraissait à l'époque chargé de sens mais qui n'est plus aujourd'hui qu'une coquille vide. "On nous cache tout on nous dit rien" chantait Dutronc. C'était bien la société du spectacle qu'il dénonçait... Mais n'est-on pas aussi dans le spectacle lorsqu'on achète tel ou tel modèle de voiture, par exemple, une "xsara picasso", ou un téléphone portable finlandais Nokia ? Ou s'arrête ce spectacle ? Est-on encore dans le spectacle au travail ou en famille ? Personnellement je décrypte chez les gens que je côtoie de multiples choses que je serais tenté de raccrocher à la société du spectacle. Les gens se font une idée d'eux mêmes qui les moule, qui les oblige à dire certaines choses et pas d'autres. Ils jouent un rôle qui les enchaîne. Personne n'y échappe. Dès qu'on ouvre la bouche, on est en représentation... et je crois qu'une bonne part de ma misanthropie vient de ce constat. Je suis sûr que Guy Debord ressentait des choses analogues, mais est-ce que c'était vraiment de cela qu'il parlait dans sa société du spectacle, j'en doute un peu.

Le problème, je pense, avec Debord, est qu'il y a une ambiguité de savoir si c'est une pensée plutôt philosophique (tournée vers soi) ou plutôt politique (tournée vers la société). Il y a souvent confusion entre les deux niveaux. A la fin, semble-t'il, Debord s'est replié sur soi et son discours est devenu extrêmement négatif et désespéré. Guégan fait cette citation : "de son chagrin, Debord a fait le chagrin du monde", je suis assez d'accord. C'est assez représentatif de cette génération dont nous sommes les "héritiers", qui voulait radicalement "changer le monde" ou "changer la société" (on n'a jamais bien su) et qui évidemment n'y est pas parvenu.

Nous, ne sommes certes pas versés à la politique. Nous n'avons pas de modèle. Les démonstrations "dans la ligne" développées par Guégan dans son livre me laissent très dubitatif, mais elles posent le problème du politique. Peut-on rester dans ce retrait confortable du politique que nous avons pratiqué jusqu'ici, en englobant tout dans ce slogan "no future", si confortable pour l'esprit ? Le peut-on durablement tout en continuant à se prétendre écrivain (mais le prétendons nous encore ?) ?.. Et si non, quelle forme pourrait prendre cette "réponse politique".

Si société du spectacle il y a, il faut, soit s'en accommoder, soit la détruire. C'est une banalité de le dire mais on ne peut seulement en pleurer. Les années soixante nous ont laissés complètement désarmés par rapport à cette constante nécessité de refaire le monde. On utilisait à l'époque toujours le même scénario s'appuyant sur l'idée de la rupture et des lendemains qui chantent. Fin de l'Histoire et autres concepts qui se sont avérés très irréalistes... Au fond, leur manière de voir n'était politique qu'en apparence : A chaque problème individuel d'adaptation, on pouvait donner la Révolution comme solution. Aujourd'hui nous sommes livrés à nous mêmes, aussi bien pour ce qui est de comprendre ce qui se passe (trop d'informations contradictoires et souvent douteuses), que de savoir comment mener sa barque. Je n'ai personnellement pas de réponse à donner et l'isolement dans lequel je me suis peu à peu retranché n'est certainement pas la solution.

Quand je parle de politique, je veux dire quelque chose de très quotidien : comment on se comporte avec les autres dans la cité. La particularité de cette "problématique" est qu'elle se renouvelle sans cesse. Les règles se transforment en permanence. Comment une révolution définitive aurait-elle pu la résoudre ? Si la société est un spectacle permanent comme le dit de manière assez convainquante Guy Debord, peut-il y avoir d'autre issue que d'être bon acteur ? Mais est-ce vraiment un spectacle ? Les spectacles ont une intrigue et une morale. Ils sont mis en scène de l'extérieur. Peut-on dire cela de la vie ?

***

Je disais que Loft Story allait être une émission marquante en France mais c'est encore plus que je ne le pensais. Ces derniers jours plusieurs émissions et journaux ont abordé le sujet : "le téléphone sonne" à la radio, "on ne peut pas plaire à tout le monde" sur FR3, demain, la cinquième va analyser les images dans "arrêt sur image", plusieurs journaux ont consacré leur une à "loft story"... On en a parlé avec mes collègues l'autre jour à la cantine. On discutait de tout autre chose lorsque j'ai, sans arrière pensée, prononcé le mot "loft". Cela a été comme un déclencheur, ce qui prouve que tout le monde voulait en parler, sans oser commencer. Marrant non ?

Je suis toujours favorable à cette émission malgré que ce qui passe dans cette maison n'ait pas grand intérêt. C'est bien un spectacle, j'en suis convaincu depuis le début et dans les émissions de commentaire, on a appris pas mal de trucs sur la sélection faite sur les images. Marc Olivier Fogiel avait invité dans son émission le fameux David qui a quitté le loft. Il n'a pas été très clair sur le jeu qu'il dit avoir joué mais surtout, il a dit qu'il s'était engagé dans cette expérience pour trouver un job d'acteur et qu'il avait un contrat d'un an avec M6. Des jeunes ont crée un site internet sur lui. Ils voulaient faire un commando pour "libérer David". Il n'ont évidemment pas pu, parce que la maison est très bien protégée, mais cela montre qu'il y a des gens qui ont l'envie de faire dégénérer cette émission (je ne suis pas le seul).

La blonde Loana a aussi une certaine notoriété. J'ai entendu que les Guignols de Canal+ en ont fait une caricature. C'est assez curieux ce phénomène de médiatisation avec d'illustres inconnus. Le casting de l'émission a retenu des gens assez différents pour couvrir une palette le plus large possible; les gens de M6 l'ont confirmé dans les interviews. Ils doivent aussi manipuler l'affaire. Certaines images "interdites" sont semble t-il diffusées sur internet. Elles auraient été hackées sur le serveur de M6 qui depuis a installé un pare-feu. C'est ce qu'ils disent. Je trouve cela un peu gros et pense plutôt que c'est une fuite organisée.

Quand je dis que les acteurs sont assez différents, c'est à la fois vrai et faux. Il y a des types ethniques bien marqués, des gens de différents milieux sociaux et de différentes régions mais, malgré cela, je trouve qu'ils ont tous quelque chose de commun : l'envie de se montrer et une culture assez limitée. En plus, l'obéissance. C'est ce qui m'étonne le plus.

Le spectacle est autant à l'extérieur et les autres médias ont bien compris qu'ils pouvaient profiter de ce phénomène. Il y a aussi les "vieux" qui crient au scandale, à la décadence ou au danger. Dans l'émission de Fogiel c'était le psy Gérard Miller qui tenait ce rôle. Cet ancien anarchiste (dit-on) a parfois des opinions de vieux con qui me scient. Il affirmait que cette expérience était dangereuse pour les acteurs. Je n'en crois pas un mot et comme il est par ailleurs professeur de psychnalyse à l'université, je trouve que cela discrédite cette profession. S'il faut compter sur les psy, on est mal barrés !

J'avais un moment pensé faire une chronique de cette émission Loft Story mais cela aurait demandé beaucoup de travail. En une semaine avec toutes les émissions, les rumeurs etc... il y aurait de quoi faire ! Sans parler de ce qui se passe 24h./24 dans la maison. Vu l'ampleur que cela prend, je me dis que, de toute façon, d'autres y ont déjà pensé... Et puis cela rentre directement dans l'inconscient collectif... A quoi servirait de décrire un spectacle connu de (presque) tous et assez largement mis en scène ? A la télévision, les images se déversent comme un flot énorme qu'on ne peut arrêter. Avec cette émission, on le voit bien, il y a trop à voir et à analyser sur ce qui est à la base, un non événement : des jeunes qui ne font rien dans une maison...

 

07/05/01

J'ai regardé cette émission sur la 5 (Arrêt sur image) qui commentait celle de M6 (Loft Story)... J'ai appris encore des trucs. Cela devient de plus en plus compliqué. Ils ont insisté pour dire à quel point la psychologie des habitants du loft apparaît différente dans les émissions diffusées 24 /24 h sur la chaîne à péage du satellite TPS, de celle de M6, qui elles sont mises en scène et destinées à raconter une histoire. Ce n'est pas une découverte mais on se rend compte qu'on a besoin maintenant de professionnels qui regardent la télé pour nous, qui nous la résument et en font l'analyse. Sinon, il faudrait plusieurs postes allumés en permanence !.. Ils ont passé les images de TPS de ce qui se passait dans le loft au moment de l'émission en direct sur M6. Les habitants collaient l'oreille contre le mur pour écouter ce qui se disait sur le plateau tout proche. L'image de ces gens collés contre le mur était assez magique... La 5 a aussi commenté l'importance de la relation parent-enfant dans ce show. C'est un aspect auquel je n'avais pas prêté attention. Le psychologue de service a expliqué qu'il fallait que les habitants du loft paraissent le plus possible, comme des enfants, qui au bout du processus doivent finir par se marier, d'où l'importance des peluches, par exemple.

J'ai trouvé drôle ce constat du journaliste de la 5 qui, à plusieurs reprises, était surpris des réactions des gens simples qui lui semblaient trop bien comprendre les images et leurs enjeux. C'est toute l'ambiguïté du discours sur la télévision. Les gens de télévision s'imaginent qu'ils sont les seuls à les comprendre et qu'en dehors d'eux, on ne peut avoir d'analyse pertinente alors que la seule chose qu'ils font comme journalistes, est de compiler et résumer des informations isolées.

Etonnant aussi tous ces gens qui disent avoir déjà vu Big brother, l'émission allemande équivalente de loft-story. Ceux là se la jouent initiés, ils savent comment cela va se passer, et nous promettent que cela va être de plus en plus salace. Quelqu'un disait à juste titre que si on appelait une émission big brother, c'est à l'évidence par goût de provocation. Parallèlement M6 se donne un mal de chien à répéter que son émission est destinée "à toute la famille et qu'il ne faut pas hésiter d'en parler en famille". Je trouve que c'est gros mais j'imagine l'influence qu'une phrase comme celle-ci peut avoir sur des enfants.

Je me suis dit qu'il n'est pas trop étonnant que loft story me plaise car il y a quelque chose de voisin avec ce que je fais sur mon site internet. Chez moi, il n'y a pas d'image en direct mais ce que je donne à "voir" est la progression de ma réflexion, surtout dans ces notes. Et vu le temps que je reste enfermé dans mon appartement, cela ressemble vraiment !

***

J'ai repris l'applet WaitingEuro sur lequel j'étais bloqué depuis des jours et en quelques heures, j'ai résolu complètement mon problème de chargement d'images. L'applet s'affiche et les photos arrivent à leur rythme. Cela produit une sorte d'animation sympathique. J'ai développé le thème et réalisé ce dimanche sept applets pour cette série que je vais mettre en ligne bientôt. Maintenant que je maîtrise ce chargement d'images, je vais pouvoir avancer.

Mais cela montre que je suis obligé de consacrer des jours entiers à cette activité. Le travail le soir après le bureau n'est pas très efficace. Il faudrait que je prenne des mesures de gestion de temps à partir de cette constatation.

***

Encore des suites à ce loft story. A la radio, ce matin, ils s'excusaient d'en avoir encore parlé. Je ne sais pas si l'affaire est toujours bien maîtrisée par la chaîne M6. Ce ne doit pas être très facile. Une autre personne a quitté le loft, Delphine, qui était favorite. Elle part pour des raisons médicales, c'est plutôt bizarre après que les candidats ont tous visité un médecin avant le début de l'expérience. Ils ont une nouvelle fois tous pleuré et la fille a été remplacée par une punk (j'exagère). On verra si des fuites nous apprennent les vraies raisons de ce départ. En fait ce n'est intéressant que tant que d'autres émissions dévoilent ce que M6 ne peut, ou ne veut pas dire. Un drôle de bidule tout de même cette émission.

Un auditeur de la radio affirmait que loft-story était un instrument d'esclavagisme moderne. C'était peut-être un peu excessif quoique, si on considère le côté arène de ce loft, ce n'est pas tout à fait faux.

***

Je suis resté à Lyon et mis à part la voisine qui est venue me demander si je ne sentais pas l'odeur du gaz, je n'ai vu aucun être humain. Je ne sais pas si je vais finalement partir quelques jours. Compte tenu du gris du ciel, je n'ai guère envie. En attendant, je développe le site internet.

J'ai repassé les dernières pages que j'ai publiées il y a quelques semaines et j'ai trouvé plusieurs fautes d'orthographe. Notamment dans les messages, j'avais accordé applet au masculin. Je n'arrive pas à considérer applet comme un mot féminin. Dès que je ne fais plus gaffe, j'écris "un applet". C'est un mot jeune, il n'est pas encore bien sexué et je devrais peut-être donner le coup de pouce pour en faire un mot masculin. Après tout, j'en suis un peu propriétaire en temps qu'artiste qui s'en sert intensément et puis ce n'est pas normal de dire que c'est un mot féminin avec une ortographe comme ça : une applette, d'accord, mais sinon un applet...

 

08/05/01

Le temps s'est levé, le soleil baigne enfin la façade de l'immeuble d'en face mais, grosse déception en testant mes applets WaitingEuro avec Netscape, je m'aperçois que les images ne s'affichent pas correctement. Même chose avec l'AppletViewer. Ce n'est OK qu'avec Internet Explorer.

Je fais des tests plus poussés en modifiant l'une des applets. Le problème ne dépend pas du nombre d'images à charger , ni de l'ordre de chargement. Finalement je constate que le problème vient des images elles mêmes. Pour une image donnée, le chargement s'arrête toujours au même endroit (il y a quelques exceptions). L'image de 5 francs ne se charge qu'à moitié, celle de 5 centimes à moins de 10%, elle est pourtant plus petite, celle d'un franc se charge correctement. Une seule fois l'image de 5 francs s'est chargée jusqu'au bout mais au test suivant le navigateur a fait une erreur Windows et s'est arrêté. L'AppletViewer donne les mêmes résultats, le chargement des images s'arrête grosso modo au même point et se plante sur le même genre d'erreur.

J'essaie de transformer les images gif en images jpg et cela marche beaucoup mieux. Du coup je fais quelques essais pour savoir comment positionner les paramètres pour le format jpg. Il y en a deux: le "sous échantillonnage" qui prend les valeurs basse, moyenne et haute résolution mais ne semble pas avoir beaucoup d'influence, et le "facteur de compression" qui varie de 1 à 100. Les résultats sont les suivants :

Type de fichier Ss échant. Compress. Taille Remarque
GIF     16 Ko Fichier de référence
JPG bas 50 3 Ko Des traces blanchâtres sur la pièce
JPG moyen 50 3 Ko  
JPG haut 50 3 Ko Qualité légèrement meilleure avec le sous échantillonnage haute résolution
JPG haut 100 3 Ko  
JPG haut 20 5 Ko  
JPG haut 10 8 Ko Qualité proche de l'original
JPG haut 5 13 Ko  
JPG haut 1 26 Ko  
BMP     19 Ko Qualité proche de l'original
PCX     17 Ko Qualité proche de l'original

On retrouve la qualité de l'image GIF de départ avec un taux de compression entre 5 et 10. Je retiens la valeur 5 qui donne une taille de fichier sensiblement égale à l'original.

Après avoir transformé tous les fichiers selon cette méthode, les tests sont positifs aussi bien sur mon PC, que sur le serveur. Cependant, le chargement des images me paraît un peu long pour la première applet. Par la suite, comme les images sont dans le navigateur, l'affichage est presque immédiat.

 

14/05/01

Je doute de moi de plus en plus. Cette recherche picturale avec mes applets a t'elle une signification et sinon qu'est ce que je vais faire.

J'entendais hier sur France Culture le peintre Ben parler du porte-bouteilles de Marcel Duchamp. Dire que la plupart des artistes font depuis, du sous Duchamp... Ben expliquait que Duchamp a montré qu'on peut "prendre dans la vie" pour tirer les objets dans le domaine de l'art. Que si Duchamp avait prétendu faire de la sculpture plutôt que de la peinture, c'eût été beaucoup moins intéressant. Ben disait aussi qu'à son avis, Duchamp avait été un peu dépassé par la portée de son travail avec le porte-bouteille. Il voulait d'abord, égaler son pote Brancusi sans se casser le cul, ce qu'il appelait le ready-made.

Je n'en sais rien. Suis-je d'accord avec Ben ou pas. Ou si j'ai mieux à dire et à faire... Même chose ailleurs, l'écrivain Jean Rouaud qui racontait comment ça avait été difficile pour lui de se mettre au roman. Le désir d'écrire, il l'avait depuis toujours mais arriver au roman fût pour lui un long cheminement... Il n'y aurait plus d'autre voie selon lui. Je connais ce problème mais cette forme de soumission me fait honte. J'ai bien peur pourtant que Jean Rouaud n'ai finalement raison.

Bref, je doute. Est-ce qu'au fond je ne serais pas qu'un suiveur qui imite péniblement sans rien inventer. Le temps passé à ce site internet ne m'a pas franchement ouvert vers l'extérieur comme je l'espérais. Un peu au début, mais je ne suis pas parvenu à sortir du périmètre de mes connaissances. Pire, le fait de ne pas avoir de réaction de certaines personnes que je considérais encore comme des proches m'a fait comprendre à quel point j'étais seul, et m'a découragé plus que je ne le voudrais.

***

J'ai relu l'ensemble de mes notes ce week-end et corrigé un nombre incroyable de fautes d'orthographe. Le début, fin 2000, m'a déçu. J'avais le souvenir de quelque chose de plus intéressant. Ensuite, il y avait des trucs à retenir quoique, pour ce qui est de la peinture proprement dit, il n'y a presque rien. Je fais mes trucs mais ce n'est qu'un déblayage systématique. Cela ne pourra devenir valable que s'il se produit un déclic, pas trop possible dans l'état actuel des choses...

J'ai travaillé aussi sur des prototypes de nouveaux applets. J'ai travaillé en langage Basic sur le vieux portable que j'ai à la campagne sur lequel il n'y a pas java. J'ai réussi quelques trucs qui me posaient problème jusqu'ici à base de courbes mathématiques, cerains inspirés des travaux de John Maeda.

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J'avais d'autres notes sur Loft Story mais je les ai perdues. C'est sans importance...

mais il est difficile de ne pas en parler encore car c'est devenu un événement gigantesque en France. Il est impossible d'écouter la radio ou la télévision sans en entendre parler. Avec cette émission M6 prend des parts de marché à TF1 et depuis cette semaine comme une machine de guerre l'émission est diffusée à 19h00 en "accès prime time". TF1 se mord les doigts de n'avoir pas lancé l'émission en premier. Patrick Lelay, son directeur des programmes a publié dans le Monde un article pour dénoncer la "télé-poubelle" . C'était d'une immense mauvaise foi finalement comique. Ceci dit, je pense que TF1 n'aurait pas fait aussi bien que M6 pour rendre cette émission acceptable et aplanir son côté cruel.

Le jeu s'est poursuivi. Chaque semaine un candidat est éliminé. Dès la deuxième fois, M6 a remplacé le vote d'élimination par un vote permettant à l'un des deux candidats nommé de "rester dans le loft". J'ai été surpris par le choix des téléspectateurs qui donne l'impression de rejeter en premier les personnalités les plus fortes. Lors de la première élimination, la sortie d'Aziz était impressionnante. On aurait cru l'élection du Président de la République. Dans ce jeu, la télévision se singe elle même et c'est, me semble-t'il, un processus d'autodestruction dont je suis curieux de voir à quoi il peut aboutir. On a vu la semaine d'après Aziz et Delphine faire la une de Paris Match au festival de Cannes. Delphine transformée à contre-emploi en starlette, assez convaincante, ce qui montre s'il fallait encore le prouver, que la télé peut transformer n'importe qui en vedette. Jusqu'ici la télévision prétendait nous faire visiter le monde en rapportant des images des antipodes. Désormais elle enferme des gens dans un appartement et filme leur triste quotidien. La mise en scène est réduite au minimum. Le processus s'alimente pratiquement de lui même.

Le plus étonnant est qu'au delà de l'émission de télévision; Loft Story est aussi un événement de société. Il se prolonge sur internet où se trouvent les sites des candidats mais plus encore Loft Story a gangrené l'ensemble de la télévision. Il serait fastidieux de les citer toutes, mais j'ai entendu et vu des choses incroyables. Comme ce chroniqueur politique dire qu'il n'irait plus voir les films de J.J. Beneix après que ce dernier soit apparu sur le plateau de Loft Story ! ou T. Ardisson avec ses gros sabots qui espère envoyer un message subliminal en montrant sur son plateau des souris dans une boite à chaussures peinte aux couleurs du loft. Il avait aussi invité des participants de Big Brother en Allemagne, Angleterre, Italie et ça c'était plus intéressant. Globalement je suis effrayé par le peu de pertinence de ce qui se dit à propos de cette émission.

Dans son édition d'hier, le journal Le Progrès allait chercher à la rescousse un professeur d'université pour savoir ce qu'il faut penser du phénomène. François Dugognet, c'est son nom, il disait ceci :

"Je ne regarde pas Loft Story car c'est une émission assez honteuse. Loft Story repose sur une belle idée dévoyée : on a attiré les téléspectateurs dans un espace où ils s'attendent toujours à voir des scènes scabreuses (...) Au départ, il s'agit pourtant d'une belle expérience. Il est intéressant pour l'anthropologue, le psychologue, de voir comment fonctionne une société en circuit fermé (...), de voir la sociabilité en train de se constituer... Mais c'est le voyeurisme qui l'a emporté."

Comme quoi, pour nos élites, ce qui est permis aux psychologues, aux officiants de la science, ne l'est pas au peuple qui dévoie tout et n'est capable que de voyeurisme... C'est bizarre aussi l'idée que cette émission serait plus acceptable s'il n'était pas question d'argent entre les candidats. comme si dans la vie, il n'était pas toujours question d'argent. C'est peut-être ce qui me parait le plus enrichissant dans cette émission, l'opportunité qu'elle donne de mettre le doigt sur des incohérences surprenantes chez les gens qui ont la parole. On s'aperçoit qu'en les remplaçant par de jeunes adultes inconnus on n'obtient pas beaucoup plus de bêtises.

Quelques images flashy aussi parfois, comme celle de Loana déambulant dans le loft avec son biberon !!

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J'ai terminé de lire le premier tome du "voyage d'un naturaliste autour du monde" de Charles Darwin. J'ai noté cette phrase pour ne pas l'oublier :

Le 8, nous nous retrouvons à bord du Beagle après vingt et un jours d'expédition. Tous mes compagnons éprouvent un vif désappointement ; quant à moi, j'ai tout lieu de me féliciter de ce voyage, car il m'a permis d'observer une section fort intéressante de le grande formation tertiaire de la Patagonie.

Avant de le lire, j'ignorais que Darwin fût aussi un très bon écrivain.

 

30/05/01

Dans ces heures difficiles, aujourd'hui, quelqu'un m'a parlé de mon site internet et cela m'a fait du bien. C'est la première fois que quelqu'un me dit avoir eu l'adresse de mon site par le bouche à oreille. J'ai décidément des réactions de midinette car il n'en fallait pas plus pour me remotiver !

Cela montre aussi que tout mon problème est de développer sa notoriété. Il faudra que j'y réfléchisse sérieusement au cours de l'été.

 

02/06/01

Ce n'est pas que je ne m'intéresse plus qu'à cela mais je dois encore écrire sue "le Loft". En effet je ne fais plus grand chose qui concerne ces notes et je ne veux pas m'étendre sur mon état psychologique qui est ces jours-ci déplorable.

Cette semaine, me semble t'il, le Loft a changé de nature avec l'élimination de Julie. Elle était avec Christophe et le public a choisi de casser ce couple en votant l'élimination de Julie. (Je dis le public parce que je ne sais pas jusqu'à quel point M6 oriente le choix des téléspectateurs). J'ai trouvé cela d'une grande cruauté. Séparer des gens qui s'aiment. Annoncer à Julie que selon la règle, elle n'avait que cinq minutes pour quitter le loft. Et le voir en direct ajoutait encore à cette cruauté. D'un autre côté, si j'avais voté, je pense que j'aurais opté pour ce choix de diviser le couple établi et ainsi renouveler les rapports psychologiques entre les participants et donc l'intérêt du jeu. C'est un sentiment très étrange. On est à la fois ému par la vie de ces gens qu'on ne connaît pas et en même temps en position de décider de leur vie mais sans forcément que ce soit à leur avantage, plutôt dans l'intérêt global des téléspectateurs, pour le Spectacle.

Après le départ de Julie, je suis curieux de voir comment Christophe va réagir. Il a dit que "toutes ses idées sur le loft s'écroulaient". Mais que s'imaginait-il ? Il donnait l'impression de toujours savoir ce qu'il fallait dire et faire. Comment va t'il se comporter sans sa "béquille" ?

A ce stade, il ne fait plus aucun doute pour moi que Loft Story est, structuralement parlant, identique aux jeux du cirque des Romains. Les ressorts en sont les mêmes. Le mode de diffusion change grâce à la télévision qui évite de déplacer les gens autour de l'arène mais c'est au fond assez secondaire. L'autre différence vient du fait que ce n'est plus l'Etat qui organise le jeu mais "le pouvoir de la télé" qui n'a, en principe, pas en charge la bonne marche de la cité. Il y a des lutteurs dans un lieu visible de tous. Ils n'ont pas le droit de sortir. Il y a les (télé)spectateurs qui votent leur mise à mort et il y a autour de ce lieu la "politique" qui se construit.

Autre évolution, moins intéressante toutefois, que j'ai remarquée autour du jeu... c'est que de nombreux "acteurs" cherchent désormais à se nicher dans l'émission pour passer des messages. Par la publicité payante bien entendu, mais d'autres essaient aussi d'utiliser les candidats comme porte-parole. Ainsi Jean Paul Gaultier habille Steevy et le naïf Steevy qui le répète avec insistance, qui remercie Gaultier qui "n'était pas obligé de lui prêter ces vêtements" (J'espère qu'ils lui auront donné, le jean, après la pub qu'il leur a fait). La SPA est aussi entrée dans le jeu. Elle offre un jeune chien aux participants du Loft !

Dernière remarque : je n'avais pas prêté attention à ce détail de mise en scène de l'émission hebdomadaire Loft Story. Pour les ex-candidats, on a installé de gros fauteuils cossus. En face, les deux les psys (un psychologue et une sociologue) sont assis sur des tabourets très hauts et très inconfortables. Je ne pense pas que ce soit un hasard. Cela montre plutôt que les producteurs de cette émission sont très malin et qu'ils utilisent tout ce qui est à leur disposition pour dire des choses. Il me semble assez évident, en l'occurrence, que les deux psys jouent le rôle des parents mis sur la sellette.

Arrivé à mon oreille cet échange : "- ...c'est devenu tendance d'aimer Loft Story", "- oui, mais les intellectuels qui aiment cette émission sont ceux qui n'aiment pas la télé". Impossible de me souvenir où et quand. Comme si j'étais désormais connecté vingt quatre heures sur vingt quatre à la rumeur du monde. Je me sens moins seul ! Mais quand était-ce ? avant ou après l'élimination de Julie ?

 

04/06/01

Ce week-end, j'ai rédigé un texte à raccrocher à ma page "ce qui change (avec internet)". Cela traite du réseau Echelon. J'avais ce texte en tête depuis quelque temps, il faisait même partie des thèmes de ma première liste. A cette occasion, je me suis aperçu que je n'avais pas d'autre idée pour cette page. Il faut dire que l'euphorie autour d'internet est beaucoup retombée. Les stat-up se sont effondrées et les investisseurs ont retiré leurs billes. Moins d'argent, moins d'idée, probablement.

Globalement j'ai quand même le sentiment d'un gâchis. On nous avait annoncé que le monde allait changer avec internet mais en bout de course rien ne s'est réellement fait : le commerce en direct n'existe pratiquement pas, les universités ne mettent pas leur savoir à disposition de tous... Il y avait sans doute beaucoup d'utopie et d'euphorie dans tout cela, mais tout se passe comme ci "c'était trop beau pour les humains", que d'une certaine manière on se déballonne devant une vrai nouveauté pour vite retrouver des règles connues, comme si nous n'étions pas à la hauteur des potentiels offerts.

Je dis ça, ce ne sont pas tout à fait des paroles en l'air. Ainsi, le projet de manuscrit.com dont j'avais parlé tantôt semble être un flop absolu. Jamais, jamais je n'en n'ai plus entendu parler au point que je me demande s'ils ont plus de visites que mon "site officiel".

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A propos du Loft encore. Hier Canal diffusait vers midi une émission parodique sur Loft Story. C'était drôle, mais pas plus que l'original, qui est déjà une parodie. L'émission de Canal sonnait faux avec son humour style "Les nuls". Has been. Simplement pas adapté à la situation. Beaucoup de facilité et de manque d'exigence, j'ai trouvé. C'est assez remarquable venant de cette chaîne qui était leader sur le créneau de l'ironie critique il n'y a pas si longtemps encore. L'alchimie est retombée et M6 s'engouffre dans la brèche. Que va t'il se passer ensuite ? Les animateurs de Canal glissent vers M6 ou bien ils sont balancés dans l'anonymat ?

 

11/06/01

J'ai relu ce que j'avais écrit à propos du réseau d'écoute Echelon et je considère qu'il n'est pas envisageable de le publier sur le web. Tout est à revoir. Parallèlement, j'ai cherché ce qu'on peut trouver sur le sujet. J'ai trouvé pas mal de pages sur le réseau dont certaines donnent des détails étonnament précis,.à côté de longs textes indigestes qui m'embrouillent. Au final je ne sais pas trop quoi penser.

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L'intérêt du public (et le mien) s'émoussent probablement par rapport à Loft Story, mais c'est un sujet tellement sans fin que je pourrais encore écrire des pages. C'est assez addictif comme truc, addictif comme la télévision dans toute son efficacité. Sans qu'on s'y intéresse vraiment, on se surprend à réfléchir à propos de ces gens... M6 travaille avec soin pour entretenir le phénomène et capitaliser. Ils font venir les "évades" du loft dans diverses émissions de la chaîne. Ainsi, j'ai regardé l'émission "fan de" où les lofteurs étaient invités pour répondre aux questions des téléspectateurs. J'ai trouve cela pas mal. Sans se prendre trop sérieux, l'animatrice posait des questions assez directes en évoquant le fait que Steevy est devenu l'idole des gays, est-ce que ça le gênait ? Il avait bien entendu une réponse toute faite qu'on lui avait préparée et qu'il avait dû s'entraîner à répéter. On faisait aussi parler des téléspectateurs comme cette femme qui était allée acheter une nouveau téléviseur en urgence pour ne pas rater la suite, après la panne de sa vieille télévision. Ils ont aussi évoqué l'idée que peut-être Aziz avait été éliminé du jeu pour une question de racisme. Apparemment, c'est une question qui pose problème à M6 et qui leur fait peur, car il faut que tout cela reste Soft.

On voit aussi depuis ce week-end une publicité avec quatre des "évadés" dans une voiture, pour une compagnie d'assurance. C'est assez mal joué mais c'est peut-être ce qui fait le charme de ce spot, qui doit être, d'une efficacité redoutable.

 

14/06/01

J'ai enfin retrouvé le nom de l'auteur du tableau LOVE... Il n'est pas très connu. Il s'appelle Robert Indiana et je ne connais pas ses autres oeuvres. J'en avais parlé dans la page WaintingEuro05... En fait ce que j'ai retrouvé, c'est le livre d'exemples de programmes en Basic où se trouvait le programme permettant d'obtenir la reproduction de ce tableau sur imprimante. Le programme date des années soixante-dix et il a le charme des vieilles choses. A l'époque, les imprimantes n'imprimaient que du texte, sur papier listing, avec une rangée de trous sur les côtés. Le programme n'est pas long ; une trentaine de lignes . Il consite à lire des "datas" calculées une fois pout toutes pour constituer le tableau. Appeler cela un programme n'est qu'à peine correct puisqu'il n'y a aucune prise de décision. Le déroulement est toujours le même. Le résultat aussi... Seule variante è laquelle a pensé le programmeur, il nous permet de choisir un texte autre que "love" pour le fond (mais pas pour les grosses lettres...). On peut mettre des trucs de mauvais goût comme "veux-tu me sucer" qui contrastent avec l'esprit baba-cool de tableau.

Des dizaines de programmes de ce genre ont circulé pendant les années 80. On en voyait souvent affichés dans les bureaux : des portraits de Marylin, des Lucky Luke, etc... Parfois le choix des caractères avait été fait pour donner des effets de gris... J'ai recopié le programme Love avec plaisir pour l'exécuter avec QBasic que je garde précieusement sur mon PC. (Il était auparavant livré avec MSDOS mais je dois être l'un des rares qui l'utilise encore. C'est pourtant pratique pour tester de petits algorithmes). Le résultat est dans un fichier texte qui reproduit l'esprit des listings d'autrefois. Il est accessible depuis la page WaitingEuro05 et par ce lien.

  LOVE d'après
Robert Indiana

 

09/06/01

Lu un petit ouvrage de Pierre Bourdieu (contre-feux) constitué d'articles parus ici ou là... Je n'ai pas voulu m'attaquer à son livre phare "la misère du monde" qui est un trop gros pavé...

Je n'avais pas lu un auteur aussi politique depuis longtemps, et j'ai mieux compris les connexions entre ce sociologue, et l'agitateur José Bové, dont il me semble être le mentor.

Cette lecture répond à certaines de mes préoccupations du moment, sur la manière dont je pourrais intégrer un peu de politique dans ma façon d'être malgré le fait qu'aucun parti ne puisse me convenir. C'est assez bien vu, ses idées sur les manipulations de l'opinion que peuvent utiliser les puissants pour faire admettre la mondialisation comme seule vérité, et à propos de la prise de parole que doivent entreprendre les "autres" pour faire contrepoids, voire pour leur donner tort. Bourdieu complète Debord, mais il est plus pragmatique et moins désespéré. Je vais me procurer le livre qu'il a écrit sur la télévision et le lire attentivement.

 

16/06/01

Bob Sinclar venait présenter son dernier CD à la radio en compagnie de Cerrone ("Cerrone by Bob Sinclar")... Il expliquait qu'avec un morceau de Cerrone, il peut fabriquer trois ou quatre morceaux à lui. "On est plus minimalistes aujourd'hui" remarquait-il... J'ai trouvé quelque pertinence dans sa remarque... Plus. On se contente de recopier les musiques "anciennes", de les moderniser à l'aide de boucles et de "ciseaux électroniques". On ne crée plus rien fondamentalement, on arrange, et on s'arrange avec le patrimoine. On consomme l'héritage... Je ne sais pas s'il faut s'en attrister. C'est ça ou être noyés vu que les moyens de production d'aujourd'hui permettent d'inonder la planète en quelques semaines, même avec des produits artistiques comme un film, un livre ou un CD... Finalement, recycler des morceaux déjà connus est un moyen de les garder plus longtemps, de limiter le changement...

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Avec les promotions autour du disque de Sinclar et peu avant, de Daft-Punk, j'ai compris qu'il est devenu "tendance" de s'intéresser à la musique techno et à la "french touch". Cela me donne un sentiment agréable d'avoir devancé la vague puisque je m'intéresse à cette musique depuis plusieurs années maintenant, contre "vents et marées".

C'était dans la même émission de radio, je crois, mais un autre jour, qu'on interrogeait Laurent Garnier (un autre compositeur de musique techno connu, depuis plus longtemps que Sinclar). Il se la jouait vieux con, et c'était super-drôle, en affirmant que de son temps, les synthés étaient de vrais synthés avec un tas de boutons et tout, alors que maintenant les jeunes n'ont besoin que d'un seul ordinateur pour composer et il leur manque le contact tactile avec l'instrument. Je me souviens qu'il y a vingt ans quand j'avais acheté un synthétiseur Korg MS20, on me disait la même chose, que ça ne valait pas une guitare électrique. On pourrait remonter !

Ce qu'on peut tirer de cette remarque qui est vraie malgré tout, est que nos machines sont de plus en plus complexes et cérébrales. On perd le contact avec le toucher dans la vie de tous les jours, et on essaie de compenser par des caresses amoureuses dont vraisemblablement, on attend beaucoup trop.

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Beigbedder (auteur de 99 F) était à la télé et à la question du journaliste, il a répondu que ça ne le gênerait pas trop d'être institutionnalisé. Il a un truc ce mec, je trouve !... Je ne lui fais pas totalement confiance avec son esprit de "publicitaire pervers" mais je ne peux pas nier des choses intéressantes et même généreuses dans sa démarche. Il a un côté Zola ou Daudet, "intellectuel de la République", conscient de sa responsabilité pour éduquer la jeunesse.. C'est une sorte de jeu, mais sympathique, et probablement utile. Hier à plusieurs reprises, par jeu, il a repris les autres invités de l'émission lorsqu'ils commettaient des fautes de français. Je ne connais personne d'autre qui soit capable de le faire sans vexer ses interlocuteurs.

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J'ai interrompu toute production d'applets et c'est dommage parce que j'en ai un grand nombre en attente dans mes carnets et il ne sera pas possible de relancer le site si je ne produis rien de nouveau. Je me suis bloqué net dans la série BouleRouge ou pourtant, il suffisait de faire s'entrechoquer deux boules virtuelles... Cela m'a lassé. Je n'avais plus envie de continuer.

Ça peut durer des mois. Je connais bien ce phénomène : J'allume mon PC. Je lance le programme qui me sert à écrire les applets java. Je commence à relire quelques lignes du code informatique à terminer mais ça me paraît compliqué, ça me paraît chiant, ça me paraît un travail titanesque qui n'en vaut pas la peine. J'insiste pendant quelques minutes puis finis par m'arrêter. Parfois je me connecte à internet pour errer comme on peut le faire dans une ville quand on ne sait pas où aller, parfois je lance un jeu idiot sur l'ordinateur ce qui n'a aucun effet positif sur mon humeur. Souvent j'arrête mon PC et j'allume la télévision.

C'est ce processus qui m'amène à regarder beaucoup la télé ces temps-ci.

Le plus dommage est que j'ai toute une série d'applets presque terminés depuis plusieurs mois que je n'ai pas encore mis en ligne. Ce n'est pas le manque d'inspiration qui me bloque, simplement la motivation, et le sentiment de faire des choses pour rien, des choses qui vont encombrer un monde qui ne serait que mieux s'il était plus vide. Mes applets basés sur le principe de petites boussoles sont pourtant très prometteuses pour conduire vers quelque chose d'assez top.

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Autre truc que j'ai appris lors de l'interview de Sinclar. Il appelle ça "clearer un sample", pour dire qu'il s'entend avec l'auteur et la Sacem pour utiliser un extrait (sample) dans sa musique. En pratique, j'ai compris que ces musiciens ont tout un jeu du chat et de la souris avec la loi. Ils samplent des tas de disques mais n'en déclarent que quelques uns. C'est aussi pour cela qu'ils cherchent de préférence des morceaux ringards et peu connus. Comme disait Sinclar, avec Cerrone, ce n'est pas possible. Il est trop célèbre. Je me doutais que cela se passait ainsi, mais maintenant je suis sûr.

 

17/06/01

Rubrique Loft Story.... désolé mais je ne parviens pas à lâcher le sujet et ses rebondissements multiples. Le chroniqueur humoriste Guy Carlier disait qu'il avait décidé de ne pas parler du loft dans sa chronique quotidienne à la radio mais après quelques jours, il a été obligé de s'y remettre. Il a choisi de le faire, dit-il, sur le mode de la déconnade. Je ne peux pas dénoncer tous les jours avoue t'il. C'est sans doute le mieux qu'il pouvait faire, mais il est vrai aussi que l'humour est devenu un piège dans lequel le Grand Capital enferme tous les rebelles.

C'était aussi cet article dans le magazine TV. Arthur était interrogé. Sa société produit l'émission Loft Story... Il m'agace, depuis toujours, mais savoir qu'il a inventé une émission autobiographique qui s'appelle "les enfants de la télé" indique qu'il n'est pas complètement idiot (il est d'ailleurs plus enfant de la télé que moi). Son truc c'est de dire qu'il n'est pas plus pourri que les autres et dans l'interview, il le montrait plutôt bien : comment un hebdo (concurrent du magazine que je suis en train de lire ! ) profite de la situation en dénonçant Loft Story d'un côté, et en faisant "des pieds et des mains" pour avoir Loana en première page. J'ai dans le même temps remarqué que "mon" magazine faisait systématiquement, chaque semaine; un article sur le loft... C'est un choix éditorial.

Les chiens se dévorent entre eux...

Est-ce pour cette raison que les producteurs ont introduit un chien dans Loft. Story ? (devenu le meilleur ami de Loana). Cela nous a permis d'avoir une image vraiment intéressante : alors que les lofteurs jouaient dans le jardin (bonjour la régression infantile), Chloé, la chienne, était enfermée à l'intérieur. Grâce aux nombreuses caméras, on a pu voir les réactions de l'animal qui, d'abord pleure contre la vitre, puis décide de se venger, va chercher la peluche de Loana dans l'autre pièce, et s'acharne dessus pour la déchiqueter.

En même temps cela posait le problème de la responsabilité des cameramen : devaient-ils intervenir pour sauver la peluche en danger ?

Plus sordide, l'article du magazine télé disait que Loana avait abandonné un enfant à la DAAS. Je suis d'accord avec Arthur pour trouver ce genre de révélation ignoble, surtout pendant que la dite Loana est enfermée dans le Loft et ignore tout. Le pire est que l'article indique que sur Kimi aussi, "certains journaux" avaient révélé des choses. Du coup, j'aimerais aussi savoir de quoi il s'agit.

***

Je fais une mise à jour du site (page des notes et WaitingEuro05). Je jette un œil à mes compteurs. J'ai dépassé 350 visites. On progresse, doucement mais sûrement. J'ai une visite qui vient de l'université de Poitiers qui semble s'être attardée sur mes pages. Qui s'intéresse à moi là-bas ?

Je décide quelques changements des pages. Mettre un texte sur la page d'accueil pour faire la promotion de ces notes. Effacer les dates pour rendre le truc plus intemporel... En attendant mieux.

 

24/06/01

J'ai reparcouru mes applets qui sont en ligne et finalement avec le recul, je trouve que ce n'est pas si mal. Il faut absolument que je retouche la série WaitingEuro car les phases de téléchargement sont trop longues sur le web. Il faut animer le message "chargement de l'image", soit en le faisant clignoter, soit défiler. Ce ne doit pas être très compliqué à faire. De plus, j'en aurai besoin pour d'autres projets, relecture de Warhol entre autres.

J'ai retravaillé le texte à propos du réseau Echelon. Je vais poursuivre cet après-midi... Au départ je voulais juste "en parler comme ça" mais, peu à peu, je me suis rendu compte qu'il y a des enjeux du fait même que le texte sera publié sur internet. Certes, pour l'instant mon site a peu d'audience mais ça peut changer, et je ne suis pas exactement dans la même position que la plupart des journalistes car j'ai une connaissance technique spécifique sur le domaine des télécoms qui peut m'amener à connaître des détails peu connus... Provoquer les services secrets sans en mesurer les conséquences n'aurait pas beaucoup de sens. Par définition, on ne sait pas ce qu'il y a derrière. La seule chose que je sais est qu'ils sont "plus forts que moi".

***

Cette semaine dans un mail, D. me faisait quelques commentaires sur ce que j'ai écrit de Loft Story. En effet. Ce qui s'est passé est un phénomène étrange dans lequel je me suis laissé entraîné de bonne grâce. Aujourd'hui encore, un talk show était consacré au loft sous l'angle "mais pourquoi les journalistes en ont-ils autant parlé" ! Il n'est rien sorti de ce débat sauf, pour moi, le sentiment qu'ils sont enfermés dans un piège dont ils n'arrivent plus à se défaire. Un sujet était consacré aux réactions de l'étranger. Il semble que c'est en France que le débat a été le plus nourri. Un journaliste a dit que "c'est parce qu'en France on aime beaucoup les débats". Un peu court comme analyse, je trouve !

Jusqu'où se place la perversité... Les journalistes, de match, du monde, etc.. , peuvent dire ce qu'ils veulent, que le moteur n'est pas l'argent, que ce n'est pas pour cette raison qu'ils ont mis le loft à la une mais... Le magazine TV du Progrès de cette semaine a renoncé à son article hebdo sur le loft qui agaçait, je suppose, certains lecteurs. Ils reviennent par un autre biais en faisant leur une sur l'acteur Castaldi. Il se trouve, comme par hasard, que c'est le père du Benjamin Castaldi qui présente Loft Story. Comme par hasard ! Ils ne manquent d'ailleurs pas de l'interroger sur ce sujet à la fin de l'entretien et l'énervement du père ressort assez bien de l'article !

***

J'ai terminé de lire un roman Ukrainien d'Andréï Kourkov (le pingouin). J'ai apprécié cet auteur que je ne connaissais pas (j'achète parfois des livres un peu au hasard; cette fois là, c'était le titre qui m'avait décidé). Je ne saurais dire si ce livre m'a appris des choses ou plutôt confirmé ce que je pensais sur la fin du communisme. Probablement un peu des deux. Kourkov décrit cette ambiance de décomposition des valeurs, le développement de la mafia et l'importance folle de l'argent. Ce n'est pas très éloigné de ce que nous pouvons ressentir en France, à la différence près, que chez eux la décomposition est doublée d'un appauvrissement sévère.

Il est difficile cependant de faire la part de la création et de la simple description, dans ce roman qui provient d'une région dont l'Histoire nous a si longtemps séparé. En clair, la vie à Kiev ressemble t'elle à ce qu'il décrit ou bien est-ce qu'on s'y ennuie plus encore ?...

 

notes juillet 2001

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me contacter par e-mail jean-claude.devaux (site officiel) mise à jour le 17/06/2002