notes d'artiste (octobre 2001)  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et des applets java.

 

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01/10/2001

Pas trop d'évolution ces derniers jours. Les derniers week-end, je les ai consacrés à la prise en main de mon nouvel ordinateur. Cette semaine j'ai installé une autre version de Linux : la Mandrake 8.0. C'est une version récente. Elle est très supérieure à celle que j'avais installée précédemment et peut se comparer à Windows. Avec l'interface KDE, les fenêtres sont mêmes plus jolies que celles de Windows Millenium.

S'il est vrai que Linux imite Windows, on peut quand même s'interroger en observant que ce système est développé par des programmeurs indépendants qui travaillent souvent pour la gloire - ou pour le bienfait de l'Humanité - et que cependant ils font aussi bien que l'armée de développeurs de Microsoft. De plus ce système est gratuit, chacun peut utiliser les programmes sans contrainte. La démarche est profondément généreuse et elle me plait. C'est très proche dans l'esprit, de ce que je fais avec mon site internet

Il me reste à explorer ce nouveau système, ce qui, vu que le temps n'est pas élastique, se fait au détriment de mon site internet et de mes travaux d'écriture. Parmi les programmes que j'ai installés, il y a aussi différents serveurs (web, mail, FTP), un programme de firewall, de routeur, etc. C'est surtout de la curiosité; j'aimerais les étudier de plus près. Mais rien que parcourir l'abondante documentation va me prendre un certain temps !

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J'ai étudié aussi le logiciel Flash 5 et réalisé une première animation. L'objectif n'était que d'apprendre à maîtriser les techniques du logiciel. Le résultat n'est pas montrable et je suis un peu perplexe quand à ce que je vais pouvoir tirer de ce logiciel. Il me reste encore des aspects à approfondir comme l'utilisation d'images externes et celle du langage de script.

Par rapport à Java, la réalisation de petits films est beaucoup plus facile mais à condition de se satisfaire de séquences prédéfinies (pas de calcul aléatoire). La mise en œuvre de mouvements sur des dessins ou des textes est très facile. On pourrait faire aussi bien avec java, surtout java 2, mais l'environnement Flash facilite la mise en œuvre qui se fait comme du dessin animé (notion de calque, séquence, mouvement). Il existe une fonction qui permet de dessiner une trajectoire dont les résultats sont spectaculaires comme par exemple, le mouvement d'une abeille qui butine d'une fleur à l'autre. Il est également possible de déformer des figures.

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A deux reprises ces dernières semaines, des collègues m'ont parlé du site internet de leur fils qui reçoit plus de visites que le mien ! Le premier sur le jeu d'échecs, le second sur Pif le personnage de dessin animé. Bien que j'essaie de relativiser, je trouve cela assez vexant !

Même si je me justifie en disant que je n'ai pas passé assez de temps pour assurer la notoriété de mon site, en fait, je ne comprends pas très bien le problème. Son aspect est-il trop austère et élitiste ? Ou bien n'est-ce que par défaut d'avoir trouvé la bonne audience. Mes visiteurs potentiels sont probablement ceux qui sont déjà connectés à internet alors que j'ai voulu les chercher ailleurs. Il faudrait essayer en s'inscrivant à une chaîne de sites thématique ou en plaçant des messages dans des forums.

En fait je continue d'avoir des visites. Il semble même que cela a augmnenté ces derniers jours mais depuis que j'ai publié mon texte sur Echelon, j'ai l'impression que tous mes visiteurs sont des espions... Je n'ai jamais de mail d'encouragement mais je pense aussi que la nature du contenu que je présente est un peu intimidante.

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On m'a prêté trois exemplaires d'une revue qui s'appelle Pirates Mag mais qui ne paraît plus aujourd'hui. On y trouve toutes sortes de choses sur le cryptage, les cartes de crédits, et la surveillance sur internet. Il est étonnant qu'une telle revue ai pu exister. Un peu comme les sites de hackers. On se demande pourquoi ils sont tolérés, à moins que le phénomène ne dépasse les capacités de contrôle des forces de police (ce qui est à la fois rassurant et inquiétant).

 

06/10/2001

J'en ai un peu assez de ne parler que de logiciels dans ces notes.

Je continue mes études mais il y a peu à raconter. Les actualités qui préparent la guerre contre Ben Laden sont elles aussi répétitives. Il faut attendre. Il y a quelques jours, j'ai complété ma page sur Echelon mais ce n'est sans doute pas le bon moment pour ce genre de choses. On a indiqué cette semaine que la police française sera autorisé d'inspecter l'intérieur du coffre des voitures. On jure, côté gouvernement, que c'est provisoire, mais d'un autre côté, mes collègues avec qui j'en ai discuté trouvent cela normal. Ils ne sont pas sensibles à la diminution de liberté que cela traduit. Qui a besoin de liberté au fond ?

Pour ce qui me concerne, je n'aime pas voir que les libertés sont grignotées mais il y a longtemps que j'ai compris que tout est interdit. Tout ce que l'on fait est, au mieux, toléré mais c'est le plus souvent parce que la police n'a encore rien vu. Et quand je dis la police, je parle en fait des "honnêtes gens".

Pour illustrer cela, un petit événement qui m'est arrivé cette semaine… ma découverte de lundi matin, lorsque je suis tombé sur le panneau de sens interdit dans la rue que j'emprunte chaque jour pour me rendre au travail. C'est une petite rue à une seule voie. Deux véhicules ne peuvent se croiser. Cela gênait-il la police ? Il faut croire que oui. Il semble que ce panneau a été installé le week-end ou pendant la nuit; c'est quand même incroyable. En tout cas, on ne m'a pas demandé mon avis.

Plus grave, j'entends ces discours insidieux des "va-t'en guerre" qui hurlent que notre armée est nulle, qu'il en faudrait plus, avoir deux porte-avions, etc… Aussi ce désir d'assimiler les mouvements d'anti-mondialisation comme Attac avec les terroristes afghans alors qu'objectivement c'est exactement l'inverse. De mon point de vue, les terroristes de Ben Laden renforcent au contraire le système actuel qui s'appuie d'abord sur le pouvoir et l'influence. Ils justifient, on ne peut plus, l'existence des polices, des services de sécurité et leur pouvoir difficile à controler. D'ailleurs ces terroristes sont des fascistes qui veulent imposer un modèle de pouvoir autoritaire s'appuyant sur ce que la religion a de pire.

 

09/10/2001

J'ai exploré un peu plus en détail mon système Linux . Ce sont des centaines de logiciels.... J'ai copié la documentation sur un CD pour l'avoir sous la main. Rien que les "HowTo" - des documents de dépannage rapide - remplissent près de deux mille fichiers et l'ensemble de cette documentation nécessite 148 Mo sur le CD (l'équivalent de 100 disquettes). Cela donne le vertige.

J'ai fait quelques petites manipulations de prise en main avec le programme telnet pour vérifiier que le serveur web Apache, les serveurs FTP, Mail et Telnet répondent. J'ai voulu installer un logiciel qui trace les échanges de protocole IP mais je n'ai pas réussi à le faire fonctionner. Néanmoins j'ai pu constater qu'avec telnet il est possible de dialoguer avec tous ces logiciels. Encore faut-il connaître la syntaxe des messages mais avec ces manipulations concrètes, les choses s'éclairent un peu pour moi. La réalisation d'un programme qui envoie automatiquement des mails me semble très simple à réaliser ce qui démystifie les capacités des hackers.

Au cous des prochaines semaines, j'essaierai de mettre en oeuvre le serveur web avec quelques scripts CGI. C'est d'abord "pour voir" mais peut-être que cela m'ouvrira de nouvelles possibilités pour réaliser des oeuvres virtuelles vraiment interactives. En effet, il faut utiliser des scripts sur un serveur d'internet pour memoriser des informations car les applets qui tournent sur le navigateur ne le permettent pas pour des raisons de sécurité.

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Je n'avais pas noté quelques détails de l'installation de la version Linux Mandrake que j'ai réalisée. J'ai dû mettre en place le programme de boot Grub plutôt que LILO parce que LILO rendait systématiquement invisible la deuxième partition de mon disque dur (le disque D) lorsque je démarrais le système sous Windows. LILO avait d'autres inconvénients, moins grâves mais très désagréables : lorsque je démarrais Windows par défaut, j'avais pendant quelques secondes un écran bariolé qui faisait très mauvais effet.

Autre problème, avec Mandrake, mon modem n'est plus reconnu alors qu'il fonctionnait, me semble t'il, avec la version Red Hat. Cela doit pouvoir se résoudre mais c'est chiant d'avoir à chercher.

Sur le CD d'installation, j'ai trouvé d'autres programmes qui ne sont pas installés systématiquement, des jeux en particulier... Finalement j'ai tout réinstallé espérant que mon modem serait de nouveau détecté (cela n'a pas réussi) et pour faire disparaître un programme qui revenait systématiquement à chaque connexion et que je n'ai pas su supprimer autrement.

Il y aurait encore des choses à raconter sur ces manipulations mais ce n'est guère intéressant.

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J'ai installé le logiciel Combat Flight Simulateur et nous avons joué avec mon neveu et sa compine. C'était assez drôle. Nous avons cassé un paquet d'avions ! Des "Spitfire"... J'aime bien cet avion mythique. Il me rappelle les bandes dessinées que j'achetais quand j'étais gosse. Le héros pilotait un Spitfire et combattait des Stuka et des Messershmit allemands. Il s'appelait Battler Briton. Je pensais que c'était un nom typiquement anglais alors que ce n'était qu'un jeu de mots pour dire le "combattant anglais" ou "l'anglais combattif".

Le logiciel permet de choisir le type d'avion et l'aéroport. Il est possible d'en charger d'autres sur internet. On a raconté que les terroristes de New York avaient pu utiliser ce logiciel pour apprendre à piloter des Boeing... Sur le CD que je possède, ce sont des avions à hélice des années 39-45. On peut faire des combats mais je ne m'y suis pas encore essayé. Je me suis contenté du vol libre. Je n'ai pas lu la documentation, évidemment. J'ai essayé au hasard et les avions avaient des réactions très vives. Je suis parti en vrille et me suis crashé dans la campagne. La simulation est assez réaliste et on ressent de l'émotion. J'ai testé un autre type d'avion, un biplan, qui était encore plus nerveux et je n'ai réussi qu'à piquer du nez avant le bout de la piste !

 

10/10/2001

Hier on expliquait que Ben Laden avait téléphoné à sa mère avant les attentats pour lui dire "tu verras, on va parler de moi". Peut être que tous ces événements dramatiques se résument à un complexe d'oedipe entre une mère et son fils. Pourquoi pas ?. On compare Ben Laden à Sadahm Hussein pour remarquer qu'il est d'une autre classe, plus cultivé, alors que Hussein ne sait pas écrire et à peine lire... Ouais.

On indique aussi que le prix de l'héroïne qui provient surtout d'Afghanistan est en baisse. Les trafiquants essaient d'écouler leur stock au plus vite, pour fuir leur pays j'imagine. En bon capitaliste, il faut en conclure que c'est le moment d'en acheter !

J'ai le sentiment d'une attente. Peut-être faut-il attendre le dénouement de cette crise ? Les américains bombardent l'Afghanisatan chaque soir... On ne sait pas grand chose en fait. Les premières images - un écran vert avec des tâches blanches qui clignotaient - ne nous ont pas éclairé !

Attente, pour d'autres raisons diverses et plus personnelles. Je n'ai pas avancé dans mes textes ni sur mes applets et je regarde les compteurs de visite de mon site de moins en moins souvent.

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L'étude de Linux m'a ouvert un large champ d'étude. Le plus intéressant avec ce projet de système libre vient de la manière dont sont développés les logiciels, par des passionnés, le plus souvent en dehors des heures de bureau. C'est l"open source". Je ne pense pas trouver le temps ni l'énergie de rejoindre un de ces teams mais je souhaite passer un peu de temps à observer comment cela fonctionne. Sur le site de Sun Microsytems, ils font l'éloge de ce mouvement et mettent en avant plusieurs de leurs employés qui participent à des projets de logiciel libre.

Sun est parti en guerre contre Microsoft. Ils avaient développé le langage java ce qui avait forcément déplût à Microsoft qui a toujours traîné les pieds pour l'intégrer dans Internet Explorer. Depuis quelques temps, Sun diffuse les logiciels Star Office qui sont gratuits et font directement concurrence à Office (Word, Excel, Access...). Leur stratégie de conquête est un peu difficile à comprendre. Ils expliquent que ce qui les interesse ce n'est pas la vente des logiciels mais les services qui les accompagent. Peut-être. Mais quand on sait que Microsoft à basé une partie de son succès sur Office qui a dû lui rapporter énormément d'agent... Star Office existe sous Windows et sous Linux. Les PME peuvent installer Linux et Star Office sur les PC pour pratiquement rien. C'est une économie non négligeable. Parfois on se demande où se situent exactement les capitalitstes.

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Ce week-end j'ai rencontré un ami que je n'avais pas vu depuis très longtemps. Il m'a parlé de mon site internet mais pour me dire qu'il n'avait pas réussi à s'y connecter... Nous avons eu une bonne discussion. Il m'a dit qu'il s'était lui aussi beaucoup isolé après avoir constaté que souvent les gens entendent sans écouter. Le temps ne nous a pas franchement éloignés. Encore faut-il que cette amitié puisse avoir un futur, quelle ne reste pas sur des acquis. C'est ce que je lui ai dit... Il y a un profond malaise, aussi bien pour ce qui concerne les relations d'amitié qu'amoureuses. Je trouve. Pourtant nous sommes des gens pour qui les relations humaines passent au premier plan. Ce malaise me pousse à l'indépendance et à la solitude. Je ne crois pas être le seul !

 

13/10/2001

(il faudrait vérifier les noms propres de ce chapitre, enfin...)

Cette semaine, deux soirs de suite, "la télévision du service public" proposait une émission littéraire. C'est bien. Ils se donnent deux chances pour remplacer Bernard Pivot : Franz Olivier Giesbert sur la 3, et Guillaume Durand sur la 2. Les deux émissions se ressemblent. Leurs animateurs sont d'abord des faire-valoir, une signature de prestige, mais ils sont entourés par une cohorte de jeunes chroniqueurs dont on espère que quelques uns crèveront l'écran.

Giesbert avait invité Salman Rushdie qui sort un livre qui se passe à New York et qui se passe mal ! C'est étonnant. Houellebecq aussi met en scène un attentat islamiste dans Plateforme. A les lire, on se demande si les attentats de New York ne répondaient pas à une espèce de nécessité. Comme si, au delà de la tragédie, il ne fallait pas que cela arrive pour libérer une tension devenue trop forte. J'observe d'ailleurs quelques commentaires dans ce sens. "Grâce" à cela, les américains doivent se montrer plus attentifs au monde qui les entoure. "Grâce" à cela l'Europe se renforce. "Grâce" à cela, le conflit Israèlo-Palestinien pourrait trouver un dénouement…

Gesisbert avait invité aussi Jean Pierre Chevènement qui m'a agréablement surpris par sa culture et sa connaissance de l'Islam. Cela tranchait avec ses habituelles prises de position un peu obtues et je me suis demandé si au fond la politique n'est pas la méthode la plus efficace de gâcher les talents.

Guillaume Durand a aussi été brillant. Il avait invité Alain Robbe-Grillet... Pardonnez moi, mais je le croyais mort depuis longtemps (un peu comme pour Pol Pot). En fait, il était à l'étranger où il "donnait des conférences" (??)… sur le nouveau roman, je suppose, son fond de commerce. Il publie son premier roman après quarante ans de silence et cela justifie qu'on s'y intéresse... Durand l'a interrogé sur sa participation pas nette au STO pendant la guerre et l'autre s'est un peu excité. Sinon il a opposé Robbe-Grillet et Houellebecq. Houellebecq serait le représentant de la nouvelle tendance qui revient au récit classique. Cela me gêne beaucoup car je ne suis pas d'accord; je ne trouve pas que Houellebecq soit représentatif sur ce point, qu'il correspond à "ce qu'il faut faire" sinon à penser que la littérature n'est que du commerce.

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Justement, je termine la lecture de Plateforme, le dernier livre de Houellebecq. Ce livre me dérange. Il me fait même un peu honte et j'ai du mal à dire si je considère Houellebecq comme un génial provocateur ou un enculé. Je penche pour la deuxième hypothèse. Je trouve que son écriture est devenue trop complaisante et se laisse aller à la facilité. Le côté politique a pris le dessus et je n'aime pas ça. Les aspects quotidiens comme par exemple les allusions aux jeux télévisés, c'est exactement ce que je pensais devoir éliminer de mes propres textes. Je n'approuve pas du tout, d'autant que souvent, ce qu'il dit, c'est des conneries… mais il est attachant dans sa connerie, c'est tout son charme.

Il y a cependant du positif. Contrairement à ce que j'avais éprouvé après la lecture des "Particules", je ne pense plus que Michel Houellebecq prend ma place dans l'espace littéraire. J'ai envie maintenant de le contrer, de le contredire, et cela me redonne un peu d'envie d'écrire.

De toutes les façons, aujourd'hui en France, on ne peut pas ignorer Houellebecq et il est bien plus confortable d'être "anti" que "pro". C'est mieux d'un point de vue stratégique mais aussi pour le "bonheur" de la littérature. Ceci dit, je n'aurai pas à me forcer pour être anti car j'avais déjà décidé que je n'écrirai pas de "bouquin de cul".

Ce que je me demande quand même est de savoir si comme Debord, Houellebecq écrit "pour nuire à la Société du Spectacle" ? Je n'ai pas la réponse.

 

15/10/2001

Il y avait un débat à la radio sur les problèmes de sécurité après les attentats. On reparlait de cette mesure qui autorise les policiers de contrôler les coffres de voiture. La représentante d'une association de sauvegarde des libertés disait être dans son rôle en dénonçant la réduction des libertés tandis que l'élu RPR partait dans une tirade pour démontrer que ce n'était plus pareil aujourd'hui, nos ennemis sont différents, on ne sait pas de quoi ils sont capables. Tous semblaient d'accord, sauf moi, qui me demande si on ne disait pas déjà la même chose des nazis et si ce n'est pas le propre des ennemis quels qu'ils soient, d'être capables de tout, du moins dans notre imaginaire.

J'avais l'impression que ces gens confondaient les problèmes français et ceux du Monde et faisaient un lien entre les problèmes d'intégration en France et les objectifs des térroristes afghans qui n'avait certainement pas lieu d'être.

Entendre ceci a fait remonter en moi un sentiment de dégoût. Cette discussion inutile était tellement prévisible. Chacun campe sur ces positions, débite son discours, sans réel désir d'en sortir. Cette guerre est-elle la mienne ? En quoi me concerne t'elle ? Cela me semble si absurde.

On rapporte la psychose américaine suite à ces enveloppes porteuses de virus de la maladie du charbon dont on ne connait pas la provenance. Bush rappelle que les terroristes ont de nouveau menacé l'Amérique, dans cette cassette enregistrée qui est passée sur toutes les télévisions du Monde, la semaine dernière. Ils ont menacé d'envoyer d'autres avions sur les immeubles. Cela ne paraît pas très possible car j'imagine que les Américains et tous les pays occidentaux ne se feront pas surprendre une deuxième fois. Je ne sais pas de quoi ces terroristes sont capables mais il semblerait qu'ils ont épuisé leurs cartouches... ce qui serait somme toute logique dans la mesure où se sont quand même des hommes.

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Surprenant l'augmentation des visites de mon site ces derniers jours. Autant le nombre de visites (8 visites le 9 octobre), que le nombre de pages visitées (36 pages le 12 octobre). Diverses origines mais qui semblent s'être interessés en détail au contenu des pages. D'où celà vient-il ? Est-ce qu'un moteur de recherche aurait repéré ma page sur Echelon ?

 

18/10/2001

Rien de très nouveau. Des lectures studieuses et les jours qui diminuent ce qui rend la nuit beaucoup plus prégnante. Je n'ai pas réussi à trouver le livre de Robbe Grillet ce week-end à Roanne (...). J'ai eu un problème curieux avec un CD ré-enregistrable. Lorsque que j'ai voulu le lire à Lyon, il contenait les données anciennes que je croyais avoir effacées. De retour à la campagne, j'ai pu lire les nouvelles données. En fait, sur le lecteur de DVD, on voyait les anciennes données, sur le lecteur-enregisteur de CD, les nouvelles. En faisant "Propriétés" dans l'explorateur de fichiers, on voyait plusieurs volumes sur le disque mais sans pouvoir changer. J'ai dû faire une mauvaise mainpulation mais impossible d'effacer ce CD complètement pour repartir à zéro.

Cela continue. Des bombes et de la nourriture dans des sachets en plastique jaune sur l'Afghanistan et des lettres contenant des microbes de l'Antrax côté américain. Ils les envoient aux sénateurs démocrates maintenant ou aux vedettes de la télévision. Les enveloppes contiennent de la poudre blanche. On pourrait écrire des livres entiers autour de l'imaginaire qui s'éveille autour des charmes et des méfaits des différentes poudres blanches qui existent ici où là. On explique que les microbes viennent d'une souche américaine. Je ne sais pas comment ils peuvent reconnaître des microbes mais c'est impressionant. Ils racontent aussi que seulement quatre ou cinq personnes - au dessus de tout soupçon - sont capables aux Etats Unis de produire cette poudre contenant l'Antrax et ce dans des laboratoires bien équipés. Ça j'en doute ! Je vois plutôt quelque chose de bricolé par des excités dans un coin de cuisine d'une banlieue américaine . Peut-être que je me trompe mais au delà de la panique que cela suscite, je trouve que l'efficacité de ces enveloppes n'a aucune mesure avec les avions suicide, à tel point que je doute que ce soient les mêmes stratèges qui en sont les auteurs.

 

22/10/2001

L'affaire de l'Antrax me semble de plus en plus suspecte. On a annoncé qu'une lettre contaminé a été retrouvée au Kenya. Elle aurait été postée aux Etats Unis le 8 septembre, donc avant les attentats de New York. C'est pour le moins étrange... En fait, il se pourrait que cette affaire soit montée en épingle par les fabricants de médicaments mais cela me semble peu probable; ce serait risqué et il faudrait qu'ils soient vraiment cyniques. Je me demande cependant si les militaires américains n'utilisent pas cette peur pour créer l'événement et maintenir la pression sur le peuple américain. C'est une manière comme une autre de prouver que la guerre n'a pas lieu qu'en Afghanistan. Ce n'est pas qu'un délire de ma part : ce soir même, on a montré l'évacuation de deux cadavres du World Trade Center. Ce sont les premiers morts que l'on montre à la télévision. Cela restait très pudique; ils étaient cachés sous des couvertures mais ces images ne me semblent pas venir par hasard.

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J'ai apporté une petite amélioration à mon site en créant une page index.html dans chaque sous répertoire de manière à ce qu'il ne soit pas possible de voir la liste des fichiers qui s'y trouvent. Mon attention sur ce problème a été attirée par une conversation au travail. Pourtant, il me semblait l'avoir déjà vérifié il y a quelque temps. Je pensais que wanandoo provoquait une erreur dans ce cas. J'ai dû me tromper. Grâce à un petit Javascript j'ai pu faire en sorte qu'on se retrouve automatiquement sur la page d'accueil du site.

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J'ai repris mon travail sur Echelon. Ce week-end, j'ai commencé à traduire le texte du rapport du STOA, une vingtaine de pages environ. Cette traduction me parait nécessaire mais c'est un peu long et ennuyeux. Ce soir je n'ai pas eu le courage de poursuivre.

 

26/10/2001

Je suis allé acheter des livres à la Fnac. Les tables y sont bien achalandées de nourritures spirituelles !... J'ai été attiré par un livre dont le titre parlait de Maïa mais lorsque j'ai vu qu'il ne s'agissait que d'un roman, je l'ai reposé. C'est la première fois que j'ai ce genre de réaction et je me suis interrogé. Au fond, les romans, je ne prends pas cela très au sérieux et je rêve d'une écriture qui parle des vrais problèmes sans être chiante comme les essais.

Les éditeurs français sont bizarres et pervers. Ils continuent de produire des livres avec des couvertures moches et démodées qu'ils cachent par une bande de papier de couleur pour attirer le regard. Souvent ces bandes sont le prétexte pour donner la photographie de l'auteur. Pourquoi ne l'impriment -t'ils pas directement sur la couverture ? Mystère. Ils ont tort cependant. On risque de la perdre. C'est pourtant sympa de revoir les photos des écrivains longtemps après. Ça donne une indication sur qui et quand cela a été écrit.

J'ai toujours pensé que les livres - en France - ressemblent à des pierres tombales. Cela se confirme. Ce n'est pas trop la coutume de mettre la photo des morts par ici. D'ailleurs quelle photo choisir, à vingt, quarante ou quatre vingt ans ? quand est-on le plus soi même ? Comme pour les tombes, on fleurit les livres avant de les oublier.

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J'ai recherché le livre mythique – enfin, mythique pour moi - de ce Chinois qui vit à Paris et je ne l'ai pas trouvé. Peut-être que si je connaissais le titre et le nom de l'auteur, se serait plus facile ! Je ne sais pas grand chose de ce bouquin. Je crois savoir que c'est un gros livre. Mais peut-être qu'il n'existe pas vraiment et que j'ai seulement besoin de penser qu'il existe encore un livre merveilleux que je n'ai pas lu.

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Georges Brassens est partout ces jours-ci, des piles de livres et de disques. On célèbre je ne sais quoi. On l'entend sans arrêt à la radio et cela contraste avec la "déprogrammation" dont il est sujet depuis quelques années (beaucoup plus que Brel ou Ferré par exemple). Je n'ai rien contre GB mais ça m'énerve cette façon de penser tous comme un seul homme et sur commande.

On dit qu'il existe cinq mille sites internet sur Georges Brassens. Faut-il en conclure que "l'individu" Brassens, c'est au moins cinq mille personnes alors qu'il n'y a qu'un seul jean-claude.devaux.com ?

Ça indique aussi que les amateurs du chanteur se sentent forts. Il n'y a pourtant pas beaucoup de mérite à aimer Brassens, hormis que c'est un peu démodé. Si je voulais être méchant (et clair), je dirais que ça fait "instituteur". Oser se mettre à poil sur internet demande d'avantage de culot et de détermination, je trouve.

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Entendu à la radio que la moitié des filles qui naissent aujourd'hui (en France) deviendront centenaires. On gagne trois mois de longévité par an.

Sans rentrer dans des considérations géopolitiques sur les pays pauvres et jeunes opposés aux nôtres, riches et vieux, je ne trouve pas que ce vieillissement général soit une bonne chose. Un monde rempli de vieux ne peut laisser beaucoup de place à l'amour, c'est mécanique.

 

27/10/2001

Arrêté au feu, j'étais au même niveau qu'une voiture peinte en rouge avec un logo "Buvez Coca- Cola" sur la portière. Son chauffeur avait l'air con, il s'en rendait bien compte et je n'ai rien fait pour le démentir. Devoir assumer une marque comme celle là n'est pas trop évident. J'imagine qu'il était "voyageur de commerce" et passait ses journées à vendre des palettes de bouteilles de coca aux épiceries et aux supérettes. Je préfère mille fois être un écrivain raté !

J'ai appris que la nouvelle mode serait de se faire tatouer le logo de sa marque favorite sur la peau. Là c'est être vraiment con ! Déjà que se faire tatouer "Lola pour la vie" me paraît plutôt risqué, vouloir épouser une marque commerciale, c'est aller loin dans l'humiliation. Comme quoi, à mesure que les logos se rapprochent du corps, la connerie entre à l'intérieur.

Cela m'a donné une idée que j'exploiterai peut-être sur mon site. Je me suis dit que tôt ou tard, les tatoués de Nike, Adidas ou autre vont regretter cette "erreur de jeunesse". Ils voudront effacer leur tatouage. Le plus simple étant de transformer le dessin pour en faire autre chose qui masque l'intention de départ, j'ai pensé que je pourrais proposer des modèles pour les tatoueurs permettant de faire disparaître ces logos de grandes marques. Cette idée déconstructiviste me plait car elle a un bon côté subversif et quelle me permettrait aussi de déployer ma "marque de fabrique" !

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La collusion des artistes avec la publicité me chagrine. Au fond, ce n'est peut-être que le signe que les artistes ont été remis à leur place. Longtemps, en effet, ils ont été au service des puissants et même si ces puissants ont changé de visage, l'émancipation de l'art n'aura été qu'une parenthèse… Au moins est-il sûr que les exigences de la publicité forment une redoutable machine à mettre en charpie toutes idée novatrice. Je repensais à cela en voyant passer dans les rues de Lyon un camion couvert d'une sérigraphie à la gloire de son entreprise qui le recouvrait entièrement. La première fois que j'avais vu ce genre de décor, il n'y a que quelques mois seulement, c'était sur le bus de l'aéroport avec la photo de St Exupéry. J'avais trouvé cela génial. (j'ai même dû l'écrire dans ces notes) et j'imaginais que, mis entre des mains d'artistes, cela pouvait permettre des choses intéressantes. Quelques mois plus tard, je vois la même idée reprise pour un usage utilitaire qui me fait mal, et me fait honte d'une certaine manière. C'est du gâchis, ni plus ni moins.

 

01/11/2001

Cette semaine la télévision a passé un reportage montrant Claudie Haigneret, l'astronaute française, dans la station spatiale internationale. Une mise en scène, à l'évidence, préparée par une agence de communication. On a vue Claudie faire des sauts périlleux en apesanteur en tenant ses mollets dans ses mains, les jambes repliées…

Elle a parlé du bruit et de l'inconfort de la station. Je pensais qu'il y avait finalement peu de différence avec les conditions de vie des explorateurs de toute époque… Je peux comprendre que les astronautes acceptent de passer outre ces détails. J'ai moi même travaillé sur un coin de table encombrée dans un sous-sol qui sentait le moisi pendant plusieurs mois et cela ne m'a pas gêné. Le travail était intéressant. Au fond, le confort ne concerne que les gens qui s'ennuient. Il est fait pour eux.

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Plus important, c'est le vote de cette loi cette semaine pour renforcer la sécurité. Les politiques profitent de la peur du terrorisme pour renforcer le pouvoir de la police. C'était prévisible. Cela montre cependant, au minimum, que les politiques de notre pays ont des méthodes cyniques sinon, qu'ils prennent les gens pour des imbéciles qu'on doit manipuler comme un troupeau.

On interdit finalement les rave-parties qui faisaient trop désordre. "Zone interdite" a passé un reportage sur le sujet. Ils montraient le branle bas que cela occasionne pour les flics et les préfectures. C'en était pathétique de voir à quel point ils étaient ennuyés par ce phénomène. Les raves perturbent d'abord la tranquillité des administrations, c'est ce qu'il faut comprendre. Ils doivent faire des heures sup, le week-end en plus ! Dans l'exemple, ils réveillaient le maire de Marcillac à trois heures du matin pour monter une cellule de crise dans sa mairie. Combien avez vous de lignes de téléphone ? Ils en auraient voulu cent ! Le pauvre maire, n'en n'avait qu'une, mais avec trois postes dit-il, comme par excuse. Pour se rendre utile, il leur préparait le café mais lorsqu'il était prêt n'osait pas les déranger pendant leur réunion !

La loi qui vient d'être votée cogne tous azimuts. Elle interdit les rassemblements dans les entrées d'immeubles ce qu'à la limite je peux comprendre mais trouve quand même préoccupant. Pour internet, cette fois c'est clair : les opérateurs doivent enregistrer la trace de tout ce qu'on fait. Quelles pages on visite, à qui on envoie des mails. C'est très insidieux. Les entreprises sont contraintes de collaborer avec la police. Elles doivent leur faciliter l'accès à ces informations. Ça veut très certainement dire qu'ils peuvent aussi obtenir le texte des mails qu'on échange (je ne sais pas si la loi l'autorise mais je fais confiance aux policiers d'embrouiller les techniciens qui ne sont pas trop au courant). Il est plus qu'urgent de crypter tout ça ! .. mais bien sûr que c'est interdit.

 

02/11/2001

Quelqu'un expliquait que si les occidentaux ont fini par croire qu'ils ne sont pas des animaux, cela tient au fait qu'ils n'ont pas de proche parent. Trente mille ans en arrière, la situation était différente, les australopithèques cohabitaient avec les homo sapiens (à vérifier si c'est exactement ça). Mais ajoutait-il, si on observe les chimpanzés ou les bonobos ont change aussitôt d'opinion…

Peut-être est-ce ainsi qu'il faut expliquer la grande tolérance des religions du continent indien et leur compassion pour le règne animal, par l'observation des singes ?? Et peut-être aussi que nous, les occidentaux, changeons d'opinion parce que nous en voyons, nous aussi, de plus en plus souvent, en voyage ou à la télévision ?

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Je réécoute le disque Sacrebleu de Dimiti from Paris. C'est vraiment bien. Très très bien. Dommage que l'étiquette techno crée un repoussoir pour beaucoup de gens. J'apprécie particulièrement ce titre où l'on entend une fille qui rit (Love Love Mode). Elle rit comme rient les filles lorsqu'on leur plait et quelles veulent coucher avec vous. C'est un rire finalement étrange, qui a beaucoup à voir avec les rites de séduction dont les livres expliquent qu'ils sont des automatismes de comportement très primitifs (voir Konrad Lorenz) . C'est à la fois charmant et effrayant. Hi hi hi !

Cliquer sur le lien pour entendre un extrait remix de ce morceau de Dimitri :
Extrait de Love Love Mode.wav (57 Ko)

 

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J'ai entrepris une recherche sur l'analyse de textes à l'aide de programmes informatiques. J'ai ramené cette idée de mon travail et c'est probablement une bêtise vu le temps que cela me bouffe. Enfin, je veux en faire plus que la simple analyse utile pour ma boite, sous forme d'une page internet.

Au départ, il s'agit de traduire des texte comme "tous les jours de 6 heures à minuit" sous une forme standardisée plus rigoureuse. Les textes sont "réels", ils viennent d'une application informatique existant depuis plusieurs années et ont été saisis par différentes personnes dans différentes régions. En dehors du charme que je voyais dans cette liste sur mon écran, j'ai pensé aussi qu'il est intéressant de voir en pratique ce que signifie traduire ces textes automatiquement… à la manière des agents de la NSA qui travaillent sur le réseau Echelon !

J'ai procédé en plusieurs étapes. D'abord "comprendre" ces textes, savoir s'il semble possible de les traduire. Pour cela j'ai utilisé le langage awk qui est très efficace et que j'avais déjà pratiqué quelques années en arrière. L'analyse porte sur un nombre limité de mots, les jours de la semaine en particulier, et les heures qui, en fait, sont sous la forme 08H00. J'ai pris en compte aussi un certains nombre de mots neutres (le, la, les, etc..) qui curieusement semblent ne servir à rien, ainsi que quelques expressions comme "jours de semaine" ou "heures ouvrables". Sur les deux séries de textes dont je dispose, j'ai obtenu les résultats suivants

 

  Nbre de textes Acceptés Rejetés Réussite
Série 1 256 148 108 57%
Série 2 484 292 192 60%

 

Un bon tiers des textes sont rejetés parce qu'ils contiennent des choses qui sortent du contexte prévu. Dans ce cas, plutôt que des heures, on donne des informations de lieu ou d'organisation. En partie parce que l'application informatique (ancienne) est trop contraignante, peut être mal conçue… mais aussi parce que les opérateurs humains ont une vrai difficulté à respecter un cadre imposé si restrictif !

Ces premiers chiffres m'amènent un flot de nouvelles questions… Combien par exemple de "mots" différents apparaissent dans ces textes ? Il ne serait pas raisonnable de vouloir les comprendre tous pour l'usage que je voulais en faire mais pour l'étude ce serait intéressant de savoir. Ce serait probablement autour de 1000, d'autant plus que pour les programmes informatiques, "SEMAINE" et "SEMAINES" sont deux mots différents et l'abréviation "SEM" en est un troisième ! Il serait intéressant aussi de compter combien de formes différentes peuvent apparaître pour chaque mot tel que nous les comprenons…

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Les ordinateurs sont des machines à compter. Ils sont très pratiques pour cela et c'est de cette manière qu'ils peuvent nous piéger. Une question en entraîne une autre. Peut-être que j'ai l'esprit à cela mais c'est un fait incontestable. S'ajoute encore le besoin de "tracer" ces questions qui me conduit à écrire ces notes. Elles me permettent de faire le point sur ce que je fais mais, souvent elles ouvrent de nouveaux chemins et donc de nouvelles questions.

Chacun suit son propre cheminement. Il est évident que le mien n'est pas le plus direct. Je comparais mes recherches à celles de Jackson Pollock qui se contentait de balancer des flots de peinture sur une toile ce qui lui a permis de gagner beaucoup d'argent et de notoriété.. Loin de moi l'idée de critiquer Pollock que j'aime beaucoup. Ses œuvres dégagent une énergie vigoureuse. C'est aussi très animal, cela nous ramène au geste du chasseur qui jette son javelot, me semble t'il. Ce que je fais sur mon site est plus de l'ordre de la construction, de la maçonnerie comme si je devais empiler des pierres et de la boue pour arrêter le flot d'une rivière… Economiquement parlant (argent, notoriété), c'est probablement une erreur stratégique et se mettre dans la ligne conquérante de Pollock est certainement plus "rentable". En ce sens, je trouve Pollock hyper Américain. Je le critique malgré moi mais je trouve que son approche a quelque chose d'intéressé. Au minimum, il veut qu'on l'aime : regarde maman les beaux gribouillis que je fais ! C'est sûr, je suis dans une démarche inverse et je crée un héritage… Un travail de "papa" si j'ose dire !

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Après la partie analyse des phrases, j'ai entrepris la réalisation d'un second module qui recombine les mots détectés pour les traduire dans le nouveau format. Pour y parvenir, il faut passer par une étape intermédiaire d'analyse sémantique afin de voir que, par exemple, "tous les jours de semaine de 8h à 18h" est identique à "8h 18h du lundi au vendredi".

Le programme commence donc à transformer le texte en code : J1 pour lundi, J2 pour mardi etc… et hr pour les heures. Semaine est reconnu comme J1J5 et ainsi les deux phrases deviennent :

tous les jours de semaine de 8h à 18h : J1J5hrhr
8h 18h du lundi au vendredi : hrhrJ1J5

Puis dans une deuxième étape, les deux phrases sont traduites en "LUNDI à VENDREDI de 8H00 à 18H00"

En réalité, c'est plus compliqué car on peut avoir des choses comme LUNDI VENDREDI de 18H00 à 8H00 qui correspond à la période inverse et qu'il faut transformer en 00H00 – 08H00 + 18H00 – 24H00… Dans la même phrase, on peut avoir aussi des choses concernant le samedi, le week-end et les jours fériés.

A l'heure actuelle (!) mon programme ne sait encore traduire que 83 textes sur 256 et 169 sur 484. J'ai la méthode mais il faut écrire chacune des règles de traduction. J'ai bien pensé faire un système plus générique mais il convient d'être prudent car mettre des mots les uns derrière les autres conduit rapidement à produire des choses stupides. Ainsi J1hrJ5hr deviendrait "LUNDI de 8H00 à VENDREDI à 18H00" qui ne veut rien dire ou encore "LUNDI 8H00 VENDREDI 18H00" dont on voit bien qu'il ne signifie pas la même chose que l'exemple donné (LUNDI à VENDREDI de 8H00 à 18H00).

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J'ai au passage eu quelques problèmes avec la version pour msdos du programme awk que j'utilise. Par moment, semble t-il, lorsque le programme est trop long il perd les pédales et donne des résultats faux. Cela m'a obligé de découper le module de traduction en plusieurs sous modules activés l'un après l'autre par un fichier batch… Surtout, cela m'a encore pris un temps supplémentaire. Souvent je me demande s'il n'y aurait pas quelque chose de démoniaque dans ces machines. Comment sinon expliquer que je tombe aujourd'hui sur ce bug alors que le programme en question je l'ai utilisé de multiples fois depuis une dizaine d'années ? Ma mère me l'a toujours dit : il ne faut pas vouloir casser des secrets qui ne nous regardent pas ! Vouloir étudier le langage, c'est bien connu, amène à fréquenter les dieux ! … à contester leur pouvoir et provoquer leur colère.

En informatique, il faut vivre avec les bugs. Ils se manifestent toujours lorsqu'on ne les attend pas et toujours de la manière la plus tordue qui soit. D'où mon commentaire… Pour s'en protéger, on réalise des procédures pour vérifier les programmes. C'est ce que j'ai voulu faire. Dans mon cas, il s'agit de rédiger une liste de textes du même type que ceux que je veux traduire de manière à vérifier chacune des règles. Ce n'est pas difficile mais assez rébarbatif. Pour que la vérification soit fiable, il faut être très méthodique et exhaustif. Je me suis vite aperçu que le nombre de tests à réaliser est important : mon fichier de test comporte déjà 120 lignes et je ne suis absolument pas certain d'avoir passé tous les cas. Ce sera bientôt autant de lignes de test que de lignes à traiter.

Il est possible que je finirai pas conclure que traduire ces textes "à la main" serait beaucoup plus rapide. Une fois les règles écrites et acceptées, n'importe qui peut le faire, tandis que ce n'est pas le cas pour la fabrication des programmes de traduction. Le gain est sans doute ailleurs, dans la connaissance acquise que j'essaie de partager ici (oui, mais avec qui ?).

Il me restera à observer chaque règle - combien de fois elle est utilisée - pour essayer de dégager les formulations les plus courantes. Voir aussi quelles sont les règles théoriquement correctes mais jamais utilisées. Enfin, je sais qu'il restera quelques phrases intraduisibles parce qu'ambiguës. J'en avais repérées quelques unes. Il sera intéressant de les garder quelque part.

Pour finir je m'amuserai peut-être à faire un module de génération automatique de phrases… peut être pour savoir combien il peut y avoir de formulations différentes ? combien de temps mon ordinateur mettra pour les trouver toutes ? soit méthodiquement, soit par tirage aléatoire des mots ? Ou encore pour produire toute sortes de phrases absurdes dont peut-être quelques unes seront poétiques.

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Je regarde par la fenêtre. La lumière d'automne baisse déjà. J'observe les vaches qui broutent l'herbe du pré voisin. Quels destins étranges (le leur et le mien). Je pense que leur existence est plus saine mais que je ne voudrais à aucun prix revenir à l'état d'animal de basse condition.

Du fauteuil où je m'assied pour boire un café dans le ciel rosissant, l'écran de mon ordinateur dessine dans l'angle de la pièce un rectangle de lumière très blanche. Le CD player hurle à tue-tête des chansons d'amour et de liberté. Cool !

 

04/11/2001

Besoin de faire un bilan. Je m'aperçois que mes recherches partent dans diverses directions mais rien n'aboutit. Ma page sur Echelon n'a pas avancé. La traduction du rapport du STOA est au même point depuis plusieurs semaines. J'ai commencé l'étude de ces textes dont j'ai parlé hier mais il reste à "finaliser" et en faire un truc internet compréhensible. Voir quelles conclusions en tirer, savoir comment illustrer l'ensemble. De plus mes programmes ne sont pas terminés, je n'ai écrit qu'une partie des règles et chaque fois que j'ai commencé à regarder de près les fichiers résultat, j'ai été amené à modifier mes programmes pour les améliorer. Cela oblige à manipuler un nombre important de fichiers, ouvrir de nombreuses fenêtres et se traduit parfois par des erreurs de manipulation. Il faut donc être attentif.

J'ai encore plusieurs choses à faire pour mes applets. Modifier ceux existants, en particulier pour résoudre les problèmes de vitesse sur les derniers qui vont trop vite sur les PC récents et perdent ainsi beaucoup d'intérêt. J'ai encore des projets à réaliser. Ce week-end, l'air de rien, j'ai pensé faire une série Pollock comme j'avais réalisée celle sur Morellet… Je passe les détails. Ah oui, j'ai aussi un projet de livre à écrire. Le plus important peut-être.

Je ne vois pas très bien comment m'en sortir. Il n'y a pas d'issue car je ne vois pas qui pourrait m'aider en pratique. A part pour les modifications d'applets, peut-être ... mais dans l'immédiat, je ne vois pas qui, et sinon, je n'ai pas l'argent pour le faire réaliser par une entreprise.

 

10/11/2001

Encore eu des problème cette semaine en faisant une mise à jour des pages du site. Souvent je suis obligé de déconnecter le programme FTP pour que la fenêtre indiquant que le transfert du fichier est en cours apparaisse. Sans cela, FTP affiche de nombreux messages d'erreurs et rien ne se passe. L'ennui c'est que de temps en temps, après avoir libéré, je ne peux plus me reconnecter pour le fichier suivant. Cette fois c'est lors de la mise à jour de la page d'accueil que cela s'est planté. On obtenait une page blanche au lieu de ma page d'accueil. Et j'ai dû attendre le lendemain matin avant de pouvoir rétablir la situation (ceci dit, j'ai quand même dormi normalement).

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J'ai vu cette semaine un reportage montrant dans un laboratoire, un paraplégique, la tête couverte d'électrodes, qui parvenait par la "force de la pensée" (plus un certain nombre d'interfaces électroniques), d'activer le curseur sur un écran d'ordinateur, de piloter un logiciel lui permettant d'écrire quelques mots et prononcer quelques phrases...

Je n'ai pas le moins du monde été surpris par cette démonstration. C'est exactement le scénario que j'avais imaginé pour un roman que je voulais écrire après "désordonné" et que j'aurais sans doute écrit si désordonné avait été publié. Le but était de réfléchir à quoi la science et la technique nous conduisent. Cela se passait aux Etats Unis (où sinon ?). Je me portais volontaire pour expérimenter un système analogue. On me greffait un ordinateur dans le cerveau. La seule variante avec ce qu'à montré la télévision est que je n'étais pas paraplégique mais aveugle et la machine me redonnait la vue. Ce sera l'étape suivante pour les ingénieurs ! et puis, pour un tas de raisons personnelles, je m'identifie plus facilement à un aveugle qu'à un paraplégique.

J'ai changé d'idée quant au livre que je dois écrire. Celui-ci me semblait trop proche de la science fiction et cela me gênait pour des questions, si l'on veut, de plan de carrière ou de fierté excessive. Le sujet est pourtant toujours d'actualité. Je le reprendrais peut-être un jour, lorsque je serai "réconcilié avec le roman".

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Rue des entrepreneurs est une émission économique avec un fond sado-maso très marqué. Ça passe à la radio le samedi matin. Je l'écoute quelquefois !

Le thème de cette semaine était "les multinationales françaises". L'intervenant évoquait le patron de chez Renault, d'origine libanaise, palant Français, Anglais, Espagnol, Portugais et maintenant Japonais. Il a quatre cultures ! disait-il avec admiration.

J'ai été troublé par cette affirmation. Se peut-il que les dirigeants d'entreprises soient des êtres si exceptionnels, des seigneurs, capables d'assimiler plusieurs cultures quand moi je peine à parler un peu l'Anglais et l'Espagnol ? Je me suis ravisé en me demandant si au bout du compte, quatre cultures ne signifiaient pas plutôt, zéro ? Comment ces hommes qui vivent dans un univers de bureaux standardisés et d'hotels internationaux pourraient-ils prétendre acquérir la culture des pays dans lesquels ils n'habitent que quelques années ? Certes, ils ont l'argent et les collaborateurs qui leur permettent de gagner du temps. Mais du temps, je ne pense pas qu'ils en aient beaucoup.

J'ai lu quand même pas mal d'auteurs - des gens qui ont pris du temps pour réfléchir - aucun d'eux pourtant, ne m'est apparu assez extraordinaire pour acquérir quatre cultures ! parfois deux; ça semble un maximum. D'un autre côté, les cadres-dirgieants d'entreprise que j'ai pu rencontrer ne m'ont pas ébloui par leur culture ! Se peut-il que les "capitaines d'industrie" soient d'une autre trempe ? Peut-être, mais plus probablement déroulent-ils les mêmes procédures que j'ai maintes fois observées, qui consistent à destabiliser ses interloccuteurs à coup de lieux communs.

Il y a sans doute un peu de mauvaise fois dans cette réticence à considérer les héros du capitalisme comme des personnes extraordinaires, mais c'est la même réticence qui m'aurait retenu d'admirer en leur temps, César ou Napoléon.

 

11/11/2001

Nous sommes maintenant dans une phase de haute propagande internationale. On a d'ailleurs appris cette semaine que l'armée Américaine s'entourait des services d'une des plus grandes agences de publicité de New York...

Dans le Progès de ce dimanche, on rapporte une interview de Ben Laden dans laquelle il prétend disposer d'armes chimiques et nucléaires. Il bluffe probablement mais il dit aussi qu'il sera tué par les Américains et sera ainsi plus grand mort que vivant.

A la TV, on montre aussi deux prostituées qui ont été louées par les terroristes du Wold Trade Center quelques jours avant l'attentat. L'une d'elles dit avoir été payé 4000$ pour la nuit. Elle dit qu'elle veut reverser la moitié de cette somme aux victimes. Ces deux filles sont étonnament timides... mais je comprends bien le message : même prostituées, les américaines sont salies par les terroristes lorsqu'elles s'en approchent. Thématique guerriere classique !

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Le journal regorge de choses choquantes faisant intervenir des musulmans et je dois dire que ma tolérence habituelle est un peu ébranlée. Ici, c'est cette jeune femme, mariée de force en Algérie, qui vient d'être enlevée à Lille, où elle se cachait avec ses enfants, par ses frères qui ne peuvent accepter sa "désobéissance". Plus bas, le témoignage abject d'un ancien du GIA qui à participé à des assassinats dans les villages en Algérie. Il justifie les crimes d'enfants par les nécessités d'efficacité de leurs actions qui devaient aussi procurer un butin. La priorité était donnée à l'or mais il y avait aussi les jeunes filles qu'ils emmenaient pour être violées, d'abord par les chefs puis les "troufions", pendant plusieurs semaines. A la fin, lorsqu'elles étaient complétement disloquées, ces filles étaient égorgées. Selon le terroriste, ces violences visaient à punir les villageois d'avoir été voter lors des élections.

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D'autres images montrent les tragiques inondations à Alger qui ont fait plusieurs centaines de morts. Le responsable des pompiers est interrogé en duplex et il est quand même rassurant lorsqu'on lui demande si des pompiers français viennent les aider, de le voir sourire à cette offre d'assitance de la France pourtant bien naturelle. Cela montre que la distance entre les deux pays n'est pas si grande qu'on le dit.

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Ce week-end, les premières neiges sont apparues. Un voile de flocons gris sur les toits à la campagne. J'ai passé une bonne partie de samedi à la traduction du texte du rapport du STOA sur Echelon. Ce n'est pas terminé mais bien avancé, trop pour laisser tomber en tout cas. Tout en traduisant, j'ai noté une série de questions que j'utiliserai dans la page web sous forme de commentaires.

 

18/11/2001

Ma voiture est tombée en panne et j'ai dû rentrer de la campagne en train. J'étais dans un compartiment où se trouvaient plusieurs professeurs de collège (quatre femmes et un homme) qui accompagnaient un groupe d'élèves. Je ne fréquente pas souvent ces gens et c'est démystifiant. Ils semblent assez sûrs d'eux, mais, ils jouent un rôle, à un point assez surprenant. Le temps du voyage, j'ai noté plusieurs anecdotes que je renonce à raconter... sauf celle des bouteilles d'eau : les filles sont arrivées en disant "madame, vous avez vu, les bouteilles d'eau sont périmées, elles sont datées du 28/10/2001". Les profs emmerdés : "c'est la première chose qu'ils vont raconter aux parents". L'une d'elles, un peu paranoïaque, commente "avec ça, tu te retrouves au tribunal". En regardant de plus près, ils s'aperçoivent que c'est la date d'emballage. La limite de consommation est, elle, en 2003. C'est là que cela devient drôle. La prof la plus austère en apparence, se lève et sort dans le couloir une bouteille à la main : "si vous ne savez pas lire, c'est grave" lance t'elle aux enfants qui n'ont plus rien à dire. L'Autorité à frappé une fois de plus, même si c'est avec un peu de mauvaise fois.

Je devrais prendre le train et le bus plus souvent. En moins de deux heures j'ai observé assez d'évenements frappants pour écrire plusieurs chapitres de roman, sans compter le regard des filles. J'y penserai lorsque je me lancerai de nouveau dans l'écriture.

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J'ai terminé un premier jet de la traduction du rapport du STOA. En regardant de plus près je m'aperçois que ce texte a été écrit par Duncan Campbell et c'est à se demander s'il existe quelqu'un d'autre que lui capable de donner des informations sur ce sujet...

Puis je me reconnecte sur internet et vais jeter de nouveau un oeil sur le site de Campbell et sur celui du Parlement Européen, rubrique STOA. Les publications de ce service sont nombreuses et sur tous les sujets sensibles (technique de l'information, biologie, pollution, etc..). Je m'aperçois que le texte de Campbell ne constitue qu'un des 5 chapitres du rapport sur Echelon. Il existe aussi un texte de présentation (en anglais et en français) , un chapitre sur le cryptage et deux chapitres concernant la loi et le risque économique. Vue la taille des fichiers, le texte de Campbell reste le plus gros morceau. Je récupère le document d'introduction (en français) et le texte sur le cryptage. Les deux fichiers sont au format pdf.

Sur le site de Campbell rien ne semble avoir changé si ce n'est que le rapport est maintenant précédé d'une page de garde avec une belle photo d'antenne et des indications beaucoup plus claires qu'auparavant pour indiquer que Campbell est l'auteur de ce chapitre. La mise en page a également été retouchée mais pas le fond, il me semble.

Après ces dernières informations, je vais devoir relativiser un peu mon opinion et retoucher les textes que j'avais préparé autour de ce rapport. Il me reste à faire des corrections sur la traduction et voir comment je vais la mettre en ligne. J'ai lu un petit texte qui dit que le STOA veut être informé des diffusions de ce document. Ils ne parlent pas de traduction comme s'ils n'en voulaient pas et je dois réfléchir à ce que cela implique. Ma traduction ne devrait pas poser de problème; elle est assez fidèle. Ce sont les commentaires que je souhaite ajouter qui pourraient déplaire.

 

19/11/2001

Pour ne pas m'allourdir dans le train, j'ai laissé mes dossiers à la campagne et dans ces dossiers se trouvaient mes dernières notes du week-end. Je ne sais plus très bien de quoi il s'agissait. Je sais seulement que l'idée d'écrire sur Florian (mon neveu) m'est revenue à l'esprit pendant ce week-end. C'est un très bon sujet et c'est vraiment dommage qu'il reste depuis si longtemps à l'état de projet informe. Ce n'est malheureusement pas mon seul projet et je n'arrive pas à libérer assez de temps. Ce n'est pas un projet de roman non plus (mais faut-il encore se préoccuper de cette forme suranée ?). Ce serait une sorte de dialogue à travers le temps avec cet adulte qui n'existe pas encore mais que j'espère influencer un peu dans le bon sens.

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Au cours de cette semaine j'ai rencontré R. dans le couloir. Il me dit "j'ai été sur ton site et j'ai lu ce que tu as publié sur Echelon; il manque des informations sur la manière dont cela fonctionne". Je lui dit que je le sais, que ces infos se trouvent dans le rapport du STOA mais elles sont en anglais, que je suis en train de les traduire et que cela prend beaucoup de temps... Je suis un peu surpris par le ton de l'échange, comme si je lui devais quoi que ce soit ! ou comme s'il m'en voulait d'une certaine manière d'en savoir plus et de ne pas tout dire. Les attitudes inutilement agressives qu'ont parfois les humains me laissent toujours dubitatif. Cela justifie une partie de ma misanthropie. Peut-être que cela m'arrive aussi mais lorsque j'en suis conscient, je le regrette toujours amèrement.

Il enchaîne : traduire ? tu n'as qu'à utiliser un logiciel de traduction automatique. Je lui reponds que je ne pense pas que ce soit possible mais pour en avoir le coeur net, en rentrant chez moi, je me connecte sur internet, et je soumets quelques paragraphes du rapport du STOA au logiciel de traduction de Voilà. La traduction est instantanée. On peut choisir entre plusieurs langues. On écrit son texte dans une fenêtre (ou on fait un copier-coller). On clique sur le bouton "traduire" et le résultat s'affiche aussitôt. Malheureusement la traduction n'est pas très bonne ! En voici un exemple :

De 1950 jusqu'au début des années 1980, la haute capacité des systèmes de communications analogues à canaux multiples étaient d'habitude construits employant des canaux de communications séparés portés aux fréquences différentes le signal combiné, qui pourrait inclure 2,000 ou plus canaux de discours, était "un communiqué en multiplex". Le résultant "la division de fréquence multiplex" (FDM) le signal a été alors porté sur une fréquence beaucoup plus haute, comme par un signal radio à micro-ondes.

Je ne comprends plus rien au texte traduit. C'était un peu meilleur sur les chapitres suivants mais il faut faire de si nombreuses corrections que je crois que j'irai plus vite en traduisant directement le texte Anglais.

C'est si mauvais que j'en suis venu à me demander si les logiciels de traduction ne pourraient pas être utilisés comme des armes pour tromper les systèmes de surveillance : Prenez un texte technique quelconque se rapportant à un sujet technique sensible; Traduisez le avec un logiciel; il devient inintelligible tout en paraissant signifier quelque chose. Envoyez le sur les réseaux... De quoi occuper les analystes de la NSA pendant quelques heures ! Enfin ce que j'en dis, moi...

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J'y ai repensé et il est vrai que ce n'était pas très clair ! J'étais arrivé à ce rapport par le site de Duncan Campbell et j'ai cru qu'il s'appelait "Interception Capabilities". Un lien renvoyait vers le site du Parlement Européen mais la page n'existait plus (the site has been recently redesigned). Je suis donc allé sur la page d'accueil d'EuroParl. Je ne me souviens plus combien de temps cela m'a pris pour trouver une référence sur le rapport que je cherchais au milieu de ce fatras de documents juridiques divers et la plupart de temps en anglais. Je ne veux pas dire que ce site est mal fichu, mais plutôt qu'arriver là sans être prévenu est un peu déroutant. Je n'ai peut-être pas très bien lu, en tous cas je n'ai pas vu que ce rapport comportait d'autres chapitres. Il est vrai que cela m'avait un peu surpris de trouver deux titres différents : "Interception capbilities 2000" et "Developpment of surveillance technologie and risk of abuse of economic information" mais je n'avais pas compris que l'un était inclus dans l'autre...

... à moins que cela n'ait évolué depuis ma première visite en juillet. Je n'ai malheureusement pas gardé la copie des pages consultées sur le site d'Europarl. Par contre j'ai encore celles du site de Campbell et rien n'indique clairement que le rapport comportait d'autres documents. Le lien sur sa page d'accueil qui annonce "1999 STOA Report on communications intelligence" était plutôt trompeur. De plus, la page montrant l'en-tête du document publié avec le logo du STOA indique qu'il s'agit du chapitre 4/4 alors qu'aujourd'hui c'est le 2/5. Elle est datée d'avril 1999 tandis que le même document sur Europarl, est daté d'octobre 1999. Tout cela n'est pas très évident et je crois que je peux plaider non coupable quant à ma méprise.

Il me testent, c'est ça, mais j'ai l'oeil !

Peut-être aussi faut-il prendre en compte d'autres critères comme des susceptibilités, des plans de carrière... Campbell a obtenu une notoriété internationale grâce à ses articles sur Echelon. Je ne connais rien de lui, ni de sa personnalité. Faut-il aussi imaginer qu'il n'était pas trop satisfait d'être dilué dans un texte publié sous le sceau du Parlement Européen ? Ce serait d'ailleurs assez injuste car son rapport, malgré son style parfois lourd, est un document brillant et bien documenté.

 

26/11/2001

Ce week-end, j'ai continué à travailler sur la traduction du texte du STOA. Je m'occupe de la mise en forme finale et des corrections. Ce sera vite terminé maintenant. Je vais réaliser un dossier sous la forme d'un fichier Word puis je le transformerai en pages html. Il ne restera plus qu'à faire le lien avec ma page ECHELON.

C'est un vrai travail de traduction. Au début, je ne pensais pas y consacrer autant de temps. Au deuxième passage, je l'ai beaucoup amélioré, en me rapprochant du texte original. Je m'étais parfois trop écarté du sens original. Le style de ce texte n'est pas très bon. Le fond est essentiel. Souvent j'ai le sentiment d'être capable de pouvoir réécrire ses phrases plus clairement et plus sobrement. Certaines formules ont des redondances inutiles. C'était aussi une bonne leçon d'Anglais mais parfois je ne sais pas si les expressions sont typiques. "Law Enforcement" en particulier m'a posé problème. L'idéal serait de prendre conseil auprès d'un linguiste mais je ne souhaite pas faire cette démarche pour ce texte-ci que je n'aurais même jamais dû avoir à traduire (c'était aux services administratifs du Parlement Européen de le faire).

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J'ai lu aussi le chapitre d'introduction et celui consacré aux problèmes de cryptage du rapport du STOA. L'introduction est en Français est dans un style administratif qui tranche avec celui de Duncan Campbell plus relâché. Le chapitre traitant du cryptage est intéressant mais complexe et il faudra que je le relise de plus près. Cependant, il ne répond pas à toutes les questions, en particulier quel programme de cryptage il est conseillé d'utiliser.

 

23/11/2001

Lu dans le journal "Le Progrès" un article surprenant par son ton très social sur les clochards. C'était en dernière page de l'édition de samedi.

L'article rapportait les résultats de l'étude d'un sociologue et soulignait la cruauté de notre société vis à vis de ses inadaptés. Etre clochard n'est plus un délit après la réforme du Code Pénal mais depuis, les maires ont signé des arrêtés qui permettent de nouveau de ramasser les clochards dans la rue. On les emmène dans des lieux d'accueil qui sont conçus de telles manière qu'ils sont invivables : discipline militaire ou infantilisante, vols, bagarres, etc… L'auteur de l'étude faisait une différence entre clochard et SDF. Pour lui les SDF, c'était par accident et il y avait moyen de les remettre sur les rails en leur trouvant un boulot. Les clochards eux, il n'en n'avait jamais vu sortir de leur situation dont il fallait rechercher les causes dans l'enfance (parents alcooliques, enfants battus, …). Bien sûr q'ils disent chercher un travail, c'est leur manière de dire qu'ils ne sont pas fous. Bien sûr qu'ils boivent, disait-il, mais il faut quand même leur donner de l'argent. Ils s'en servent pour acheter du vin, mais ils en ont besoin pour survivre.

L'article disait aussi qu'actuellement 80% des SDF ont un téléphone portable.

 

30/11/2001

J'ai laissé ces notes de côté pendant quelques jours pour aboutir avec ma traduction qui n'en finissait pas.

Maintenant c'est fait. J'ai produit un document word avec une mise en page clean, ma traduction et mes commentaires. J'ai fait une première diffusion à mes collègues de travail les plus proches. Les réactions sont positives et je pense que comme stratégie pour amener des visites sur mon site, c'est pas mal.

Je dois m'attaquer maintenant à la mise en forme sous html pour Internet, et aux autres documents que j'ai prévu autour de ce sujet – sur l'analyse par mot clé, en particulier. Ces documents seront mi techniques, mi artistiques. Ils doivent me permettre de lier les deux aspects du site… et de ma personnalité.

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Je dois dire aussi quelques mots de l'événement le plus important pour moi, de la semaine dernière. J'ai été reçu par mon chef de service pour recevoir les résultats des deux concours que j'avais présentés dans le but d'obtenir une promotion. Le résultat est négatif. Je n'ai pas été retenu.

Ceci n'aurait rien à faire dans ces notes, si ce n'étaient les interférences entre ma vie professionnelle et ma "vie d'artiste" et l'équilibre instable que cela implique. La restitution qui m'a été faite est que je n'ai pas les qualités attendues pour un cadre supérieur tel que le conçoit l'entreprise. J'en ai rediscuté ensuite et ce jugement péremptoire a été nuancé, il n'empêche… De mon côté, je conteste ce jugement car je ne reconnais pas le droit à ceux qui l'ont porté de savoir qui je suis, ni même d'avoir les connaissances pour le faire. Comment cela se passe t'il ? Disons que c'est basé sur le système du tribunal de l'inquisition. On est reçu par trois juges. On ne sait pas sur quoi on va être questionné en dehors de notre CV. Eux en savent un peu plus, mais à peine. Ils ont des grilles d'évaluation avec des critères "objectifs". Ils essaient d'être sympas car ils connaissent les critiques sur ce système et que leur tâche est de le faire marcher le mieux possible. Mais que faire quand le système est mauvais ?

C'est une méthode perverse car, lorsqu'on est rejeté, normalement, cela veut dire "qu'on n'a pas tout compris". Difficile de critiquer dans ces conditions. On n'est digne que d'être un ouvrier, au mieux, peut-être un contremaître, mais certainement pas d'entrer dans les cercles de décision. Ensuite, quand cela est acquis, il faut prouver qu'on est capable de tenir sa place, qu'on est suffisamment passe-partout (ils appellent cela savoir s'adapter). Pour moi, il est évident que rentrer dans ce modèle caricatural ne se fait pas sans difficulté. De plus, je ne veux pas changer sur ce que je considère fondamental pour un être humain. Je ne veux pas mentir (je sais mentir), je ne veux pas jouer un rôle, rester moi même. J'ai une autre idée du leader que ne l'ont en général les dirigeants de cette entreprise, dont beaucoup sont d'ailleurs, sans grand relief; il faut bien l'avouer.

Je ne reconnais pas le droit à cette entreprise (ni à n'importe qu'elle autre organisation), de me laisser dire par trois personnes, qui ne m'ont vu que pendant un heure, que je suis quelqu'un de trop solitaire. C'est ma vie privée et je ne vois pas en quoi c'est un obstacle dans mon travail. D'autant que ce n'est pas exact et permettre à des gens qui n'ont aucune formation pour cela, qui ne sont pas psychologues, de l'écrire dans un dossier, c'est vraiment inconséquent.

Je savais tout cela avant. Peut-être moins dans les détails mais je le savais. Je connaissais aussi les accusations de "pistonnage" qui colportent qu'en plus les résultats sont arrangés à l'avance. Pourquoi jouer les psys d'opérette dans de telles conditions ? Ils ne se rendent pas bien compte, j'ai l'impression. En plus, ce système est fondamentalement mauvais parce qu'il favorise les gens qui n'ont que peu d'aspérités et ce ne sont sans doute pas eux les plus créatifs pour "affronter la concurrence internationale impitoyable à laquelle nous sommes confrontés".

Je suis donc à la croisée des chemins (pour parler comme dans un discours de Président). Je pensais pouvoir passer au travers des mailles et changer de nature de travail dans mon job. Il semble que cela ne va pas être possible et cela veut dire surtout le risque de s'ennuyer jusqu'à la retraite. C'est flippant ! A l'opposé, il y a mon site Internet, mes bouquins à écrire, ma peinture virtuelle à peine esquissée et honnêtement, c'est ce que je préfère mais aussi ce que je crois le plus utile que je puisse faire. Quand je m'occupe de ça, je ne suis pas "petit cadre supérieur à FT" mais je m'occupe du Progrès de la Civilisation. Il n'y a pas photo ! La question est donc bien celle de l'ennui pendant les longues années de travail qu'il me reste et dont j'ai besoin pour faire rentrer de l'argent et cotiser pour ma retraite.

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Entendu dans un reportage sur Arte : Etre Serbe dans cette ville, c'est comme être Blanc à Harlem… Lorsque tu appelles quelqu'un et qu'il te répond en anglais "rappelle moi plus tard, je ne peux pas te parler", tu comprends tout de suite. On n'ose plus parler notre langue dans la rue, dans cette partie de la ville.

Les gens ont été choqués lorsqu'on a retrouvé un camion frigorifique dans le fleuve. Il était rempli de cadavres. Les Serbes n'arrivent pas à croire que tout cela s'est passé ainsi. Ils ne savaient pas…

 

07/12/2001

J'ai repassé une dernière fois ma traduction du dossier Echelon et trouvé encore une cinquantaine de fautes.

Puis j'ai transformé le dossier en fichier html pour internet par l'option de word prévue pour cela. Le résultat n'est pas parfait. Il y a beaucoup de retouches à faire. J'ai commencé les corrections sous FrontPage Express mais j'ai très vite été bloqué. Ce programme ne permet pas de modifier les trop longs fichiers. Je le savais, mais ça m'était sorti de la tête. J'ai dû passer sous DreamWeaver ce qui n'est pas si simple car je n'ai jamais utilisé ce programme et n'arrive pas à faire tout ce que je veux (changer la couleur de fond d'un tableau par exemple). Pas mal de bugs aussi, un affichage parfois bizarre. Il s'est même planté à un moment. Je n'ai pas compris pourquoi. D'habitude, au bureau, j'utilise FrontPage 2000. Je n'apprécie pas particulièrement ce logiciel mais c'est triste à dire, les produits Microsoft sont les meilleurs du marché !

La mise en forme de cette page html est maintenant terminée ainsi que de celle traitant de la recherche par mots clés. Je dois compléter avec deux autres pages parlant d'analyse linguistique et de la méthode N-gram.

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Je suis tombé sur un livre de Jean Claude Carrière (le vin bourru) qui vient semble-t'il d'être publié récemment en édition de poche. Il était en "tête de gondole" chez mon libraire favori. C'est un bouquin assez nostalgique où il raconte le monde de son enfance et sa lente disparition. Mais assez bien écrit. Je n'avais jamais rien lu de lui et ne savais pas qu'il est l'auteur de "la controverse de Valladolid", sur la question de savoir si les indiens ont une âme ou non. Une adaptation de ce texte est passée à la télé il y a quelque temps. J'avais regardé distraitement tout en trouvant cela intéressant (mais ce n'était pas le bon moment pour moi comme c'est souvent la cas avec la télé). Son activité de scénariste est aussi remarquable (collabore avec Etaix, Buñuel, Godard, Schlöndorff…). Sa biographie indique qu'il s'intéresse aussi au bouddhisme.

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Je m'étais endormi sur le fauteuil et lorsque je me suis réveillé, dans l'émission de Guillaume Durand, Maurice C Dantec était à l'écran avec un caméscope dans une main. Il était là pour son livre "laboratoire de la catastrophe générale". Je ne connaissais pas. Il s'est recommandé de Houellebecq pour dire que le style n'est pas important. On a eu la lecture d'un extrait de son livre. Effectivement, c'est à chier. C'est la nouvelle tendance de dire que le style n'est rien. Ça peut se comprendre en réaction à Céline et Proust, ou même d'auteurs plus récents comme Duras, etc. Ce qui me gêne, c'est que c'est du Spectacle, ce n'est que du Spectacle.

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La chienne a fait ses petits, elle est depuis réfugiée au fond de sa niche, sans sortir, ni manger. Elle se montre très agressive dès qu'on s'approche. Elle protège sa progéniture destinée à la mort, de toute façon. (on ne peut pas les garder !). Cette chienne est d'ordinaire si pacifique que je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec l'attitude de certains jeunes parents lorsqu'ils veulent protéger leurs enfants ou encore ces démonstrations fumeuses que faisait le Pen il y a quelques années : "je préfère mon voisin à un étranger et mes enfants à mon voisin…". La culture n'est qu'une feuille de cigarette sur nos instincts animaux élémentaires et elle a bien du mal à les cacher.

 

09/12/2001

J'ai retravaillé sur la page "n-gram" de mon dossier Echelon. D'abord en relisant le brevet qui décrit cette méthode de recherche. A la seconde lecture, je vois mieux les aboutissants. Au fond cette méthode doit avoir une certaine efficacité. En tout cas, certains commentaires semblent le montrer. L'avantage que la NSA y trouve, c'est surtout l'indépendance par rapport à la langue d'origine des messages. C'est un choix de rentabilité au fond. Mes arguments contre, ils les connaissent. Celui de se détourner du mot en particulier. Ils y répondant en partie en remarquant que les n-grams extraits sont des chaînes de caractères qui correspondent aux racines des mots. Surtout ils affirment être en rupture avec les méthodes précédentes. Il y a un mythe de la rupture désormais. Avant, ce mythe se cristallisait autour de la notion de révolution. C'est devenu plus diffus désormais mais ça revient souvent. Je me demande si ce mythe de la rupture ne serait pas ce quelque chose que les Hommes ont dans la tête et qui les différencie des animaux.

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Hier soir nous avions mis des bougies dans des verres de couleur sur toutes les fenêtres de la maison comme le veut la coutume du 8 décembre dans la région Lyonnaise. M. en avait même aligné sur le muret du jardin. Cela donnait un côté surréaliste qui m'a plu. Il gelait. Le ciel était un ciel d'hiver "constellé d'étoiles". Tout ça, rien que pour nous, dans notre hameau retiré du centre de la France.

Ce matin tout est fini bien entendu. Les bougies ne durent que quelques heures tout au plus. Il n'y a que le givre blanc sur les arbres et les voitures comme une pellicule d'innocence et un cercle blanc dans la brume qui représente le soleil.

Il faut s'occuper du poêle. Toutes les demi-heures, creuser dans les braises ardentes avec le pic-feu pour permettre à l'air de circuler et remettre du bois. C'est l'un des plaisirs douloureux de la campagne où l'on n'a jamais très chaud mais ainsi, on se sent vivre d'avantage.

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J'essaie de regarder autour de moi. J'ai hâte d'en avoir terminé avec ce dossier Echelon qui cependant "exige" de moi encore des développements. La page que je prépare sur la méthode n-gram me semble trop superficielle. Il faudrait que je puisse dépasser la seule description et tester cette méthode en profondeur. J'ai pensé que je pourrais utiliser une copie électronique des "fleurs du mal" pour cela. Ce serait une manière rapide de disposer d'un grand nombre de textes pour tester les algorithmes de recherche. Il faudrait programmer les différentes fonctions décrites, tri, comptage, etc… Si je veux que ce soit sur internet, il n'y a pas d'autre choix que d'utiliser java. Ce n'est pas impossible mais c'est quand même plus gros que tout ce que j'ai pu faire jusqu'ici avec ce langage.

J'éprouve aussi un sentiment difficile à préciser, d'inquiétude ou d'insatisfaction. Mon dossier Echelon est désormais très conséquent. De quoi faire un livre, mais vu qu'une pièce maîtresse est le rapport de Duncan Campbell, sa publication commerciale, il ne faut même pas y penser… D'ailleurs, ce n'est pas tellement le but. Je pourrais envisager d'autres prolongements comme des conférences pour valoriser mon travail mais je ne me sens pas trop prêt pour cette activité de "pop-star". Non, ma réserve porte surtout sur l'aboutissement de ma démarche. J'ai pensé qu'il faut construire le lien entre ce dossier Echelon et mes autres activités présentées sur le site (la littérature et l'expo virtuelle). Derrière ce dossier, il y a aussi une préoccupation littéraire et artistique même si "le style n'est pas très important". Concernant la littérature, le récit, ce dossier est "génial". Tout y est ! les espions, l'état, le mensonge, l'illusion, la guerre feutrée… La manière de le présenter sous forme d'un dossier alors qu'en fait c'est un roman est la bonne manière. J'ai peur qu'on ne s'en aperçoive pas mais il n'empêche. C'est exactement ça : un "roman réel", géostratégique et international, qui parle surtout de liberté (très peu d'amour).

Les pages sur la recherche des mots clés et la méthode n-gram font le lien me semble t'il avec le reste du site. J'essaie de voir pour en donner l'accès dans l'expo car je pense qu'elles sont autant des pages artistiques que des sources d'information. Ce que je pense, c'est que c'est tellement nouveau comme démarche que je n'ai peut-être pas assez fait ressortir le côté artistique. Je crains de ne pas avoir le temps d'y réfléchir assez et je préfère mettre en ligne rapidement. Vu le temps qu'il faut pour réaliser une page de ce genre, il ne serait pas raisonnable de tout casser pour les présenter sous un autre angle. Et puis que sait-on de ce qui est de l'art. Justement, ces pages brisent les limites. C'est leur plus grande qualité.

 

10/12/2001

H m'a confié un CD-ROM de jeu pour que je teste son installation car cela ne fonctionnait pas sur son PC. Chez moi, aucun problème (comment expliquez vous ça ?). Nos machines sont pourtant sensées être équivalentes… Il s'agit du programme Grand Prix 3 et il est même signé (Geoff Crammond). Je ne m'intéresse pas souvent aux logiciels de jeu. Je ne savais pas que leurs auteurs les signaient mais c'est assez logique. Je me demande quand même quel est le rôle de l'auteur dans un projet de ce genre. Vue la somme de travail que cela suppose, ce doit plutôt être une sorte de réalisateur, comme pour un film de cinéma.

Le logiciel est accompagné d'un livret qui a, sans doute, d'abord une fonction anti-piratage (il est difficile à photocopier) mais sa lecture m'a appris des choses. J'ai vérifié par ailleurs que le CD est également protégé. Il contient des secteurs erronés qui empêchent les programmes de copie de fonctionner. (Nero reste muet pendant de longues minutes…). Le jeu porte sur le monde des courses de Formule 1. Les animations 3D sont vraiment bien et la complexité de la simulation très réaliste. Pas de doute que de vrais pilotes participent au projet. Outre l'enchaînement des courses sur les "vrais" circuits avec les "vraies" voitures et les "vrais" pilotes qui permettent de rejouer l'ensemble d'une saison du championnat du monde, le programme permet aussi d'avoir accès aux multiples réglages d'une F1 (angles des ailerons, garde au sol, rigidité des suspensions et de la direction, etc…). Des systèmes d'enregistrement sont disponibles pour visualiser sur des graphiques, la vitesse instantanée, l'accélération et bien d'autres paramètres qui permettent un réglage fin de chaque voiture pour chaque circuit. L'usure des pneus, leur type, sont bien sûr pris en compte. La consommation, les essais, la stratégie de retour au stand également. J'ai même remarqué qu'on peut disposer d'un graphique donnant la vitesse de rotation des roues , ce qui donne des indications sur leur adhérence. Je ne sais pas si cela existe sur les "vraies". Je ne vois pas comment c'est faisable techniquement mais peut-être que cela existe aussi.

Le livret explique aussi comment il faut régler les voitures en fonction des caractéristiques des circuits selon qu'on veut privilégier la vitesse de pointe en ligne droite ou l'adhérence dans les virages. Il parle de répartition du centre de gravité entre les trains avant et arrière dans les virages, et au moment du freinage. Plein de choses que je ne connaissais pas vraiment. Je pense qu'il ne faut pas dédaigner ce type de jeux qui constituent des outils d'apprentissage comparables aux livres, meilleurs même dans la mesure où ils permettent d'expérimenter directement ce qu'on a appris, grâce au logiciel. Le problème est que ces "offres" supplémentaires grignotent encore de notre temps libre et pendant ceci les voitures tournent sur les circuits et plus personne ne les regarde !

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Depuis que je possède un PC à la campagne et un autre a Lyon, je suis confronté à un problème de transfert de donnée de l'un à l'autre qui me fait un peu soucis ! Pour cela, je copie les fichiers sur des disquettes mais il en faut souvent plusieurs et je m'y perd un peu. Je ne me souviens plus où se trouvent les dernières versions des fichiers et c'est embêtant... Je noircis peut-être un peu car jusqu'ici cela n'a pas occasionné de catastrophe mais cela me demande beaucoup de rigueur, pour la gestion de mon site internet en particulier, qui se fait fichier par fichier. Avec les études sur les mots clés c'était particulièrement sensible car cela génère des quantités de fichiers : on s'aperçoit d'un problème qui conduit à revenir en arrière et refaire certains traitements plusieurs fois, on a peur de tout perdre, donc on fait une copie de sécurité qu'on oublie et dont on ne sait plus à quoi elle correspond quand on la retrouve dans son répertoire.

Une autre raison à cette relative perte de contrôle est l'obligation d'utiliser de multiples logiciels pour arriver à ses fins. J'ai dit que pour mon dossier Echelon j'ai utilisé à la fois Word, Front Page Express et DreamWeaver. Pour transformer en images les graphiques fabriqués sous Excel, j'ai pas su faire autrement que de les copier d'abord dans Word puis dans Paint pour disposer du copier-coller et enfin les retoucher avec MicroGraphFX Photo Magic. Il y avait probablement moyen de faire plus simple, mais plutôt que de chercher… Ces manipulations génèrent aussi des fichiers nombreux. J'ai même dû me servir du vénérable Word 2 pour lire un fichier texte au format MSDOS avant de le copier dans Word97 car par la voie directe, les accents n'étaient pas correctement transcodés. C'est quand même incroyable, puisqu'il s'agit d'une évolution du même logiciel ! J'ai aussi beaucoup de soucis en faisant des copier-coller de Word vers Front Page. Ça copie, en même temps que le texte, tout un tas d'informations de mise en page que FrontPage ne comprends pas. Le moyen de s'en sortir, à demi satisfaisant, est de sauvegarder depuis Word en format html puis de réouvrir le fichier avec FrontPage. Si le copier-coller est fait entre les pages ouvertes dans FrontPage, il fonctionne correctement.

 

15/12/2001

Ce matin, j'avais froid au pieds en me réveillant. J'ai compris en me levant : les carreaux de la fenêtre étaient couverts de glace. Ces séjours à la campagne me conduisent dans un autre univers. Comme si je zappais entre ville et campagne. Ça me convient comme ça.

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Regardé une partie d'un émission tardive consacrée à Jean Paul Sartre. Il s'agissait d'un entretien filmé pour laisser une trace. Le Grand Homme était entouré de quelques amis, plus jeunes que lui et du "castor". C'était surtout lui qui parlait. Il avait beau dire qu'il n'était plus un écrivain – avec le statut d'un écrivain confronté avec sa propre célébrité – il n'était pas convainquant car la forme de ce film le contredisait.

J'ai observé sa manière de s'exprimer. Il parlait trop lentement à mon goût. Lorsqu'il évoquait des événements de son enfance, c'était assez banal. Il affirmait sans trop justifier ce qu'il disait. Peut-être qu'il répétait des choses qu'il avait déjà écrites en détail et par conséquent, son assistance le comprenait à demi-mot, mais pour moi ça ne collait pas trop. Certes, il en avait voulu à son beau-père qui lui volait sa mère. Quoi de plus ordinaire ? Il avait été nommé pour son premier poste au Havre et avait déprimé. Quoi de plus prévisible ? Mais il est vrai que cela a produit "les mots" et "la nausée"; c'est bien exploiter ses conflits et sa déprime !

Une des personnes qui participait à la conversation a expliqué qu'il avait été content d'avoir redoublé sa classe de philo car cela lui avait permis d'avoir Sartre comme professeur. L'année précédente, il avait étudié avec Aron ! Comment nier l'inégalité des chances ! Ça m'aurait beaucoup plu d'être immergé dans un milieu de cette qualité… mais que cela puisse servir de carte de visite garde quand même un côté comique !

JPS parlait aussi de ses expériences avec la mescaline qu'il avait expérimenté pour écrire "l'imaginaire". Cela confirme cette attitude d'expérimentation qu'ont les artistes en général face à la vie. J'ai moi même eu cette attitude et je ne le regrette pas. Elle rend les choses plus excitantes. Si je regrette quelque chose, ce sont d'avantage les entraves mentales dont je ne parviens pas à me défaire et qui fait que mes expérimentations sont toujours restées en deçà du possible.

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Lundi soir, j'ai mis en ligne tout ce que j'avais préparé pendant le week-end concernant mon dossier Echelon. En particulier ma traduction commentée…

J'ai envoyé un mail à Duncan Campbell avec copie au Parlement Européen pour l'informer de cette publication. (l'adresse du Parlement a été rejetée comme adresse inconnue). DC m'a répondu rapidement mais pour me dire qu'il existait déjà une traduction française publiée par les éditions allia sous le titre "Surveillance Electronique Mondiale". Catastrophe !

J'ai donc supprimé les liens qui permettaient d'accéder à ma traduction et commencé à écrire une lettre à cet éditeur pour obtenir son autorisation ou, au moins, un compromis. DC me dit "it's a pity" de ne pas m'en avoir parlé plus tôt. C'est vrai, mais j'ai tout de même été assez largement trompé par l'idée que ce rapport était une production du Parlement Européen. Je n'ai appris quelle était de Duncan Campbell que très tard. La traduction était pratiquement terminée. Imaginer qu'en plus ce texte avait été traduit ailleurs alors que ni le site du Parlement Européen, ni celui de DC n'en parlaient, ne m'est pas venu à l'esprit.

De ce contretemps, je peux tirer expérience. La difficulté de connaître la réalité est réelle ! Etre bien informé est une gageure. J'ai le sentiment passager de "passer pour un con". C'est vrai, pourquoi ne m'est-il pas venu à l'esprit de prendre contact avec Duncan Campbell dont le nom apparaît presque dans chaque texte parlant d'Echelon ? Pourquoi m'être laissé impressionné par ce nom sans visage ? Pourquoi imaginer que ce que j'avais entrepris sur Echelon était "de seconde zone" alors que je sais bien que j'y ai apporté une réelle plus value. D'ailleurs DC semble me prendre au sérieux puisqu'il m'écrit même qu'il pourrait me fournir d'autres infos sur le sujet.

 

16/12/2001

Nouvelle nuit très froide. J'ai sorti un thermomètre devant la maison vers 9h du matin, il est descendu en dessous de –10° C ce qui est rare dans cette région. Non seulement le pare-brise de ma voiture est couvert de glace mais toute la carrosserie du toit et des portes. Des épines de glace se forment sur toutes les surfaces extérieures, sur les murs, les branches des arbres, etc. Cela donne l'impression que la Nature dresse ses pieux pour se défendre du froid ou que l'air, lui même, commence à geler.

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Un exemplaire de Paris Match datant de plusieurs mois traînait sur la table de la cuisine. Je l'ai feuilleté et mon attention a été retenue par un article parlant de l'inquiétude née à Hollywood après le film Final Fantasy qui met en scène des acteurs virtuels. On parlait aussi d'un risque "pris très au sérieux" de voir apparaître des clones des acteurs célèbres et il y aurait la possibilité de déposer son ADN pour avoir un copyright. Cette angoisse n'est pas très sérieuse comme beaucoup des "idées neuves" qui apparaissent aux Etats-Unis mais j'ai crû utile de la noter ici. Je suis également surpris de trouver quelque chose d'intéressant dans cette revue, non pas que je pense qu'ils n'en soient pas capables, mais plutôt de constater que dès que je lis, n'importe où, j'apprends quelque chose. C'en est presque une maladie ou une sorte de schizophrénie.

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J'ai regardé un peu comment je pourrais mettre en forme la troisième partie de mes annexes, celle sur l'analyse syntaxique qui complète mon travail sur Echelon. Je n'ai pas insisté aujourd'hui. J'ai la flemme. Un peu de découragement et d'énervement. Difficile à dire. Peut-être aussi la fraîcheur extérieure !

 

30/12/2001

Je n'ai pas écrit ces deniers jours. J'avais installé mes deux ordinateurs côte à côte, reliés par un câble et j'ai entrepris le nettoyage complet du premier. Le transfert des données entre les deux machines (pour avoir une copie de sécurité) à pris pas mal de temps (une journée) et plus encore ensuite pour tout remettre "au propre". J'ai été bloqué pendant une journée car au moment de réinstaller le système à l'aide du CD d'origine, le programme me demandait un code que je n'avais plus. C'est mon neveu qui m'a dépanné. Ce genre de protection embête plus les honnêtes gens que les "crackers", c'est un peu débile. Il existe semble t'il un code différent pour chaque version du système (celui de Windows 98 est différent de celui de Windows ME) et même, pour les variantes d'une même version. Dans mon cas, le code je l'ai eu lorsque j'ai acheté l'ordinateur. Il doit se trouver quelque part dans mon appartement de Lyon. Je n'allais pas faire le voyage exprès. J'ai donc utilisé un code piraté ce qui me fait l'impression de tricher. C'est assez bizarre et puis, quelle incitation à aller chercher où se trouve ce code dans le système !

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Je vais prochainement clore cette page de mes "notes d'artiste" pour suivre la logique d'une page par trimestre. Je m'aperçois que depuis l'été, je n'ai travaillé que sur le dossier Echelon. J'ai appris beaucoup de choses mais peut-être que je suis quelque peu sorti du domaine artistique... Je ne sais pas. D'un autre côté, la complexité des problèmes auxquels je suis confronté me rappellent ce sentiment que j'ai souvent par rapport à l'art en général, celui que c'est souvent très superficiel. Il n'y a pas de commune mesure, je trouve, entre la complexité que j'observe dans la mise en œuvre des choses techniques et celle de l'art. Peut-être que je n'y comprend rien, après tout. Peut-être sinon, est-ce le signe d'une grande décadence. On peut imaginer que lorsque la technique ne le permettait pas, les écrivains avaient beaucoup à mettre dans leur écrits alors qu'aujourd'hui, ce n'est souvent plus qu'une petite couche de sentiment.

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Je continue l'étude des méthodes d'analyse par mots clés et n-grams auxquelles m'ont amenées mes recherches sur Echelon. J'ai des données en quantité mais je me demande si c'est une bonne chose de les mettre sur internet. C'est un peu rébarbatif et cela produit des quantités de fichiers énormes qui ne peuvent probablement pas intéresser.

Pour élargir par rapport à ma première étude basée sur l'un de mes mails, je me suis procuré le texte des "fleurs du mal", toujours sur internet. Je l'ai analysé à la fois sous l'angle des mots clés et de l'analyse n-gram (je me suis limité au comptage des caractères, soit des 1-grams). Ce qui m'intéressait, c'était de voir comment les résultats évoluaient pour un même texte stocké dans des fichiers de format différent. J'ai sauvegardé le fichier sous différents formats: le format rtf du fichier d'origine, Word, Works, texte, etc...une bonne dizaine de formats, y compris en utilisant les fonctions de cryptage de Word et des fichiers compressés de Winzip.

La répartition des caractères en fonction du type de format est intéressante à visualiser sous forme de graphique. Elle montre à quel point la "signature" des fichiers devient différente et c'est un bon argument contre l'idée d'une analyse n-gram par des services secrets. A moins qu'ils ne disposent de programmes qui reconnaissent tous les format de fichiers possibles (plusieurs centaines, sans doute) et les transforment d'abord dans un format texte standard unique avant analyse. Une complication supplémentaire qui alourdira le traitement. Si de plus, on utilise un cryptage, il faudrait en plus trouver la clé pour décrypter le fichier d'origine car la particularité du cryptage est de rendre l'analyse n-gram inopérante.

Le décodage des fichiers est parfois simple. J'ai testé un court programme Basic qui décode les fichiers Word 2. Le programme détermine la clé de cryptage sans même avoir à rechercher la clé. Il l'a lit directement dans le fichier ! Pour les fichiers produits par Word 97, le format à été modifié et le programme de décryptage ne marche plus. Il faudrait changer de méthode. Dans tous les fichiers au format élaboré comme ceux de Word, l'analyse n-gram est particulièrement gênée par les longues séries de codes de mise en page que contiennent les fichiers; L'analyse par mot clé également mais dans une mesure moindre. Leur efficacité serait très fortement augmentée si on sait repérer le début et la fin de la zone contenant le texte proprement dit et qu'on limite l'analyse à cette zone. Le reste peut-être ignoré. D'autres formats comme le html mélangent le texte utile et les codes de mise en page. J'ai dû faire une petite modification pour parvenir à extraire les mots clés de ce type de fichiers en remplaçant les < et > par des espaces avant le découpage en mots. Il existe aussi le format unicode pour lequel les caractères sont codés sur 16 bits au lieu de 8 pour le code ascii le plus usuel. Ceci se traduit par la présence d'un grand nombre d'octets à 0, pratiquement un sur deux. En première approche, le plus efficace est de supprimer ces zéros.

Une des protections les plus simples à réaliser est de compresser le fichier avec winzip ou un autre programme de compression de données. Le profil du fichier est immédiatement brouillé et, ni la recherche de mots clés, ni celles des n-grams, ne peuvent plus rien "voir". Cependant cette protection est minime car ces programmes, tout le monde les a, et même si on change l'extension zip en autre chose (toto.doc au lieu de toto.zip par exemple) il reste très facile de connaître le type de fichier en analysant les premiers caractères du fichier. Au minimum, il faudrait modifier ces octets mais cela suppose que votre correspondant connaisse la méthode pour les reconstituer.

Reste à savoir si ces manipulations en valent la peine. Le plus sérieux est sans doute d'utiliser un vrai programme de cryptage et d'appliquer les procédures de sécurité correspondantes. J'ai commencé à étudier aussi cet aspect du problème mais je dispose d'une dizaine de versions de programme de cryptage et ne sais pas lequel doit être utilisé ! Une question me turlupine depuis un certain temps. Est-ce que crypter plusieurs fois un message le protège d'avantage qu'un seul cryptage ? Par exemple je sauvegarde mon fichier avec Word avec un mot de passe puis je le compresse avec Winzip avec un autre mot de passe, etc... chacun de ces cryptages n'est pas très efficace mais en les multipliant on peut penser que l'on protège d'avantage... Tout dépend de la manière dont fonctionnent les algorithmes de décryptage. On n'a pas nécessairement besoin de connaître les différentes étapes suivies mais simplement de tester un réarrangement des caractères qui pourrait constituer le code initial. Le problème étant me semble t-il de reconnaître que le message est effectivement décrypté. Je ne sais pas quelles méthodes sont employées. On peut repérer des mots du dictionnaire encore faut-il que le message ne soit pas écrit dans une langue "ésotérique" comme cela a déjà été pratiqué pendant la seconde guerre mondiale... C'est peut-être là que la méthode n-gram peut être utile pour permettre de reconnaître que "ça ressemble à du français" ou à une autre langue...

En résumé, je pense que le décryptage de fichiers dont on ne connaît pas le format et qui aurait subi plusieurs manipulations risque d'être très compliqué. Cela ramène à la question de qui espionne qui. Qui a intérêt de passer du temps à observer les activités d'autres personnes ? Qui aurait intérêt de développer la connaissance nécessaire pour connaître tous les formats possibles et de maintenir cette connaissance (il s'en invente sans cesse de nouveaux). Pourquoi par exemple ne transmettrait t-on pas maintenant les messages dans un format sonore MP3 ? etc. Rien n'empêche d'ailleurs les "terroristes" d'inventer leur propre format et d'en changer souvent.

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En parallèle à mon étude, j'ai entendu parler d'un musicien qui a extrait du "petit robert" toutes les séquences correspondant à des notes de musiques ut, ré, mi fa sol,... Cela crée selon lui, la musique de la langue française. C'est une idée sympa. Je ne sais pas s'il l'a réalisé de manière automatique, je suppose que oui, en tout cas cela serait très facile à réaliser à l'aide d'un programme automatique. Je ne sais pas ce qu'il fait des autres syllabes... Les musiciens de tout temps ont tenté ce genre de "mathématique céleste" pour tenter de trouver des rapports entre des choses qui ne semblent pas en avoir.

Je n'ai pas retenu le nom de ce musicien. Je sais seulement qu'il est canadien et qu'il joue cette musique en concert.

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J'ai également lu un texte sur "comment devenir un hacker" que j'ai trouvé sur internent www.secuser.com/dossiers/devenir_hacker.htm . Assez surprenant. Ce document décrit une sorte de chevalerie médiévale. Un hacker est d'abord un samouraï ! Le texte oppose de manière manichéenne hacker et cracker comme bien et mal. C'est une traduction. L'original est probablement américain (à vérifier). Ceci me semble un bon sujet à développer dans ma section "ce qui change" que j'ai laissé à l'abandon. J'y pensais. En fait, après un an d'exploitation de mon site ce qui m'apparaît le plus clair... c'est que mes idées sur internet sont beaucoup moins claires maintenant. Un peu comme dans la chanson de Gabin qui vieillissant disait "je sais qu'on ne sait jamais". Ce constat milite pour une forme d'ignorance. Moins on en sait, plus on est à même de prendre des décisions et peut-être même de voir les choses clairement... Je dis ça, ce n'est pourtant pas exact car questionner un spécialiste sur un sujet particulier apporte toujours des informations pertinentes. Alors je ne sais pas !

J'avais été surpris à l'époque d'apprendre lorsque j'avais vingt ans que certains des professeurs de l'INSA étudiaient la cristallisation du silicium depuis vingt ans. J'avais trouvé ça affolant et je m'étais dit que j'avais eu raison de splitter mes études ! Aujourd'hui j'ai l'impression que mes recherches sur Echelon, entre autres choses, me conduisent dans des démarches de patience de même type. Sans le vouloir vraiment. Au fond c'est très courant et banal de devoir travailler très longtemps pour un résultat minime. Je cherche peut-être à démystifier mais lorsqu'on s'émerveille que tel ou tel écrivain a travaillé pendant trente ans sur le même livre, ce n'est guère original. C'est on ne peut plus normal. Hélas.

 

31/12/2001

Une émission de fin d'année sur le calendrier. Une personne de l'Institut explique qu'il ne faut pas que la mesure du temps s'écarte de celle de la rotation de la Terre. Or la Terre ralentit. On rajoute donc une seconde tous les six mois environ. Cette idée que le temps ralentit est, je trouve, particulièrement angoissante.

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Arte avait programmé le film "Buena Vista Social Club" de Wim Wenders. Je suis toujours fan de ce cinéaste mais ici, le film m'a particulièrement touché au point qu'il faut que je fasse quelque chose, acheter la cassette ou partir m'installer à Cuba ! J'ai déjà le CD que j'écoute souvent mais ça n'est pas assez ! Ce pays est splendide. Les voitures des années cinquante qui n'ont jamais été égalées depuis en classe. Les locaux impossibles des centres sociaux comme on en voit dans les pays communistes sont ici curieusement gais. Ibrahim Ferrer, ses costumes blancs et sa casquette de cuir. Et la musique qui, même lorsqu'elle dérive vers une ambiance de bal de patronage, à un charme incroyable, hallucinant. Les sessions entre les musiciens reflètent quelque chose de magique, de religieux, infiniment gracieux. J'ai bien compris l'émotion de Ry Coder qui explique d'ailleurs dans le film que sa venue à Cuba avait eu quelque chose d'inexplicable comme si toute sa vie avait comme but cette rencontre avec les musiciens cubains. De leur côté ceux ci attendaient quelque chose. Il avaient renoncé. Le pianiste n'avait plus de piano depuis dix ans, il avait disait il de l'arthrite. Ibrahim Ferrer ne chantait plus non plus. Il faut les voir à la fin du film sur la scène du Carnegie Hall brandir le drapeau cubain avec des yeux d'enfants dans leurs corps burinés de vieillards !

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Je suis aussi allé au cinéma voir "Harry Potter" avec Florian. J'ai adoré. C'est un très bon film qui est aussi une formidable machine industrielle et idéologique. On voit que les gens qui l'ont réalisé se sont amusés. Ils étaient très inspirés par le côté "école anglaise", lieu d'apprentissage et de confrontation de l'enfance à l'Autorité. L'occident éclatant, je dirais. Il me semble évident que Harry Potter et son environnement est un mythe naissant, je crois qu'on peut comparer le film à Blanche Neige et aussi qu'il traduit des valeurs de notre époque actuelle. J'ai aussi pensé que la vitalité de la pensée anglo-saxonne écrase littéralement la notre. J'ai beaucoup entendu parler du film "La fabuleux destin d'Amélie Poulain" ces derniers jours car c'est un grand succès. A juste titre. Mais tout de même c'est un peu cul-cul et nostalgique. Mi camino no parece estar aqui !

 

notes janvier 2002

 

 

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mise à jour le 17/06/2002