notes d'artiste  

notes au fil de l'eau lors de la réalisation du site et des applets java.

 

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31/10/00

Comme hier je n'avais pas réussi à faire fonctionner le paramètre "transparence" des couleurs, je fais un nouvel essai en me levant, en exécutant l'applet dans la visionneuse d'applet. Tout fonctionne très bien. Il s'agit bien d'un problème de version. J'utilise java 1.3 alors que les navigateurs ne comprennent que java 1.1. Aucune erreur visible ne s'affiche dans le navigateur, aucun message explicite, simplement l'applet se bloque sur l'instruction incomprise.

Du coup, je pense à tester mes applets avec Netscape 3.0 (car je les ai réalisés pour Internet Explorer 4.0). L'expérience est assez catastrophique. Les couleurs sont beaucoup moins belles. La mise en page parfois perturbée. La touche reload ne relance pas l'applet comme aaec IE. Certaines lignes de tableaux masquées avec IE apparaissent avec Netscape... A voir, si je vérifie avec Netscape 4.0 et si je fais les modifications.

Je m'en veux de n'avoir pas commencé ces notes plus tôt. C'est comme si j'avais perdu quelque chose d'impossible à rattraper. Mais après deux secondes de réflexion, je reviens à la réalité en me disant que je prend la grosse tête et ce que je fais n'est pas si important. D'autre part, et cela aussi me rassure, j'ai le sentiment qu'il en restera bien assez. Je vais même avoir rapidement le besoin d'éliminer pour ne garder que les applets les plus intéressants.

Hier, je me suis bien fait chier avec cet applet "feu orange". J'ai eu des difficultés à maîtriser le dessin qui faisait intervenir des fonctions sinus et cosinus (j'ai perdu l'habitude des mathématiques). Et puis en java, l'utilisation des nombres n'est pas évidente. Il faut tout vérifier car parfois les calculs ne se font pas correctement. A retenir de toujours précéder un calcul par un "cast" pour forcer le compilateur à donner un résultat dans le bon format (par exemple x=(int)(3.14*y/2); (int) est ce qu'on appelle un cast)...

Une évidence qui n'en n'est pas une : Avec l'art multimédia (dont mes applets sont un exemple), il apparaît aussi l'idée de bug en art !

J'ai repensé à plusieurs choses concernant ma communication. Des gens "oubliés" - perdus de vue en fait - que je devrais informer de l'ouverture du site. Il faut créer une liste pense bête si je ne veux pas oublier (voilà c'est fait)

...je viens de réaliser le flyer et l'affichette de l'exposition. Je crois avoir trouvé mon graphisme. Simple avant tout. Sur le site, je mettrais ce matériel à disposition "gratuitement",... mais je vais aussi proposer des tee-shirts jean-claude.devaux (site officiel) et d'autres représentant le flyer de l'expo.

Je pourrais aussi réaliser un décor mural à partir de l'affiche, composée de 3 éléments, "AfficheOfficielle", "flyer" et "jean-claude.devaux (site officiel)". Voir le programme "bannière" si je l'ai toujours. Il serait aussi possible de faire réaliser ceci sur un support plus solide. Mettre tout cela dans une démarche d'appropriation des moyens et de l'espace.

"approprier les espaces réel et virtuel. utiliser les moyens de production disponibles. prendre la parole".

 

01/11/00

Penser à créer une page "index des noms cités". Créer des liens sur cette page vers d'autres sites qui permettent de voir les œuvres ou d'acheter les livres.

Suivant cette idée, je fais une recherche sur Mondrian, Je trouve plusieurs liens mais quant à trouver un lien simple qui montre une photo typique d'une œuvre de Mondrian, je me casse les dents. Des dizaines de sites, mais je n'arrive sur rien. Beaucoup de liens ne sont plus bons...

Les hyper-liens ont-ils un avenir ? Je partage cet enthousiasme mais... Je recherche une information. Je me sers d'abord d'un moteur de recherche et j'arrive un peu n'importe où sur des pages couvertes de liens. J'entreprends une recherche plus ou moins systématique (quels sont les liens principaux et les liens secondaires ?. A qui ai-je à affaire ?). Je cherche sans rien trouver. Ces pages sont mises en ligne trop vite, elles ne sont pas très fiables. Ces liens pointent sur d'autres sites, qui eux aussi évoluent... Il faudrait vérifier ses liens périodiquement, comme on nettoie son carnet d'adresse... Au bout d'un quart d'heure, je vais chercher un livre dans ma bibliothèque !

Test des liens, idée 1 : réaliser un outil de test d'un site internet :à partir de sa base (codebase), qui recherche les pages et les liens externes, interroge chacun des liens pour vérifier s'il existe toujours et s'il a été modifié après la mise à jour de la page de référence ou après la date du dernier test.

Test des liens, idée 2 : en mode recherche, explorer tous les liens d'une page donnée, donner ceux qui existent réellement et ceux qui ont été mis à jour "après". Il faudrait que cet outil soit relativement indépendant. Est-ce un outil PC ou serveur ?

Test des liens, idée 3 : à partir d'une recherche de liens valides, on pourrait informer le propriétaire de la page (si on a son mail sur la page) que sa page n'est plus totalement valide. Créer un service automatique sur internet qui réalise cette fonction. Trouver un sponsor. (FT ?). On pourrait s'y inscrire ou ce pourrait être un travail automatique... Le service pourrait imposer quelques "normes" et décerner un label de qualité.

En recherchant Mondrian sur internet, j'ai trouvé deux pages qui proposent, un peu à ma manière, de faire soi-même son Mondrian. Quelles sont les conséquences de cette découverte ? remet-elle en cause ma recherche ?

1. La première proposition utilise les frames. Lorsqu'on clique sur l'une des zones, elle passe blanche, rouge, bleu, jaune, noir. Les couleurs saturées du design Mondrian. Il est possible de changer la taille des frames avec la souris. La programmation est assez complexe...

2. Le second est une applet. On sélectionne les couleurs qu'on veut voir dans l'image puis à chaque clic on obtient un nouveau tableau avec déplacement des lignes noires.

Les deux propositions se limitent à une seule "œuvre". Il n'y a pas de démarche globale.

 

 

20/11/00

Au fond, le vocabulaire de l'art moderne est assez limité et bien connu : répétition du motif, taille excessive, en très grand ou très petit, orientation. Mon travail consiste pour l'instant à ré-explorer ces différentes possibilités et en trouver quelques autres grâce aux applets. C'est une première étape que je peux faire durer. Je dois la faire durer dans une certaine mesure.

L'outil informatique démultiplie cette recherche. En quelque semaines, j'ai pu réaliser une bonne cinquantaine d'œuvres. La répétition et la surproduction sont un risque mais aussi une chance, celle d'explorer un maximum de trucs, d'améliorer sa connaissance dans le but d'aller plus loin.

Je suis conscient que l'idée "d'aller plus loin" est ambiguë et inachevée. C'est la question du progrès en art, existe t'il, doit-il exister ? On peut aussi imaginer que l'art n'est qu'une réponse individuelle et chaque artiste a la sienne. Certains sont dans la ligne de l'histoire de l'art, d'autres s'en démarquent nettement.

Parmi les nouveaux éléments du vocabulaire pictural que je définis, je pourrais citer le clignotement, le halo, la rotation, la translation. C'est grâce à ce "petit" langage java que je peux explorer de manière relativement simple ces nouvelles voies. C'est un travail avant tout de défrichement et cela me convient bien.

Côté programmation, j'entrevois un besoin impérieux de progresser dans mon savoir faire. J'ai quelques difficultés à maîtriser le langage java. J'essaie de le masquer pour l'instant mais je gère assez mal les notions d'objet. Il y a des trucs relativement simples que je n'arrive pas à faire comme par exemple relire la couleur d'un point de l'écran. J'ai fais le choix de contourner ces difficultés mais il va falloir que j'en sorte. Première solution, chercher des gens qui connaissent cette technique, ici ou là, ou sur internet.

Je me demande si mon travail est d'inventer ou d'avantage de stabiliser une connaissance diffuse. Sans doute les deux, mais il est clair pour moi, que l'idée par exemple de dégradés de couleurs que j'exploite dans les applets "palette" n'est pas cent pour cent personnelle. J'ai déjà vu des choses de ce genre. Ma création est l'utilisation que j'en fais...

Je reviens sur les deux propositions d'applets "faites votre propre Mondrian" que j'ai trouvées sur internet.

Les deux propositions partent de cette œuvre tardive de Mondrian qui est ce qu'on connaît le mieux de lui : des lignes noires qui délimitent des zones rectangulaires, noires, blanches, rouge, jaune ou bleu. Toujours les mêmes couleurs.

La première proposition utilise les frames. Avec la souris, on peut changer la couleur de chaque zone ou changer ses dimensions mais pas leur nombre.

http://www.unige.ch/recta/divun/cofi/mondrian/doityourself.html

La seconde proposition est une applet java avec un panneau de commande sur la partie gauche. On peut valider ou invalider chacune des couleurs puis lancer un tirage. Le nombre de lignes, leur position, la position des zones de couleurs sont définies de manière aléatoire.

http://www.connaisseurs.com/french.html

Chacune de ces deux réalisations se limite à reproduire l'œuvre de Mondrian (de manière incomplète d'ailleurs car il existe d'autres concepts dans l'original qui manquent dans ces pages). L'utilisateur est placé dans une démarche d'interactivité qui ne lui permet aucune création personnelle. On reste complètement dans le cadre fixé par Mondrian.

Je manque d'information sur la manière dont Mondrian réalisait ces tableaux. Soit il le faisait par une méthode de composition classique en traçant les lignes selon sa propre inspiration... faisant appel à son métier, son savoir faire et finalement son sens esthétique... soit l'œuvre était suffisamment accomplie dans son esprit qu'il pouvait se contenter de tirages aléatoires pour la disposition des lignes et des surfaces de couleur.

Qu'est-ce que je peux apporter personnellement à cette recherche ? Créer une autre applet produisant des Mondrian n'est pas compliqué. Si Mondrian ne l'a déjà fait, je peux facilement montrer que les nombres aléatoires peuvent faire aussi bien qu'un opérateur humain pour créer ce genre de tableaux, au kilomètre, pour peu qu'on ai défini le cadre de départ. Ceci revient à dire que permettre à un utilisateur de créer son propre Mondrian comme le font les applets cités plus haut, ce n'est pas plus glorieux pour lui que de lui demander, dans une exposition, quel est le tableau qu'il préfère. On peut même aller plus loin et dire qu'on l'utilise parmi des milliards d'humains possibles comme un générateur de nombre aléatoire...

A t'on le droit de déformer l'œuvre de Mondrian ? De la contester en amenant des variations supplémentaires ? A voir. Par exemple en élargissant la palette de couleurs, ou en fixant des règles sur la taille mini ou maxi des zones, en faisant varier la taille ou la couleur des bandes noires... En sortant de l'angle droit...

Ce qu'il manque dans cette œuvre de Mondrian, mais peut être a t'il écrit des choses qui "devraient être sur internet", c'est que les tableaux ne sont que le résultat des recherches de l'artiste et il me manque les justifications. Il a fait des choix évidents comme limiter strictement sa palette de couleurs et le résultat est convainquant d'un point de vue esthétique. Mais pourquoi ces trois couleurs là (rouge, bleu, jaune) ? Dire que ce sont les couleurs primaires est un faux argument car elles ne sont primaires que par convention... Je me dis que comme il ne disposait pas, comme moi, d'ordinateurs pour multiplier les essais et éventuellement d'internet pour les montrer, il ne pouvait pas aller au bout des choses et devait faire un certain nombre de choix à l'intuition... A la reflexion, une série d'applets qui mettrait à l'épreuve les choix de Mondrian n'est pas sans intérêt. Je peux aussi envisager le même travail avec d'autres peintres... Evidemment, ceux qui ont abandonné la toile (Beuys and so...) resteront hors de mon étude puisque je reste bien involontairement accroché à cette "toile" !

La question est de savoir comment dépasser la peinture minimaliste sans avoir le sentiment de retour en arrière (!).

 

04/12/00

Depuis quelques jours j'ai interrompu la production des applets pour me consacrer à la réalisation du site internet, à l'habillage de l'expo en quelque sorte.

Problème lié à la navigation entre les applets. Le choix retour devrait dépendre d'où on vient. Il faudrait faire du java script pour activer le choix retour du navigateur. Idem pour "actualiser". Je cherche la solution sur internet.

Je trouve rapidement l'info sur un site consacré aux java_script. Il y a beaucoup trop à lire, je passe le texte en diagonale pour arriver à l'info qui m'intéresse. Cette manière d'apprendre est peu satisfaisante mais elle est efficace.

Travaillé hier à vérifier que l'affichage des pages ne varie pas selon qu'on les consulte avec Netscape ou Internet Explorer. J'ai corrigé plusieurs différences, reste le cas des tableaux à bordures blanches que je n'arrive pas à faire disparaître avec Netscape 3 et aussi quelques différences peu importantes, de couleur sur les liens .

 

07/12/00

Il se passe des phénomènes curieux avec les applets. Si on en lance plusieurs à la suite, ils ralentissent le navigateur. Il doit y avoir des trucs qui se libèrent mal... mais je ne vois pas quoi.

Cette semaine j'ai crée mon site sur le serveur de wanadoo. J'ai également fait quelques tests avec les compteurs et les statistiques. Les compteurs, j'arrive à les rendre invisibles. Ce n'est pas le cas du script des statistiques qui apparaît au bas de ma page comme une sorte d'injure commerciale. On me force, si je veux avoir ces statistiques, à mettre cette image indésirable sur mes pages. Ceci dit, je me suis arrangé pour les rendre le plus discrètes possibles...

J'ai fait encore quelques essais avec Netscape 3 (une vieille version) et corrigé quelques différences d'affichage par rapport à IE. L'applet 9 carrés semble ne pas fonctionner avec Netscape, c'est étonnant. Je laisse ce problème de côté pour l'instant.

Il me passe en tête l'image des personnes à qui il faudra que j'écrive pour les informer de l'existence du site. Peut être faire une page de tous ces gens ?

 

09/12/00

J'ai cherché la phrase qui tue comme slogan pour le site internet et j'ai choisi "être sur internet, remplir l'espace". L'ambiguïté dans l'usage du mot "être" me plait, nom ou verbe ? "Remplir" donne l'idée de vide qui correspond bien à mon sentiment. J'avais d'abord écrit "occuper" mais c'était trop agressif. Remplir évoque mieux l'idée d'un espace vide qu'il faut prendre pour en faire quelque chose mais que peut être d'autres prendront si on ne fait rien et ils en feront, j'imagine, quelque chose de moins intéressant. Je pense en premier lieu aux sites commerciaux.

J'ai commencé à mettre mes applets sur mon site prototype (toujours sur mon disque dur local). En ligne je n'ai pour l'instant que deux pages, l'une qui dit que "ça vient", l'autre pour visualiser les compteurs. J'ai mis plusieurs compteurs sur une page pour tester différents format mais il semblent se mélanger au niveau du fichier résultat et affichent parfois des chiffres faux. Je teste les statistiques. Une dizaine de tableaux à analyser.

Concernant les applets, j'essaie de prendre un peu de recul et me demande qu'elle vision du monde donne mes "tableaux". Je ne vois pas trop. Chaque artiste a sa touche, ses thèmes. Avec mes applets je ne vois par encore très bien où est la frontière. Les choses sont assez minimalistes mais c'est un peu par obligation pour le moment. Sinon entre la route et les cercles tournants je ne vois pas de lien.

Page d'accès aux applets : pour l'instant c'est une présentation simple à l'aide d'un tableau sur trois colonnes. Une ligne par série avec chaque fois un petit commentaire. Faut-il améliorer ? Faut-il que je mette une petite image pour chaque série de manière à donner envie ? Ce sont des possibilités mais pour l'instant mieux vaut rester simple pour ouvrir comme prévu le 2-1- 2001.

 

16/12/00

Quand je réfléchis à la crise du nasdacq et des start-up qui a éclaté depuis le printemps dernier, je me demande quel est le rôle des artistes dans cette société. Cet automne j'ai remarqué que plusieurs vedettes ouvraient leur site en France ou ailleurs (P. Bruel, JM Bigard.. David Lynch aux USA) et faisaient même de la pub pour ça. Est-ce pour des raisons simplement de marketing ou vont-ils plus loin dans leur réflexion ? J'ai l'impression que les "commerciaux" avaient d'abord pris de l'avance. Ils avaient lancé des tas de sites sans réel contenu d'où une crise rapide quand on s'est rendu compte que ce n'était que du vent. On est maintenant dans une phase où ce sont de nouveau les artistes et les libertaires qui prennent la parole sur internet et vont tenter de lui donner un contenu. Je ne sais pas si c'est une vision très optimiste des choses mais cela tenterait à dire que chacun a son rôle à jouer dans cette "civilisation", chacun son tour. Et les artistes sont des régulateurs et des forces de proposition. C'est l'idée que j'en ai et bien sûr je me classe dans leur rangs.

Pourquoi le site ouvrira t'il "quoi qu'il arrive", le 2/1/2001 m'a t'on demandé ? Plusieurs raisons. D'abord parce que c'est une date qui sonne bien, facile à retenir. C'est le changement de millénaire, une date tournée résolument vers le futur. Un bon jour pour commencer ! Pourquoi le 2 ? Parce que je ne travaille pas le premier janvier (c'est mon côté sarcastique). Au début je voulais commencer le 1/11/2000 parce que début janvier me paraissait trop loin, mais le temps de faire les choses et nous voilà à cette date qui ne tombe pas si mal, qui semble aussi de bonne augure. Elle a une certaine cohérence avec mon souhait d'être un artiste de la nouveauté et du nouveau millénaire (je reviendrais sur ce thème).

 

20/12/00

A propos des choix aléatoires, à la réflexion, il est peu probable que Mondrian les ai utilisés dans ses compositions. En revanche, je suis tombé dans le journal sur un article qui parlait d'un peintre que je ne connaissais pas mais qui a utilisé les nombres aléatoires dans ses compositions : François Morellet, dont une rétrospective a lieu en ce moment à Paris... Ceci montre bien qu'il y a une certaine logique historique dans l'art de notre époque et ce problème des nombres aléatoires est implicite dans l'évolution de l'abstraction. L'utilisation de l'ordinateur l'est tout autant et celle d'internet également. Je me sens "porte-parole" plus qu'artiste. Bref. Morellet disait qu'il voulait éliminer sa propre subjectivité dans ses oeuvres. Je pense qu'il n'a pas vraiment réussi et d'ailleurs que c'est très illusoire.

Sentiment étrange au moment de mettre en ligne mon projet de site. Comme pour un livre, certains chapitres ne me paraissent plus aussi intéressants. Et sentiment de solitude également, plus nouveau, car je ne saurai sans doute jamais très bien si mes oeuvres plaisent ou non, si même elles ont touché mes visiteurs. Il y a tant de manière de visiter et tant de manière de juger. Le web, c'est le risque de publier trop tôt. C'est si facile. C'est encore le risque de n'être pas jugé à sa valeur peut-être simplement pour des problèmes techniques d'accès dont on ne sait rien, pour des problèmes de présentation. Mais soyons réalistes ! Le site peut être amélioré au fil du temps si des choses ne conviennent pas.

 

23/12/00

J'ai mis mon site en ligne jeudi soir et aussitôt envoyé quelques mails à des amis proches pour savoir ce qu'ils en pensent. J'ai eu quelques petits problèmes lors du téléchargement parce que j'ai essayé de transférer des répertoires entiers et le programme FTP lançait plusieurs sessions en parallèle dont certaines échouaient. Un problème de paramétrage me semble-t'il mais rien de grave. J'ai simplement vérifié que tous les fichiers étaient présents sur le serveur et rajouté ceux qui manquaient... puis je me suis connecté avec le navigateur pour vérifier que tout fonctionnait correctement. Le lien vers le fichier Interview.htm provoquait une erreur. à cause d'un problème de majuscule. (problème classique au passage de windows à unix). J'ai renommé le fichier. Je n'ai pas constaté d'autre erreur mais la page d'accueil du site m'a semblé assez moche. Je l'ai modifiée un peu et me suis promis de créer une applet pour rendre les trois boutons de la partie droite plus jolis. Ils sont actuellement réalisés sous forme d'un simple tableau dont les cellules ont des couleurs différentes.

Vendredi matin, je vérifie mes compteurs et mes statistiques. J'ai constaté que les statistiques ne marchaient plus. J'ai donc fait quelques modifications dans mes pages pour supprimer les espaces dans les libellés de compteurs vus par le programme de statistiques. Je pense que c'est ça mais comme on ne peut savoir que le lendemain et que je pars à la campagne, je ne pourrais le vérifier avant plusieurs jours. ( je ne sais à quelle fréquence les statistiques sont mises à jour mais à coup sûr, il faut attendre plusieurs heures).

Je vais maintenant entamer mon plan de communication. M'inscrire sur les moteurs de recherche mais surtout envoyer de nombreux mails. J'ai prévu de travailler sur le bouche à oreille. Toucher des gens qui me connaissent en espérant qu'ils en parleront autour d'eux. Je dois maintenant composer la liste. Comme l'envoi des mails est en pratique gratuit, je n'ai pas à me limiter... Ma communication s'appuie sur plusieurs supports : un flyer et une affiche 21x29,7. Le flyer peut être imprimé ou transmis par mail. Il peut servir de marque-page (le dire lorsque je le donne de main à main). L'affiche existe en deux versions. Elle reprend pratiquement le flyer sur un fond gris très sobre. Elle est, elle aussi, conçue pour une communication de proximité, c'est pourquoi le texte est si petit. C'est une sorte d'anti-affiche.

Je dois maintenant constituer les listes de destinataires selon les axes suivants :

- Prendre contact avec les gens que j'ai pu rencontrer dans ma vie présente ou passée, dans mon village, à Lyon, etc.., des amis ou seulement des connaissances. Certains seront difficiles à toucher car je ne connais pas forcément leur adresse, tous n'ont pas nécessairement internet, loin s'en faut, et de toutes façons, il n'existe pas d'annuaire des adresses mails.

- Les gens que j'ai connu par le travail. Là c'est plus simple car il existe un annuaire interne d'entreprise très performant. Au fil des années cela peut faire pas mal de gens, pas nécessairement intéressés par les thèmes que je présente sur le site mais c'est aussi le côté pédagogique de mon projet. Internet nous confronte à des publicités nouvelles pourquoi pas aussi à des idées nouvelles dont on ne serait pas la cible "normale" ?

- Les journaux, les radios et télévisions françaises. Ce sont eux que j'avais contacté lors de mon premier site. Ce n'est peut-être pas très efficace car ces gens doivent recevoir des quantités de mails. L'idéal serait qu'ils embrayent pour écrire un article... mais même si déjà individuellement ils se connectent à mon site, c'est déjà un bon point.

- Penser aussi aux milieux littéraires, poésie, peinture. chercher les sites sur ce thème sur internet dont tous normalement ont au moins une adresse contact mail. En principe, ces sites sont gérés par des gens qui s'intéressent à mon sujet. Contacter les musées d'art contemporain pourrait aussi m'ouvrir des perspectives pour après.

- Etendre ma démarche aux médias d'autres pays (allemagne, angleterre, suède, japon, etc...). Même avec des textes en français, je pense que mon site peut toucher un public international.

- Faire de même avec toutes les adresses mails que j'ai pu rapporter de mes voyages pour étendre cette démarche de proximité sur la plus grande échelle possible.

 

25/12/00

De retour, je jette un oeil à mes statistiques qui fonctionnent de nouveau. J'ai eu plusieurs connexions dont une des USA. Ce n'est pas surprenant en soi car j'ai des amis là bas, mais le nombre de pages consultées montre que cela fonctionne bien.

Pour les statistiques, je constate des comptages avec les libellés contenant des espaces et d'autres sans espaces après mes modifications de vendredi. Je ne saurais jamais pourquoi, mais il semble qu'un programme s'était bloqué sur le serveur.

 

27/12/00

J'ai réalisé quelques flyers sur l'imprimante du bureau (abus de biens sociaux !) pour les distribuer à mes collègues de l'étage. Cela n'a pas été très simple d'avoir un résultat correct. J'avais amené des feuilles bristol mais elles étaient trop épaisses pour passer dans les imprimantes. Avec la photocopieuse, l'encre avait tendance à baver.

Pour mes affiches, le meilleur résultat est obtenu avec l'imprimante couleur. L'affiche a de grandes surfaces de gris qui sortent mal sur l'imprimante noir et blanc et même avec la photocopieuse. C'est aussi bien, car ainsi je peux avoir les liens en bleu mais je ne peux tirer que quelques affiches.

Difficultés pour se connecter ce soir. Ça merde avec tous ces mômes en vacances qui viennent d'avoir un PC à noël et qui surfent à mort ! Je me suis inscrit au concours des web d'or comme me l'avait conseillé Daniel et tant qu'à faire, je me suis mis en lice dans la catégorie sites personnels et dans celles des sites professionnels. On verra. Je me suis également connecté sur le site "SAM le référenceur" pour m'enregistrer sur les moteurs de recherche. Je vais déjà être inscrit sur 10 moteurs. .(Il y a mieux mais c'est payant). Il y avait aussi sur ce site une conférence de presse virtuelle avec une liste de 750 journalistes. L'ennui c'est que l'envoi d'un communiqué est payant (450 F). Ce n'est pas très cher mais quand même trop cher pour moi, pour le moment. Dommage.

 

29/12/00

Séance de découpage hier soir pour réaliser quelques flyers supplémentaires que j'ai distribués dans les cases de courrier. J'ai aussi mis deux affiches sur les panneaux d'information de l'immeuble où je travaille. Premières réactions au moment de partir déjeuner. Mes collègues voulaient en savoir plus mais je ne voulais rien dire pour qu'ils aient la surprise de la découverte.

Hier après midi, je ne travaillais pas, je suis allé à la cité internationale pour visiter l'exposition "tu parles" consacrée à la langue française. C'est la première fois que je visite une exposition de si bon niveau à Lyon (les biennales mises à part). Avant il fallait se rendre à Beaubourg pour voir l'équivalent. J'ai été impressionné par la maîtrise des animations sonores réalisées par Nicolas Frize. A l'entrée, un tunnel permettait de s'immerger dans la langue avec des voix qui venaient d'un peu partout. J'ai beaucoup aimé aussi ces caissons qui mettaient côte à côte les conversations de deux bureaux de postes, l'un à Bruxelles, l'autre à Dakar ou de deux salons de coiffure... On a beau savoir que chaque pays s'approprie la langue à sa manière, cette juxtaposition était vraiment étonnante. D'autres choses encore qui ont retenu mon attention : des informations sur la manière dont la langue se déforme et se transforme, une vidéo qui explique comment est apparue l'idée si particulière de faute d'orthographe en français...

A la librairie du musée, j'ai trouvé le livre de John Maeda que je connaissais depuis avoir lu un article sur lui dans les inrocks. Un achat déraisonnable : 500 pages, 245 F, mais je me suis dit que c'était un livre d'artiste.. Maeda réalise des images à l'aide d'ordinateurs depuis déjà une vingtaine d'années. Il a un site sur internet : http://maedastudio.com . J'ai lu quelques pages du livre et je constate que nous avons de nombreuses convergences de vue, lui et moi. .. A tel point que je me demande si c'est une bonne chose pour moi de lire ce livre jusqu'au bout.

Ses images sont intéressantes mais je n'aime pas tout ce qu'il raconte dans les textes d'accompagnement. Je le trouve trop graphiste, un esprit arts-appliqués trop marqué. A propos des ordinateurs aussi, il parle plusieurs fois de déconstruction, Je trouve que cela fait mode. Je pense qu'on en est encore à comprendre à quoi peuvent servir les ordinateurs et internet. Les "déconstruire" me semble prématuré.

Idée à retenir : Maeda écrit - sans s'en attribuer la paternité - que le design n'est aujourd'hui plus pertinent. La formule "la forme doit s'adapter à la fonction" n'est plus adéquate lorsque les fonctions d'un objet se chiffrent par millier.

 

31/12/00

Parmi les commentaires qu'on m'a fait à propos de mon site, le premier concerne l'argent. Cela me rapporte-il ? etc... L'argent peut venir, mais ce qui compte le plus pour moi est quand même "l'enrichissement personnel" que je peux en tirer. Ces remarques me confirment dans l'idée qu'il est temps de s'approprier l'internet pour autre chose que le commerce si on ne veut pas rater cette chance innatendue.

Chez John Maeda, j'ai retrouvé cette préoccupation forte pour l'argent. Sans doute faut-il replacer cela dans le contexte américain. Mais justement, il a finalement obtenu un poste de professeur d'art dans une université prestigieuse (le MIT). Comme il dit, à force de faire du bon travail, cela doit finir par payer. Je suis assez d'accord, et au bout du compte, c'est une manière assez efficace de donner un salaire de professeur à quelqu'un dont on souhaite qu'il puisse continuer ses recherches librement.

Fini d'avaler les cinq cent pages du livre maeda@media. A un moment John Media parle d'un autre graphiste, Paul Rand, que je ne connais pas mais dont-il dit, que lorsqu'il en a découvert les oeuvres, il a reçu un coup à son orgueil. Il pensait être le premier dans son domaine mais il ne l'était pas. A mon tour je suis confronté au même genre de problème, bien que, en fait, je l'ai souhaité en "m'exposant" sur internet. . Ça n'a pas traîné: avant hier je disais être le premier à faire des tableaux à partir d'applets java. Mais aujourd'hui je sais que Maeda en fait aussi et il en existe sans doute d'autres.

Cela ne change rien à mon projet. Pour l'heure, mon propos est bien de remplir. J'ai une bonne réserve d'oeuvres à réaliser et mes limites sont plutôt du côté du manque de maîtrise du langage informatique... Si je poursuis sur le rythme actuel, je peux avoir plusieurs centaines d'applets dans l'année 2001. Un oeuvre ! Il va bien être nécessaire de faire un saut qualitatif !

Dans l'ouvrage de Maeda, j'ai été surpris de ne voir aucune référence à la notion d'objet. J'en suis d'autant plus surpris qu'il évoque plusieurs fois le caractère multidimensionnel de l'écran de l'ordinateur. Pour moi, c'est plus encore, car les objets, leur existence et leur manipulation, nous ouvrent à quelque chose de différent qui dépasse la simple image avec laquelle on les observe à l'écran.

Je n'ai pas trouvé très intéressant ce qu'il dit à propos des ordinateurs. Je sais aussi comment ils fonctionnent mais cela ne me semble pas si important. Pour mon travail, l'ordinateur est avant tout la machine qui "compute" le code java. Je ne veux retenir que cela. J'utilise à peine une cinquantaine d'instructions du langage mais c'est comme s'il s'agissait d'autant d'outils, autant de pinceaux différents.

Lorsqu'il dit qu'un ordinateur n'a que quatre sens (alors que les humains en ont cinq) je ne suis pas trop d'accord. En plus du clavier, de la souris, du micro et de la caméra qu'il cite, je pense qu'il faut considérer les fichiers et internet comme des "sens" à part entière pour ces machines. Sa définition me parait trop anthropomorphique et il ne me semble pas faux de dire qu'un ordinateur apprend par l'intermédiaire de son modem internet.

Ça me fait assez bizarre d'être là, à la campagne, en même temps que je suis, peut-être, sur le point de devenir international sur internet. Je m'interroge sur l'opportunité d'envoyer un mail à John Maeda après m'être interrogé sur l'utilité d'informer le maire du village de la création de mon site. Je crée un événement à partir de rien et c'est un peu enivrant. Bien sûr, c'est un travail que j'ai commencé depuis déjà un certain temps, comme si tout mon être tendait vers cette date, le 02/01/2001, date d'ouverture officielle de mon site.

notes début 2001

 

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